René Verney un médecin normand dans la grande guerre (43e RAC, 74e et 24e RI)

René Verney un médecin normand dans la Grande Guerre (43e RAC, 74e RI, 24e RI)

par Antoine Verney

Contact avec l'auteur possible via l'onglet situé dans la partie supérieure (questions - observations - échanges d'information - transmissions des clichés en HD...)

 

Blog consacré à la présentation de l’« Album de la guerre européenne »

constitué par René Verney (Quettehou 1881 – Littry 1958) 

auquel s'associe désormais le « Carnet de route »

de Robert Tronsson (Lisieux 1893 – Bayeux 1949)

Album

L'Album de la guerre européenne, est un document inédit d'origine familiale renfermant 650 clichés originaux annotés et classés chronologiquement par le docteur René Verney au sortir de la Première Guerre mondiale.

Par la volonté de son auteur, l’album possède une dimension collective, se présentant comme le témoignage du parcours non pas d’un homme mais d’un groupe, particulièrement le 3e groupe du 43e régiment d’artillerie de campagne et ce en raison même de la durée de son affectation dans cette unité (août 1914 - février 1918). On constate que le même esprit anime la dernière période au cours de laquelle il est successivement versé dans les 74e et 24e régiments d’infanterie (respectivement de mars à mai 1918 et de juin 1918 à février 1919).

Afin de rendre les photographies intelligibles, nous avons entrepris de les contextualiser de manière la plus documentée possible.  Ce travail rédactionnel inédit que nous avons intitulé la Restitution du  journal de marche de René Verney se décompose en douze chapitres consacrés aux différentes campagnes auxquelles il a pris part.

Chaque cliché y est reproduit en haute définition recalibré en contraste et luminosité, et replacé dans son contexte à partir de la lecture croisée des journaux de marches et opérations régimentaires (JMO), désormais accessibles en ligne grâce au travail conjoint de la direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives du ministère de la Défense et du Service historique de la Défense*. 

Tout au long des six premiers chapitres sont intégralement retranscrites les pages du "Carnet de route" rédigé par Robert Tronsson (Lisieux 1893 – Bayeux 1949), quincailler de profession, brigadier puis maréchal des logis au 43e RAC, 3e groupe, 9e batterie présent sur l'un des clichés de l'album (voir : Album R. Verney p.32). Il s'agit d'un document manuscrit également inédit d'origine familiale, qui nous a été temporairement confié afin d'en permettre sa communication et d'enrichir cette restitution. La réunion de ces témoignages personnels sur le conflit, constitués par deux hommes appartenant à la même unité, s'enrichissent en effet de manière exceptionnelle pour former un récit à quatre mains, regards croisés sur leur parcours commun du 1er août 1914 au 16 février 1917.

Carnet 0

Carnet de route de R. Tronsson

 

Restitution du journal de marche de R. Verney et de R. Tronsson

 

I - Mobilisation, Campagne de Belgique et Bataille de la Marne 1er août - 12 septembre 1914

II - Front de l’Aisne - 13 septembre 1914 – 22 Mai 1915

III - Front d’Artois 23 mai – 25 octobre 1915

IV - Front de la Somme - 25 octobre 1915 – 28 mars 1916

V - Verdun 29 mars – 20 juin 1916

VI - Les Eparges 22 juin 1916 – 27 mars 1917

 

 

Restitution du journal de marche R. Verney

VII - Chemin des Dames 28 mars – 1er septembre 1917

VIII - Secteur de Saint-Quentin 2 septembre  1917 – 17janvier 1918

IX - Secteur de Champagne 18 janvier – 20 juin 1918

X - Offensive sur l’Aronde et le Matz 21 juin – 8 septembre 1918

XI - Offensive sur l’Aisne – Sissonne 9 septembre – 11 novembre 1918

XII - Armistice - Occupation du Palatinat 12 novembre 1918 – février 1919

 

Carto Journal de marche 1914-1919Campagnes auxquelles a pris part René Verney : 43e RAC (I à IX) ; 74e RI (IX) ; 24e RI (IX-XII)

Ce blog dispose de deux index, le premier consacré aux noms de lieux cités dans les légendes des photographies (ici, lien vers l'index des noms de lieux), le second aux noms de personnes figurant dans ces mêmes légendes (ici, lien vers l'index illustré des noms de personnes). Afin de faciliter les recherches, noms de lieux et de personnes constituent autant de Tags associés aux photographies, permettant ainsi de les regrouper thématiquement.

La documentation étant particulièrement riche pour le 43e régiment d'artillerie de campagne, nous avons choisi de consacrer plusieurs pages à sa présentation. On y trouve des informations générales sur le régiment au travers de son histoire de 1911 à 1940 et de la vie de dépôt dans ses cantonnements de Rouen et Versailles, puis de Caen. Vient ensuite une présentation de sa composition et de son organisation durant tout le conflit, suivi pour le 3e groupe, d'un index nominatif des pertes (morts pour la France, disparus et blessés) réalisé d'après les JMO régimentaires. Une page est également consacrée à l'organisation et les missions dévolues à son service médical.

Le 43e RAC : de Rouen à Caen (1911-1940)

Le 43e RAC (1914-1918) avec relevé des pertes du 3e groupe

L'équipe médicale du 3/43 RAC

Album R. Verney p.039 droite bas

Bois de Gernicourt (Aisne) mars 1915.

Lampe et panoplie  faites à la 9e batterie du 43e RAC avec des projectiles boches (p. 39) 

Sont également proposées un ensemble de pages liées à la mise en lumière de parcours personnels, de thématiques transversales illustrées par les clichés de l'album, ou des développements liés à l'analyse croisée des JMO. L'ensemble de ces pages à caractère documentaire sont facilement accessibles dans le menu situé à droite à la rubrique : A la Une.

 

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Aperçu du parcours militaire de René Verney

René Verney, issu d'une famille d'agriculteurs est né à Quettehou (Manche) en 1881. Après un parcours scolaire à Montebourg puis Cherbourg, jeune bachelier de 19 ans, il devance l’appel de la Classe 1901, subdivision de Cherbourg matricule 1223 (registre p.1210), par un engagement volontaire effectué à Cherbourg le 12 novembre 1900 dans le 25e régiment d’infanterie. Dispensé au 2/3, il est mis en congé le 21 septembre 1901. 

