René Verney un médecin normand dans la grande guerre (43e RAC, 74e et 24e RI)

René Verney un médecin normand dans la Grande Guerre (43e RAC, 74e RI, 24e RI)

par Antoine Verney

Contact avec l'auteur possible via l'onglet situé dans la partie supérieure (questions - observations - échanges d'information - transmissions des clichés en HD...)

 

Blog consacré à la présentation de l’« Album de la guerre européenne »

constitué par René Verney (Quettehou 1881 – Littry 1958) 

auquel s'associe désormais le « Carnet de route »

de Robert Tronsson (Lisieux 1893 – Bayeux 1949)

Album

L'Album de la guerre européenne, est un document inédit d'origine familiale renfermant 650 clichés originaux annotés et classés chronologiquement par le docteur René Verney au sortir de la Première Guerre mondiale.

Par la volonté de son auteur, l’album possède une dimension collective, se présentant comme le témoignage du parcours non pas d’un homme mais d’un groupe, particulièrement le 3e groupe du 43e régiment d’artillerie de campagne et ce en raison même de la durée de son affectation dans cette unité (août 1914 - février 1918). On constate que le même esprit anime la dernière période au cours de laquelle il est successivement versé dans les 74e et 24e régiments d’infanterie (respectivement de mars à mai 1918 et de juin 1918 à février 1919).

Afin de rendre les photographies intelligibles, nous avons entrepris de les contextualiser de manière la plus documentée possible.  Ce travail rédactionnel inédit que nous avons intitulé la Restitution du  journal de marche de René Verney se décompose en douze chapitres consacrés aux différentes campagnes auxquelles il a pris part.

Chaque cliché y est reproduit en haute définition recalibré en contraste et luminosité, et replacé dans son contexte à partir de la lecture croisée des journaux de marches et opérations régimentaires (JMO), désormais accessibles en ligne grâce au travail conjoint de la direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives du ministère de la Défense et du Service historique de la Défense*. 

+++

Tout au long des six premiers chapitres sont intégralement retranscrites les pages du "Carnet de route" rédigé par Robert Tronsson (Lisieux 1893 – Bayeux 1949), quincailler de profession, brigadier puis maréchal des logis au 43e RAC, 3e groupe, 9e batterie présent sur l'un des clichés de l'album (voir : Album R. Verney p.32). Il s'agit d'un document manuscrit également inédit d'origine familiale, qui nous a été temporairement confié afin d'en permettre sa communication et d'enrichir cette restitution. La réunion de ces témoignages personnels sur le conflit, constitués par deux hommes appartenant à la même unité, s'enrichissent en effet de manière exceptionnelle pour former un récit à quatre mains, regards croisés sur leur parcours commun du 1er août 1914 - 16 février 1917.

Carnet 0

Carnet de route de R. Tronsson

 

Restitution du journal de marche de R. Verney et de R. Tronsson

 

I - Mobilisation, Campagne de Belgique et Bataille de la Marne 1er août - 12 septembre 1914

II - Front de l’Aisne - 13 septembre 1914 – 22 Mai 1915

III - Front d’Artois 23 mai – 25 octobre 1915

IV - Front de la Somme - 25 octobre 1915 – 28 mars 1916

V - Verdun 29 mars – 20 juin 1916

VI - Les Eparges 22 juin 1916 – 27 mars 1917

 

 

Restitution du journal de marche R. Verney

VII - Chemin des Dames 28 mars – 1er septembre 1917

VIII - Secteur de Saint-Quentin 2 septembre  1917 – 17janvier 1918

IX - Secteur de Champagne 18 janvier – 20 juin 1918

X - Offensive sur l’Aronde et le Matz 21 juin – 8 septembre 1918

XI - Offensive sur l’Aisne – Sissonne 9 septembre – 11 novembre 1918

XII - Armistice - Occupation du Palatinat 12 novembre 1918 – février 1919

 

Carto Journal de marche 1914-1919

Ce blog dispose de deux index, le premier consacré aux noms de lieux cités dans les légendes des photographies (ici, lien vers l'index des noms de lieux), le second aux noms de personnes figurant dans ces mêmes légendes (ici, lien vers l'index illustré des noms de personnes). Afin de faciliter les recherches, noms de lieux et de personnes constituent autant de Tags associés aux photographies, permettant ainsi de les regrouper thématiquement.

La documentation étant particulièrement riche pour le 43e régiment d'artillerie de campagne, nous avons choisi de lui consacrer une page particulière. On y trouve des informations générales sur le régiment et sa composition durant tout le conflit, et pour le 3e groupe, sur l'organisation et les missions dévolues à son service médical ainsi qu'un index nominatif des pertes (morts pour la France, disparus et blessés) réalisé d'après les JMO régimentaires.

 

Ici, lien vers la Présentation du 43e RAC avec relevé des pertes du 3e groupe

Album R. Verney p.039 droite bas

Bois de Gernicourt (Aisne) mars 1915.

Lampe et panoplie  faites à la 9e batterie du 43e RAC avec des projectiles boches (p. 39) 

 

Aperçu du parcours militaire de René Verney

René Verney, issu d'une famille d'agriculteurs est né à Quettehou (Manche) en 1881. Après un parcours scolaire à Montebourg puis Cherbourg, jeune bachelier de 19 ans, il devance l’appel de la Classe 1901, subdivision de Cherbourg matricule 1223 (registre p.1210), par un engagement volontaire effectué à Cherbourg le 12 novembre 1900 dans le 25e régiment d’infanterie. Dispensé au 2/3, il est mis en congé le 21 septembre 1901. 

1900 René Verney Soldat de 2e classe 25e RI Cherbourg (19 ans)

René Verney soldat 2e classe 25e RI, Cherbourg 1900-1901

Dégagé des obligations militaires, il entame ses études de médecine à l’université de Rennes pendant deux ans (1901-1903) et accomplit une première période d’exercices militaires du 11 août au 7 septembre 1903 avant de poursuivre son cursus à Paris (1903-1908). Le 22 août 1905, bénéficiant de quatre inscriptions, il est nommé médecin auxiliaire de réserve.

 

Il soutien sa thèse en 1908 : « Contribution à l'étude de la spondylose rhizomélique et de son étiologie blennorrhagique » (Paris - A. Michalon – 1908) » pour laquelle il obtient une médaille de bronze de la faculté de médecine de Paris. En octobre de la même année, il s’installe comme médecin à Littry (Calvados).

Littry (Calvados), 18 rue de la Gare, domicile de R

Littry (Calvados), 18 rue de la gare, domicile de R. Verney de 1911 à 1951

Il est parallèlement nommé le 5 juillet 1909 médecin aide-major de 2e classe de la réserve (3eme région militaire).

1909-1913 René Verney Médecin aide-major 2e classe

René Verney en uniforme de médecin aide-major 2e classe (vers 1909-1913)

Du 25 août au 17 septembre 1913, il accomplit une seconde période d’exercices au 119e régiment d’infanterie (casernement  quartier Delaunay à Lisieux) à l’issue de laquelle il est nommé médecin aide-major de 1ère classe de la réserve le 29 décembre 1913. Il est enfin affecté dans ce grade le 18 avril 1914 au 3e groupe du 43e Régiment d’Artillerie de campagne.

Célibataire de 33 ans lors de la mobilisation, il quitte son cabinet de Littry et arrive au corps  du 43e RAC, le 2 août 1914 caserne Decaen, à Caen.  Du 2 août 1914 au 14 mars 1918 il participe à toutes les opérations dans lesquelles est engagé le 3e groupe du 43e Régiment d’Artillerie de campagne. Parallèlement son frère Louis (Quettehou 1883 -Quettehou 1935) participe au conflit au sein du 25e RI (registre de matricule subdivision de Cherbourg, classe 1903, matricule 886).

1915 vers René Verney Médecin Aide-Major 1ère classe 43e RAC 3e Groupe (34 ans)

René Verney médecin aide-major 1ère classe, 43e RAC, été 1916

Le 14 mars 1918, il est affecté au même grade, au 74e Régiment d’infanterie 2e Bataillon. 

Nommé le 23 mai 1918 Médecin Major de 2e classe, il est affecté le 25 mai 1918 au 24e Régiment d’infanterie en tant que Médecin chef de service. C’est dans ce grade et cette affectation qu’il reçoit son congé de démobilisation le 23 février 1919, prononcé par le service démobilisateur du service de santé du 3e corps d'armée de Rouen (durée du service : 4 ans, 6 mois et 21 jours).

1918 René Verney Médecin Major 2e classe 74e ou 24e RI (37 ans)

René Verney, médecin major 2e classe 1918

Dès la fin du conflit  il regagne son cabinet de Littry, se marie en 1921, son fils Jean prenant sa succession à partir du 1er janvier 1951. Il décède en 1958 à Littry (aujourd'hui Le Molay-Littry), commune dont il est le maire pendant une trentaine d'années de 1920 à 1945 puis de 1952 à 1957.

En 1921, il est fait chevalier de la légion d’honneur par promotion exceptionnelle de la commission Fayolle au regard des distinctions reçues au cours du conflit (4 citations : 2 à l’ordre du régiment,1 de la division, 1 du corps d’armée). En 1953 il est élevé au grade d'officier de la légion d'honneur.

 

 

Aperçu du parcours militaire de Robert Tronsson

Robert Tronsson maréchal des logis 43e RAC 3e groupe 9e batterie Gernicourt, Aisne 1915

Robert Mary Victor TRONSSON né le 11 octobre 1893 à Lisieux est fils de limonadier. Jeune célibataire, il exerce la profession de quincailler à Deauville lors de son incorporation au 43e régiment d'artillerie de campagne le 28 novembre 1913. Registre de matricule subdivision de Lisieux classe 1913 n°888 (visionneuse p.549)

Canonnier conducteur au 3e groupe, 9e batterie du 43e RAC, il est nommé brigadier le 05 août 1914, tout d'abord comme servant de pièce, puis à partir du 18 septembre 1914 comme agent de liaison des avant-trains de la même batterie.

Promu au grade de maréchal des logis le 30 septembre 1914, il prend le commandement de la 4e pièce de la 9e batterie le 2 octobre suivant et commande, tout juste âgé de 21 ans, son premier feu le 12 octobre 1914 entre Saint-Thierry et Merfy (Marne).

Le 24 avril 1918, il est détaché au Service aéronautique en tant qu'observateur, mais est blessé à Faverolles (Somme) le 17 septembre 1918 lors de sa première ascension en ballon au cours de laquelle il subit l'attaque d'un avion. Exécutant l'ordre qu'il a reçu, il saute en parachute, mais trainé au sol sur plusieurs mètres, il  est affecté de plaies contuses au front et au nez ainsi que d'une entorse tibio-tarsienne à la cheville droite et doit effectuer un séjour à l'hôpital du 17 au 30 septembre 1918.

Réintégré au sein de son unité le 1er octobre 1918, il n'est envoyé en congé illimité que le 3 septembre 1919.

Croix de guerre, deux citations : ordre de la brigade (AD166) du 10/05/1917, ordre de la division (10e DI) du 11/10/1918.

Robert Tronsson maréchal des logis 43e RAC, 3e groupe, 9e batterie, 1ere section

Bois de Gernicourt (Aisne) hiver 1914-1915 (Album R. Verney p. 32 détail)

 

Au sortir de la guerre, il regagne Deauville. Dès 1920, il s'installe à Bayeux, reprenant la quincaillerie "Aux forges de vulcain" située 34, rue Saint-Martin, en tant que successeur de P. Lauvrière. La même année, il se marie à Madeleine Louise Duval, elle-même fille de quincailler à Vire. Ils ont 3 enfants ce qui lui permet le 31 août 1939, d'être placé dans la plus ancienne classe de la 2e réserve du 1er régiment d'aérostation (Caen).

 

Bayeux, Quincaillerie Lauvrière, R

Bayeux (Calvados), 34-47 rue Saint-Martin, quincaillerie Aux forges de Vulcain

P. Lauvrière - R. Tronsson successeur.

 

Après son décès, survenu à Bayeux le 29 mars 1949, la gérance de la quincaillerie est assurée par son gendre Jean Grenier, auquel succède son petit fils Thierry Grenier, à qui nous devons la communication de son "carnet de route".

 

 Voir la suite

L'album, la Restitution du journal de marche, le site

 

 *Journaux des marches et opérations (JMO) Ministère de la défense, direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives (DMPA), en partenariat avec le Service historique de la Défense (SHD) consultables sur : memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr :

-5e DI artillerie divisionnaire : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N/ 270/1 et 2 (1er janvier 1917 - 31 décembre 1918)

-5e DI Service de santé : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N/ 270/11 à 20 (5 août 1914 - 19 juillet 1918)

-43e RAC : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 980/1 à 5 (2 août 1914 - 31 décembre 1916 et 11 février 1917 - 31 décembre 1918)

-3e groupe du43e RAC : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 980/22 à 24 (7 août 1914 - 31 décembre 1917)

-3e groupe du43e RAC 7 e batterie : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 982/8 à 11 (7 août 1914 - 30 septembre 1918)

-3e groupe du43e RAC  8e batterie : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 982/13 à 18 (7 août 1914 - 31 décembre 1918)

- 3e groupe du43e RAC 9e batterie : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 983/1 à 4 (2 août 1914 - 31 décembre 1918)   

-24e RI : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 599/7 (1er janvier 1918 - 20 octobre 1919)

-6e DI Services de santé : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 275/4 et 5 (1er janvier 1918 – 2 août 1919)

-74e RI : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 660/16 (1er janvier 1918 – 31 décembre 1919)

 


15 février 2020

-Le 43e RAC, 1914-1918

Caen - 43e régiment d'artillerie, bâtiment central et cour d'honneur (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

 

 

 

 

 

 

 Caen, quartier d'artillerie Claude Decaen, caserne du 43e RAC le 2 août 1914 (coll. verney-grandeguerre)

 

 

Cette page est consacrée à l'organisation du 43e Régiment d'artillerie de campagne, unité au sein de laquelle René Verney est affecté en tant que médecin aide-major du 3e groupe du 1er août 1914 au 14 mars 1918. On y trouve des informations générales ainsi que des éléments sur l'évolution de son état-major. La page suivante est consacrée à l'organisation de son service médical (voir : L'équipe médicale du 3/43 RAC) .

Le 43e RAC est une unité d'artillerie créée dans le cadre de la loi du 24 juillet 1909, tout d'abord stationnée à Rouen, caserne Jeanne d'Arc et Versailles, camp de Satory. Une répartition géographique qui répond à l'organisation complexe de toute unité d'artillerie.

Dès avril 1914, le régiment d'artillerie de campagne proprement-dit formant l'artillerie divisionnaire de la 5e division d'infanterie, dont l'effectif en tant de guerre est porté à près de 1 650 hommes, est rassemblé à Caen pour occuper un tout nouveau cantonnement : le quartier d'artillerie Claude Decaen où se déroule sa mobilisation le 2 août 1914  (voir : 43e RAC de Rouen à Caen 1911-1940).

A la même période, le dépôt de Versailles concentre parallèlement plus de 1 800 hommes également mobilisés sous l'uniforme du 43e RAC, répartis entre un groupe de renforcement, un escadron territorial d'étapes et un ensemble de sections d'approvisionnement en munitions (cantonnements au Camp de Satory, rue Neuve, rue d'Angivillers, rue Sainte-Sophie et rue Sainte-Victoire). Ces unités qui constituent alors la réserve régimentaire tant en hommes qu'en chevaux et qu'en matériel, prennent rapidement part aux combats dans des secteurs du front et des missions qui leur sont propres.

Il convient ainsi de souligner que l'ouvrage bien connu Historique du 43e régiment d'artillerie de campagne, campagne 1914-1919, ne rend compte que de l'action de l'AD5 durant le conflit, mais que le recensement qu'il effectue des pertes régimentaires s'étend à l'ensemble des unités du 43e RAC (voir : Base Mémoire des hommes : le 43e RAC Indexé !). Aussi pour offrir un panorama le plus complet possible du parcours des hommes ayant combattu sous son uniforme, ses différentes composantes sont successivement présentées dans les lignes suivantes.

Capture

Historique du 43e RAC consultable sur Gallica

 

AD5 - Batteries n°1 à 9 (1er, 2e et 3e groupes du 43e RAC)

Le 43e RAC constitue le régiment d’artillerie divisionnaire de la 5e division d’infanterie (AD5) qui a pour affectation organique aux côtés de la 6eDI, le 3e corps d’armée (subordonné à la 5e Armée en août 1914).

 Le 43e RAC en tant qu’artillerie divisionnaire, a pour mission d’assurer le soutien des régiments d’infanterie de la 5e DI en termes de préparation et d’accompagnement des actions et de protection.

La 5e DI est commandée par le général Mollard jusqu’au 31 août 1914. A cette date elle est placée sous le commandement du général Mangin devenant "La division Mangin". Le général Roig-Bourdeville lui succède à compter du 4 juin 1916  et ce, jusqu’au 1er juin 1920.

Pages héroïques de la 5e Division d'infanterie001    Pages héroïques de la 5e Division d'infanterie002

LECOC Louis, Pages héroïques de la 5e Division d'infanterie, Paris S.T.D.I.S, 1918

(coll. Verney-grandeguerre)

La 5e DI est composée en août 1914 de régiments mobilisés dans la circonscription de la 3e Région Militaire (Rouen) :

-9e brigade : 39e RI (Rouen) et 74e RI (Rouen)

-10e brigade : 36e RI (Caen) et 129e RI (Le Havre)

-Eléments divisionnaires : 7e régiment de chasseurs à cheval (un escadron – Evreux) et 43e RAC (Caen)

Seuls les 74e RI et 43e RAC resteront attachés à la 5e DI de la mobilisation à l’armistice. En juillet 1915 le 39e RI est affecté à la 130e DI, le 274e RI (régiment de réserve du 74e - casernement Caen) intègre alors la 5e DI.

En mai 1917, suite aux mutineries des régiments, le  36e RI est incorporé au sein de la 121e DI et le 129e RI au sein de la 69e (voir Chemin des Dames et mutineries à la 5e DI). Le 5e RI (casernement à Paris - dépôt à Falaise) intègre alors la 5e DI, suivi pour un temps du 114e bataillon de chasseurs alpins (de juin à novembre 1917).

Enfin, en novembre 1917 le 224e RI (régiment de réserve du 24e - casernement à Caen) intègre à la 5e DI peu de temps avant la dissolution du 274e (décembre 1917).

Album R. Verney p.198 droite bas

Souain (Marne), camp de Darolles, mars-mai 1918

Groupe des grenadiers d’élite du 74e RI 2e bataillon, au centre le sous-lieutenant Gaugry

(Album R. Verney p. 198)

Pour appréhender dans le détail l'organisation interne d'un régiment d'artillerie de campagne tel que l'AD5 (composition, instruction, service au combat), nous renvoyons au Règlement provisoire de manoeuvre de l'artillerie de campagne approuvé par le ministre de la guerre, le 8 septembre 1910 (Titres I à VII). Celui-ci, constitue en effet une source essentielle permettant de faciliter l'interprétation des clichés de l'album de R. Verney et leur contextualisation à partir des Journaux des marches et opérations (JMO) régimentaires. Nous nous sommes appuyé sur son édition de 1910, pour effectuer la présentation propre au 43e RAC que nous développons ci-dessous.

Règlement provisoire de manoeuvre de l'artillerie de campagne 1910 Titres I à VII

Règlement provisoire de manoeuvre de l'artillerie de campagne

approuvé par le ministre de la guerre, le 8 septembre 1910 (Titres I à VII).

Edition en 4 volumes, Paris, Henri Charles-Lavauzelle ed. 1910 (coll. verney-grandeguerre)

 

Le régiment est placé sous les ordres d’un état major dont un lieutenant-colonel ou colonel assure le commandement assisté de six officiers qui encadrent un effectif de 1 620 hommes assurant le service de 36 pièces de 75 mm modèle 1897 dont la répartition s'organise très précisément.

Canon de 75 côté gauche, roue enlevée     Canon de 75 côté droit

                       Canon de 75 côté gauche roue enlevée                                    Canon de 75 côté droit

Planches extraites du Règlement provisoire de manoeuvre de l'artillerie de campagne (Titre IV, fig. 1 et 2)

Le régiment se décompose en trois groupes de trois batteries de quatre canons de 75, les 9 batteries régimentaires numérotées de manière continue de 1 à 9 et se répartissant ainsi :

-1er groupe : batteries n°1,2,3 ;

-2eme groupe : batteries n°4,5,6 ;

-3eme groupe : batteries n°7,8,9

 

Chaque groupe disposant de 12 pièces d'artillerie, est placé sous les ordres d'un commandant chef d'escadron assisté de 6 à 7 officiers (officier observateur, commandant de groupe d'échelons, officier ou sous-officier d'approvisionnement, officier de liaison, médecin, vétérinaire). Une quinzaine d'hommes s'adjoignent à l'état-major : ordonnances, médecin auxiliaire, brigadiers infirmier ou brancardier, boucher et conducteurs de 4 voitures hippomobiles (voiture médicale, fourgons à bagages, voiture à viande).

Le 3e groupe comprend ainsi précisément en août 1914, 541 hommes dont 16 officiers et 525 sous-officiers et canonniers (source JMO régimentaires), alors qu'en mars 1917 il compte 600 hommes (source JMO service de santé divisionnaire).

Chaque batterie est placée sous les ordres d'un capitaine et de 2 officiers (lieutenant ou sous-lieutenant) disposant d'environ 170 hommes, sous-officiers et hommes du rang canonniers conducteurs ou canonniers servants.

Suivant le Règlement provisoire de manoeuvre de l'artillerie de campagne approuvé par le ministre de la guerre le 8 septembre 1910, le personnel de la batterie montée de 75 sur pied de guerre, est réparti en 9 pelotons de pièce (chaque pièce comprenant plusieurs voitures hippomobiles).