1900 René Verney Soldat de 2e classe 25e RI Cherbourg (19 ans)

René Verney soldat 2e classe 25e RI, Cherbourg 1900-1901

Dégagé des obligations militaires, il entame ses études de médecine à l’université de Rennes pendant deux ans (1901-1903) et accomplit une première période d’exercices militaires du 11 août au 7 septembre 1903 avant de poursuivre son cursus à Paris (1903-1908). Le 22 août 1905, bénéficiant de quatre inscriptions, il est nommé médecin auxiliaire de réserve.

 

Il soutien sa thèse en 1908 : « Contribution à l'étude de la spondylose rhizomélique et de son étiologie blennorrhagique » (Paris - A. Michalon – 1908) » pour laquelle il obtient une médaille de bronze de la faculté de médecine de Paris. En octobre de la même année, il s’installe comme médecin à Littry (Calvados).

1910 vers Littry, 18 rue de la Gare

Littry (Calvados), 18 rue de la gare, domicile de R. Verney de 1911 à 1951

Il est parallèlement nommé le 5 juillet 1909 médecin aide-major de 2e classe de la réserve (3eme région militaire).

1909-1913 René Verney Médecin aide-major 2e classe

René Verney en uniforme de médecin aide-major 2e classe (vers 1909-1913)

Du 25 août au 17 septembre 1913, il accomplit une seconde période d’exercices au 119e régiment d’infanterie (casernement  quartier Delaunay à Lisieux) à l’issue de laquelle il est nommé médecin aide-major de 1ère classe de la réserve le 29 décembre 1913. Il est enfin affecté dans ce grade le 18 avril 1914 au 3e groupe du 43e Régiment d’Artillerie de campagne.

Célibataire de 33 ans lors de la mobilisation, il quitte son cabinet de Littry et arrive au corps  du 43e RAC, le 2 août 1914 caserne Decaen, à Caen.  Du 2 août 1914 au 14 mars 1918 il participe à toutes les opérations dans lesquelles est engagé le 3e groupe du 43e Régiment d’Artillerie de campagne. Parallèlement son frère Louis (Quettehou 1883 -Quettehou 1935) participe au conflit au sein du 25e RI (voir : Introduction au journal de marche III L'Artois : mai - octobre 1915).

1915 vers René Verney Médecin Aide-Major 1ère classe 43e RAC 3e Groupe (34 ans)

René Verney médecin aide-major 1ère classe, 43e RAC, été 1916

Le 14 mars 1918, René Verney est affecté toujours au grade de médecin aide-major de 1ère classe, au 74e Régiment d’infanterie 2e Bataillon. 

Nommé le 23 mai 1918 Médecin Major de 2e classe, il est affecté dès le 25 mai au 24e Régiment d’infanterie en tant que Médecin chef de service. C’est dans ce grade et cette affectation qu’il reçoit son congé de démobilisation le 23 février 1919, prononcé par le service démobilisateur du service de santé du 3e corps d'armée de Rouen (durée du service : 4 ans, 6 mois et 21 jours). Dossier individuel SHD (Vincennes GR 6 YE 12957).

1918 René Verney Médecin Major 2e classe 74e ou 24e RI (37 ans)

René Verney, médecin major 2e classe 1918

Dès la fin du conflit  il regagne son cabinet de Littry, se marie en 1921, son fils Jean prenant sa succession à partir du 1er janvier 1951. Il décède en 1958 à Littry (aujourd'hui Le Molay-Littry), commune dont il est le maire pendant une trentaine d'années de 1920 à 1945 puis de 1952 à 1957.

En 1921, il est fait chevalier de la légion d’honneur par promotion exceptionnelle de la commission Fayolle au regard des distinctions reçues au cours du conflit (4 citations : 2 à l’ordre du régiment,1 de la division, 1 du corps d’armée). En 1953 il est élevé au grade d'officier de la légion d'honneur.

 

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Aperçu du parcours militaire de Robert Tronsson

Robert Tronsson maréchal des logis 43e RAC 3e groupe 9e batterie Gernicourt, Aisne 1915

Robert Mary Victor TRONSSON né le 11 octobre 1893 à Lisieux est fils de limonadier. Jeune célibataire, il exerce la profession de quincailler à Deauville lors de son incorporation au 43e régiment d'artillerie de campagne le 28 novembre 1913. Registre de matricule subdivision de Lisieux classe 1913 n°888 (engagé volontaire).

Canonnier conducteur au 3e groupe, 9e batterie du 43e RAC, il est nommé brigadier le 05 août 1914, tout d'abord comme servant de pièce, puis à partir du 18 septembre 1914 comme agent de liaison des avant-trains de la même batterie.

Promu au grade de maréchal des logis le 30 septembre 1914, il prend le commandement de la 4e pièce de la 9e batterie le 2 octobre suivant et commande, tout juste âgé de 21 ans, son premier feu le 12 octobre 1914 entre Saint-Thierry et Merfy (Marne).

Le 24 avril 1918, il est détaché au Service aéronautique en tant qu'observateur, mais est blessé à Faverolles (Somme) le 17 septembre 1918 lors de sa première ascension en ballon au cours de laquelle il subit l'attaque d'un avion. Exécutant l'ordre qu'il a reçu, il saute en parachute, mais trainé au sol sur plusieurs mètres, il  est affecté de plaies contuses au front et au nez ainsi que d'une entorse tibio-tarsienne à la cheville droite et doit effectuer un séjour à l'hôpital du 17 au 30 septembre 1918.

Réintégré au sein de son unité le 1er octobre 1918, il n'est envoyé en congé illimité que le 3 septembre 1919.

Croix de guerre, deux citations : ordre de la brigade (AD166) du 10/05/1917, ordre de la division (10e DI) du 11/10/1918.

Robert Tronsson maréchal des logis 43e RAC, 3e groupe, 9e batterie, 1ere section

Bois de Gernicourt (Aisne) hiver 1914-1915 (Album R. Verney p. 32 détail)

 

Au sortir de la guerre, il regagne Deauville. Dès 1920, il s'installe à Bayeux, reprenant la quincaillerie "Aux forges de vulcain" située 34, rue Saint-Martin, en tant que successeur de P. Lauvrière. La même année, il se marie à Madeleine Louise Duval, elle-même fille de quincailler à Vire. Ils ont 3 enfants ce qui lui permet le 31 août 1939, d'être placé dans la plus ancienne classe de la 2e réserve du 1er régiment d'aérostation (Caen).