Chacune des quatre premières pièces attelle deux avant-trains l'un doté d'un canon, l'autre d'un caisson à munitions (a), la 5e pièce attelle 2 voitures-caissons, l'ensemble constituant la batterie de tir placée sur la ligne de feu.

Voiture-caisson de 75 modèle 1897 vue avant Voiture-caisson de 75 modèle 1897 vue arrière

                (a) Voiture-caisson modèle 1897 (vue avant)             Voiture-caisson modèle 1897 (vue arrière)

Planches extraites du Règlement provisoire de manoeuvre de l'artillerie de campagne (Titre IV, fig. 9 et 10)

    1915 Artois p

Brévillers (Somme), juin 1915, 3e groupe du 43e RAC,

attelage à avant-train de six chevaux d'une pièce de 75

(Album R. Verney p. 58)

Caisson en batterie     Album R. Verney p.030 gauche bas

               Caisson en batterie, planche extraite du                            Bois de Gernicourt (Aisne),  février 1915

 Règlement provisoire de manoeuvre de l'artillerie de campagne        canon de 75 et son caisson en batterie

                                   (Titre IV, fig. 11)                                                                (Album R. Verney p. 30)

Les 6e et 7e pièces attèlent 3 caissons à munitions chacune (a), la 8e pièce attelant la forge (b), le chariot de batterie (c) et un caisson pour armes portatives.

Forge modèle 1876    Chariot de batterie pour matériel de 75 modèle 1833

                        (b) Forge modèle 1876                     (c) Chariot de batterie pour matériel de 75 modèle 1833

Planches extraites du Règlement provisoire de manoeuvre de l'artillerie de campagne (Titre IV, fig. 15 et 14)

Une 9e pièce attèle le train régimentaire qui comprend un charriot fourragère (d) et 3 fourgons à vivres (e).

Charroit fourragère modèle 1900     Fourgon modèle 1887

                         (d) Charriot fourragère modèle 1900                               (e) Fourgon modèle 1887

Planches extraites du Règlement provisoire de manoeuvre de l'artillerie de campagne (Titre IV, fig. 19 et 18)

Album R. Verney p.010 bas droite

Wanquetin (Pas-de-Calais), 16-17 juin 1915 (Album R. Verney p.10)

Officiers du 3e groupe du 43e RAC à proximité d'un fourgon modèle 1887 du train régimentaire

L'ensemble (formé des 6e-9e pièces) constitue le groupe des échelons de combat, placé avec les avant-trains des pièces d'artillerie et caissons en position à 500m environ en arrière de la ligne de feu. C'est de ce point généralement simplement dénommé "Les échelons" placé sous les ordres d'un lieutenant ou sous-lieutenant, que s'effectue avec les six caissons des 6e et 7e pièces, l'alimentation de la batterie en munitions, ces échelons régimentaires étant eux-mêmes alimentés par les sections de munitions de parc du corps d'armée, elles mêmes approvisionnées par le grand parc d'armée (voir infa : Unités d'approvisionnement).

Album R. Verney p.047 droite haut

Echelons du 3e groupe du 43e RAC

Ferme de Longvoisin à Ventelay (Marne), janvier-mai 1915

(Album R. Verney p. 47)

Près de 80 hommes, canonniers conducteurs ou "cc", pourvoient à la manoeuvre et à l'entretien des voitures hippomobiles attelées composant chaque batterie, ainsi qu'au soin des 132 chevaux de trait qui y sont attachés (soit un total de 67 voitures et 396 chevaux par groupe).

Album R. Verney p.061 haut gauche           

Les chevaux du 3e groupe du 43e RAC

Abrevoirs à Lucheux (Somme),15 juin 1915 (Album R. Verney p. 61)

Album R. Verney p.068 bas droite

Les chevaux du 3e groupe du 43e RAC

Wanquetin (Pas-de-Calais), grande halte, 16-17 juin 1915 (Album R. Verney p.68)

43e RAC Campagne 1914-1915 Harnachement

Harnachement 43e Régiment d'artillerie, Campagne 1914-1915 (lieu non dentifié).

(Carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Chaque batterie dispose de 44 canonniers servants "cs" répartis au sein de deux sections qui assurent individuellement la mise en batterie de deux pièces de 75. Chaque pièce est placée sous les ordres d'un sous-officier (adjudant, maréchal des logis chef ou maréchal des logis) accompagné d'un ou deux brigadiers, et servie par 5 hommes du rang : pointeur ou maître-pointeur, chargeur et tireur (servants de pièce), pourvoyeur et déboucheur (servants de caisson).

Album R. Verney p.032 gauche haut              Album R. Verney p.033 gauche bas

Bois de Gernicourt (Aisne), décembre 1914 - mars 1915

                        2e section de la 9e batterie                                      75 en action, les servants chargent la pièce

                          (Album R. Verney p. 32)                                      à l'extrême droite maréchal des logis Estard

                                                                                                (Album R. Verney p. 33)

 

 

21e, 22e et 23e batteries - Groupe de renforcement du 43e RAC : AD53 et 243e RAC

Le 43 RAC possède un groupe de renforcement (21e, 22e et 23e batteries, chacune dotée de 4 pièces de 75), principalement composé de réservistes encadrés par des éléments d'active (soit environ 550 hommes). Ce groupe connait durant tout le conflit, un parcours totalement indépendant du reste du régiment et s'associe à celui de la 53e division d'infanterie (voir JMO 43e RAC 1er groupe de renforcement).

Mobilisé à Versailles (Ecole maternelle de la rue Neuve) et placé tout d'abord sous le commandement du chef d’escadron Adrien Moïse Mendès-Bonito, il forme en effet, en août 1914, le 1er groupe du groupement constituant l'artillerie divisionnaire de la 53e division d'infanterie (mobilisée dans la 3e région, la 53e DI fait partie du 4e groupe de divisions de réserve) (voir JMO AD 53 sur mémoire des hommes).

Outre ses éléments issus du 43e RAC, le groupement de l'AD 53, dispose des groupes de renforcement des 22e RAC (24e, 25e et 26e batteries) et 11e RAC (27e, 28e et 29e batteries), qui forment respectivement ses 2e et 3e groupes. A partir du 18 septembre 1915 le 1er groupe est placé sous les ordres du chef d’escadron Louis Clément Joseph Girard(1869-1934) auquel a été confié, dès août 1914, le commandement de la 23e batterie du 43e RAC.

Le 1er avril 1917, le groupement constitue le 243e RAC, unité nouvellement créée et qui conserve jusqu'à la fin du conflit, sous les ordres du lieutenant-colonel Gustave Georges Ernest Victor Crousse (1873-1946), son affectation en tant qu'AD 53. Les 21e, 22e et 23e batteries du 43e RAC, agissant désormais sous l'uniforme de la nouvelle unité, constituent le 1er groupe du 243e RAC (voir JMO) dont le chef d'escadron Girard conserve le commandement. Les 2e et 3e groupes sont parallèlement composés des éléments issus des 22e et 11e RAC (voir JMO 243e RAC).

Lors de la dissolution du 243e RAC, le 25 janvier 1919, le 1er groupe est reversé 43e RAC, rejoignant le dépôt de Caen le 5 février 1919 (voir historique régimentaire du 243e RAC).

img056    In Memoriam Louis Clément Joseph Girard

Sur le front occidental avec la 53e division d'infanterie

mémoires de Louis Clément Joseph GIRARD, témoin du 1er groupe de renforcement du 43e RAC

(coll. verney-grandeguerre)

On doit à l'ancien chef d'escadron du groupe de renforcement du 43e RAC, le commandant Louis Girard, une restitution détaillée du parcours de l'unité au travers de ses mémoires, publiées dans un ouvrage en quatre volumes ayant pour titre : Sur le front occidental avec la 53e division d'infanterie. (I, Paris, Berger-Levrault, 1932 ; II, Besançon, Sequana et III, Paris, Brodart et Taupin eds., s.d. (éditions posthumes) ; IV, Compiègne, Imprimerie du progrès de l'Oise [1938], ce dernier volume n'étant pas directement de la main de l'auteur, mais mis en forme in mémoriam par un groupe d'anciens officiers du 243e RAC).

Témoignage capital sur le parcours du groupement de renforcement du 43e RAC, la qualité et la précision du récit trouve sa source même dans la démarche de son auteur (cf. volume IV, p. 369) :

"Je me suis appliqué à noter scrupuleusement, au jour le jour, et parfois heure par heure, les événements, les on-dit, les récits et causeries des poilus, des camarades et des chefs, leurs réflexions, leur état moral du moment. Ces notes, écrites sur des carnets de poche (12) et à peu près indéchiffrables pour tout autre que moi-même, ont été simplement mises au net. Des suppressions ont été faites. Rien n'y a été ajouté. Il faut trouver dans ces pages le récit sans prétention de ce que fut la guerre pour un groupement d'artillerie ayant su garder jusqu'à l'armistice, malgré les pertes et les mutilations, malgré les apports successif d'un sang plus jeune, l'esprit qui l'avait animé à la mobilisation."

En complément, signalons que les archives départementales du Calvados conservent un lot documentaire inédit (cote 1J/42/9) issus d'un officier du 1er groupe de renforcement du 43e RAC : la correspondance adressée à ses parents entre le 30 juillet 1914 et le 22 mars 1915 par le sous-lieutenant de réserve Maurice Alliot (1889-1990) centralien, affecté la 21e batterie d'août 1914 à l'automne 1916.

 

Capitaine du 243e RAC boyau des téléphonistes

Un capitaine du 243e RAC (1917-1918), boyau des téléphonistes, PC d'artillerie n°1

(tirage photographique original coll. Verney-grandeguerre)

Hommes du 243e RAC, Haut-Rhin, août 1918

Hommes du 243e RAC, Haut-Rhin (correspondance datée du 11/08/1918).

(Carte photo - coll. Verney-Grandeguerre)

 

 

 

 

43e batterie de 90 du 43e RAC - 270e RAC

De la même manière, par décision ministérielle n°2978 3/3 du 6 mars 1915, une batterie du 43e RAC (43e batterie, dépôt de Versailles, 170 hommes environ), forme avec deux autres batteries, l’une du 22e RAC et l’autre du 11e RAC un groupe équipé de canons de 90mm. Rattaché au 43e RAC et placé sous le commandement du chef d'escadron Delalleau, ce groupe a un lui aussi un parcours bien distinct du reste du régiment durant tout le conflit (voir 43e RAC, JMO 43e batterie de 90).

Destiné, après un entrainement au camp de Mailly, à former le 2e groupe de l’AD 151, il rejoint le Détachement d'Armée de Belgique puis le 36e Corps d'armée, intégrant tout d'abord l'ADT 87 accompagné d'un groupe issu du 10e RAC, puis à compter du 4 mai 1915 et successivement, l’AD 45, l’AD 153, l’AD 152 enfin l’AD 45.

Le 1er septembre 1915 les deux groupes renforcés d'un groupe du 29e RAC forment l’ADT 81 et prennent tout d'abord position en Artois dans le secteur de Bully-Grenay.

Le 1er avril 1917 lors de la création du 270e RAC (AD 81), les 1er et 2e groupes constituent le 1er et  le 2e groupes du nouveau régiment (respectivement 41e, 42e, 43e batteries et 44, 45, 46e batteries), associés à un troisième groupe issu du 58e d’artillerie (47e, 48e et 49e batteries). Ils sont désormais équipés de pièces de 75 : voir historique régimentaire du 270e RAC.

Louis-Ernest-Prosper-Alexandre Girard 43e RAC, 43e batterie de 90   Louis-Ernest-Prosper-Alexandre Girard 43e RAC, 43e batterie de 90 image pieuse

In memoriam Louis Ernest Prosper Alexandre Girard (cf. reg. matric.),

2e canonnier conducteur, 43e RAC, 43e batterie de 90, mort pour la France à Brielen (Belgique).

Mortellement blessé alors que son unité (groupe Delalleau) est engagée

depuis le 26 mai au sein de l'AD45  au nord-ouest d'Ypres (voir situation de la position).

 (carte mortuaire Imp. Chenel, J. Demare successeur, Caen - coll verney-grandeguerre)

 

61e, 62e et 63e batteries de dépôt

La connaissance de la composition et du parcours de ces trois unités (mobilisant un total d'environ 550 hommes) reste incomplète. Batteries de réserve, d'instruction et de passage, elles sont affectées au dépôt régimentaire à Versailles au début du conflit.

Correspondance, Versailles 15   Cachet 43e RAC 63e batterie de dépôt Versailles 21

Correspondance depuis Versailles 15/08/1914      Correspondance depuis Versailles 21/08/1914

adressée par Arthur Marcel Bruneaux                            avec cachet du 43e RAC, 63e batterie

43e RAC, 62e batterie (reg. matric.)        adressée par Louis-Aimable Panchout (reg. matric.)

(cartes postales - coll. verney-grandeguerre)

Cachet 43e RAC 62e batterie de dépôt Versailles 03

Correspondance depuis Versailles 03/11/1914

avec cachet 43e RAC 62e batterie

(carte postale - coll. verney-grandeguerre)

 

2e escadron territorial d'étapes du 43e RAC - 72e batterie de dépôt

Le 2e escadron territorial d'étapes du 43e RAC, parfois dénommé "Groupe territorial du 43e RAC" dans les registres de matricules,

Posté par valvacher à 17:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 octobre 2019

Le 43e RAC : de Rouen à Caen 1911-1940

 

 

Découvrez L'hymne du 43e d'Artillerie    img011

 

 

 

 

  Souvenir - Caen Caserne du 43e d'artillerie

(carte-photo, envoi daté de 1922 -

coll. verney-grandeguerre) 

 

 

René Verney médecin aide-major de 1ère classe de la réserve, est affecté dans ce grade le 18 avril 1914 au 3e groupe du 43e régiment d’artillerie de campagne. Le régiment, de création récente, est tout d'abord réparti entre Versailles (camp de Satory) et Rouen caserne Jeanne d'Arc avant d'être rassemblé à Caen quartier d'artillerie Claude Decaen, son dépôt définitif où se déroule notamment sa mobilisation du 2 au 7 août 1914. Un riche ensemble de documents iconographiques, albums imprimés, cartes postales et cartes-photos, souvenirs des contingents successifs ayant composé le régiment, permettent d'en illustrer le parcours auquel cette page est consacrée.

 

Création du 43e Régiment d'artillerie de campagne

Le 43e RAC est une unité créée peu avant la première guerre mondiale dans le cadre de la loi du 24 juillet 1909 (JO du 31 juillet 1909, p. 8302), fixant à 62 le nombre des régiments d'artillerie de campagne armés de canons de 75 modèle 1897.

Les affectations des officiers d'active au 43e RAC s'effectuent progressivement en 1910 alors que le régiment est en cours de formation. Ils sont inclus au 11e régiment d'artillerie comme corps de rattachement jusqu'au 31 décembre. Nous avons relevé quelques exemples d'affectations :

-JO 28 juin 1910, p. 5493 (création des batteries) 3e corps 11e régiment Rouen : Debarre chef d'escadron 35e RA (43e commandement groupes VII-VIII-IX) ; Bailly capitaine section technique de l'artillerie (43e commandement 7e batterie) ; Garnuchot capitaine 10e RA (43e commandement 8e batterie) ; Berntzwiller lieutenant 8e RA (43e commandement 9e batterie).

-JO 10 septembre 1910, p. 7580 (nomination d'un vétérinaire) M. Caulle vétérinaire en 1er au 37e RA directeur du centre de remonte du Bec-Hellouin (11/43e RA, service).

-JO 11 septembre 1910, p. 7607 (formation de l'état-major) : Lieutenant-colonel Valabrègue breveté hors cadre (43e commandant par intérim) ; M. Drouault chef d'escadron au 11e RA (43e faisant fonction de Lieutenant-colonel) ; M. Lebel chef d'escadron au 11e RA (43e Major) ; M. Vielle capitaine 11e RA (43e inspecteur d'armes) ; M. Bouhet lieutenant au 11e RA (43e faisant fonction de capitaine chargé de la mobilisation) ; M. Lannes Etat-major particulier, direction de Lyon (43e trésorier).

Les affectations des officiers de réserve sont prises sur décision ministérielle dès le 25/09/1910 (Revue d'artillerie octobre 1910).

Les sous-officiers sont enfin affectés au régiment à la date exacte de création du corps le 1er janvier 1911.

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte postale coll. Verney-gandeguerre)

Rouen – L’étendard du 43e Régiment d’artillerie. Cliché Belville (carte postale coll. verney-grandeguerre)

Correspondance adressée par le brigadier James Ernest PAQUEREAU (classe 1909, reg.matric.)

Le colonel Moïse Enahem Fernand Valabrègue (à droite), accompagnant le porte-étendard (adjudant Bourgoin)

et sa garde (maréchaux des logis Gloeser et Thoury).

Prise de vue réalisée à Rouen caserne Jeanne-d’Arc le 18 juillet 1911

(voir le Journal de Rouen du 19/07/1911, p.2).

 

Lors de sa création en janvier 1911, le 43e RAC est en garnison à Versailles au camp de Satory (1er groupe) et à Rouen, caserne Jeanne d'Arc (2e et 3e groupes). Le 2 octobre 1913 les premières batteries du 1er groupe quittent Versailles et rejoignent à Caen le quartier Claude Decaen, une caserne nouvellement édifiée et à peine achevée, où il est progressivement rassemblé quelques mois avant le début du conflit. Les 2e et 3e groupes rejoignent Caen du 1er au 5 avril 1914 et sont définitivement remplacés à Rouen dès le 6 avril suivant, par le 11e régiment d'artillerie (Journal de Rouen du 07/04/1914 p.2). Caen constitue ainsi, le lieu de dépôt et de mobilisation des 1 650 hommes environ, constituant l'unité d'active en tant de guerre.

Versailles reste néanmoins le lieu de mobilisation de plus de 1 800 hommes agissant également sous l'uniforme du 43e RAC : groupe de renforcement (21e, 22e, 23e batteries), 61e, 62e, 63e batteries de dépôt, escadron territorial d'étapes (72e batterie de dépôt) et l'ensemble des sections d'approvisionnement en munitions (Parc et Grand parc d'artillerie) (voir le 43e RAC août 1914 - mars 1918).

 

Casernement au camp de Satory à Versailles

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Vue générale du Camp

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Cantine, Stand de tir

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Jeux de barres, Maréchal ferrant

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Cuisines, Corvée de fourrages

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Pansage, Entrée du camp

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Réservoirs

Versailles, camp de Satory, 43e RAC (1er groupe) 1911-1914 ?

(Album carte-lettre militaire  coll. verney-grandeguerre)

Camp de Satory, Versailles, abreuvoir du 43e artillerie

Versailles, Camp de Satory, Abreuvoir du 43e Artillerie

(carte postale coll. verney-grandeguerre)

Camp de Satory, Versailles, les baraquements

Versailles, Camp de Satory, les baraquements

(carte postale coll. verney-grandeguerre)

Camp de Satory, Versailles, artilleurs du 43e RAC

Versailles, camp de Satory, artilleurs du 43e RAC 1911

Parmi les hommes placés au deuxième rang au centre, figure le maréchal des logis

Charles Laurent Adolphe Beaurain (classe 1910, reg.matric.)

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Versailles, artilleurs du 43e et 22e artillerie et canon 155mm long de Bange vers 1916

 Groupe d'artilleurs du 43e et 22e artillerie et canon 155mm long de Bange,

prise de vue non située [Versailles vers 1916 ?]

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

43e RAC Campagne 1914-1915 Harnachement

 Harnachement 43e Artillerie - Campagne 1914-1915, la fine équipe, prise de vue non située.

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

43e RAC, groupe d'artilleurs avec sous-officiers, Rouen vers 1914   43e RAC, groupe de sous-officiers, Rouen vers 1914

 Groupe d'artilleurs avec sous-officiers du 43e RAC            Groupe de sous-officiers du 43e RA

Sur ce cliché figure le canonnier Joseph Henri ROGER (classe 1914 reg.matric.)

Prises de vues non situées (cartes-photos coll. verney-grandeguerre)

Maréchaux des Logis, peut-être Camp de Satory, Versailles    Maréchal-des-logis à cheval, peut-être Camp de Satory, Versailles

Maréchaux-des-logis du 43e RAC

Prises de vues non situées, vers 1911-1914 (cartes-photos coll. verney-grandeguerre)

43e RAC Camp de Sissonne vers 1912-1914 Lucien André Dérain

Groupe d'artilleurs du 43e RAC, prise de vue non située [Camp de Sissonne, mai 1912 ou juillet 1914]

Au centre signalé d'une croix le brigadier Lucien André DERAIN (classe1906 reg.matric.)

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

 

Casernement à Rouen : janvier 1911 - avril 1914

La caserne Jeanne d'Arc était implantée sur l'actuel boulevard Gambetta, qui longeait autrefois au nord le Champ de Mars. Le cantonnement était abrité dans un édifice de style classique construit à la fin du XVIIIe siècle  (ancienne caserne Martainville ou du Pré-aux-Loups), composé d'un pavillon central encadré de deux vastes corps de bâtiments désormais occupés par l'antenne du Conseil régional de Normandie (voir : notice historique sur l'hôtel de région).

Rouen Plan L

Caserne Jeanne-d'Arc et Champ de Mars à Rouen

Rouen, plan L. Hermann,1918.