 

Bayeux, Quincaillerie Lauvrière, R

Bayeux (Calvados), 34-47 rue Saint-Martin, quincaillerie Aux forges de Vulcain

P. Lauvrière - R. Tronsson successeur.

 

Après son décès, survenu à Bayeux le 29 mars 1949, la gérance de la quincaillerie est assurée par son gendre Jean Grenier, auquel succède son petit fils Thierry Grenier, à qui nous devons la communication de son "carnet de route".

 

 Voir la suite

L'album, la Restitution du journal de marche, le site

 

 *Journaux des marches et opérations (JMO) Ministère de la défense, direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives (DMPA), en partenariat avec le Service historique de la Défense (SHD) consultables sur : memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr :

-5e DI artillerie divisionnaire : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N/ 270/1 et 2 (1er janvier 1917 - 31 décembre 1918)

-5e DI Service de santé : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N/ 270/11 à 20 (5 août 1914 - 19 juillet 1918)

-43e RAC : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 980/1 à 5 (2 août 1914 - 31 décembre 1916 et 11 février 1917 - 31 décembre 1918)

-3e groupe du43e RAC : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 980/22 à 24 (7 août 1914 - 31 décembre 1917)

-3e groupe du43e RAC 7 e batterie : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 982/8 à 11 (7 août 1914 - 30 septembre 1918)

-3e groupe du43e RAC  8e batterie : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 982/13 à 18 (7 août 1914 - 31 décembre 1918)

- 3e groupe du43e RAC 9e batterie : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 983/1 à 4 (2 août 1914 - 31 décembre 1918)   

-24e RI : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 599/7 (1er janvier 1918 - 20 octobre 1919)

-6e DI Services de santé : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 275/4 et 5 (1er janvier 1918 – 2 août 1919)

-74e RI : Mémoire des Hommes (SHD) 26 N 660/16 (1er janvier 1918 – 31 décembre 1919)

 

 #Caen 14-18 / #Rouen 14-8 / #artillerie 14-18 /  #French Artillery ww1


15 juin 2022

Le 43e RAC : de Rouen à Caen 1911-1940

 

 

Découvrez L'hymne du 43e d'Artillerie    img011

 

 

 

 

  Souvenir - Caen Caserne du 43e d'artillerie

(carte-photo, envoi daté de 1922

coll. verney-grandeguerre) 

 

 

René Verney médecin aide-major de 1ère classe de la réserve, est affecté dans ce grade le 18 avril 1914 au 3e groupe du 43e régiment d’artillerie de campagne. Le régiment, de création récente, est tout d'abord réparti entre Versailles (camp de Satory) et Rouen caserne Jeanne d'Arc avant d'être rassemblé à Caen quartier d'artillerie Claude Decaen, son dépôt définitif où se déroule notamment sa mobilisation du 2 au 7 août 1914. Un riche ensemble de documents iconographiques, albums imprimés, cartes postales et cartes-photos, souvenirs des contingents successifs ayant composé le régiment, permettent d'en illustrer la vie de dépôt, aspect auquel cette page est consacrée.

 

Création du 43e Régiment d'artillerie de campagne

Le 43e RAC est une unité créée peu avant la première guerre mondiale dans le cadre de la loi du 24 juillet 1909 (JO du 31 juillet 1909, p. 8302), qui prévoit de passer de 40 à 62 le nombre des régiments d'artillerie de campagne armés de canons de 75 modèle 1897. Le nouveau régiment est composé en dix-huit mois à partir de trois groupes complémentaires de batteries formés au sein des 11e et 22e régiments d'artillerie de Versailles, encadrés d'officiers et sous-officiers issus de diverses formations (instruction du 26 août 1909 JO du 28 août 1909, p. 9028). L'opération permet au 3e corps d'armée de disposer, dès le 1er janvier 1911 (une date originellement fixée au 1er mars J.O. du 13 avril 1910, p. 3358), non plus de deux, mais de trois régiments d'artillerie de campagne.

Plan monumental de Versailles Ed

Plan monumental de Versailles, Blondel La Rougery ed. (s.d. [1913 ?])

Situation des casernes du 11e régiment d'artillerie (Quartier de Limoges, avenue de Sceaux)

et du 22e régiment d'artillerie (Quartier Borgnis-Desbordes, avenue de Paris)

(source : Bibliothèque nationale de France - Gallica)

Versailles, avenue de Sceaux, Quartier de Limoges, caserne du 11e régiment d'artillerie   Versailles, Quartier de Limoges, caserne du 11e régiment d'artillerie

Versailles, Quartier de Limoges, caserne du 11e régiment d'artillerie

l'entrée Avenue de Sceaux et vue générale vers 1908.

(cartes postales coll.verney-grandeguerre)

Versailles, avenue de Paris, Quartier Borgnis-Desbordes, entrée de la caserne du 22e régiment d'artillerie   Versailles, Quartier Borgnis-Desbordes caserne du 22e régiment d'artillerie

Versailles, Quartier Borgnis-Desbordes, caserne du 22e régiment d'artillerie,

l'entrée Avenue de Paris et vue générale, vers 1908.

(cartes postales coll.verney-grandeguerre)

Dès le 06 octobre 1909, arrive ainsi à Rouen, un premier groupe de trois batteries issu des 11e et 22e régiments d'artillerie, destiné à constituer le noyau du futur 43e RAC. Pour l'instant il compose le 5e groupe complémentaire du 11e régiment d'artillerie (13e,14e et 15e batteries) placé sous les ordres du capitaine Fievet, faisant fonction de chef d'escadron (Le Journal de Rouen du 06/10/1909, p.2). Suivant le même objectif, il est rejoint à Rouen le 1er octobre 1910 par un second groupe issu du 11e régiment d'artillerie, dirigé comme le précédent caserne Jeanne d'Arc mais dont deux batteries cantonnent provisoirement caserne Philippon. Ce détachement prend alors l'appellation de 6e groupe complémentaire du 11e régiment d'artillerie (Le Journal de Rouen du 02/10/1910, p.2). Un dernier groupe complémentaire de batteries destiné à intégrer le 43e RAC et issu du 22e d'artillerie, demeure quant à lui, cantonné à Versailles.

11e RAC 14e batterie Rouen 15      11e RAC 14e batterie Rouen 15

Rouen, caserne Jeanne d'Arc (carte postale - coll.verney-grandeguerre)

Correspondance adressée le 15/10/1909 par Jules Lucien POUPARD (classe 1908 reg.matric.),

incorporé le 07/10/1909 au 11e régiment d'artillerie, 14e batterie (5e groupe complémentaire)  ;

passé au 11/43e régiment d’artillerie le 01/10/1910, enfin au 43e RAC le 01/01/1911.

Les affectations des officiers d'active au 43e RAC s'effectuent parallèlement avec le 11e régiment d'artillerie de Rouen comme corps de rattachement (11/43e régiment d'artillerie) et ce jusqu'au 31 décembre 1910. Quelques exemples de nomination peuvent ainsi être relevés :

-JO 28 juin 1910, p. 5493 (création d'unités) 3e corps 11e régiment Rouen : Debarre chef d'escadron 35e RA (43e commandement groupe de batteries 7-8-9) ; Bailly capitaine section technique de l'artillerie (43e commandement 7e batterie) ; Garnuchot capitaine 10e RA (43e commandement 8e batterie) ; Berntzwiller lieutenant 8e RA (43e commandement 9e batterie).

-JO 20 août 1910, p. 7132 (nomination au grade d'aide-vétérinaire et affectation) : Calais (11/43e régiment d'artillerie) ; (affectation des lieutenants stagiaires de l'école d'application de l'artillerie et du génie) : Happe du 32e au 11/43e régiment d'artillerie.

-JO 10 septembre 1910, p. 7580 (nomination d'un vétérinaire) M. Caulle vétérinaire en 1er au 37e RA directeur du centre de remonte du Bec-Hellouin (11/43e RA, service).

-JO 11 septembre 1910, p. 7607 (formation de l'état-major) : Lieutenant-colonel Valabrègue breveté hors cadre (43e commandant par intérim) ; M. Drouault chef d'escadron au 11e RA (43e faisant fonction de Lieutenant-colonel) ; M. Lebel chef d'escadron au 11e RA (43e Major) ; M. Vielle capitaine 11e RA (43e inspecteur d'armes) ; M. Bouhet lieutenant au 11e RA (43e faisant fonction de capitaine chargé de la mobilisation) ; M. Lannes Etat-major particulier, direction de Lyon (43e trésorier).

Les affectations des officiers de réserve sont prises sur décision ministérielle dès le 25/09/1910 (Revue d'artillerie octobre 1910).

Les sous-officiers sont enfin affectés au régiment à la date exacte de création du corps le 1er janvier 1911.

Suivant les instructions portant sur la constitution de douze nouveaux états-majors de régiments d'artillerie de campagne (J.O. du 10/09/1910, p. 7583 et suiv.), lors de sa création officielle le 01/01/1911, le 43e RAC est composé de trois groupes respectivement en garnison à Versailles au camp de Satory (1er groupe : 1ère, 2e et 3e batteries) et à Rouen, caserne Jeanne d'Arc (2e et 3e groupes : respectivement 4e, 5e, 6e batteries et 7e, 8e,9e batteries).

Désormais constitué, le 43e régiment d’artillerie peut ainsi participer à Rouen, Place de l’Hôtel de ville, dès le mardi 10 janvier 1911 à la revue des troupes par le Général Meunier commandant du 3e corps d’armée (voir la recension de la cérémonie dans « Le journal de Rouen » du 11/01/1911, p. 3 : ). Le régiment y est représenté par une formation constituée d’une batterie montée à quatre pièces et quatre caissons avec l’Etat-major et les trompettes (voir « Le Journal de Rouen » du 09/01/1911, p. 2).

Rouen 10 janvier 1911 défilé du 43e régiment d'artillerieplace de l'Hôtel de ville

Formation du 43e régiment d’artillerie défilant Place de l’Hôtel de Ville de Rouen le 10/01/1911

à l’occasion de la revue des troupes par le Général Meunier commandant du 3e corps d’armée

(la formation est ici parvenue au nord de la place, à l’entrée de l’actuelle rue Louis Ricard).

(Carte-photo- coll.verney-grandeguerre)

C'est également à Rouen sur le Champs de mars face à la caserne Jeanne-d’Arc, que se déroule le 18 juillet 1911 la cérémonie de présentation de l'étendard du régiment au corps de troupe dont il est possible de lire le compte-rendu dans le Journal de Rouen du 19/07/1911 p. 2.

Présenation de l'étendard du 43e régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Cérémonie de présentation de l’étendard régimentaire au corps de troupe le 18 juillet 1911

Rouen, esplanade du Champ de Mars.

Correspondance adressée par le brigadier Pierre Georges THIROUIN (classe 1908, reg.matric.)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Rouen – Caserne Jeanne-d'Arc, présentation de l’étendard du 43e Régiment d’artillerie le 18 juillet 1911

Correspondance adressée par le brigadier Pierre Georges THIROUIN (classe 1908, reg.matric.)

Le porte-étendard (adjudant BOURGOUIN) et sa garde (maréchaux des logis GLOESER et THOURY).

(carte photo - Cliché Belville - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte postale coll. Verney-gandeguerre)

Rouen – L’étendard du 43e Régiment d’artillerie. Cliché Belville (carte postale coll. verney-grandeguerre)

Correspondance adressée par le brigadier James Ernest PAQUEREAU (classe 1909, reg.matric.)

Le colonel Moïse Enahem Fernand VALABREGUE (à droite), accompagnant le porte-étendard (adjudant BOURGOUIN)

et sa garde (maréchaux des logis GLOESER et THOURY).

Prise de vue réalisée à Rouen caserne Jeanne-d’Arc le 18 juillet 1911

(voir le Journal de Rouen du 19/07/1911, p.2).

Le 2 octobre 1913 les premières batteries du 1er groupe quittent Versailles et rejoignent à Caen le quartier Claude Decaen, une caserne nouvellement édifiée et à peine achevée, où le 43e RAC est progressivement rassemblé quelques mois avant le début du conflit. Les 2e et 3e groupes rejoignent Caen du 1er au 5 avril 1914 et sont définitivement remplacés à Rouen dès le 6 avril suivant, par le 11e régiment d'artillerie (Journal de Rouen du 07/04/1914, p. 2). Caen constitue ainsi, le lieu de dépôt et de mobilisation des 1 650 hommes environ, constituant l'unité d'active en tant de guerre.