Rouen - caserne Jeanne d'Arc (carte postale coll. Verney-gandeguerre)

Rouen - La caserne Jeanne d'Arc

Façade principale et entrée donnant sur le Champ de Mars (au premier plan)

(carte postale ND Phot - coll. verney-grandeguerre)

Rouen 43e régiment d'artillerie, porte d'entrée du Quartier Jeanne d'Arc

Rouen 43e régiment d'artillerie, porte d'entrée du Quartier Jeanne d'Arc

(Carte postale - Vanouthsoorn éditeur - Coll. Verney-grandeguerre)

De janvier 1911 (date de sa création) à avril 1914 (date du transfert du 43e RAC à Caen), la caserne Jeanne d'Arc sert ainsi de cadre à de très nombreux portraits collectifs dont nous donnons ci-dessous un aperçu, l'un des plus intéressants documents édités étant l'album souvenir régimentaire renfermant 18 planches pleine page publié en juin 1912.

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, nettoyage d'une pièce de 75, janvier 1911

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, nettoyage d'une pièce de 75, janvier 1911.

Au premier plan avec une croix, Lucien Gustave Thadée THUILLIER, maître-pointeur au 43e RAC,

mobilisé au 2e groupe, 6e batterie en août 1914 (reg. matric.)

(Carte-photo, G. Belville, 39 rue Boucher-de-Perthes - Rouen - Coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC au 276 la fuite (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupes d'artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes), janvier 1911.

Parmi ces hommes figure le canonnier Pierre Georges THIROUIN (classe 1909 reg.matric.)

(carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

 

 

Album 43e RAC Rouen 1912 01Album souvenir du 43eme Régiment d'artillerie

Rouen Juin 1912.

Imprimerie phototypique A. Gelly, Charleville éd.

(coll. Verney-grandeguerre)

Album 43e RAC Rouen 1912 02

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le Colonel [Moïse Menahem Fernand Valabrègue 1857-1926]

   

Album 43e RAC Rouen 1912 03  Album 43e RAC Rouen 1912 04

                     Les officiers                                          Les adjudants et maréchaux-des-logis-chefs

Album 43e RAC Rouen 1912 05   Album 43e RAC Rouen 1912 06

Les sous-officiers                                                     Les trompettes

Album 43e RAC Rouen 1912 07    Album 43e RAC Rouen 1912 08

Peloton hors rang                                                              4e batterie

Album 43e RAC Rouen 1912 09   Album 43e RAC Rouen 1912 10

5e batterie                                                             6e batterie

Album 43e RAC Rouen 1912 11    Album 43e RAC Rouen 1912 12

 2e groupe - Peloton d'instruction                                       7e batterie

Album 43e RAC Rouen 1912 13    Album 43e RAC Rouen 1912 14

8e batterie                                                          9e batterie

Album 43e RAC Rouen 1912 15    Album 43e RAC Rouen 1912 16

            3e groupe - Peloton d'instruction                                5e batterie, école de batterie attelée

Album 43e RAC Rouen 1912 17    Album 43e RAC Rouen 1912 18

7e batterie, école de batterie                                      Les ateliers

Album 43e RAC Rouen 1912 19    Album 43e RAC Rouen 1912 20

                                     Les maréchaux-ferrants

 

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC et leur pièce de 75 (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)   Rouen, caserne Jeanne d'Arc, pièce de 75 et groupe d'artilleurs du 43e RAC (carte-photo coll

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupes d'artilleurs du 43e RAC (1911-1913)

(cartes-photos G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Le maréchal des logis figurant au centre des clichés est Joseph VALLEY

parallèlement identifé sur un des clichés de l'album de René Verney (voir index des noms de personnes).

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, pièce de 75 et artilleurs du 43e RAC (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)    Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupe d'artilleurs du 43e RAC et pièces de 75 au repos (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

    Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupe d'artilleurs du 43e RAC (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)     Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC au 327 la fuite (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)  

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupes d'artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes) 1911-1913

(cartes-photos G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC, groupe de réparation section D

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, Equipe de réparation du matériel de 75, Section D,1913

Parmi ces hommes figure Henri Hyacinthe Edmond TOURANT (Classe 1912, reg. matric.)

(carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'arc, groupe du 43e RAC, 1912

 Rouen, artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes), 1912.

Le maréchal des logis figurant au premier rang à droite est Fernand Séverin Adolphe PIERRET,

parallèlement identifié sur deux clichés de l'album de René Verney

(voir index des noms de personnes)

(Carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'arc, groupe du 43e RAC, 1912 (carte-photo G

Rouen, artilleurs  43e RAC (2e - 3e groupes), 1912.

(Carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

 

Au sud du Champ de Mars se déployait une enceinte de bâtiments annexée au cantonnement, où étaient notamment implantées les écuries régimentaires.

Rouen - Vue générale et vue du champ de Mars (carte postale coll. Verney-gandeguerre)  Rouen, Vue générale, carte postale CV ed

Rouen, vue Générale et vue du Champ de Mars                               Rouen, vue Générale          

(carte postale coll. verney-grandeguerre)                    (carte postale C.V. ed - coll. verney-grandeguerre)

Au second plan à droite la caserne Jeanne d'Arc et sur l'esplanade au premier plan, l'enceinte formée

par les bâtiments annexés au cantonnement, avant construction des écuries du 43e RAC.

Rouen - Les casernes le Champs de Mars et le Mont Sainte-Catherine (Carte postale CE

Rouen - Les casernes le Champ de Mars et le Mont Sainte-Catherine

(Carte postale CE.L.D - coll. verney-grandeguerre)

Au premier plan la caserne Jeanne d'Arc et à l'arrière de l'esplanade du champ de Mars, l'enceinte formée

par les bâtiments annexés au cantonnement, avant construction des écuries du 43e RAC.

Rouen - Les baraquements Place du Champ de Mars (Vue prise de la caserne Jeanne d'Arc) Cliché Belville

Rouen - Les baraquements Place du Champ de Mars ( Vue prise de la caserne Jeanne-d'Arc)

Correspondance de Prosper Armand DEMLING (classe 1910, reg. matric.)  datée du 21/12/1911

(carte postale - cliché Belville - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - Champ de Mars

Rouen, Place du Champ de Mars -  caserne d’artillerie. (carte postale - ELD ed. - coll. verney-grandeguerre)

 Vue de l'enceinte des bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc avec, au second plan, les écuries.

Rouen, Champ de Mars, le pansage aux écuries du 43e RAC, (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)    Rouen, Champ de Mars, écuries du 43e RAC, le pansage (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc,

43e RAC (2e - 3e groupes) pansage aux écuries 1911-1913

(cartes-photos - G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, scellerie du 43e RAC 1911-1914

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc,

43e RAC (2e - 3e groupes) sellerie, janvier 1911. Canonnier Lefèbvre ;

bourreliers Auguste Armand Jules Marcotte (classe 1908, voir Reg. Matric.)

et Pierre-Jules Robac (classe 1909, voir Rg. Matric.).

(carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher-de-Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, 8e batterie, 1913

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc

Correspondance adressée par l'artilleur VIEVILLE du 3e groupe 8e batterie, en avril 1913

(carte-photo cliché  G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC 9e batterie, Ecole à Feu 1913 1er Prix (carte-photo coll

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc

artilleurs du 43e RAC, 3e groupe, 9e batterie, Ecole à feu 1913, 1er Prix de tir

(carte-photo - G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC 1911-1914

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc

groupe d'artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes) 1911-1913

(carte-photo - G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, Champ de Mars, bâtiments provisoires élevés pour le casernement du 43e RA (carte postale coll. Verney-gandeguerre)

 Vue de l'enceinte des bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc pour le 43e RAC,

avec, au second plan, les écuries.

(carte postale - Antoine Lazarus Edit., Rouen G.R. - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - Place du Champ de Mars et Caserne Jeanne d'Arc (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Rouen - Place du Champ de Mars, avec au premier plan les écuries et à l'arrière plan la Caserne Jeanne d'Arc.

Vue postérieure au départ du 43e RAC de Rouen.

(carte postale - coll. Verney-grandeguerre)

Le Champ de Mars servait aux exercices et revues notamment du 43e RAC de 1911 à 1914 comme en témoigne plusieurs clichés photographiques (cf. Pôle image Haute-Normandie). S'y déroule par exemple le 18 juillet 1911, la cérémonie de présentation de l'étendard du régiment au corps de troupe dont il est possible de lire le compte-rendu dans le Journal de Rouen du 19/07/1911 p. 2).

Présenation de l'étendard du 43e régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Cérémonie de présentation de l’étendard régimentaire au corps de troupe le 18 juillet 1911

Rouen, esplanade du Champ de Mars.

Correspondance adressée par le brigadier Pierre Georges THIROUIN (classe 1908, reg.matric.)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Rouen – Caserne Jeanne-d'Arc, présentation de l’étendard du 43e Régiment d’artillerie le 18 juillet 1911

Correspondance adressée par le brigadier Pierre Georges THIROUIN (classe 1908, reg.matric.)

Le porte-étendard (adjudant Bourgoin) et sa garde (maréchaux des logis Gloeser et Thoury).

(carte photo - Cliché Belville - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, Champ de Mars, artilleurs du 43e RAC, (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Rouen, Champ de Mars, artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes), 1913

Correspondance adressée par Pierre Marie Raoul BODEY (classe 1912 reg. matric.) le 14/02/1913

(carte-photo - "Société des produits As de Trèfle" - coll. verney-grandeguerre)

Rouen Champ de Mars, détachement monté du 43e RAC 1911-1914 (carte-photo coll

 Rouen, Champ de Mars, détachement monté du 43e RAC (2e - 3e groupes), 1911-1913

(carte-photo - G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - Manoeuvres d'artillerie au Champ de Mars

Rouen, Manoeuvres d'artillerie au Champ de Mars

(carte postale - Cliché Belville - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - Les baraquements au Champs de Mars - (Carte postale, Cliché Belville)

Rouen - Les baraquements au Champs de Mars

(carte postale - Cliché Belville - coll. verney-grandeguerre)

43e artillerie, 260 la fuite au galop

Carte souvenir du 43e d'Artillerie - correspondance datée du 04/01/1912, adressée depuis Rouen

par le 1er canonnier conducteur Albert Raymond MILLIARD (classe 1909, reg. matric.)

(carte-photo Novou - coll. verney-grandeguerre)

 

Casernement à Caen : Quartier Claude Decaen (1914-1985)

Dès le 2 octobre 1913, trois premières batteries du 1er groupe du 43e RAC, jusqu'alors en dépôt au camp de Satory à Versailles, prennent leurs quartiers à Caen (voir L'Ouest-éclair du 19/10/1913). L'ensemble du régiment ne les rejoindra qu'au printemps suivant. Du 1er au 5 avril 1914, les 2e et 3e groupes du 43e RAC, quittent ainsi Rouen (voir Le Journal de Rouen 02/04/1914 p. 2 et  L'Ouest-Eclair du 11/05/1914) pour gagner le nouveau dépôt du régiment le Quartier Claude Decaen à Caen, une caserne à peine achevée, implantée sur les hauteurs de la rive droite de l’Orne au sud du faubourg de Vaucelles (voir Les grands travaux dans L'Ouest-Eclair du 03/06/1913 et ci-dessous).

Nouvelles casernes du 43e RAC, LOuest éclair du 05

L'Ouest-Eclair du 05/11/1913

 

Le quartier Claude Decaen est donc le lieu de mobilisation du 2 au 7 août 1914 non seulement des hommes du 43e régiment d'artillerie de campagne, mais également des 1 600 chevaux destinés à assurer sur le front le mouvement des troupes, pièces d'artillerie, munitions et matériel, et dont le service de la remonte cordonne le regroupement par le biais de la réquisition.

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, artilleurs, vers 1914

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, canonniers de la 2eme batterie du 43e RAC

parmi lesquel Raymond Eugène Louis DECONIHOUT (classe 1913, Reg. matric.)

rédacteur de la correspondance (décembre 1913)

(carte-photo - coll. Verney-grandeguerre)

Caen, 1ère batterie du 43e RAC

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, 1ère batterie du 43e RAC (1914)

Pami ces hommes figure le 2e canonnier Robert Adrien TRIPOUT (Classe1912 reg. matric.) auteur de la correspondance.

Au centre la capitaine de Schacken entouré à droite du sous-lieutenant Pierret [?] et à gauche du lieutenant Tiberge [?]

(carte-photo - Photographie Royer, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, artilleurs 1ère batterie

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, artilleurs de la 1ère batterie du 43e RAC (1914)

 (carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

43e RAC Classe 1914 A

Artilleurs du 43e RAC, prise de vue non située [Caen ?]

Sur ce cliché figure Aldrix Louis Alphonse LEVAVASSEUR (classe 1914 reg.matric.)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, groupe d'artilleurs

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, artilleurs du 43e RAC (vers 1914 ?)

 (carte-photo Royer, 98 rue Saint-Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, caserne de 43e RAC bâtiment central en construction (carte-photo coll. Verney-grandeguerre)

Le quartier d'artillerie Claude Decaen en cours d'édification

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Le 43e RAC bénéficie également en août 1914 (voir le Carnet de route de R. Tronsson à la date du 02 août 1914), d'une annexe au coeur de la ville de Caen : le quartier Saint-Louis installé au sein de l'ancien Hospice Saint-Louis, situé à l'angle de l’actuelle rue Arthur Le Duc et de la promenade Sévigné et doté d'un vaste jardin se développant à l'ouest de l'ancienne caserne Hamelin. Libéré par les religieuses de janvier à mars 1914 lors du transfert de l'activité hospitalière dans l'ancienne abbaye de la Trinité, il est immédiatement affecté à des fonctions militaires alors que débute parallèlement la destruction de ses bâtiments les plus vétustes. Presque entièrement rasé vers 1920, rien n’en subsiste après les destructions de 1944.

Caen, plan de l'ancien hospice Saint-Louis  

Caen, Hospice Saint-Louis, vue côté des jardins

 Hospice Saint-Louis. Plan et vue de de la façade orientale du XVIIe siècle donnant sur le jardin

(Planches extraites de :  Abbé  L. Huet - Histoire de l'Hôpial Saint-Louis de Caen

et de la Congrégation des servantes de Jésus. Caen 1926, p. 4 et 17)

Le Quartier d’artillerie Claude Decaen occupe quant à lui, le vaste quadrilatère de 14 ha compris entre les rues Guillaume Trébutien et Michel Lasne, le Boulevard Raymond Pointcarré et l’Avenue du capitaine Georges Guynemer. L’entrée principale ouvre sur cette dernière, dans l’axe de l’Avenue Albert 1er nommée en hommage au roi des Belges, le quartier Decaen accueillant durant la Grande guerre, un centre d'instruction de l'armée Belge où cantonnent jusqu'à 4 000 hommes.

 

La caserne se situe à proximité immédiate d’un vaste champ de manœuvre de 27 ha le "polygone" acquis en 1875 par la ville de Caen sur le territoire de Cormelles-le-Royal. Sur ce dernier qui a également servi de terrain d’aviation et d’hippodrome dans l’entre-deux-guerres, se déploie l’actuel quartier de la Guérinière intégré à la ville de Caen en 1951.

 

A 1 500m au sud-est du quartier d'artillerie est implantée en 1917 la « pyrotechnie militaire de Caen » manufacture dont la production d’amorces à base de fulminate de mercure ne démarre qu’en juillet 1918 et cesse dès l’armistice (site de l'actuelle usine PSA).

 

Quartier Claude DecaenSources : Photographies aériennes 1946, cartes topographiques 1950 et 2016

- IGN - Géoportail

103 - Caen caserne d'artillerie - Vue générale (carte postale coll. Verney-grandeguerre)   Caen caserne du 43e d'artillerie vue générale Cappe Edit

Caen, Caserne d'artillerie - Vue générale      Caen, Caserne du 43e d'artillerie - Vue générale

carte postale - phot Royer                       carte postale - Cappe edit.              

(Vues prises depuis l'avenue Albert 1er - coll. verney-grandeguerre)

154 - Caen - Nouvelles casernes d'artillerie, entrée principale L.L. (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen, Nouvelles casernes d'artillerie - L'entrée principale [vers 1915]

(carte postale - L.L. - coll. verney-grandeguerre)

Caen, caserne d'artillerie 1930 43e d'artillerie    Caen (Calvados), La Caserne du 43e

L'entrée principale vers 1925-1935

(cartes postales - coll. verney-grandeguerre)

L'entrée principale donne accès à une place d'armes fermée au sud par trois vastes bâtiments abritant les quartiers, le bâtiment central étant en léger retrait.

Plan Quartier Claude Decaen quartiers

(doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

67 Caen - Nouvelles casernes d'artillerie, vue générale de face - N.G. (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen - Nouvelles casernes d’artillerie - Vue générale de face

(carte postale - Edition des Nouvelles Galeries N.G. - coll. verney-grandeguerre)

106 - Caen - caserne d'artillerie - bâtiment est (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen – Caserne d’artillerie - Bâtiment est

(carte postale – Photo Royer - coll. verney-grandeguerre)

Caen - 43e régiment d'artillerie, bâtiment central et cour d'honneur (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen – 43e régiment d’artillerie - Bâtiment central et cour d’honneur [place d'armes]

(carte postale - coll. verney-grandeguerre)

105 - Caen - Caserne d'artillerie - Batiment Ouest (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen – Caserne d’artillerie - Bâtiment ouest

(carte postale - Photo Royer - coll. verney-grandeguerre)

Peloton du 43e RAC Caen 1915

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, peloton du 43e RAC (cliché daté au dos d'octobre 1915),

au centre, le sous-lieutenant Henri Charles Albert Fages (voir index des noms de personnes)

(carte-photo Royer, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, vers 1915    Caen, Quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, 1915

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, pelotons du 43e RAC (1915)

Sur le cliché de droite est identifié d'une croix le canonnier Lucien Fauvel affecté à la 1ère pièce.

(cartes-photos - Photographie Royer, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, élèves brigadiers du 11e RAC, 1915  Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, groupe de canonnier, vers 1916

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen,

           1er peloton d'élèves brigadiers, 1ère pièce du 11e RAC (02/1916)                    Peloton du 43e RAC

(cartes-photos à gauche Photographie Royer, Caen ,- coll. verney-grandeguerre)

Caen, caserne du 43e d'artillerie, groupe d'artilleurs 1917 - carte photo    Caen, Quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, 1917

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, pelotons du 43e RAC (1917)

Sur le cliché de droite figure parmi ces hommes le canonier Albert Maurice Féré (classe1915 reg.matric.)

(cartes-photos - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, groupe d'artilleurs, vers 1917 - carte photo    Caen, quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, 1917

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, pelotons du 43e RAC (1918)

(cartes-photos coll. verney-grandeguerre)

Caen, 43e régiment d'artillerie, Ensemble des bâtiments

Caen - 43e d'artillerie - Ensemble des bâtiments [Vue arrière]

(carte postale - Edit Cappe - coll. verney-grandeguerre)

Caen, quartier Claude Decaen 1918, Victor Charles Gatebois

Caen, Quartier Claude Decaen, arrière des bâtiments.décermbre 1918.

Sur le cliché figure signalé d'une croix à la fenêtre à droite Charles Victor GATEBOIS (classe 1905 reg.matric.)

(carte-photo - coll Verney-gandeguerre)

 

Sur le côté ouest de la place d'armes sont implantées les cuisines.

Plan Quartier Claude Decaen cuisines

 (doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

Caen, caserne du 43e d'artillerie, Souvenir des cuisines - carte photo - 1915

Caen, Quartier Decaen, 43e RAC, Souvenir des cuisines (soldats belges 1915 ?)

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Honneur aux cuisiniers du 43e RAC

Honneur aux cuisiniers du 43e RAC (non situé, non daté)

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

19 - Caen, caserne du 43e d'artillerie, les cuisines (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen - Caserne du 43e d'Artillerie - Les cuisines [vers 1930]

(carte postale coll. verney-grandeguerre)

Caen, caserne du 43e d'artillerie, les cuisines vers 1930  Caen, Quartier Claude Decaen, corvée de patates

Caen - Caserne du 43e d'Artillerie - Les cuisines [vers 1930]

(cartes-photos - coll. verney-grandeguerre, à gauche St.-Pierre, R. Delasalle, 13 rue Hamon Caen)

Dans l'attente de la fin des travaux, face aux cuisines sur le côté est de la place d'armes, sont implantés des baraquements provisoires en bois à usage divers, parmi lesquels on trouve l'infirmerie.

Plan Quartier Claude Decaen barraquements

(doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

105 - Caen - Nouvelles casernes d'artillerie L.L. (carte postale coll. Verney-grandeguerre)  Caen, La caserne du 43e d'artillerie

Caen, Nouvelles casernes d'artillerie                    Caen, La caserne du 43e d'artillerie. L'entrée.

(Cartes postales - LL. - Coll. verney-grandeguerre)

[au second plan à gauche, les barraquements situés à l'est de la place d'armes]

43e RAC infirmiers, mars 1914

Caen, Quartier Decaen, 43e RAC, 1er groupe, infirmiers devant les baraquements provisoires (mars 1914)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

43e RAD, Caen, Caserne Claude Decaen, 20

Caen, Quartier Decaen, hommes du 43e RAD devant les baraquements provisoires

Correspondance datée du 20/01/1937

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

A l’arrière des quartiers se développe un groupe compact de bâtiments annexes abritant notamment écuries et selleries.

Plan Quartier Claude Decaen

(doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

2 - Caen - Caserne d'artillerie - Les Ecuries (carte postale coll. Verney-grandeguerre)    101 - Caen - Caserne d'artillerie - Les Ecuries (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen - Caserne d'artillerie - Les écuries

(cartes postales - coll. verney-grandeguerre)

202 - Caen caserne d'artillerie - Les écuries - Le pansage (carte postale coll. Verney-grandeguerre)  Caen, 43e d'artillerie

Caen - Caserne d'artillerie - Les écuries - le pansage     Caen, 43e d'artillerie - l'heure du pansage

Carte postale - photo Royer                             Carte postale - Cappe edit.

(coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, canonniers de la classe 1916   

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, devant les écuries    

 batterie du 43e RAC (canonniers classe 1916)

(carte-photo -  coll. verney-grandeguerre)

A l’extrême sud de l'enceinte, de part et d’autre de l’axe central, sont implantés deux manèges couverts.

Plan Quartier Claude Decaen manèges

 (doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

107 -Caen caserne d'artillerie - Les manèges (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen - caserne d'artillerie - Les manèges

(carte postale - Photo Royer - coll. verney-grandeguerre)

Près d'un an après l'armistice, le 43e RAC est de retour à Caen le 12 juillet 1919. Débarqué en gare à 4h, il rentre au quartier Decaen à 8h. Il y retrouve notamment les hommes du 1er groupe du 243e RAC formé à partir de son groupe de renforcement (21e, 22e et 23e batteries) et qui ont regané le dépôt régimentaire le 5 février 1919.

Caen, Quartier Claude Decaen, officiers du 43e RAC, 1919

 Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, officiers du 43e RAC (1919)

Au centre le lieutenant-colonel Léopold Charles Maison ? avec, à ses côtés à droite

un capitaine en uniforme du 243e RAC

 (carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Le 13 septembre 1919 est organisée la cérémonie officielle du retour des Poilus du 43e d'artillerie, 36e et 236e d'Infanterie, 23e et 233e territorial, célébrée avec ferveur par toute la population (voir l'Ouest-Eclair édition de Caen du 14 septembre 1918).

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 défilé du 43e RAC place Alexandre III

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus". Arrivée du 43e RAC place Alexandre III.

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919, Rassemblement des troupes   Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919, Allocution

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus" le général Segonne place Alexandre III,

face au "Monument des mobiles"

Sur la photo de droite, l'arc de triomphe dressé en l'honneur des troupes à l'entrée de la rue Saint-Jean

(cartes-photos - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 13 septembre 1919

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus". Place Alexandre III le "Monument des mobiles"

élevé en 1889 en mémoire des enfants du Calvados tués à l'ennemi en 1870-1871 (Arthur Le Duc statuaire).

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 C001   Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 C002   Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 C004  Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 C006

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus"

Pavoisement de la rue Saint-Jean pour le défilé des troupes depuis le Pont Alexandre II jusqu'à l'Hôtel de ville.

(cartes-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen)

Caen, Esplanade de l'Hôtel de ville, défilé du 43e RAC, le 13 septembre 1919

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus", entrée des troupes place de l'Hôtel de ville (actuelle place de la République)

précédé de l'abbé Balley aumônier divisionnaire et curé de Saint-Jean, encadré de sa garde d'honneur.

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Défilé du Retour des Poilus le 13 septembre 1919b    Caen, Défilé du Retour des Poilus le 13 septembre 1919, Place de l'Hôtel de Ville défilé des troupes

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus", défilé des troupes d'infanterie

place de l'Hôtel de ville (actuelle place de la République)

(cartes-photos - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus". Défilé du 43e RAC

place de l'Hôtel de ville (actuelle place de la République)

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 église Saint-Jean abbé Balley

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus"

Retour de l'abbé Balley aumônier divisionnaire, à l'église Saint-Jean.

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Durant toute la période de l'entre-deux guerres, le 43e régiment d'artillerie retrouve comme dépôt le quartier Claude Decaen, où il est complété d'un 5e groupe constitué de 3 batteries de quatre pièces de 155 court Schneider modèle 1917 (33e, 34e et 35e batteries). Ce dernier permet de recomposer temporairement le 243e RAC qui,  après une période d'entraînement au camp de Bitche (Moselle), participe en 1921-1922 à l'occupation de la Rhénanie dans le secteur de Wiesbaden (Hesse) et Mayence (Rhenanie-Palatinat), rattaché à la 37e division d'infanterie (8e groupe de l'ACD37) du 30e corps d'armée du Général Mordacq .

243e RAC, 33e batterie, Souvenir du camp de Bitche, novembre 1920

Hommes de la 33e batterie du 243e RAC et leurs pièces de 155 court Schneider modèle 1917.

Camp de Bitche (Moselle), novembre 1920.

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

243e RAC, 4e pièce 33e batterie, Souvenir du camp de Bitche, novembre 1920

Hommes de la 4e pièce (155 court Schneider modèle 1917) de la 33e batterie du 243e RAC

Camp de Bitche (Moselle), novembre 1920.

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

 

243e RAC Camp de Bittche cuisines de la 33e batterie 07      243e RAC Camp de Bittche cuisines de la 33e batterie 07

 

 Hommes du 243e RAC, cuisines de la 33e batterie, Camp de Bitche (Moselle), juillet 1922.

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

 

Classe 1920

Classe 1920, équipe volante du PA/30 [Parc d'artillerie du 30e cops d'armée (Allemagne, Wiesbaden ?)]

Parmi ces hommes ont reconnait à l'extrême droite, trois canonniers issus des rangs du 243e RAC.

(carte-photo - coll. vereny-grandeguerre)

Dotzheim, Wiesbaden, décembre 1922 hommes du 243e RAC, Vandergheynst, Duplessis, Prieux     Dotzheim, Wiesbaden, décembre 1922 hommes du 243e RAC, Vandergheynst, Duplessis, Prieux, correspondance

Allemagne, Dotzheim (Wiesbaden), hommes du 243e RAC, décembre 1922

de g.à d. : Louis Vandergheynst, Duplessis, Prieux et [?].

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

 

Le 243e réintègre ensuite son unité d'origine, période au cours de laquelle le 43e RAC est recomposé en régiment d'artillerie divisionnaire (43e RAD) organe de la 6e DI (3e armée). En novembre 1923, le groupe d'artillerie lourde du 43e RAD s'installe en garnison à Cherbourg ne regagnant Caen qu'en 1935.

43e RAD Quartier Claude Decaen 09

 43e RAD Caen, Quartier Claude Decaen, septembre 1922

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

43e RAD, corvée de quartier, Caen vers 1923

 43e RAD. Corvée de quartier. Caen, vers 1923

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Caen, 43e RAC, 7e Batterie, classe 1929

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD, 7e batterie, classe 1929, "360 au jus"

(carte-photo - Coll. Verney-grandeguerre)

Hommes du 43e RAD, Cherbourg

Groupe de brigadiers du 43e RAD, Cherbourg (vers 1930)

(carte-photo - Coll. Verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Decaen, 43e RAD, groupe d'artilleurs

Caen, Quartier Claude Decaen, groupe de batterie du 43e RAD (non daté)

A gauche canon de 75 modèle 1897, à droite 155 court Schneider modèle 1917

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

43e RAC repas champêtre à l'occasion des manoeuves de juin 1930  Sissonne 43e RAC 8 jours à la campagne

43e RAD, repas champêtre tenu                       Sissonne, 43e RA,8 jours à la campagne

            à l'occasion des manoeuvres de juin 1930                                   (vers 1930)                                       

(cartes-photos - Coll. Verney-grandeguerre)

43e RAD Coëtquidan, les as du 155     43e RAD Groupe d'artilleurs (sans lieu sans date)

       Groupe d'artilleurs du 43e RAD                                     Groupe d'artilleurs du 43e RAD

"Les As du 155" à Coëtquidan                                            (sans lieu, sans date)

(cartes-photos coll. verney-grandeguerre)

Caen, Caserne du 43e RAD remise de décoration carte photo    Caen, Caserne du 43e RAD remise de décoration 11 mars 1933, les décorés, carte photo

Caen, Quartier Claude Decaen, place d'armes, 11 mars 1933

 Remise de décorations par le Général Errard commandant du 3e corps d'armée.

Les récipiendaires de g. à dr. : général Duffour, capitaine Debrabant, commandant Colin

Voir compte-rendu de la cérémonie par Pierre Moisy Ouest-Eclair du 12 mars 1933, édition de Caen

(cartes-photos coll. verney-grandeguerre)

Caen, quartier Claude Decaen, 1933, officiers et sous-officiers du 43e RAD

Caen, Quartier Claude Decaen, officiers et sous-officiers du 43e RAD, 1933

(carte-photo, coll. verney-grandeguerre)

43e RAD, groupe d'officiers sur le perron du poste de commandement

Caen (Calvados), caserne du 43e RAD, groupe d'officiers sur le perron du poste de commandement

(carte-photo - Photo St-Pierre, R. Delassale, 13 rue Hamon, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD, hommes d'une batterie avec officiers et sous officiers

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Caen,Quartier Decaen, goupe du 43e RAD

Caen, Quartier Claude Decaen, groupe d'artilleurs du 43e RAD

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Plan Quartier Claude Decaen Poste de commandement

 (doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

Caen (Calvados), Caserne du 43e RAD, l'infirmerie

Caen (Calvados), caserne du 43e RAD - l'infirmerie [ancien poste de commandement]

(carte postale - Gaby ed. - coll. verney-grandeguerre)

Souvenir de Caen 43e d'Artillerie

"Souvenir de Caen et du 43e d'Artillerie"

(carte-postale - correspondance datée du 05/05/1936 - coll. verney-grandeguerre)

 

Lors de la mobilisation en septembre 1939, le quartier Decaen abrite le 43e RAD auquel s'adjoint désormais le 243e RALD (régiment d'artillerie lourde divisionnaire) composé à partir de son 5e groupe qui a quitté Cherbourg en 1935. Ces unités hippomobiles disposent la première de trois batteries de pièces de 75 et une batterie de défense antichar dotée en novembre 1939 de pièces de 47 et la seconde, de trois batteries de 155C Schneider. Rattachées à la 6e division d'infanterie, 43e RAD et 243e RALD sont tout d'abord dirigés vers le camp de Sissonne (Aisne), avant d'être positionnés sur la frontière du Nord (octobre-décembre 1939), puis en Moselle (janvier-mai 1940). Engagés sur la Meuse à Stenay et Dun-sur-Meuse (Meuse) les 14-15 mai 1940, ils se replient au sud de Toul (Meurthe-et-Moselle) où ils sont finalement capturés par l'ennemi le 21 juin.

 

Les régiments sont dissous à l'armistice, le quartier Claude Decaen étant rapidement transformé par l’occupant en camp d’internement. S'y déroule l’exécution d’une soixantaine d’otages de 1941 à 1944. Une plaque commémorative, implantée au croisement de l’avenue Georges Guynemer et de l’avenue du 43e régiment d’artillerie, en témoigne (voir le site : sgmcaen.free.fr).

 

Au sortir de la guerre, la caserne Claude Decaen préservée de la destruction, renoue partiellement avec sa vocation militaire (bâtiment ouest et partie occidentale de la cour d'honneur, une grande partie des écuries et les manèges). Près d'un tiers du quartier est en effet réquisitionné (dont le bâtiment central et le bâtiment est, encadrés de baraquements) pour servir de lieu d'accueil à plusieurs milliers de caennais sinistrés, puis aux ouvriers qui contribuent à la reconstruction de la ville. Au début des années soixante, l'installation transitoire perdure le "43" abritant encore plus de mille habitants (voir : MORVILLIERS Bertrand et AUSSANT Madeleine Notre 43. Vivre à Caen après-guerre. Cabourg, Les Cahiers du temps ed. 2014).

Notre_43

Le 1er septembre 1956, le 265e Bataillon d'infanterie engagé en Grande Kabilie, est transformé en 1/43e RA (1er groupe du 43e régiment d'artillerie). Intervenant  en tant qu'unité à pied au sein du Corps d'armée d'Alger, il dépend de la 27e Division d'infanterie Alpine, puis de la 9e DI, auxquelles est confiée la zone opérationnelle Est-Algérois (subdivision de Tizi-Ouzou). Le I/43e est cantonné à Tizi-Gheniff. A son retour le 22 septembre 1962, le 43e RA prend pour quartier la caserne Rochambeau à Cherbourg et ce, jusqu'à sa dissolution le 31 mars 1966.

 insigne 43e RACaen

Insigne du 43e régiment d'artillerie - Arthus Bertrand - Paris vers 1960

le 1/43 RA est une unité créée durant la guerre d'Algérie et ayant pour dépôt la caserne Rochambeau à Cherbourg

(Coll. Verney-grandeguerre)

Le quartier Claude Decaen entièrement récupéré par l'armée mais laissé en grande partie en déshérence, est enfin cédé au deux-tiers par le Ministère de la défense à la ville de Caen en 1982, le dernier baissé des couleurs ayant lieu le 1er juillet 1985.

La requalification du quartier s'engage en 1988 par la création d'une ZAC menant à la destruction de la plus grande partie des bâtiments et à l'édification à leur emplacement de la Clinique du Parc, de la caserne de Gendarmerie Le Flem, de l’EHPAD Henry Dunant.

Le seul édifice conservé est l’ancien poste de commandement originellement implanté au nord-ouest de la place d’armes, parallèlement à l’Avenue du capitaine Georges Guynemer. Il abrite désormais le " Pôle de vie de quartiers rive-droite"  de la ville de Caen.

Ancien poste de commandement du quartier Claude Decaen (cliché ville de Caen.fr)

Ancien poste de commandement du quartier d'artillerie Claude Decaen aujourd'hui  (cliché ville de Caen.fr)

 

 

 

 

 

Voir la suite

 

Le 43e RAC août 1914 - mars 1818

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09 mars 2019

L'hymne du 43e régiment d’artillerie de campagne

 Caen, Esplanade de l'Hôtel de ville, défilé du 43e RAC, le 13 septembre 1919

 

 

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémoniede retour des poilus",

entrée du 43e RAC place de l'Hôtel de ville

(carte-photo, A. Junior, 29 r. St Jean, Caen

- coll. verney-grandeguerre) 

 

Nous devons la connaissance de cet hymne inédit à Robert Mary Victor TRONSSON (Lisieux 1893 – Bayeux 1949), maréchal des logis au 43e RAC, 3e groupe, 9e batterie (voir sa notice biographique dans la page d'accueil). Il en a recueilli les paroles dans son Carnet de route (1er août 1914 – 16 février 1916) : document inédit amicalement mis à disposition par son petit-fils Thierry Grenier.

 

TRONSON

Album R. Verney p.032 gauche bas

Front de l'Aisne, hiver 1914-1915 Bois de Gernicourt (Aisne), 43e RAC, 1ere section de la 9e batterie (Album R. Verney p. 32)

Le maréchal des logis Robert Tronsson figure à l'extrême droite, bras croisés

 

 

 

Hymne du 43ème d’Artillerie

(Auteur anonyme sur l'air : Le Rêve passe*)

 

*Musique de Charles Helmer et G. Krier (Editions Paul Beucher 1906 - Paroles originales d’Armand Foucher)

 -Accéder ici à la version enregistrée par Bérard en 1909.

 -Accéder ici à la version enregistrée en 1909 par M. Dhaller, baryton, accompagné des choeurs et de la Musique de la Garde Républicaine.

 

Carnet R Tronsson 140-141

  Carnet de route de Robert Tronsson : Hymne du 43e d'artillerie

 

1er couplet

Une sombre rumeur se répand sur la terre

Dans l’Europe soudain vient d’éclater la guerre

Dans l’air monte fétide une acre odeur de sang

Chacun vole au danger et l’on serre les rangs

Une aube de carnage à la frontière flamboie

Et nous voyons déjà le ciel bleu qui rougeoie

Allons braves soldats, sonnez le branle-bas

Des suprêmes combats !

 

Accourez tous aux accents de la Marseillaise

Marchons au feu sans peur affrontons la fournaise

Nos trois couleurs flottent aujourd’hui sur l’Alsace

C’est l’étendard de notre pays qui passe.

 

Ecoutez le tocsin

Frondant dans le lointain

Ce qu’on entend là bas

Est-ce un râle ? Est-ce un glas ?

Au milieu des hourras et des cris de souffrance

On guette l’horizon poindre la délivrance

Tenons-nous prêts pour le suprême assaut

Au Drapeau !

Au Drapeau !

 

Accourons tous aux accents de la Marseillaise

Marchons au feu vite affrontons la fournaise.

 

2ème couplet

Tous debout artilleurs du 43ème

Chacun vous suit des yeux, vous réclame et vous aime

Car vous portez en vous nos sublimes espoirs

Vous remplissez en cœur le plus grand des devoirs

Vous irez à Berlin au centre du royaume

Et vous éventrerez ce bandit de Guillaume

Car vous êtes des gars descendants de Barrat

Que l’on n’arrête pas.

 

C’est le salut c’est l’honneur et c’est l’espérance

C’est la grandeur c’est la revanche de la France

En chevauchant dans les airs les monts et les plaines

Nous reprendrons demain l’Alsace-Lorraine.

 

Et au son du tambour

Nous gagnerons Strasbourg

Nous franchirons le Rhin

Nous conquerrons Berlin !

Quand nous aurons broyé la race germanique

L’Univers tout entier voudra la République

Frères Lorrains le sort en est jeté

Liberté !

Liberté !

 

C’est le salut, c’est l’honneur et c’est l’espérance

C’est la grandeur la revanche de la France

C’est la paix c’est la gloire !

C’est le succès c’est  la victoire !

 

Signé : le Dépôt

 

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie Carte-photo (coll

L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-grandeguerre)

Porte-étendard du 43e RAC (adjudant Bourgoin), entouré de sa garde (maréchaux des logis Gloeser et Thoury).

Prise de vue réalisée à Rouen caserne Jeanne-d’Arc à l’issue de la cérémonie de présentation de l’étendard au régiment qui s’est déroulée sur l'esplanade du Champs de Mars de Rouen le 17 juillet 1911. 

 

 

 

 

Accéder ici à la page consacrée à la présentation du

43e Régiment d'artillerie de campagne

 

 

 

07 août 2018

Pyrotechnie militaire de Caen et 43e RAC

 

 

En décembre 1916 est décidée par le ministre de l’Armement et des fabrications de guerre, Albert Thomas, la création de la « Pyrotechnie militaire de Caen », manufacture spécialisée dans la fabrication d’amorces au fulminate de mercure. Rattachée à l'Inspection permanente des fabrications de l'artillerie elle est destinée à compléter la production de l'Ecole centrale de pyrotechnie de Bourges.

La « Pyrotechnie militaire de Caen » est implantée à la limite des communes de Cormelles-le-Royal et Mondeville (Calvados), à 1 500m au sud-est du quartier Claude Decaen, dépôt du 43e RAC. La brève histoire de l'entreprise, notamment révélée par la presse régionale, est ainsi indissociable de celle du régiment d'artillerie caennais (détachements, sécurisation et réaffectation du site). C'est la raison pour laquelle nous en proposons une brève restitution à laquelle s'associe le parcours d'un homme, Alfred Emile Moisy, "pyrotechnicien" du 43e RAC, notre arrière grand-père maternel. Nous proposons ainsi de rendre compte non seulement de l'essor de l'industrie d'armement liée au premier conflit, mais parallèlement, des difficultés de reconversion des sites industriels fermés dès le sortir de la guerre.

Précisons ici qu'elle ne doit pas être confondue avec un autre établissement pyrotechnique militaire situé à moins d'1,5 km au nord, "la cartoucherie" installée de 1925 à 1954 à Mondeville sur le domaine du château de Valleuil (Etablissement mécanique de Normandie, nationalisé le 15 décembre 1936 ; site affecté en 1957 au service de santé des armées et requalifié en ECMMSSA, établissement dissout en 2009), l'actuel Parc du Biez en conservant certains vestiges.

Pyrotechnie militaire de Caen, IGN 1950Pyrotechnie militaire de Caen à Cormelles-le-Royal - Source : Géoportail - IGN

Les travaux d’aménagement du site industriel démarrent dès le début de 1917 et donnent lieu à des découvertes archéologiques, par le capitaine Caillaud et son épouse (voir : Bulletin des antiquaires de Normandie 1917 pp.310 et 363 ; Bulletin de la Société préhistorique française 1917 et Gongrès de l'AFAS 1921). Les terrassements concernent non seulement le vaste quadrilatère de 55 ha sur lequel se déploie la fulminaterie (au sud de l’actuelle rue de l’Industrie, de part et d’autre du boulevard de l’Espérance), mais également sa desserte ferroviaire, raccordée à la ligne de chemin de fer Paris-Caen.

Dès février 1917, deux compagnies de tirailleurs malgaches casernés quartier Claude Decaen, sont ainsi affectés à la construction de l’usine, qui nécessite également le recrutement de nombreux ouvriers civils, boiseurs, cimentiers, ferrailleurs, maçons, parmi lesquels on compte un grand nombre d’étrangers notamment des travailleurs espagnols et  chinois.

 

Caen, Pyrotechnie, ouvriers, septembre 1917 recto       Caen, Pyrotechnie, ouvriers, septembre 1917, verso

Ouvriers du chantier de la pyrotechnie militaire de Caen, septembre 1917

Carte-photo, légende manuscrite au dos à l'encre, en espagnol "Septiembre 1917 / obreros / Pirotecnia Caen"

(source : Delcampe Numéro d'objet: #628769968)

 

Soulignons que le contexte politique et social dans lequel s'inscrit le chantier de la pyrotechnie ne peut être isolé de celui, tout proche, de l'aciérie de la Société normande de Métallurgie à Mondeville (future SMN) qui emploie 6 000 ouvriers. Le parcours d'Augustin Quinton  figure du syndicalisme de la métallurgie normande, en est une parfaite illustration. Serrurier à Paris lors de son incorporation en 1911, il est affecté le 28/12/1917 au 43e régiment d'artillerie et détaché à la pyrotechnie, avant de passer le 13/12/1918 au titre du 129e RI, à la Société normande de Métallurgie (cf. reg. matric.) où il poursuivra sa carrière professionnelle en tant que mécanicien-ajusteur.

On compte également des entreprises impliquées à la fois sur le chantier de la SNM et celui de la pyrotechnie militaire, tels les Bétons armés Hennebique, en charge de la conception pour cette dernière, d'un atelier de chargement (cf. dossier du Centre d'archive de l'IFA -Cité de l'architecture et du patrimoine, Objet BAH-04-1917-62067). La Société des Grands travaux en béton armés de la pyrotechnie de Caen se voit d'ailleurs pourvue, en octobre 1917, en hommes notamment issus de la réserve territoriale et affectés au 129e régiment d'infanterie, à l'image des COA (Commis et ouvriers en administration) Charles Louis Joseph Samson (classe 1899 cf. reg. matric.) et Corentin Germain Marie  Le Bars (classe 1891 cf. reg. matric).

Les Ministres Albert Thomas et Lesueurs à Mondeville le 19 août 1917A l'occasion de leur déplacement à Caen le 19 août 1917 pour l'allumage symbolique du premier haut-fourneau de la SNM, Messieurs Albert Thomas Ministre de l'armement et Loucheur Sous-secrétaire d'Etat aux fabrications de guerre visitent le chantier de la Pyrotechnie. Ils y sont accueillis par le commandant Marie Louis Philippon à qui a été confié la direction de l'établissement, fonction qu'il assume du 19 décembre 1916 au 21 janvier 1919. Les travaux, dont l'achèvement est alors prévu pour le 1er janvier 1918, auront six mois de retard.

Visite ministérielle le 12 novembre 1916 à la Société normande de métallurgie de Mondeville.

(L'illustration du 18/11/1916 - coll. verney-grandeguerre)

 

Chef d'escadron Philippon

En-tête de papier à lettre nominative du Directeur de la pyrotechnie militaire

Extrait du dossier de Marie Louis Philippon base Léonore

Cachet Pyrotechnie militaire de Caen 08

Correspondance depuis Caen en date du 08/03/1918 avec cachet de la Pyrotechnie militaire de Caen

adressée par Clovis Louis Valentin Tourneboeuf,

affecté au 43e RAC le 17/08/1917 et détaché à la pyrotechnie militaire le 25/08/1917 (cf. reg. matric.)

(carte postale - coll. verney-grandeguerre)

La production d'amorces (avec une capacité d’un million d’unités/jour) ne démarre en effet qu’en juillet 1918 (voir le rapport d'Albert Lebrun au Sénat séance du 3/12/1921, pp. 58 et 62), après le transfert par l’armée sur le site caennais, des ateliers de la « Cartoucherie française », entreprise de Survilliers (Val-d’Oise) fondée par Georges Leroy et l’ingénieur chimiste Charles Gabel, dont les ateliers de production sont alors menacés par la proximité du front.

Comme toute usine d'armement durant le conflit, la pyrotechnie militaire ou fulminaterie de Caen, emploie un important contingent féminin, une salle d’allaitement étant prévue au sein de l’entreprise.

Pyrotechnie militaire de Caen, 1918 (carte-photo, Cliché Antoine Junior, Caen)

Equipe d'ouvrières de la " Pyrotechnie militaire de Caen " - 1918

(carte-photo - cliché Antoine Junior, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Les ouvrières sont épaulées par des hommes recrutés parmi les civils (les manoeuvres étaient payé à en croire le journal " Le Populaire " 7,25 fr par jour), mais surtout par des soldats mobilisés et détachés de leur corps d’origine.

Il en va ainsi d'Alfred Emile Moisy, pyrotechnicien de profession et qui, mobilisé dès 1914, est spécialement affecté au 43e RAC en février 1918 pour cette raison.

 

Alfred Emile Moisy (Villers-sur-Mer 1872 - Caen 1935), pyrotechnicien du 43e RAC.

En 1899, à l’âge de 27 ans, Alfred Moisy, une fois dégagé de ses obligations militaires (Bureau de recrutement de Lisieux, Classe 1892 - n° 652 : visionneuse p.168) et après avoir tout d'abord occupé emploi de comptable à Dives-sur-Mer, débute une carrière dans l’industrie pyrotechnique civile alors en plein essor. Celle-ci est marquée avant-guerre par d’incessants mouvements qui le mènent successivement au Havre (Seine-Maritime), Sèvres (Hauts-de-Seine), Miramas (Bouches-du-Rhône), Lamarche-sur-Saône (Côte-d’Or), Héry (Yonne) et enfin Billy-Berclau (Pas-de-Calais).

Au sein de la cartoucherie Gevelot-Gaupillat des Bruyères à Sèvres (Hauts-de-Seine), où il est employé entre 1901 et 1904, il est formé aux nouveaux procédés de production du fulminate de mercure développés par Charles Gabel entre 1894-1899. Ceux-ci sont également mis en oeuvre au sein de l’usine de la Société Davey Bickford Smith et cie  d’Héry-Seignelay (Yonne) où on le retrouve en 1911 et seront également adoptés dans les fulminateries militaires de Bourges et de Caen où il est affecté durant le conflit.

 

1915 vers Alfred Emile Moisy 20e RIT copie

Placé dans l’armée territoriale depuis le 2 juillet 1907, il est rappelé à l’active lors de la mobilisation générale, rejoignant le dépôt du 20e RIT de Lisieux le 3 août 1914. Néanmoins, en raison de son emploi au sein de la « Société d’explosifs et de produits chimiques » de Billy-Berclau (Pas-de-Calais), il bénéficie d’un sursis d’appel et regagne l’entreprise à compter du 6 août. Dès le 5 octobre, il est de retour au 20e RIT, l’usine ayant fermé ses portes face à l’avancée des troupes allemandes (le village est occupé le 10 octobre).

 

Alfred Emile Moisy vers 1915 en uniforme du 20e RIT

(coll. verney-grandeguerre)

 

 

A compter du 25 juillet 1915, il est détaché du corps en tant qu’ouvrier militaire à l’Ecole centrale de pyrotechnie de Bourges (Cher), et versé au 37e régiment d’artillerie le 1er juillet 1917. Au cours de cette période, il est chef d’équipe à la fulminaterie de la pyrotechnie, placé sous la direction de M. Renard, officier d’administration de 1ère classe, chef d’atelier. Avec son fils Pierre (18 ans) qui travaille à ses côtés, ils sont les seuls hommes de l’équipe « Moisy », composée de 41 ouvrières parmi lesquelles figure sa fille Odette âgée de 13 ans.

1917 vers Bourges palais Jacques Coeur, Equipe Moisy de la Fulminaterie de la Pyrotechnie

Bourges, Palais Jacques Cœur. L’équipe Moisy de la fulminaterie de l’Ecole centrale de pyrotechnie – vers 1917 (coll. verney-grandeguerre)

Au premier rang, assis au centre Alfred Emile Moisy, au second rang (3e et 4e à partir de la droite) son fils Pierrre Emile (18 ans) et sa jeune sœur Odette (13 ans).

« Tous ceux qui ont vécu, tous ceux qui ont vieilli, se rappellent souvent de certains faits de naguère ;

que notre amitié scellée durant la guerre, vous rappelle toujours le vieux Papa Moisy » E. Moisy Bourges.

 

Le 18 février 1918, Alfred Moisy est dirigé vers la pyrotechnie militaire de Caen, passant le même jour au 43e RAC. Mis en congé illimité le 9 janvier 1919, il s’installe alors définitivement avec sa famille à Caen, l’arrêt du conflit mettant fin à sa carrière de pyrotechnicien à l’âge de 47 ans.

La pyrotechnie militaire de Caen ne fonctionne en effet que quelques mois, cessant son activité dès l’armistice avant même l’inauguration, le 1er décembre 1918, d’une nouvelle ligne de Tramway électrique reliant Caen au site industriel.

Pyrotechnie militaire de Caen, objet souvenir réalisé par Joseph Arnal 15 novembre 1918

Pyrotechnie militaire de Caen. Objet souvenir commémoratif réalisé par Joseph Arnal daté 15 novembre 1918

(plaque de cuivre gravée quadripode - coll. verney-grandeguerre)

La pyrotechnie militaire est définitivement fermée au début de 1919, la société "La cartoucherie française" se réinstallant à Survilliers. Les locaux sont alors remis au parc d’artillerie du 3e corps d'armée pour être utilisés comme lieu de stockage. L’avenir industriel du site « édifié à prix d’or » mais dont « l’inutilité est patente » est néanmoins incertain, aucun des projets de reconversion alors envisagés ne voyant le jour (ateliers de réparation du chemin de fer ; manufacture de céramique).  Dès le mois d’août 1919 est engagée une liquidation de longue haleine des machines-outils puis des stocks de matériaux divers.

En 1920, l’établissement sert de succursale aux manufactures de tabac du Mans, comme lieu de stockage des tabacs américains abandonnés par les armées alliées, un usage qui donne lieu à une rocambolesque affaire l’année suivante, alors que le site sert de casernement aux réservistes mobilisés de la classe 1919 du 43e RAC.

Restée affectée à l’autorité militaire, durant la Seconde guerre mondiale, elle est transformée par l’occupant en camp de prisonniers français (juin 1940 - mars 1941) sous l’appellation Frontstalag 130 (voir les dessins du camp datés d'octobre et novembre 1940 par le prisonnier Charles Rabiot) avant de servir de base de ravitaillement pour la Wehrmarcht.

Une partie des terrains restée nue est cédée en 1953 par l'Etat à la Société des aciéries de Pompey pour y édifier une nouvelle usine d'armement (AD Calvados FI/1/J/3/5 ; FI/79/F/61-64, 66-67, 69, 71) dont la production débute en octobre 1954 et atteint au début 1955, la cadence de 70 000 obus de 155 par mois destinés à l'armée américaine. Les facilités accordées à la nouvelle société par le gouvernement présidé par Joseph Laniel, alors qu'en parallèle est engagée la fermeture de l'établissement d'Etat "la cartoucherie de Mondeville" (cf. supra), donnent alors lieu à une polémique et des interpellations à la chambre des députés et au Sénat (séance du 18/03/1954 p. 465).

En 1962-1963, l'ensemble du site est enfin définitivement déclassé, les entreprises Peugeot (actuelle usine PSA), Langlois chimie (SOLVADIS) et Moulinex (actuelle SHEMA) se partageant les terrains libérés.

Ainsi, sur l'actuelle zone industrielle de l'Espérance, répartie entre les communes de Mondeville et de Cormelles-le-Royal, de la pyrotechnie militaire de Caen, il ne reste rien, si ce n'est l'héritage d'un parcellaire et les vestiges d'un raccordement ferroviaire.

 

 

 


17 avril 2018

Photos aériennes, Neuville-Saint-Vaast, septembre 1915

 

 

 

Zone de tir des 7e et 8e batteries du 43e RAC au 21 septembre 1915 et photographies aériennesNous tenons à présenter ici, un ensemble de seize photographies aériennes inédites qui, si elles n'appartiennent pas à l'album de René Verney, s'associent à la période au cours de laquelle le 43e RAC est en position dans le secteur de Neuville-Saint-Vaast, Pas-de-Calais et où il est épaulé par l'escadrille C4, unité d'observation du 3e corps d'armée  (voir : Journal de marche III L'Artois : mai - octobre 1915 et : L'escadrille C4 - été 1915).

Zone de tir des 7e et 8e batteries du 43e RAC d'après JMO 7e batterie 20-21/09/1915 (SHD 26N982/08) et couverture photographique aérienne.

Dès le printemps 1915, l'observation aérienne des champs d'opération est reconnue par l'autorité militaire comme un élément tactique de la guerre de position. Du côté français elle se structure à partir des escadrilles de reconnaissance (une par armée) ou spécialisées dans le réglage de tir (une par corps d'armée). Ces unités dotées d'appareils de prise de vue spécifiquement adaptés, produisent dès lors des milliers de clichés de la ligne de front, dont les tirages sont largement diffusés au sein des unités au sol à l'image de ce lot (pour une mise en contexte précise voir : Villatoux M.-C. dans Rev. Hist des Armées 261, 2010).

Le seul cachet d'unité présent au revers de l'un des clichés est celui du 43e régiment d'artillerie (cliché n°1897). Pourtant, si cet ensemble provient d'un officier d’artillerie présent sur le secteur, celui-ci n'appartient pas au régiment. Ce fonds est en effet issu des archives personnelles de l'ingénieur général Jean Pierre Nicolau (Bordeaux 1887 - Paris 1974) désormais dispersées, et dont la fiche d'état de service nous apprend qu'il est alors affecté en tant que lieutenant, à l'état-major du 1er groupe du 34e régiment d'artillerie (voir dossier Base Léonore).

Ce constat, né de la parfaite documentation des tirages, prouve combien la diffusion des photographies aériennes au sein des différentes unités d'artillerie opérant sur un même secteur, permet un partage efficace des informations.

Le 34e RAC, artillerie divisionnaire de la 24e DI est en effet en position dans le secteur de Neuville depuis la fin juillet au côté du 43e RAC, précisément au "Fond de vase" de part et d'autre de la route de Neuville à Mareuil (voir pour le 34e RAC l'historique régimentaire).

Les rares mentions manuscrites au crayon portées au revers de certains tirages ont permis d'engager le recalage géographique de l'ensemble, et ainsi de démontrer qu'ils constituent une couverture complète d'un polygone de 16 km2 situé entre Souchez, Givenchy-en-Goëlle, Vimy, Farbus, Ecurie et Neuville-Saint-Vaast. Centré en profondeur, sur les lignes ennemies placées sous le feu de l'artillerie française, seule une vue du "Bois de Berthonval" (Bois l'Abbé), s'écarte légèrement de la ligne de front en secteur français (n°1821)

Assemblage photo aériennes Neuville-Saint-Vaast 09

 Recalage des seize photographies aériennes du fonds Nicolau.

Le caractère systématique de cette couverture destinée aux groupes d'artillerie de la Xe armée et son actualisation en quelques jours à moins de deux semaines de la grande offensive du 25 septembre 1915 (Troisième bataille d'Artois), illustre la place qu'occupe désormais la photographie aérienne dans la préparation et l'exécution des opérations.

 

Descriptif des 16 clichés du fonds Nicolau

Les tirages sont de deux formats distincts 13x18 ou 18x24 (respectivement 10 et 6 clichés), les mentions marginales rapportées sont très sommaires, le plus souvent constituées d'un numéro d'identification et d'une date.

Les tirages 13x18 portent un numéro d'identification à quatre chiffres (numérotation non continue mais croissante chronologiquement : n°1075, 1242, 1643, 1644, 1814, 1821, 1845, 1799, 1897). La référence des tirages 18x24 est quant à elle composée d'une lettre (D ou H) précédant numéro de un à trois chiffres (D.9 ; D246 ; D.261; D327 et H. 5). Toutes ces mentions manuscrites en blanc ont été apposées en haut  avant tirage.

Chronologiquement, une première série qui est datée par un tampon encré en bleu au verso, remonte à la fin du printemps et début de l'été 1915 (29 mai 1915 n° D.9 ; 3 juin 1915 n°1075 ; 8 juillet 1915 n°1247). Une seconde série, la plus importante (10 clichés) est datée par l'apposition sur le cliché avant tirage, d'une mention manuscrite blanche du type jour/mois, comprise entre le 5 et le 13 septembre (clichés n°1624 à 1893 ; D.335 et H.5).  Seuls trois tirages 18x24 ne sont pas datés (D.246 ; D261 et D.327).

Dans leur très grande majorité il s'agit de prises de vue verticales, seuls deux clichés présentant des vues obliques (n°1644 et 1799).

Aucune mention ne permet d'identifier l'escadrille ou plutôt, compte tenu des différentes séquences chronologiques et de l'hétérogénéité des numéros d'identification, les escadrilles d'observation qui ont réalisé ces prises de vues.

Le secteur relevant de la Xe Armée, il est néanmoins possible d'associer les photographies datées de septembre 1915 aux reconnaissances des escadrilles C28 (rattachée à la Xe armée) et C4 (3e corps d'armée) équipées de Caudron, MF1 (33e corps d'armée) et MF22 (12e corps d'armée) équipées de Farman (voir : Aviation des corps d'armée en 1915).

Malheureusement pour l'ensemble de ces unités, un seul cahier d'heures de vol du MF22 est de nos jours conservé (MF22 du 21/09/1915 au 26/09/1916), mais ce dernier a le grand intérêt de rendre compte de l'activité de l'escadrille au-dessus de Neuville-Saint-Vaast à la fin du mois de septembre 1915 (réglages et contrôles des tirs d'artillerie, photographies, observation et surveillance du front, attaques de Drachen ballons...).

D

Cliché D.9 - au verso : tampon dateur "29 Mai 1915" et mention manuscrite "Les Tilleuls"

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

1075    1247

Cliché 1075 - au verso : tampon dateur "3 juin 1915"       Cliché 1247 - au verso : tampon dateur "8 juillet 1915"

non situé [Le Labyrinthe]                                      mention manuscrite "Bois de la Folie"

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

D

Cliché D.246 (non daté, non situé [Nord-Est de Neuville-Saint-Vaast])

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

D

Cliché D.261 (non daté, non situé [la Couture Baron])

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

D

Cliché D.327 (non daté, non situé [Les Ecouloirs])

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

1624    1643

  Cliché 1624 - daté au recto en bas à droite "5.9",                   Cliché 1643 - daté au recto "5.9"                   

au verso mention manuscrite "Cimetière de Neuville"    au verso mentions manuscrites "Thélus" et "Les Tilleuls"

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

1644    1799

Cliché 1644 - daté au recto en bas à droite "5.9"        Cliché 1799 - daté au recto en bas à droite "11.9"               

au verso mention manuscrite "10-70"         au verso mention manuscrite "Ouvrage en losange"   

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

1814     1821

Cliché 1814 - daté au recto en bas à droite "11.9"      Cliché 1821 - daté au recto à gauche "11.9"              

au verso mention manuscrite "Farlus"                 au verso mention manuscrite "Bois de Berthonval"   

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

1845     1897

Cliché 1845 - daté au recto en bas à gauche "13.9"        Cliché 1821 - daté au recto à gauche "13.9"              

au verso mention manuscrite "Bois de la Folie"                 au verso mention manuscrite "Petit Vimy"   

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

D

Cliché D.335 - daté au recto en bas au centre "5-9"

mention manuscrite au verso "Moulin / Cote 105"

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

H

Cliché H.5 - daté au recto en bas à droite "7/9.15"

mention manuscrite au verso "Bois de Bonval / Coude de la route de Lille"

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

 

Il est enfin nécessaire pour mieux saisir le réel développement de la "guerre d'observation du front" qu'illustre cette série de clichés, de la confronter aux prises de vues parallèlement réalisées du côté allemand. Il nous est ainsi possible de présenter ci-dessous un ensemble de trois clichés (8,9 x 11,9 cm), provenant d'une couverture aérienne de Neuville-Saint-Vaast émanant de la Luftstreitkräfte et parfaitement contemporaine du fonds Nicolau. Ils démontrent le parallélisme de la stratégie mise en place dès 1915 par les états-majors français et allemand : l'importance croissante dévolue aux missions des escadrilles de reconnaissance aérienne ayant pour corollaire le développement des escadrilles de chasse ayant pour fonction d'en limiter les actions.

Nord-östlich Neuville 26 

 37 FL.9 - Nord-östlich Neuville - 26.10.1915

(Tirage original coll. Verney-grandeguerre)

FL   

 49 FL.9 - Hohe 119 Nord-östlich Neuville

(Tirage original coll. Verney-grandeguerre)

FL

 66 FL.9 - Hohe 119 Südlich Givenchy - 26.10.1915

(Tirage original coll. Verney-grandeguerre)

Il peut être enfin noté que les archives du Land de Bade-Wurttenberg, conservent une couverture comparable du secteur de Neuville-Saint-Vaast, mais celle-ci datée du printemps-été 1916 (voir lien ci-dessous).

 

Côté allemand landesarchiv baden wurttemberg

Lot : "56 Infanterie-Division" 1916

Fonds du Landesarchiv Baden-Wurttenberg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16 juillet 2017

La « Belle jardinière » en deuil (1914-1918)

 

Jean Bessand (1886-1918) - CopieParmi les jeunes officiers de réserve du 43e RAC (1er groupe, 2e batterie) dont René Verney a croisé le parcours, figure Jean Paul Léon Emile Alloend Bessand (1886 - 1918) [1], tué à l’ennemi à Saint-Rémy-Blanzy (Aisne), le 20/07/1918.

L’abondante correspondance entretenue avec ses intimes durant tout le conflit et éditée par les soins de son père Paul Denis Alloend Bessand en 1919, constitue un témoignage d’une qualité exceptionnelle bien qu’ignoré des principales historiographies de la Grande guerre.

Portrait de Jean Paul Léon Emile Alloend Bessand (1886 - 1918) tiré de l'ouvrage  : Morts pour la France, André Bessand caporal au 119e régiment d’infanterie 1889-1916, Jean Bessand sous-lieutenant au 43e régiment d’artillerie 1886-1918. [Lettres], Préface de Gabriel Bonvalot. Paris, impr. G. de Malherbe et Cie s.d. [1919].

 

 

Associée à celle de son frère André, mort pour la France en 1916 [2], il s'agit d'un témoignage « en souvenir de ceux qui ne sont plus » pour reprendre les mots de la dédicace de la main de leur père datée du 24 juillet 1919 et figurant sur la page de garde de l’exemplaire dédié à M. et Mme Paul Louchet. Le destinataire de cette dédicace est Paul François Louchet (1854-1936), fondeur, artiste peintre et maire d’Herblay (Val-d’Oise) entre 1887 et 1890 où Paul Denis Alloend Bessand possédait une propriété quai de la Seine. Le cimetière communal abrite la sépulture familiale avec aux côtés du père, les corps rapatriés de ses deux fils, celui de sa fille Jeanne (1881-1966) qu’accompagne son époux Paul Emile Maurice Fournier (1879 - 1949), respectivement les « Jane » et « Maurice » de la correspondance.