Versailles reste néanmoins le lieu de mobilisation de plus de 1 800 hommes agissant également sous l'uniforme du 43e régiment d'artillerie notamment son groupe de renforcement et les sections d'approvisionnement en munitions (voir le 43e RAC : 1914 - 1918).

Ainsi peut-on noter qu'au printemps 1914, c'est vers la fraction du corps en dépôt à Versailles que sont dirigés lorsque leur demande est acceptée, les engagés volontaires sollicitant leur affectation au 43e Régiment d'artillerie. Il en va notamment ainsi des élèves des grandes écoles : Ecole Polytechnique, Ecole Centrale des Arts et Manufactures...(Instruction relative aux engagements volontaire du 07/02/1911, suspendue du 1er mai au 1er septembre 1914).

43e RAC Engagés classe 1914 Georges Yves Daniel Le Montreer

43e RAC Engagés classe 1914 Georges Yves Daniel Le Montreer corresp

Sur cette carte adressée le 13/09/1914 par Georges Yves Daniel LE MONTREER (classe 1914 reg.matric.),

seize recrues du 43e régiment d’artillerie, 62e batterie (Versailles, août-septembre 1914) entourant leurs deux instructeurs :

quatre engagés au titre de l’admission à l’école polytechnique (X),

deux candidats et un élève de l’école centrale des arts et manufactures,

un élève de l’école de physique et chimie, un élève de l’école des beaux-arts, un élève architecte,

un instituteur, un interne des hôpitaux, et quatre autres engagés sans plus de précision.

L'interne des hôpitaux assis au second rang à droite qui "vient d'être nommé médecin auxiliaire" est

Raoul Fernand Ernest DEPRET (classe1911 reg.matric.) mort pour la France en 1916.

Le "candidat à centrale" debout au deuxième rang 2e en partant de la droite

est Pierre Georges Médard DELOR (classe 1913 reg. matric.).

Parmi les deux maréchaux des logis instructeurs assis au second rang à gauche :

Raoul Prospert CANAC (classe 1895 reg. matric.)

(Carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Durant cette période précédant le conflit, les hommes du 43e régiment d'artillerie participent à des entraînements loin de leurs cantonnements, comme par exemple dans l'Aube à Mailly-le-Camp en août 1911, ou en janvier 1913 dans la Marne au camp de Châlons (camp de Mourmelon).

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie Pierre Georges Thirouin cooresp

Correspondance adressée de Mailly-le-Camp, datée du 19/08/1911

par le brigadier Pierre Georges THIROUIN (classe 1908, reg.matric.)

(carte postale - coll. verneygrandeguerre)

Hommes du 43e RAC, camp de Châlons, janvier 1913 - Copie

Groupe du 43e régiment d'artillerie, camp de Châlons, janvier 1913

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Hommes du 43e RAC Camp de Châlons vers 1912-1914 Lucien André Dérain

Groupe du 43e régiment d'artillerie (prise de vue non située)

[Camp de Châlons ?, mai 1912 ou juillet 1914]

Au centre signalé d'une croix le brigadier Lucien André DERAIN (classe1906 reg.matric.)

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

 

Casernement à Versailles, camp de Satory.

Lors de la création du régiment le 01/01/1911, le 1er groupe du 43e régiment d'artillerie de campagne (1ère, 2e et 3e batteries) est temporairement cantonné dans les baraquements du camp de Satory à Versailles, et ce, jusqu'à ce qu'il gagne son dépôt définitif de Caen le 02/10/1913.

A la mobilisation, d'autres unités du 43e régiment d'artillerie sont encore attachées à Versailles : batteries du groupe de renforcement (21e, 22e, 23e batteries), batteries de dépôt (61e, 62e, 63e batteries), escadron territorial d'étapes, sections d'approvisionnement en munitions (Parc et Grand parc d'artillerie), réparties dans de multiples cantonnements : rue Neuve, rue d'Angiviller, rue Sainte-Sophie ou rue Sainte-Victoire. Durant le conflit certaines d'entre elles rejoignent Caen, alors que nouvelles formations plus spécialisées mais agissant sous l'uniforme du 43e RA, sont parallèlement formées à Versailles. Pour plus de détail sur le parcours de ces unités voir le 43e RAC : 1914-1918.

En dehors du cantonnement de Satory qu'un album de cartes postales spécialement dédié au 43e régiement d'artillerie présente de manière détaillée, rares sont les documents qui permettent d'illustrer la vie de quartier du régiment à Versailles.

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Vue générale du Camp

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Cantine, Stand de tir

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Jeux de barres, Maréchal ferrant

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Cuisines, Corvée de fourrages

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Pansage, Entrée du camp

Camp de Satory, Versailles, Album carte-lettre militaire du 43e RAC, Réservoirs

Versailles, camp de Satory, 43e RAC (1er groupe) 1911-1913 ?

(Album carte-lettre militaire  coll. verney-grandeguerre)

Camp de Satory, Versailles, abreuvoir du 43e artillerie

Versailles, Camp de Satory, Abreuvoir du 43e Artillerie

(carte postale coll. verney-grandeguerre)

Camp de Satory, Versailles, artilleurs du 43e RAC

Versailles, camp de Satory, artilleurs du 43e RAC 1911

Parmi les hommes placés au deuxième rang au centre, figure le maréchal des logis

Charles Laurent Adolphe BEAURAIN (classe 1910, reg.matric.)

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

43e RAC Versailles camp de Satory Ernest Poupinel 05

Correspondance adressée depuis le camp de Satory datée du 05/01/1915

par Ernest Auguste Marie Poupinel,

canonnier engagé au 43e régiment d'artillerie le 15/10/1914 (classe 1916 reg.matric.)