 

Il convient également de signaler la récente publication consacrée à la correspondance de leurs cousins d’Elbeuf Henri [3] et Jean [4] Alloend Bessand, également tués à l’ennemi : "En mémoire de Jean et Henri Alloend-Bessand – Elbeuviens – Lettres de soldats". Bulletin de la Société de l’Histoire d’Elbeuf, n° 50, novembre 2008.

Parallèlement s’y associe le recueil de poèmes de l’oncle de ces derniers Paul Henri Alloend Bessand (1876 - 1955) [5] : H. Bessand -Poèmes de guerre et non poèmes guerriers. Paris, Georges Crès, 1918.

 

La correspondance de Jean Paul Léon Emile Alloend Bessand s’associe à  un parcours qui le mène du front occidental au front d’orient en tant que sous-officier aux 18e et 13e régiments de chasseurs à cheval, puis de nouveau sur le font occidental en tant qu’élève officier et aspirant aux 32e et 43e RAC [1].

L’un de ses caractères les plus marquants est la manière dont la narration d’un même évènement est adaptée au lien que leur auteur entretient avec le destinataire, révélant parallèlement une personnalité très attachante par sa droiture morale. Ainsi sa promotion au grade d’aspirant, liée à son entrée à l’Ecole de Fontainebleau en 1917, s’inscrit dans une ascension « au mérite » qui correspond à ses aspirations intimes, bien qu’elle soit naturellement favorisée par une éducation en rapport avec son origine sociale, cette dernière étant indissociable de la direction du grand magasin de confection parisien la « Belle jardinière ».

Morts pour la France collExemplaire de l’ouvrage,  dédicacé par Paul Alloend Bessand à M. et Mme Paul Louchet - 1919.

coll. Verney-grandeguerre (Cliché Babel Librairie) - lire en ligne sur Gallica

 

Replacée dans un cadre familial élargi, la mise en perspective de cette correspondance, permet parallèlement de mettre en lumière l’une des conséquences directes de la Grande guerre encore trop peu explorée : la disparition au champ d’honneur de toute une génération qui prive le monde de l’entreprise de ses forces vives.

En 1914, la famille Alloend Bessand est en effet à la tête de la chaîne de magasins de confection la « Belle Jardinière » fondée à Paris sur le quai aux fleurs en 1824 par Pierre Jean François Parissot (v. 1790 – 1860) avec la collaboration de son frère Denis (1804-1862). Société familiale par commandite en action depuis 1856, à la génération suivante on trouve associés à sa gestion pas moins de quatre cousins : Adolphe, Victor, Guillaume et Léon Parissot ainsi que le beau-frère de ce dernier : Charles Honoré Alloend Bessand (1829-1915).

 

Cent ans après 1824-1924 La vie d'une grande industrie moderne dans un vieux quartier de ParisExtraits du fascicule : Cent ans après (1824-1924) La vie d'une grande industrie dans un vieux quartier de Paris.

Paris, G. de Malherbe & Cie, imprimeurs, s.d. [La Belle Jardinière ed. 1930] - coll. Verney-grandeguerre

 

Charles Bessand 1902Les Parissot s'étant retirés des affaires à partir de 1862, c'est à ce denier que revient la gérance. Il assure ainsi en 1867, l’installation de l’enseigne au n°2 rue du Pont-neuf dans l’immeuble construit quai de la Mégisserie par l’architecte Henri Blondel (1821-1897), édifice qui en reste l’emblème jusqu’en 1972. Assurant la vente directe "à prix fixe" des produits de leur industrie d’habillement confectionné, les Parissot-Bessand ont le contrôle de l'ensemble de la chaîne de production. Ainsi le frère de Charles, Louis Marie Alloend Bessand (1833-1895), essayeur de commerce, puis son neveu Gustave Honoré Alloend Bessand (1856-1936) organisent-ils le négoce en textile à Elbeuf tout en participant à sa production (Société Alloend-Bessand frères, filatures de laine à Caudebec-lès-Elbeufs et Louviers).

Portrait de Charles Honoré Alloend Bessand. Médaille commémorative en bronze de ses quarante années bienveillante direction 1902. Jules Clément Chaplain (1839-1909) sculpt. - coll. Verney-grandeguerre

CPA 2 rue du Pont-neuf

La "Belle Jardinière", immeuble construit par Henri Blondel en 1867 quai de la Mégisserie à Paris

Carte postale vers 1900

 

De 1866 à 1930 la société a connu successivement diverses raisons sociales mais avec toujours en tête celui des Bessand  : Ch. Bessand et Cie ; Bessand, Blanchard, Rochard ; Ch. Bessand, Rochard et Cie ; Bessand, Stasse et Cie ; Bessand père et fils, Stasse et Cie ; Bessand, Bigorne et Cie.

Ainsi en 1906  il revient au fils de Charles, Paul Denis Alloend Bessand (1856 – 195.), le père de Jean et d'André, de prendre en main la direction de la société.

Belle jardinière factures 1893-1918"Belle jardinière" factures à en-tête des différentes raisons sociales de la société

qui se sont succédées de 1893 à 1918 - coll. Verney-grandeguerre

 

La « Belle Jardinière »  se fait notamment spécialité des uniformes masculins (livrées, collèges, administrations, ecclésiastiques...). La maison principale et ses succursales de Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Nancy et Angers, proposent ainsi durant tout le conflit et à grand renfort de publicité, un important rayon d’uniformes et équipements militaires dont ils assument jusqu’à la livraison directement aux hommes sur le front.

Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 8 mai 1915 - Copie

 La « Belle jardinière », publicité extraite de l’Illustration du 8 mai  1915 - coll. Verney-grandeguerre

Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 15 janvier 1916  Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 29 avril 1916 Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 21 octobre 1916

 La « Belle jardinière », publicités extraites de l’Illustration 1916 - coll. Verney-grandeguerre

Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 12 janvier 1918

 La « Belle jardinière », publicité extraite de l’Illustration du 12 janvier 1918 - coll. Verney-grandeguerre

Néanmoins la "Belle jardinière" est touchée de plein fouet par la guerre dès les premiers mois du conflit, lors de la bataille pour le bassin minier du Nord. Au cours des bombardements de Lille du 10 au 12 octobre 1914, qui précèdent la prise de la ville par l'ennemi pour quatre ans d'occupation, sa surccursale située au 177 boulevard de la Liberté est entièrement anéantie.

Lille, Boulevard de la Liberté, Magasin de la Belle jardinière (destruction des 10-12 octobre 1914) carte postale coll

Lille, Boulevard de la Liberté, magasin de la Belle jardinière incendié lors des bombardements des 10-12 octobre 1914

Carte postale - coll. Verney-grandeguerre

 

Mais la guerre a pour la « Belle jardinière » et la famille Alloend Bessand une toute autre conséquence : la disparition de tous les hommes naturellement appelés à participer à sa direction aux côtés de leurs pères.

Paul Denis Alloend Bessand perd ainsi au front ses deux fils, Jean (31 ans, aspirant du 43e RAC) à Saint-Rémy-Blanzy (Aisne) en juillet  1918 [1] et André, son cadet (26 ans, caporal du 119e RI) à Vilosne-Hororon (Meuse) en juillet 1916 [2], mais aussi trois de ses quatre neveux, les fils de son frère Gustave Honoré Henri Louis (23 ans, lieutenant du 13e régiment de tirailleurs Algériens) qui décède de ses blessures à Ogon (Oise) en juillet 1918 [3] et Jean François Louis (20 ans, soldat de 1ère classe du 104e régiment d’infanterie) fait prisonnier et exécuté à Ethe (Belgique) en août 1914 [4] ; enfin Olivier,  (27 ans, lieutenant au 64e RAC), fils de son frère Charles Léon Alloend Bessand, décédé au centre de chirurgie osseuse de Cannes en septembre 1918 [6].

Privé de descendance masculine, Paul Denis Alloend Bessand ne se retire qu’à 84 ans en 1940, la direction de la société (qui a pris le statut de Société anonyme en 1930) étant alors confiée à Albert Bouclier (1867-1944), époux de Marie Marguerite Lescot, arrière-petite-fille de Jean Baptiste Nicolas Parissot (frère du fondateur de la « Belle jardinière »). Elle passe ensuite en 1947 à son neveu Jean Marie Serge Deloison (1896-1961), fils de Louise Félicité Jeanne Lescot, et dont le frère aîné, Marie Ernest Roger Deloison (22 ans, sergent au 36e RI) est lui-même mort pour la France à Souchez (Pas-de-Calais) en juin 1915 [7].

Arbre généalogique simplifié Parissot - Alloend BessandGénéalogie simplifiée de la famille Parissot – Alloend Bessand. © Verney-grandeguerre

En violet les directeurs successifs de la « Belle Jardinière »

En rouge les membres de la famille « Morts pour la France » au cours de la Grande guerre

avec renvoi aux notes biographiques [1 à 7] ci-dessous.

 

Pour en savoir plus sur la "Belle jardidière" voir notemment :

-FARAUT François Histoire de la Belle jardinière. Paris, Belin, coll. « Modernités 19e et 20e s. », 1987. 

-BECCHIA Alain "Elbeuf et la Belle jardinière". Bulletin de la Société de l'histoire d'Elbeuf, n°69, mai 2018, pp. 31-42.

 

 

 

Eléments biographiques

 

-[1] Jean Paul Léon Emile Alloend Bessand (Paris 1886 - Saint-Rémy-Blanzy 1918) - Mort pour la France.

Fils de Paul Denis Alloend Bessand (1856 - 195.) directeur de la « Belle jardinière » (1906-1940) et de Emilie Sophie Rose Martini (1851 - 19..). Ancien élève de l’Ecole Alsacienne (Paris), puis de l’Ecole des Roches (Verneuil-sur-Avre), étudiant à l’incorporation.

Registre de matricule, bureau de recrutement de Versailles, classe 1906 n°148

Incorporé le 01/10/1907 au 2e régiment de hussards, nommé brigadier le 02/04/1908, brigadier fourrier le 25/11/1908, maréchal des logis le 24/03/1908. Envoyé dans la disponibilité le 25/09/1909. Adresses connues Marseille, 7 rue Senac (1910) ; Paris, 2, rue du Pont-neuf (1912).

Rappel dans l’activité à la mobilisation, arrivé au corps le 10 août 1914 au 18e régiment de chasseurs à cheval (garnison à Vitry-le-François). Passé au 13e régiment de chasseurs le 01/01/1915. Passé le 15/06/1917 au 4e régiment de chasseurs d’Afrique puis  le 27/07/1917 au 17e chasseurs. Affecté le 13/12/1917 au 32e RAC, nommé aspirant J.O. du 21/02/1918, affecté au 43e RAC le 14/02/1918.  Tué à l’ennemi à Saint-Rémy-Blanzy (Aisne) le 20/07/1918 (cf. JMO 43e RAC, 1er groupe, 2e batterie).

Nommé à titre posthume sous-lieutenant T.T. à compter du 15/07/1918 (décision ministérielle du 30/07/1918) – Deux blessures : balle de fusil au front le 24/09/1916 ; plaie pénétrante à l'avant-bras gauche par petit éclat d'obus à Monastir le 24/02/1907. Légion d'honneur, Croix de guerre avec palme et étoile d'argent, citation à l’ordre de l’armée d’orient en date du 01/11/1916 pour son action du 24/09/1916, citation à l’ordre de la 5e DI en date du 07/08/1918 ; Ordre Serbe pour la Bravoure : médaille d'argent.

 

-[2] André Georges Maurice Alloend Bessand (Paris 1889 - Vilosnes 1916) Mort pour la France.

Fils de Paul Denis Alloend Bessand (1856 - 195.) directeur de la « Belle jardinière » (1906-1940) et d’Emilie Sophie Rose Martini (1851 - 19..).  Ancien élève de l’Ecole Alsacienne (Paris), puis de l’Ecole des Roches à Verneuil-sur-Avre.Résidant à Lausane, les Fleurettes (Suisse) en 1910, sursitaire 1910-1913 en tant qu’étudiant au  Polytechnicum de Zurich.

Registre de matricule, bureau de recrutement de Versailles, classe 1909 n°1632

Incorporé le 11/08/1914 au 119e régiment d’infanterie (Lisieux) en tant que soldat 2e classe, nommé soldat 1ère classe le 21/02/1915, caporal 01/12/1915, sergent 20/12/1915. Cassé de son grade et remis caporal le 26/02/1916 pour inobservation des ordres donnés et insuffisance d’autorité sur les subordonnés. Disparu le 03/06/1916 à Fleury-devant-Douaumont, fait prisonnier, mort en captivité noyé dans la Meuse à Vilosnes le 30/07/1916 en essayant de sauver un de ses camarades - Avis de décès transmis par la Croix-Rouge le 09/10/1916.

 

 

-[3] Henri Louis Alloend Bessand (Elbeuf 1895 - Ognon 1918) - Mort pour la France.

Fils de Gustave Honoré Alloend Bessand (1866-1936) industriel textile à Elbeuf, président de l'union des syndicats textiles de France (1912), vice-président de la chambre de commerce d'Elbeuf (à partir de 1910) et de Juliette Thézard (1868-1956). Ancien élève du Lycée Pierre Corneille de Rouen.

Registre de matricule, bureau de recrutement de Rouen sud, classe 1915 n°1270

Engagé pour trois ans le 02/10/1913 à la mairie de Rouen. Arrivé au corps du 74e RI le dit jour, soldat de 2e classe. Caporal le 14/02/1914, sergent le 03/08/1914. Blessé par balle à la jambe droite le 22/08/1914 à Roselies (Belgique). Sous-lieutenant à titre temporaire le 18/06/1915. Asphiyxie à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais) le 20/09/1915. Passé au 220e RI le 30/09/1916.  Nommé lieutenant à titre définitif le 31/12/1916. Passé au 2e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs le 01/12/1917 (dissolution du 220e RI) J.O. du 30/12/1917 pour prendre rang le 08/07/1917. Passé au 13e régiment de marche de tirailleurs - 13e RTA - (4e bataillon du 9e tirailleurs à la dissolution du 2e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs) le 17/07/1918. Blessé mortellement le 18/08/1918 et décédé à l'hôpital complémentaire d'armée n°47 des suites de ses blessures à Ognon (Oise) le 20/07/1918.

Croix de guerre, 2 citation à l'ordre du 220e RI (1915) et de la 67e division (1917).

La correspondance de guerre d'Henri Alloend Bessand (135 lettres datées du 29/08/1914 au 17/07/1918) a donné lieu à la publication d'un recueil : In Memoriam Jean & Henri Alloend Bessand 1914-1918. Elbeuf, Paul Duval imprimeur, 1931.

Voir : DELCROIX Jean-Claude "En mémoire de Jean et Henri Alloend-Bessand – Lettres de soldats". Bulletin de la Société d’histoire d’Elbeuf, n° 50, novembre 2008, pp. 29-45.

 

 

-[4] Jean François Louis Alloend Bessand (Elbeuf 1894 – Ethe 1914) - Mort pour la France.

Fils de Gustave Honoré Alloend Bessand (1866-1936) industriel textile à Elbeuf, président de l'union des syndicats textiles de France (1912), vice-président de la chambre de commerce d'Elbeuf (à partir de 1910) et de Juliette Thézard (1868-1956). Ancien élève du Lycée Pierre Corneille de Rouen.

Registre de matricule, bureau de recrutement de Rouen sud,  classe 1914 n°1474. Etudiant à l'incorporation à l'institut industriel de Lille, engagé volontaire pour trois ans le 13/04/1913 à la mairie de Rouen. Arrive au corps du 104e régiment d’infanterie le 18/04/1913 soldat de 2e classe. Soldat de 1ère classe le 4 mars 1914, 9e compagnie, 2e section. Fait prisonnier le 22/08/1914 à Ethe (Belgique) lors du premier engagement de son régiment, il est fusillé par l'ennemi le même jour à Belmont avec neuf soldats du 103e RI et un un groupe d'une dizaine d'hommes pour la plupart du 104e RI et inhumé à Ethe-Belmont. Au cours de l'exécution il sauve la vie du lieutenant Dagan (104e RI) en le faisant tomber au sol.

Voir : DELCROIX Jean-Claude "En mémoire de Jean et Henri Alloend-Bessand – Lettres de soldats". Bulletin de la Société d’histoire d’Elbeuf, n° 50, novembre 2008, pp. 29-45.

 

 

-[5] Paul Henri Alloend Bessand (Elbeuf 1876 – 1955)

Fils de Louis Marie Alloend Bessand et de Berthe Fouin ; époux de Berthe Desplanques (1880-1963) et oncle de Jean François Louis et Henri Louis Alloend Bessand

Registre de matricule, bureau de Rouen sud, classe 1895, n°340, étudiant à l’incorporation.

Engagé volontaire à la mairie de Caen le 12/10/1896, arrivé au corps du 36e régiment d’infanterie, soldat de 2e classe le 12/10/1896. Caporal le 14/04/1897, sergent le 05/11/1897, sergent fourrier le 06/01/1897. Envoyé dans la disponibilité le 20/09/1899. Accomplit deux périodes d’exercice au 36e RI du 25/08 au 21/09/1902 et du au 17/07 au 13/08/1909. Passé dans l’armée territoriale le 01/10/1909. Effectue une période d’exercices du 5 au 13/10/1910 au 22e régiment territorial d’infanterie.

Mobilisé arrivé au corps du 22e RIT le 04/08/1914 au grade d’adjudant, nommé au grade de sous-lieutenant à titre temporaire pour la durée de la guerre le 10/10/1914. Blessé le 01/10/1914 (plaie contuse par éclat d’obus, cuisse droite partie postérieure tiers moyen). Passé au 18e RIT le 14/05/1915. Passé au 219e régiment d’infanterie J.O. du 14/05/1917. Mis hors cadres le 27/03/1919. Proposé maintien hors cadres et pour pension temporaire 15% pour rétrécissement mitral inférieur droit commissions de réforme de Rouen 23/12/1920, 02/03/1922 et 11/01/1923.

Adresses connues Louviers, Usine de Folleville (1904) résidence ;  Elbeuf, rue Guérot (1906) domicile ; Caudebec , rue Félix Faure ( 1908) résidence ; Thiais, 18 avenue de Villeneuve-le-Roi (1912) résidence. Elbeuf, 12bis rue de la Bassière (s.d.)

Président du cercle photographique d'Elbeuf (1924) et membre de la Société française de photographie, il est l’auteur e plusieurs recueils de poésies dont : Poèmes de guerre et non poèmes guerriers. Paris, Georges Crès, 1918. (Voir la Revue du Vrai et du Beau, 10/12/1927).

 

 

-[6] Olivier Alloend Bessand (Paris 1891 - Cannes 1918) - Mort pour la France

Fils de Charles Léon Alloend Bessand (1849-1953) négociant (Société Bessand, Bigorne et Cie, propriétaire des magasins de la Belle Jardinière à Paris) et de Juliette Massenet (1868-1935), fille du musicien Jules Massenet (1842-1912). Élève ingénieur des Arts et Manufactures, École Centrale de Paris, promotion 1912.

Engagé volontaire pour cinq ans le 09/10/1912 au 50e régiment d'artillerie comme élève de l'Ecole centrale des arts et manufactures. Arrivé au corps le 16/10/1912. Promu brigadier le 16/04/1913, maréchal des logis le 16/12/1913. Nommé à l'Ecole centrale des arts et manufactures le 01/10/1913. Promu sous-lieutenant de réserve par décret du 15/08/1914, rang du 04/08/1914 (J.O. du 20/08/1914). Passé au 53e régiment d'artillerie le 14/11/1914. Passé au 33e régiment d'artillerie le 11/06/1915. Promu lieutenant le 04/08/1916 (J.O. du 10/08/1916), affecté au 12e régiment d'artillerie de campagne le 16/12/1916. Passé au 13e régiment d'artillerie de campagne le 01/10/1917.

Registre de matricule, 6e bureau de recrutement de la Seine, classe 1911 n°4

Décédé le 01/09/1918 de maladie au Centre de chirurgie osseuse de Cannes (hôpital complémentaire n°75)

 

 

-[7] Marie Ernest Roger Deloison (Paris 1892 – Souchez 1915) - Mort pour la France

Fils de Louise Félicité Jeanne Lescot (1868-1930) arrière petite-fille de Jean Baptiste Nicolas Parissot (frère du fondateur de la « Belle jardinière ») et d’Adrien Ernest Deloison (1859-1927), maire de Neuilly-sur-Seine (1919-1927). Frère Jean Marie Serge Deloison (1896-1961) qui devient Directeur de la « Belle jardinière » en 1947.

Incorporé le 11/08/1914, arrivé au corps du 36e Régiment d'infanterie le 12/08/1914, soldat de 2e classe, caporal puis sergent.

Registre de matricule, 2e bureau de recrutement de la Seine, classe 1912, matricule 4563.

Tué à l’ennemi à Souchez (Pas-de-Calais) le 22/06/1915.

Voir : Archives de Neuilly-sur-Seine sous-série 4 H 24 : Compte-rendu relatif au sergent Deloison (1915).

 

10 juin 2017

Jacques Brunel de Pérard : un "Témoin" de 20 ans du 43e RAC

 Carnet de route Bnf

 

 

Jacques Brunel de Pérard - Carnet de route (4 août - 25 sepembre 1914). Paris, Georges Crès et Cie ed., 1915

Ouvrage couronné par l'Académie Française qui lui a décerné une part du Prix Montyon (1915).

-CRU Jean Norton Témoins : essai d'analyse et de critique des souvenirs de combattants édités en français de 1915 à 1928. Paris, Les Étincelles, 1929 pp. 82-83

Ouvrage consultable sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

 

.