Camp de Satory, Versailles, les baraquements

Versailles, Camp de Satory, les baraquements (entre-deux-guerres)

(carte postale coll. verney-grandeguerre)

Versailles, 43e RAC 9e SMA, correspondance Capitaine Georges Henri Barbulée dit Bulot 10.1914

Groupe du 43e RAC appartenant à la 9e section de munition d'artillerie, Versailles (correspondance du 17/10/ 1914).

avec assis au centre portant la Légion d'honneur, l'officier commandant la section,

le capitaine Georges Henri Barbulée dit Bulot (Caen 1856 - Caen 1934)

(Carte-photo coll.verney-grandeguerre)

43e RAC, 63e batterie, Versailles, Adjudant Louis Eugène Joseph Goulet    43e RAC, 63e batterie, Versailles, Adjudant Louis Eugène Joseph Goulet correspondance

Adjudant Louis Joseph Eusèbe Goulet 43e RA, 63e batterie (classe 1902 registre de matric.)

"Guerre 1914. En attendant." Correspondance adressée depuis Versailles, 08/1914 (?)

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

43e RAC, 63e batterie, Versailles 09     43e RAC, 63e batterie, Versailles 09

Correspondance depuis Versailles du 13/09/1914 adressée par Louis Auguste Bobé

43e RAC, 63e batterie (classe 1901 reg. matric.)

"Nous avons la déveine de monter au camp de satory"

(carte photo - coll. verney-grandeguerre)

43e RAC, groupe de sous-officiers, Rouen vers 1914

Groupe de sous-officiers du 43e RA, prise de vue non située [Versailles, 1914 ?]

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Maréchaux des Logis, peut-être Camp de Satory, Versailles    Maréchal-des-logis à cheval, peut-être Camp de Satory, Versailles

Maréchaux-des-logis du 43e RAC

Prises de vues non situées, [Versailles, 1914 ?]

(cartes-photos coll. verney-grandeguerre)

Versailles, artilleurs du 43e et 22e artillerie et canon 155mm long de Bange vers 1916

 Groupe d'artilleurs du 43e et 22e artillerie et canon 155mm long de Bange,

prise de vue non située [Versailles vers 1916 ?]

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

 

Casernement à Rouen : janvier 1911 - avril 1914

Avant leur départ pour Caen, au printemps 1914, les 2e et 3e groupes du 43e régiment d’artillerie ont comme dépôt la caserne Jeanne d'Arc à Rouen. Le cantonnement, implanté au pied de la côte Sainte-Catherine, est abrité dans le vaste corps de bâtiments de style classique construit à la fin du XVIIIe siècle (ancienne caserne Martainville ou du Pré-aux-Loups), aujourd’hui occupé par l'antenne du Conseil régional de Normandie. Face à l’entrée principale, ouvrant sur le boulevard Gambetta, se déployait le Champ de Mars qui formait alors une large esplanade publique de près de 5 ha au sud de laquelle étaient implantés les annexes du quartier d’artillerie (écuries, selleries, abris de matériels et ateliers).

Rouen Plan L

Caserne Jeanne-d'Arc et Champ de Mars à Rouen

Rouen, plan L. Hermann,1918.

caserne rouen

    Rouen - caserne Jeanne d'Arc (carte postale coll. Verney-gandeguerre)    caserne rouen - Copie

Rouen - Caserne Jeanne d'Arc

Façade principale et entrée donnant sur le Champ de Mars (au premier plan)

(cartes postales L. Dupré en haut, ND Phot à gauche, La C.P.A à droite - coll. verney-grandeguerre)

 

caserne rouen - Copie - Copie

Rouen - Les casernes [caserne Jeanne d'Arc]

(Carte postale - LL. éditeur - coll. Verney-grandeguerre)

Rouen 43e régiment d'artillerie, porte d'entrée du Quartier Jeanne d'Arc

Rouen - 43e régiment d'artillerie, porte d'entrée du Quartier Jeanne d'Arc

(Carte postale - Vanouthsoorn éditeur - coll. Verney-grandeguerre)

De janvier 1911 (date de sa création) à avril 1914 (date du transfert du 43e RAC à Caen), la caserne Jeanne d'Arc sert ainsi de cadre à de très nombreux portraits collectifs dont nous donnons ci-dessous un aperçu, l'un des plus intéressants documents édités étant l'album souvenir régimentaire renfermant 18 planches pleine page publié en juin 1912.

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, nettoyage d'une pièce de 75, janvier 1911

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, nettoyage d'une pièce de 75, janvier 1911.

Au premier plan avec une croix, Lucien Gustave Thadée THUILLIER, maître-pointeur au 43e RAC,

mobilisé au 2e groupe, 6e batterie en août 1914 (reg. matric.)

(Carte-photo, G. Belville, 39 rue Boucher-de-Perthes - Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen caserne Jeanne d'Arc, réservistes du 43e régiment d'artillerie

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupe d'artilleurs du 43e régiment d'artillerie,

réservistes ou territoriaux, vers 1911 ?

(Carte-photo, G. Belville, 39 rue Boucher-de-Perthes - Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC au 276 la fuite (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupes d'artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes), janvier 1911.

Parmi ces hommes figure le brigadier Pierre Georges THIROUIN (classe 1909 reg.matric.)

(carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

 

 

Album 43e RAC Rouen 1912 01Album souvenir du 43eme Régiment d'artillerie

Rouen Juin 1912.

Imprimerie phototypique A. Gelly, Charleville éd.

(coll. Verney-grandeguerre)

Album 43e RAC Rouen 1912 02

 Le Colonel [Moïse Menahem Fernand Valabrègue 1857-1926]

   

Album 43e RAC Rouen 1912 03    Album 43e RAC Rouen 1912 04

                     Les officiers                                          Les adjudants et maréchaux-des-logis-chefs

Album 43e RAC Rouen 1912 05   Album 43e RAC Rouen 1912 06

Les sous-officiers                                                     Les trompettes

Album 43e RAC Rouen 1912 07  Album 43e RAC Rouen 1912 08

Peloton hors rang                                                              4e batterie

 

Album 43e RAC Rouen 1912 09   Album 43e RAC Rouen 1912 10

5e batterie                                                             6e batterie

Album 43e RAC Rouen 1912 11   Album 43e RAC Rouen 1912 12

 2e groupe - Peloton d'instruction                                       7e batterie

Album 43e RAC Rouen 1912 13   Album 43e RAC Rouen 1912 14

8e batterie                                                          9e batterie

Album 43e RAC Rouen 1912 15   Album 43e RAC Rouen 1912 16

            3e groupe - Peloton d'instruction                                5e batterie, école de batterie attelée

Album 43e RAC Rouen 1912 17   Album 43e RAC Rouen 1912 18

7e batterie, école de batterie                                      Les ateliers

Album 43e RAC Rouen 1912 19   Album 43e RAC Rouen 1912 20

                                     Les maréchaux-ferrants

 

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC et leur pièce de 75 (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)   Rouen, caserne Jeanne d'Arc, pièce de 75 et groupe d'artilleurs du 43e RAC (carte-photo coll

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupes d'artilleurs du 43e RAC (1911-1913)

(cartes-photos G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Le maréchal des logis figurant au centre des clichés est Joseph VALLEY

parallèlement identifié sur un des clichés de l'album de René Verney (voir index des noms de personnes).

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, pièce de 75 et artilleurs du 43e RAC (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)    Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupe d'artilleurs du 43e RAC et pièces de 75 au repos (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

    Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupe d'artilleurs du 43e RAC (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)     Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC au 327 la fuite (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)  

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, groupes d'artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes) 1911-1913

(cartes-photos G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen caserne Jeanne d'Arc groupe du 43e RAC William

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes) 1911-1913

(carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'arc, groupe du 43e RAC, 1912

 Rouen, artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes), 1912.

Le maréchal des logis figurant au premier rang à droite est Fernand Séverin Adolphe PIERRET,

parallèlement identifié sur deux clichés de l'album de René Verney

(voir index des noms de personnes)

(Carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'arc, groupe du 43e RAC, 1912 (carte-photo G

Rouen, artilleurs  43e RAC (2e - 3e groupes), 1912.

(Carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC, groupe de réparation section D

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, Equipe de réparation du matériel de 75, Section D,1913

Parmi ces hommes figure Henri Hyacinthe Edmond TOURANT (Classe 1912, reg. matric.)

(carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Au sud du Champ de Mars se déployait une enceinte de bâtiments annexée au cantonnement, où étaient notamment implantées les écuries régimentaires.

Rouen - Vue générale et vue du champ de Mars (carte postale coll. Verney-gandeguerre)  Rouen, Vue générale, carte postale CV ed

Rouen, vue Générale et vue du Champ de Mars                               Rouen, vue Générale          

(carte postale - coll. verney-grandeguerre)                    (carte postale C.V. ed - coll. verney-grandeguerre)

Au second plan à droite la caserne Jeanne d'Arc et sur l'esplanade au premier plan, l'enceinte formée

par les bâtiments annexés au cantonnement, avant construction des écuries du 43e RAC.

Rouen - Les casernes le Champs de Mars et le Mont Sainte-Catherine (Carte postale CE

Rouen - Les casernes le Champ de Mars et le Mont Sainte-Catherine

(Carte postale CE.L.D - coll. verney-grandeguerre)

Au premier plan la caserne Jeanne d'Arc et à l'arrière de l'esplanade du champ de Mars, l'enceinte formée

par les bâtiments annexés au cantonnement, avant construction des écuries du 43e RAC.

Rouen, Quartier d'artillerie

 Rouen, Quartier d'artillerie. Vue de l'enceinte des bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc ( vers 1910)

(carte postale, ELD  éditeur - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, Champ de Mars, bâtiments provisoires élevés pour le casernement du 43e RA (carte postale coll. Verney-gandeguerre)

 Vue de l'enceinte des bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc pour le 43e RA (1911-1914)

avec, au second plan, les écuries.

(carte postale - Antoine Lazarus Edit., Rouen G.R. - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - Place du Champ de Mars et Caserne Jeanne d'Arc (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Rouen - Place du Champ de Mars, avec au premier plan les écuries et à l'arrière-plan la Caserne Jeanne d'Arc.

Vue postérieure au départ du 43e RAC de Rouen.

(carte postale - coll. Verney-grandeguerre)

Rouen - Les baraquements Place du Champ de Mars (Vue prise de la caserne Jeanne d'Arc) Cliché Belville

Rouen - Les baraquements Place du Champ de Mars ( Vue prise de la caserne Jeanne-d'Arc)

Correspondance de Prosper Armand DEMLING (classe 1910, reg. matric.)  datée du 21/12/1911

(carte postale - cliché Belville - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - Champ de Mars

Rouen, Place du Champ de Mars -  caserne d’artillerie. (carte postale - ELD ed. - coll. verney-grandeguerre)

 Vue de l'enceinte des bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc avec, au second plan, les écuries.

Rouen, Champ de Mars, le pansage aux écuries du 43e RAC, (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)    Rouen, Champ de Mars, écuries du 43e RAC, le pansage (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc,

43e RAC (2e - 3e groupes) pansage aux écuries 1911-1913

(cartes-photos - G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, scellerie du 43e RAC 1911-1914

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc,

43e RAC (2e - 3e groupes) sellerie, janvier 1911. Canonnier LEFEBVRE ;

bourreliers Auguste Armand Jules MARCOTTE (classe 1908, voir Reg. Matric.)

et Pierre Jules ROBAC (classe 1909, voir Reg. Matric.).

(carte-photo G. Belville, 39 rue Boucher-de-Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, 8e batterie, 1913

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc

Correspondance adressée par l'artilleur VIEVILLE du 3e groupe 8e batterie, en avril 1913

(carte-photo cliché  G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC 9e batterie, Ecole à Feu 1913 1er Prix (carte-photo coll

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc

artilleurs du 43e RAC, 3e groupe, 9e batterie, Ecole à feu 1913, 1er Prix de tir

(carte-photo - G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC 1911-1914

Rouen, Champ de Mars, bâtiments annexés à la caserne Jeanne d'Arc

groupe d'artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes) 1911-1913

(carte-photo - G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

 

Le Champ de Mars servait aux exercices et revues notamment du 43e RAC de 1911 à 1913 comme en témoigne plusieurs prises de vues.