Caen 5-7 août 1914.

Je commence ce carnet, j'ai une raison de prendre ces notes. La guerre est déclarée. Demain, nous embarquons pour le dépôt de Versailles. Ouvrons l'oeil...

En grande franchise avec moi-même, je ne sais si un jour je ferai un sort à cette série de notes, prises à la hâte, mais je prévois le plaisir que j'aurai à les relire, plus tard, si la guerre ne m'est pas funeste, ainsi que je le crois avec une confiance qui touche à l'aveuglement.

.

.

L'auteur de ces lignes est un jeune brigadier de la 5e batterie (2e groupe) du 43e RAC, Jean Jacques Brunel (1893-1914). Elles ouvrent son carnet de route qui s'achève brutalement devant Saint-Thierry (Marne) le 25 septembre 1914. Malgré des ambitions littéraires affirmées, il n'aura pas l'occasion de mettre en ordre ces notes avant qu'elles soient publiées quelques mois seulement après sa mort à l'initiative de sa mère.

Véritable journal intime écrit au jour le jour, rien n'est dissimulé des sentiments et aspirations de ce jeune intellectuel de 20 ans, enfant de la bourgeoisie dorée de la Belle époque et encore en quête de lui-même. Sa candeur et ses naïves certitudes patriotiques s'y confrontent à la réalité d'un conflit qui ne se dévoile que progressivement à ses yeux.  Par sa libre expression, il constitue un témoignage précieux sur les premières semaines de la Grande guerre, car rarement mis en lumière avec autant de spontanéité.

Il convient de souligner que Jacques Brunel de Pérard est évoqué à deux reprises par Henri Dutheil dans son livre : De Sauret la honte à Mangin le boucher, Nouvelle librairie nationale, 1923 (pp. 18 et 135). Celui-ci, une fois passées ses nauséabondes premières pages partisanes ouvertement "Action française" et  antisémites, constitue un témoignage d'un réel intérêt car émanant d'un secrétaire de l'état-major de la 5e D.I. et avec lequel J. Brunel s'est lié d'amitié alors qu'ils étaient en garnison à Rouen quelques mois avant la mobilisation.

 

Jacques Brunel de Pérard (ou Peerard)

Jean Jacques Brunel, dit Jacques Brunel de Pérard (ou Peerard), est né le 16 août 1893 à Arromanches (Calvados) Etat-Civil d'Arromanches-les-Bains,1893-1907 (AD14 visionneuse p.5), lieu de villégiature estivale ordinaire de ses parents auquel sa mère reste attachée plus de 20 ans, faisant inhumer le corps de son fils en 1920 dans le cimetière communal.Jacques Brunel de Pérard (1893-1914)

Ceux-ci, Jean Maurice Brunel, propriétaire de 58 ans  (Vars 1834 - Paris 1917), et Justine Florence Jacobs, 29 ans, étaient en 1893 domiciliés à Paris, 37 avenue de Friedland. Son père, décédé à son domicile parisien 14 rue Logelbach, le 22 octobre 1917 "avait été aux côtés de son oncle, M. de Chancel, un des premiers collaborateurs de M. de Lesseps au canal de Suez." (L'Intransigeant du 23 octobre 1917). Amédée de Chancel, ancien officier de marine et inspecteur général de la compagnie des chemins de fer d'Orléans, est l'un des fondateurs de la Compagnie universelle du Canal maritime de Suez et l'un de ses administrateurs en charge des questions techniques. Il figure ainsi en décembre 1858 parmi les membres du Conseil d'administration de la Compagnie. Son neveu J.-M. Brunel occupe à partir de 1861, les fonctions de sous-chef du service magasins et transports au sein de la Direction et contrôles en Egypte (Voisin Bey -Le Canal de Suez. Tome I. Paris, Dunod ed. 1902, pp. 11 note 1-II, 136, 140, 151 note n°1, 333).

Portrait de Jean Jacques Brunel de Pérard (frontispice de son carnet de route)

.

La déclaration de naissance de l'enfant a pour témoin, Pierre Jules Renard (28 ans) homme de lettres, domicilié à Paris, 44 rue du rocher. Il s'agit de l'écrivain Jules Renard (1864-1910) qui séjourne à Arromanches au cours des étés 1893 (châlet Robert) et 1894 (Maison Robert) comme en font état sa correspondance et son journal, sans révéler les liens l'unissant à la famille Brunel.

Arromanches, la Digue, carte postale LL

Arromanches-les-Bains, la Digue (carte postale coll. Verney-Grandeguerre)

Le jeune Brunel fait ses études secondaire au Lycée Carnot (Paris XVIIe), puis entame un parcours universitaire à la Faculté de droit de Paris (Panthéon) et parallèlement à l'Ecole Libre des Sciences politiques (Sciences-Po), tout en s'engageant politiquement dans les milieux bonapartistes et plébiscitaires (il est à 19 ans président du Comité de la Jeunesse pébiscitaire du 17e arrondissement).
.
Il débute alors une carrière journalistique et littéraire collaborant à la revue "Le Nouveau Mercure politique et littéraire" et "Paris-Journal" où sont publiées plusieurs de ses nouvelles : Lettres à un débutant ; Portraits de Paris (octobre, novembre, décembre 1913). La même année il fonde sa propre revue "Imperia". Son frère, Maxime est quant à lui l'auteur en collaboration avec Raymond Cahu d'une comédie dramatique "Mariage Blanc" (1906), sa soeur Yvonne Blanche Marie épousant Bruno Emmanuel de Ricou, industriel, le 9 février 1909 à Paris XVIIe.
.
Jacques Brunel de Pérard est un ami intime de Guy Granier de Cassagnac (1882-1914) directeur avec son frère Paul (1880-1966) du quotidien bonapartiste "l'Autorité" et auteur de L'agitateur (Paris, Plon, 1911) tué à l'ennemi le 20 août 1914. Il est également proche de René Honoré Péringuey (1894-1915) également tué à l'ennemi le 25/09/1915, jeune écrivain maurassien qui signe sa biographie publiée en avril 1915 dans Le Nouveau mercure politique et littéraire dont il est co-fondateur et directeur-adjoint, et qui est partiellement reproduite en tête de l'édition du Carnet de route (pp. 15-18).
.
Sur la personnalité et l'oeuvre littéraire de Jacques Brunel de Pérard voir notamment :
.
-MIGUET Henri [dit Henri Dutheil]  "Jacques Brunel de Péerard" Bulletin des écrivains de 1914-1915-1916, n°17 mars 1916
.
-BONNEFOND Jean "Autour de la Guerre - En l'honneur de trois imberbes" L'intransigeant, 14 juillet 1915.
.
-Collectif (Association des écrivains combattants) Anthologie des écrivains morts à la Guerre 1914-1918. Amiens, Ed. Malfère ed., coll. bibliothèque du Hérisson, 1924, pp. 139-146 [Jacques Brunel de Peerard].
.
-NOBECOURT René-Gustave "Jeunes fronts casqués. Discours de réception" Précis analytique des travaux de l'Académie, belles-lettres et arts de Rouen, 1939, pp. 103-124, cf. pp.115-117).
.
Rêve et réalité
.
Que j'aime à vous dépeindre ô campagnes, ô mers !
Je veux qu'en mes écrits, on sente votre haleine,
Que la dame aux doigts fins qui me lit soit la reine
de prés en fleurs, de cieux d'azur, de flots amers.
.
Je veux être ton chantre, ô nature sereine.
Je veux qu'un peu de toi fasse vibrer mes vers.
Je veux chanter les blés, les bois, les champs, les airs,
Je veux quitter Paris, sa cohue et sa gêne...
et vivre simplemenent, en de joyeux décors
laisser libre penchant à mon âme d'artiste...
Un soleil printanier fera jouer ses ors !
.......................................................
Hélas ! j'ai devant moi les maisons du faubourg,
Des employés pressés se croisent dans la cour,
une petite pluie, assombrit le ciel triste...
.
Jacques Brunel de Pérard - décembre 1909 (poème publié dans L'intransigeant du 7 octobre 1927)
.
Le 18 octobre 1913 Jean Jacques Brunel Ce promeneur élégant et mince du sentier de la Vertu et de la rue de la Paix, ce dandy raffiné, cet artiste, ce dilettante (R.H. Péringuey), alors étudiant en droit, s'engage volontairement pour 3 ans au titre du 43e régiment d'artillerie de campagne (fiche de matricule, 6e bureau de la Seine, classe 1913, matricule 1145).
LEBRETON
Dirigé sur Rouen, arrivé au corps le 23 octobre 1913, il est affecté à la 5e batterie en tant que canonnier conducteur et gagne Caen le 1er avril 1914 avec le 2e groupe du 43e RAC (voir : Le 43e RAC (1911-1914) : de Rouen à Caen). Le groupe est placé lors de la mobilisation sous les ordres du capitaine Lebreton, du lieutenant Janvier et du sous-lieutenant Moreau. Conducteur de devant au 1er caisson de la batterie, il est nommé brigadier de tir le 25 septembre 1914 mais dès le lendemain, il est tué alors qu'il occupait les fonctions d'agent de liaison. Les lettres adressées à sa mère par le Lieutenant Janvier et le capitaine Lebreton (pour ce dernier consulter l'index des noms de personnes) sont reproduites dans l'édition de son Carnet de route pp. 106-109).
Portrait du capitaine Lebreton - Album R. Verney p. 177.
Le Chemin des Dames, Soupir (Aisne), Bois des Gouttes d’or, juin 1917
.
La relation de sa mort :
.
JMO 43e RAC, 5e batterie. 26 septembre 1914 "Vers 14 heures l'artillerie ennemie ouvre le feu sur le village de Saint-Thierry, prenant pour objectif principal l'église et les maisons avoisinantes où se trouvaient des états-majors. Au cours de ce bombardement, l'adjudant Delouche, chef de section, momentanément sorti d'une tranchée, est grièvement blessé par un éclat d'obus de 150 tombé au milieu de la batterie. Quelques instants après, un autre obus tue le brigadier Brunel, agent de liaison, qui rapportait un ordre, et le 2e canonnier servant Olivier qui tenait le cheval du brigadier Brunel."
.
JMO 43e RAC, 2e groupe. 26 septembre 1914 "Vers 14h violent bombardement sur Saint-Thierry aux abords de l'église où se trouvait l'EM de la 5e Division. La 5e batterie est prise sous ce feu. L'adjudant Delouche est grièvement blessé. Le brigadier Brunel et le 2e CC Olivier sont tués par un 150 au moment où ils venaient apporter un ordre."

Saint_Thierry__Marne__octobre_1914__Maison_Gavreau_l__glise__Album_Mangin_

Saint-Thierry (Marne), octobre 1914, la maison Gavreau (état-major de la 5e DI), l'église.
(Recueil. Campagnes du général Mangin dans la Marne, sur l'Aisne et en Artois - Bibliothèque nationale de France ark:/12148/btv1b8432782s vue n°5)
.
Extrait de la lettre du lieutenant Janvier, à sa mère (Carnet de route pp. 108-109)
"Le 26 septembre, vers [1]4 heures de l'après-midi, votre bien-aimé fils a été frappé à la tête par un éclat d'obus, au village de Saint-Thierry, les soins immédiats et les plus dévoués lui ont été prodigués ; la canonnade faisait rage, il a fallu le descendre dans les caves ; sitôt prévenu, j'envoyai une voiture pour le conduire à l'ambulance de Chenay, je le vis ainsi passer dans une voiture, étendu sr un brancard, la tête enveloppée de bandes, il râlait. Il est mort le dimanche à 4 heures du matin sans avoir repris connaissance et ainsi sans souffrances." - octobre 1914
.
Mort pour la France, il est tout d'abord inhumé dans le cimetière de Chenay (Marne) n°5. Son corps est rapatrié sur Arromanches où il est inhumé le 22 novembre 1920. (L'intransigeant du 21 novembre 1920 ; L'indicateur de Bayeux 30 novembre 1920).
.
P1020337 - CopieTous les ans de 1915 à 1928 paraît, dans le journal l'Intransigeant, une insertion à la date anniversaire de sa mort. Il reçoit à titre posthume la Croix de guerre (1915) et la médaille militaire (1918).
.
-"Le brigadier Brunel de Pérard Jacques de la 5e batterie, gradé plein d'enthousiasme et de vaillance, tué en accomplissant bravement ses fonctions d'agent de liaison le 26 septembre 1914" (citation à l'ordre du régiment : L'intransigeant du 21 août 1915) ;
-"Brigadier récemment promu, exemple d'endurance et de courage pour ses camarades, tué à l'âge de 21 ans, alors que, sans souci du danger, il transmettait, sous un violent bombardement, les ordres du commandant de sa batterie. A été cité." (médaille militaire, décret du 01/10/1918 ; J.O. du 22/07/1919).

Portrait de Jacques Brunel de Pérard (1893-1914) sur sa sépulture à Arromanches-les-Bains


Cimetière d'Arromanches-les-Bains (Calvados),
sépulture de Jacques Brunel de Peerard - juin 2017

.

Le monument funéraire est orné son portrait,

bas-relief en marbre signé du sculpteur Auguste Maillard (1864-1944)

.
Son nom figure sur une dizaine de monuments et plaques commémoratives (voir : MémorialGenWeb) parmi lesquels le Monument élevé au Panthéon en 1927, dédié aux 560 écrivains morts pour la France, ainsi que sur la plaque mémorial placée à la Bibliothèque de Rouen en souvenir des écrivains normands morts pour la France, inaugurée le 11 novembre 1938 sous la présidence de Roland Dorgelès .

.

"...rien ne les sauvera de l'ombre inexorable et ils s'effaceront de la mémoire des hommes quand se taira le dernier d'entre nous.

Pour défier le temps, la plupart des jeunes écrivains qui figurent sur ce Mémorial n'ont, en effet, ni grandes oeuvres, ni titre fameux. A l'âge des plus beaux espoirs, ils ont abandonné la plume pour saisir le fusil et leurs oeuvres, dès lors, ont pris des noms nouveaux - les Eparges ou Craonne, Montmirail ou Verdun - leur ardente existence n'a plus palpité que dans le texte bref d'une citation. Que pouvait-il rester de ces jeunes victimes ?
Des notes sur un carnet, des vers dans un tiroir, une lettre plus émouvante qu'on ne déchirait pas... Avaient-ils eu le loisir, à peine sortis de l'adolescence, de parfaire un chef d'oeuvre qui témoignât pour eux ? Hélas ! ils étaient encore trop près des jeux de l'enfance et des devoirs du collégien."
.
Roland Dorgelès
de l'Académie Goncourt
Des noms sur une plaque de Chêne
Discours prononcé à l'occasion de l'inauguration du Mémorial aux écrivains normands morts à la guerre. Rouen 11 novembre 1938 (Le Figaro littéraire du 12 novembre 1938 - extrait).

.

.

.


16 avril 2017

Chemin des Dames et mutineries à la 5e Division d'infanterie (printemps 1917)

 

 

Dans ses mémoires rédigées avant 1939 et récemment publiées, le colonel Maurice Besnier (Caen 1879 - Caen 1970) alors commandant à la 5e Divison d'infanterie, décrit et analyse avec clairvoyance la crise qui caractérise les "mutineries de 1917" qui se déroule entre le 28 mai et le 5 juin au sein de son unité qui regroupe les 129e, 36e, 74e et 274e RI. Le 43e RAC, son artillerie divisionnaire, n'est pas citée et ne semble pas impliquée dans ce mouvement collectif aux dramatiques conséquences. Nous proposons ici d'en mieux cerner le contexte qui met parallèlement en valeur l'implication du régiment d'artillerie dans l'offensive "Nivelle" déclenchée le 16 avril 1916 sur le Chemin des Dames.

Maurice Besnier

 Colonel Maurie Besnier "Souvenirs de guerre 1914-1918." Edition Claire et Dominique Bénard, 2014, voir p. 283-305 

-contact avec l'éditeur : clairebenard@mac.com

L'offensive Nivelle sur le Chemin des Dames est lancée le 16 avril 1917 à 6 heures du matin. Elle a comme objectif de percer le front en 48 heures sur 40 km, entre Soisson et Reims. La stratégie adoptée repose sur l’effet de surprise et la puissance de l’artillerie, chargée de préparer la rupture par la destruction intensive des 1ère et 2èmes lignes ennemies et d’accompagner une rapide avance de l’infanterie par un feu roulant.

Sont mobilisées la VIe (général Mangin) et la Ve  armée (général Mazel), chargées d’enlever la totalité des positions ennemies et d’exploiter leur succès en direction du plateau de la Malmaison. La Xe armée (général Duchêne), placée au contact de ces deux dernières en tant qu'élément du Groupe d’armées de réserve G.A.R. (général Micheler), doit déboucher aussitôt la rupture accomplie et poursuivre immédiatement en direction du Nord-est vers Nizy-le-Comte, Montcornet, Froidmont-Cohartille.

La 5e division d'infanterie, affectée organiquement au 3e corps d’armée et dont les unités (36e, 74e, 129e et 274e RI) sont arrivées sur le secteur du Chemin des Dames le 13 avril. Elle est intégrée au dispositif de réserve (G.A.R.), mais est privée de son artillerie divisionnaire. Le 43e régiment d'artillerie de campagne est en effet depuis le 1er avril, mis à disposition du 6e corps d’armée et ainsi intégré au dispositif d'attaque dans le secteur situé au Nord-est de Chassemy.

.

Le 43e RAC mis à disposition du 6e Corps d'armée (1er avril-8 mai 1917)

 

Le 6e Corps d'armée est composé des 12e, 56e, 127e et 166e D.I, renforcées des 27e et 29e bataillons de tirailleurs sénégalais. Il déploie ses forces sur un front de 8 km depuis le Canal de l’Oise à l’Aisne à l’est de Soupir, passant par Chavonne au centre, et ce jusqu’aux limites de Vailly-sur-Aisne et Celles-sur-Aisne à l’extrême ouest.

Il est encadré sur sa droite par le 1er Corps d’armée Coloniale, renforcé dans un second temps par le 37e Corps d'armée et, sur sa gauche, par le 220e Corps d'armée.

JMO 66e Compagnie d'aérostiers 1A 238

JMO 66e compagnie d'aérostiers, SHD 1 A 238/4 (front au 21 avril - ligne Hindenburg)

(le 16 avril, le  front est positionné de part et d'autre de l’Aisne et de son canal entre Vailly et Pont-Acy)

Le 6e corps d'armée, installé dans le secteur depuis janvier, a vu la puissance de feu de son artillerie se renforcer progressivement. Les moyens dont il dispose début avril, témoignent de la place accordée à l'artillerie dans la préparation de l'opération. D'après le JMO du 6e CA il est ainsi doté de : 20 groupes d’artillerie de campagne (batteries de 75) ; 14 batteries d’artillerie de tranchée, 27 batteries de 155 courts, 10 batteries de 95, 9 batteries de 120 longs et 11 batteries de 155 longs.

Parmi les unités à sa disposition on peut citer : Artillerie de campagne - les 4 régiments d'artillerie divisionnaire organiques (A.D.12, A.D.56, A.D.127 et A.D.166), auxquels s’adjoignent l’A.C.11, l’A.D.133 et l’A.D.5 ; Artillerie de tranchée - batteries divisionnaires organiques renforcées par l'artillerie de tranchée des divisions du 18e corps d'armée ; Artillerie lourde - A.L.6, A.L.11 et divers groupes de la Xe armée (groupements courts du 110e R.A.L. ; 1er groupe de 155 long Schneider du 88e R.A.L., groupements courts  du 117e R.A.L.).

Il bénéficie enfin du soutien de plusieurs batteries d’artillerie lourde à longue portée (A.L.G.P.) disposant de mortiers de 270, 293 et 370.

Album R. Verney p.153 droite

Mortier de 293 mm Schneider, pièce d'artillerie lourde à grande portée (A.L.G.P.),

61e batterie du 25e groupe du 3e R.A.P. Chassemy (Aisne) bois du Fer à cheval, avril 1917 (Album R. Verney p. 153)

 (voir SHD - JMO 37e RAL 21e batterie 26 N 1085/33)

 

L’A.C. 6 bénéficie en ourte de l'appui de l’Escadrille 7 (SOP 7), et des observateurs de la 42e compagnie d’aérostiers (points d’ascension Vauxéré puis Dhuizel du 1er au 15 avril), enfin de la 66e compagnie d’aérostiers (point d’ascension à Saint-Mar, face à Soupir du 16 au 30 avril).

Les trois groupes du 43e RAC prennent position dans la nuit du 2 au 3 avril de manière indépendante :

-Le 1er groupe (commandant Garnuchot) est mis à disposition du groupement de droite sous les ordres du Lieutenant-colonel Petrini Poli (soutenant la 56e D.I.). Il est positionné sur la partie sud de la croupe de Madagascar au nord de Bourg-et-Comin.

-Le 3e groupe (commandant Berntzwiller) mis à disposition de l’A.D.166, est en position au nord-ouest de Brenelle (accompagnant l’offensive de la 127e D.I.) voir la Restitution du journal de marche de René Verney (11 clichés).

-Le 2e groupe (commandant Malraison) prend position dans les carrières de la ferme des Boves et les champignonnières dans le ravin à l’est de Chassemy. Il est quant à lui rattaché au groupement B de l’artillerie de corps (A.L.6, unité crée le 20 février 1916), placé sous le commandement du chef d’escadron du 43e RAC, le lieutenant-colonel Aymar qui  a également sous ses ordres :

     -le 1er groupe du 11e régiment d’artillerie lourde, pièces de 95 (commandant Perney)

     -deux batteries de position du 52e bataillon du 11e R.A.P., une de 95, une de 155 (Lieutenant Rochette)

     -le 1er groupe du 106e régiment d’artillerie lourde, pièces de 105 (commandant Didiot)

     -le 2e groupe du 106e régiment  d’artillerie lourde, pièces de 120 (commandant Coquegniot)

     -le 5e groupe du 106e régiment d’artillerie lourde, pièces de 155 (commandant Matheron)

     -le 5e groupe du 101e régiment d’artillerie lourde, pièces de 155 (commandant Roure)

     -le 1er groupe du 88e régiment d’artillerie lourde, pièces de 155S (commandant d’Argy)

 

Les tirs de destruction des 1ères et 2èmes positions ennemies par l’artillerie se déroulent du 7 au 14 avril. Le JMO du 6e CA comptabilise, pour cette préparation sur les 80 km2 du secteur, un total de 440 000 tirs de projectiles en 8 jours : 306 900 tirs d’artillerie de campagne, 88 200 tirs d’artillerie lourde et 45 200 tirs d’artillerie de tranchée. A elles seules les 12 pièces de 75 du 3e groupe du 43e effectuent 15 000 tirs.

 

La tentative de rupture du front (16 au 21 avril)

Au cours de l’offensive qui se déroule du 16 au 21 avril 1917, les hommes du 6e corps d'armée, à partir de leur base de départ concentrée sur 3,5 km entre Moussy-Verneuil et Chavonne face au plateau de la Croix-sans-tête, vont au prix de très lourdes pertes (3 250 tués, blessés et disparus), non seulement progresser de 6 km vers l'ouest le long de l'Aisne jusqu'à Vailly-sur Aisne mais également opérer une avancée de 3,5 km en profondeur. S'ils franchissent les premières et deuxièmes lignes allemandes et occupent progressivement les villages de Braye-en-Lannois Ostel et Aizy-Jouy, la progression s'achève au plus près de la ligne Hindenburg, au pied du chemin des Dames. Ici comme ailleurs entre Soissons et Reims, l'offensive Nivelle est un échec.

Le 6e corps d'armée, conformément au plan d’action n°1383/3 du 30 mars 1917, met en ligne durant les nuits du 5 au 7 avril entre Soupir et Chavonne les 56e et 127e DI accolées, au pied de trois éperons puissemment défendus (les Grinons, le Mont-sapin et le Balcon) qui dominent les lignes françaises de plus de 100 mètres.

 

JMO 56e DI 26N370

Positions de départ des unités de la 56e DI le 16 avril 1917 - SHD 26N366/2 - JMO 56e DI

 

Les allemands connaissent date et lieu de l’offensive, le temps est mauvais froid et neigeux, le terrain détrempé et bouleversé. Les lignes de défense allemandes sont constituées sur le plateau d'une organisation de cavernes souterraines reliées entre elles et communicant avec les défenses extérieures. L'intense préparation d'artillerie opérée depuis le 7 avril n'a que très partiellement réduit la puissance de feu ennemie notamment constituée d'un très grand nombre de minen et de mitrailleuses positionnés sur les crêtes du plateau.

Le 16 avril à 6h l'offensive est déclenchée. S'il est possible d'en suivre le détail à partir des JMO de chaque unité, corps d'armée, divisions et régiments (en dehors des JMO du 172e RI et 49e BCP manquants), nous en retraçons ici les grandes lignes.

Dès 6h45, d'après le JMO du 6e corps d'armée "il devient évident que le premier bond prescrit ne sera pas exécuté à l'heure prévue". Les unités engagées dans le premier assaut : 106e RI, 132e RI (56e DI) et  355e RI, 25e BCP172e RI (127e DI) dont la progression durant toute l'attaque devait être de 100 mètres en 3 minutes, se trouvent bloquées sous le feu des mitrailleuses ennemies, et ne parviennent pas à franchir des réseaux de barbelés demeurés intacts.

Le 132e RI (56e DI) paie le plus lourd tribut, perdant en moins d'une heure son commandant le lieutenant-colonel Théron grièvement blessé ainsi que son adjoint le capitaine Gabet, alors qu'est tué le commandant Rivals chef du 2e bataillon (au soir ce bataillon ne comptera plus que 3 officiers présents sur les 12 requis).

    Album R. Verney p.174 droite  Album R. Verney p.177 gauche haut

Soupir (Aisne) bois des gouttes d’or, premières lignes prises par le 106e RI les 16-17 avril 1917

Album R. Verney  p.176 et 177,  juin-juillet 1917

Album R. Verney p.170 droite

Bois des Gouttes d'or pris par le 106e RI les16-17 avril 1917

Album R. Verney p.170, juin-juillet 1917

A 8h 45 la progression est reprise mais aucune avancée notable n'est réalisée. A 9h 45 en exécution des ordres du général commandant l'armée (Nivelle), il est exigé de gagner du terrrain "coûte que coûte en tournant les îlots de résistance". 

A 11 heures 30, il apparaît clairement que la tentative de ruptue a échoué. Face à l’enrayement de la progression des Ve et VIe armées, ordre est donné à tous les éléments de soutien du 6e CA et aux renforts de la Xe armée de stopper tout mouvement en avant et de se maintenir en soutien sur les emplacements occupés.

Les combats se poursuivent jusqu'à la nuit par un mouvement tentant de prendre l'ennemi de flanc. Au soir ordre est donné de se maintenir au contact de l'ennemi sur les positions atteintes (2eme lignes allemandes) et de pousser des guetteurs en avant.

 

Entre Soupir et le canal de l'Oise à l'Aisne (56e DI) :

-A gauche, le 132e RI très éprouvé (160 tués et 382 blessés), n'a pu progresser que de 300 mètres au pied du bois de la Bovette et le long du canal de l'Oise à l'Aisne.

-A droite, le 106e RI (51 tués, 170 blessés, 36 disparus) gravit les pentes du bois des gouttes d'or franchit trois lignes de tranchées et parvient à prendre pied sur le plateau.

Les 49e, 65e et 69e BCP sont placés en réserve des 106e et 132e RI et restent toute la journée sur les premières lignes allemandes.

 

Entre Soupir et Chavonne, 127e DI :

-A droite, le 172e RI a traversé le ravin de Cour-Soupir, parvenant à assurer la liaison sur la crête de la cuvette avec le 25e BCP à droite et avec le 106e RI (56e DI) à gauche .

-Au centre, le 25e BCP (45 tués, 205 blessés, 13 disparus) renforcé dans l'après-midi par deux compagnies du 29e BCP (18 tués, 62 blessés, 13 disparus) est parvenu à prendre le Mont-Sapin.

-A gauche, le 355e RI (65 tués, 125 blessés, 67 disparus) soutenu par un bataillon du 25e BCP a progressé jusqu'aux pentes des Grinons et parallèlement jusqu'à Chavonne dont il occupe la partie sud.

Le 27e BTS est en position d'attente dans les boyaux et tranchées du Mont-Sapin alors que le 29e BTS se place dans les tranchées Théron, des Passerelles, rocade sud et Ostel (15 tués, 53 blessés, 17 disparus).

Offensive du 6e corps d'armée sur le Chemin des Dames 16-21 avril 1917

Restitution de l'offensive sur le Chemin des Dames, 6e corps d'armée (16-21 avril 1916) réalisée d'après les JMO divisionnaires et régimentaires

(Fonds de carte SHD - 26 N 826/16 - JMO 29e BCP et SHD - 26 N 408/006 - JMO 77e DI, Artillerie, 2e groupe)

Du 02 au 23 avril le 3e groupe du 43e RAC, accompagnant l'offensive de la 127e DI, est positionné dans le ravin de Brenelle

(voir la Restitution du journal de marche de René Verney)

 

Le 17 avril l'attaque reprend à partir de 17h30, non plus sur tout le front mais en concentrant les efforts sur des points choisis et une progression générale vers le nord-ouest tentant de prendre l'ennemi de flanc. Celle-ci se poursuit toute la nuit durant laquelle les allemands entamment leur repli sur la "Siegfried Stellung" ou ligne Hindenburg.

 

Entre Soupir et le canal de l'Oise à l'Aisne (56e DI) :

-A gauche, le 132e RI, est renforcé dès l'aube par le 69e BCP qui progresse le long du canal et dont une patrouille entre dès 4 heures du matin dans Braye-en-Lannois.

-A droite le 106e RI prend le bois de la goutte d'or et reçoit à partir de 17h30 le renfort  du 65e BCP qui prend le bois de la Bovette dont la lisière nord est atteinte durant la nuit.

 

Entre Soupir et Chavonne 127e DI :

-A gauche le 172e RI marche sur Cour-Soupir renforcé du 29e BCP qui prend l'ancienne carrière souterraine, relayant le 25e BCP placé le lendemain en réserve de division.

-A droite, le 355e RI atteint la lisière ouest de Chavonne soutenu par le 29e BTS qui prend d'assaut le plateau des Grinons et organise les positions conquises.

Le 27e BTS tient les tranchées du réduit du Mont-Sapin derrière le 355e RI, 25e et 29e BCP.

 

 

 

Le 18 avril, le retrait précipité des allemands durant la nuit favorise une avancée rapide des unités tout au long de la matinée suivant le même axe de progression vers le nord-ouest. A midi les objectifs assignées sont atteints avec d'importantes prises de matériel et de nombreux prisonniers. Parallèlement à l'ouest est recherché le contact avec les éléments de la 158e DI (37e CA).

 

Au nord de Soupir 56e DI :

-A droite,le 132e RI est regroupé en réserve relayé par les 65e et 69e BCP. Le 65e BCP s'établit dans la tranchée de Gallipoli, le 69e BCP est arrêté quant à lui sur les escarpements au nord du ravin de Braye face à la ferme Froidemont.

-A gauche, le 106e RI reprend le combat dès 3 heures sur la lisère nord du bois des Bovettes. A 5 heures la caverne de Coblentz est prise et le mouvement s'engage. Dès 11h 20, la 2e compagnie est entrée dans Ostel, des reconnaissances sont poussées jusqu'à la ferme Certeaux le régiment reste sur ses positions, il est désormais renforcé par le 49e BCP mis en réserve.

 

A l'ouest de Chavonne 127e DI :

-Au centre, la 3e compagnie du 29e BCP prend pied, dès l'aube, à la ferme de Cour-Soupir, puis le bataillon se dirige sur Folemprise en liaison constanate avec le 172e RI jusqu'aux tranchées d'Andrinople et Bartan. A 17h30 des patrouilles sont dans Aizy. Le 27e BTS fait mouvement à partir de 14 heures en direction de la Pierre d'Ostel, Flolemprise, le soir il stationne aux abords de Rouge Maison dans les tranchées Flux, boyau Colibri et Corne N-E de la Fosse Marguet.

-A droite, le 2e bataillon du 172e RI atteint Cour-Soupir dès 6 heures, le régiment poursuivant sa progression jusqu'à la nuit tombante ce qui l'amène à dépasser la ferme Gerleaux.

-A gauche, le 355e RI prend Chavonne au petit jour. A 13h 15 plus de résistance allemande, la progression est rapide : à 17h30 est atteint la corne sud-ouest du bois des fosses sablières. Des détachements du 6e bataillon s'engagent dans Vailly. A la nuit tombante, une reconnaissance est poussée jusqu'à Jouy. Le 29e BTS placé en réserve du 355e poursuit sa marche en avant, s'arrêtant pour la nuit dans la creute des anciennes carrières de Rouge Maison.

 

Le 19-20 avril l'attaque se porte désormais vers le nord amenant les unités à avancer jusqu'à 500 mètres environ de la ligne Hindenbourg. Les unités de la 56e DI sont relevées dans la nuit du 19 au 20, celles de la 129e le seront dans la nuit du 20 au 21. A l'ouest est recherché le contact avec les éléments de la 158e DI (37e CA).

 

Au Nord de Soupir 56e DI :

-A droite, les 65e  et 69e BCP restent sur leurs positions. Il sont relevés dans la nuit du 19 au 20 par des éléments du 67e RI (12e DI).

-A gauche, le 106e RI en liaison avec le 65e BCP, parvient à s'établir au nord de la Ferme Certaux et les trois bois à l'ouest de la ferme avant 13 heures. Le soir il est relevé par le 350e RI (12e DI).

JOM 106e RI 26N758

Positions des unités du 350e RI le 20 avril 1917 pour la relève du 106e RI SHD 26N758/14 - JMO 350e RI

 

Au nord de Vailly 127e DI :

-A gauche le 172e RI en liaison avec le 106e s'établit le 19 au nord de la ferme Gerleaux et s'organise en profondeur. La relève est assurée dans la nuit du 20 au 21 par le 171e RI (66e DI).

-Au centre la 3e compagnie du 29e BCP est poussée le 19 au-delà du chemin Ferme Gerleaux-Aizy, le bataillon s'organise sur le terrain conquis et est relevé dans la nuit du 20 au 21 par le 19e BCP (66e DI)

-A droite, Le 355 RI progresse le 19 lentement vers Aizy et Jouy. Face à une forte résistance allemande, il ne parvient à occuper Aizy qu'à la tombée de la nuit. Le régiment prend un dispositif en profondeur, il  est rejoint dans la soirée par des éléments du 294e RI (166e DI) placés en réserve, ce régiment le relèvant dans la nuit du 20 au 21.

Au petit jour du 19 le 29e BTS quitte le groupement du 355e RI et gagne Vailly pour nettoyer les organisations des bords de l'Aisne. Il y est rejoint à partir de 9h par le 44e RIT débarqué la vielle au soir sur les rives nord de l'Aisne. Ce dernier participe à la recherche de contact avec le 1er CAC dans le secteur de la ferme de Chantereine et passe le 20 avril aux ordres du 37e CA. Le 29e BTS se positionne ensuite aux Grands Riez et cantonne le soir dans Vailly.  Le 20 avril au matin, 233 hommes sont évacués pour gelures des pieds et des mains.

Le 2e escadron du 12e chasseur à cheval (56e DI) est mis à disposition de la 127e DI le 19 et reçoit l'ordre de gagner Vauxelles, de couvrir le flanc de la division et de chercher le contact du 37e CA à l'ouest vers les fermes de Chantereine et Colombe. A la fin de la journée, la liaison n'est pas encore totalement assurée. Le lendemain au lever du jour, l'escadron est en liaison avec le 224e RI vers la tranchée du Harpon. Le 27e BTS se porte le 19 sur les Grands Riez et cantonne la nuit à Saint-Précord au Nord-est de Vailly.

Album R. Verney p.154 droite haut                      Album R. Verney p.155 droite haut

 Vailly-sur-Aisne (Aisne), Passerelle sur l'Aisne à l'usine électrique ;  Saint-Précord, avril 1917

Album R. Verney p. 154 et 155

L'offensive est désormais suspendue, s'achevant au pied du Chemin des Dames face à la ligne Hindenbourg puissamment renforcée. D'après le JMO du 6e CA, les 56e et 127e DI ont fait du 16 au 21 avril 1 941 prisonniers non blessés dont 31 officiers et 278 prisonniers blessés dirigés vers les ambulances. Les prises en matériel sont conséquentes : 40 pièces d'artillerie de 77 ou de 88, 17 pièces de 105, 15 pièces de 150, on dénombre également 46 minenwerfer, 64 mitrailleuses, 1 canon de révolver, 2 canon de 37, 6 caissons, de grandes quantités de munitions et de vivres, mais....

...la rupture du front annoncée n'a pas eu lieu malgré l'importance des pertes subies. Un échec qui aura des conséquences directes sur le moral des troupes et notamment sur des unités d'infanterie qui n'ont pas directement participé à l'offensive car placées durant près de deux mois en réserve et qui refusent, fin mai de monter en première ligne.

 

Les pertes du 6e corps d’armée en cinq jours : 3 250 hommes

D'après le JMO 6e CA : 669 tués dont 29 officiers, 2 137 blessés dont 49 officiers, 452 disparus dont 6 officiers. En ourtre 239 hommes du 29e Bataillon de tirailleurs Sénégalais ont été évacués pour gelures des pieds et des mains.

Album R

 Cimetière près de Soupir (Aisne), juin 1917 Album R. Verney p. 170

 

Pertes de la 56e DI d'après JMO 56e DI (période du 14 au 19 avril) : 1502 hommes.

106e RI : 92 tués dont trois officiers, 362 blessés dont 8 officiers, 64 disparus.

132e RI : 202 tués dont 11 officiers, 535 blessés dont 15 officiers, 24 disparus.

49e BCP : 2 tués, 22 blessés.

65e BCP : 19 tués, 79 blessés dont 1 officier, 3 disparus.

69e BCP : 16 tués, 80 blessés dont 1 officier, 2 disparus

 

Pertes de la 127e DI d'après JMO 127e DI (période du 16 au 21 avril) : 1 801 hommes

172e RI : 92 tués dont 3 officiers, 278 blessés dont 7 officiers, 45 disparus dont 1 officier

355e RI : 99 tués dont 3 officiers, 227 blessés dont 3 officiers, 45 disparus dont 2 officiers

25e BCP : 49 tués dont 2 officiers, 204 blessés dont 4 officiers, 204 disparus

29e BCP : 32 tués, 148 blessés dont 2 officiers, 22 disparus dont 1 officier

27e BTS : 21 tués, 72 blessés dont 1 officier, 47 disparus et 151 hommes évacués pour enflures aux jambes et gelures légères.

29e BTS : 43 tués dont 1 officier, 199 blessés dont 3 officiers, 133 disparus et 233 hommes évacués pour gelures des pieds et des mains.

Compagnie 26/5 du 10e Génie : 4 blessés

Compagnie 26/55 du 10e Génie :10 blessés

Artillerie divisionnaire : 2 tués, 5 blessés

12e escadron de chasseurs : 3 blessés

Groupe de brancardiers divisionnaires : 1 tué

 

Les trois groupes du 43e RAC restent attachés au 6e CA sur le secteur jusqu’au 8 mai. Le 25 avril, accompagnant l'avancée du front ils se déplacent et franchissent  l’Aisne :

-Le 1er groupe (capitaine Stouff), fait mouvement au nord de l’Aisne à 500m au nord de Chavonne et désormais placé sous les ordres du lieutenant-colonel Vady (AD56).

-Le 2e groupe (capitaine Malraison) toujours rattaché au groupent B de l’artillerie du 6e corps sous les ordres du lieutenant-colonel Aymar, prend position au sud-est de Maison-Rouge.

-Le 3e groupe (capitaine Berntzwiller), prend position au nord du château de Vauxelles, PC aux Grottes du Sourd, voir la Restitution du journal de marche de René Verney (25 clichés).

Les 8 et 9 mai ils sont relevés et rassemblés sous les ordres de leur chef de corps le lieutenant-colonel Aymar et restitués à la 5e DI. Les pertes du régiment au cours de cette période (1er avril au 8 mai) s'élèvent à  8 tués et 17 blessés.

Ce même 8 mai 1917 au nord d'Aizy, à quelque centaines de mètres face à la position occupée par le 3e groupe du 43e RAC, est blessé un homme du 294e RI (régiment également mis à la disposition de la 127e DI et engagé dans les combats dès le 20 avril), Hyacinthe Pierre Réné Dupont (registre de matricule, bureau de Granville,classe 1909, matricule 773). Touché par un éclat d’obus entrainant une fracture du cubitus et une plaie au tiers inférieur de l’avant-bras gauche qui lui laisseront de lourdes séquelles, son évacuation sur l'hôpital de Nogent-le-Rotrou est suivie d’un long périple d’hospitalisations qui durera jusqu’au printemps 1919. Hasard des destins croisés, ce jeune avocat n'est autre que le futur beau-frère de René Verney et dont on retrouve le portrait dans l'album de famille.

Hyacinthe_Pierre_R_n__Dupont__en_1915__10e_section_C

Hyacinthe Pierre Réné Dupont (Buais 1889 - Buais 1927) en 1915 (en uniforme de la 10e section C.O.A.)

affecté au 294e RI le 12 juillet 1916 et blessé au nord d'Aizy (Aisne), le 8 mai 1917.

 

La 5e DI reconstituée

Arrivés sur le secteur du Chemin des Dames le 13 avril, les unités d'infanterie (36e, 74e, 129e et 274e RI) sont restées en réserve rattachées avec le 3e Corps d'armée à la Xe armée (G.A.R. du général Micheler). Elles stationnent tout d’abord dans la région de Fère-en-Tardenois période au cours de laquelle les troupes sont soumises à d'incessants mouvements en colonne sur des routes encombrées (13-17 avril), avant d’être enyoyées en cantonnement dans la zone de Beuvardes, puis à compter du 4 mai dans la zone de Jaulgonne (Aisne).

A cette date, la division est recomposée, passant de 4 à 3 régiments (74e, 36e et 129e RI), l'état-major de la 10e brigade se transformant en état-major d'Infanterie divisionnaire, celui de la 9e brigade étant dissous, et le 274e R.I. rattaché au dépôt divisionnaire. Le 10 mai le 3e CA est de nouveau rattaché à la Ière armée.

Le 14 mai les 3 groupes du 43e RAC rejoignent les unités de la division qui se drigent sur la Marne au sud la région de Nogent-l'Artaud (Aisne) où elles cantonnent du 15 mai au 27 mai.

JMO_5e_DI_26N268010_15_mai_1917Stationnement des unités de la 5e DI au 16 mai 1917 SHD 26 N 268/10 - JMO 5e DI

Les 27 et 28 mai, l'ensemble des unités de la 5e DI quittent leurs cantonnements pour assurer la relève de la 153e DI. Les 3 groupes du 43e RAC se dirigent sur Chassemy où ils sont mis dès le 29 à la disosition de l'AD.143 afin de reprendre position au nord-est de Vailly-sur-Aisne.

Les régiments d'infanterie gagnent quant à eux le front par le sud de Soissons où ils cantonnent afin de monter en ligne