Rouen, Champ de Mars, artilleurs du 43e RAC, (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Rouen, Champ de Mars, artilleurs du 43e RAC (2e - 3e groupes), 1913

Correspondance adressée par Pierre Marie Raoul BODEY (classe 1912 reg. matric.) le 14/02/1913

(carte-photo - "Société des produits As de Trèfle" - coll. verney-grandeguerre)

Rouen Champ de Mars, détachement monté du 43e RAC 1911-1914 (carte-photo coll

 Rouen, Champ de Mars, détachement monté du 43e RAC (2e - 3e groupes), 1911-1913

(carte-photo - G. Belville, 39 rue Boucher de Perthes, Rouen - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - Manoeuvres d'artillerie au Champ de Mars

Rouen, Manoeuvres d'artillerie au Champ de Mars

(carte postale - Cliché Belville - coll. verney-grandeguerre)

Rouen - Les baraquements au Champs de Mars - (Carte postale, Cliché Belville)

Rouen - Les baraquements au Champs de Mars

(carte postale - Cliché Belville - coll. verney-grandeguerre)

43e artillerie, 260 la fuite au galop

Carte souvenir du 43e d'Artillerie - correspondance datée du 04/01/1912, adressée depuis Rouen

par le 1er canonnier conducteur Albert Raymond MILLIARD (classe 1909, reg. matric.)

(carte-photo Novou - coll. verney-grandeguerre)

43e RAC, groupe d'artilleurs avec sous-officiers, Rouen vers 1914  

 Groupe d'artilleurs avec sous-officiers du 43e RAC           

Sur ce cliché figure le canonnier Joseph Henri ROGER (classe 1914 reg.matric.)

Prise de vue non située (carte-photo coll. verney-grandeguerre

43e RAC Classe 1914 A

Artilleurs du 43e RAC, prise de vue non située [Caen ?]

Sur ce cliché figure Aldrix Louis Alphonse LEVAVASSEUR (classe 1914 reg.matric.)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

 

Casernement à Caen : Quartier Claude Decaen 1914 - 1940

Dès le 2 octobre 1913, trois premières batteries du 1er groupe du 43e RAC, jusqu'alors en dépôt au camp de Satory à Versailles, prennent leurs quartiers à Caen (voir L'Ouest-éclair du 19/10/1913). L'ensemble du régiment ne les rejoindra qu'au printemps suivant. Du 1er au 5 avril 1914, les 2e et 3e groupes du 43e RAC, quittent ainsi Rouen (voir Le Journal de Rouen 02/04/1914, p. 2 et  L'Ouest-Eclair du 11/05/1914) pour gagner le nouveau dépôt du régiment le Quartier Claude Decaen à Caen, une caserne à peine achevée, implantée sur les hauteurs de la rive droite de l’Orne au sud du faubourg de Vaucelles (voir Les grands travaux dans L'Ouest-Eclair du 03/06/1913 et ci-dessous).

Nouvelles casernes du 43e RAC, LOuest éclair du 05

L'Ouest-Eclair du 05/11/1913

 

Le quartier Claude Decaen est donc le lieu de mobilisation du 2 au 6 août 1914 non seulement des hommes du 43e régiment d'artillerie de campagne, mais également des 1 600 chevaux destinés à assurer sur le front le mouvement des troupes, pièces d'artillerie, munitions et matériel, et dont le service de la remonte coordonne le regroupement par le biais de la réquisition. Les 6 et 7 août 1914, l’état-major, hommes, matériel et chevaux du 43e RAC embarquent en gare de Caen à destination de la frontière belge, et ne feront leur retour qu'en 1919. Durant toute la durée du conflit la caserne n’abrite plus qu’un contingent limité d’hommes affectés à ses batteries de réserve, d'instruction et de passage (61e, 62e et 63e et 72e batteries de dépôt), qui accueillent notamment les nouvelles recrues des classes 1915 à 1918. La vacance permet ainsi d’y abriter temporairement des unités de l’armée belge repliée avec le gouvernement en Normandie.

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, artilleurs, vers 1914

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, canonniers de la 2eme batterie du 43e RAC

parmi lesquels Raymond Eugène Louis DECONIHOUT (classe 1913, Reg. matric.)

rédacteur de la correspondance (décembre 1913)

(carte-photo - coll. Verney-grandeguerre)

Caen, 1ère batterie du 43e RAC

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, 1ère batterie du 43e RAC (1914)

Pami ces hommes figure le 2e canonnier Robert Adrien TRIPOUT (Classe1912 reg. matric.) auteur de la correspondance.

Au centre la capitaine de Schacken entouré à droite du sous-lieutenant Pierret [?] et à gauche du lieutenant Tiberge [?]

(carte-photo - Photographie Royer, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, artilleurs 1ère batterie

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, artilleurs de la 1ère batterie du 43e RAC (1914)

 (carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, groupe d'artilleurs

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, artilleurs du 43e RAC (vers 1914 ?)

 (carte-photo Royer, 98 rue Saint-Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, caserne de 43e RAC bâtiment central en construction (carte-photo coll. Verney-grandeguerre)

Le quartier d'artillerie Claude Decaen en cours d'édification

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Le 43e RAC bénéficie également en août 1914 (voir le Carnet de route de R. Tronsson à la date du 02 août 1914), d'une annexe au coeur de la ville de Caen : le quartier Saint-Louis installé au sein de l'ancien Hospice Saint-Louis, situé à l'angle de l’actuelle rue Arthur Le Duc et de la promenade Sévigné et doté d'un vaste jardin se développant à l'ouest de l'ancienne caserne Hamelin. Libéré par les religieuses de janvier à mars 1914 lors du transfert de l'activité hospitalière dans l'ancienne abbaye de la Trinité, il est immédiatement affecté à des fonctions militaires alors que débute parallèlement la destruction de ses bâtiments les plus vétustes. Presque entièrement rasé vers 1920, rien n’en subsiste après les destructions de 1944.

Caen, plan de l'ancien hospice Saint-Louis  

Caen, Hospice Saint-Louis, vue côté des jardins

 Hospice Saint-Louis. Plan et vue de de la façade orientale du XVIIe siècle donnant sur le jardin

(Planches extraites de :  Abbé  L. Huet - Histoire de l'Hôpial Saint-Louis de Caen

et de la Congrégation des servantes de Jésus. Caen 1926, p. 4 et 17)

Le Quartier d’artillerie Claude Decaen occupe quant à lui, le vaste quadrilatère de 14 ha compris entre les rues Guillaume Trébutien et Michel Lasne, le Boulevard Raymond Pointcarré et l’Avenue du capitaine Georges Guynemer. L’entrée principale ouvre sur cette dernière, dans l’axe de l’Avenue Albert 1er nommée en hommage au roi des Belges, le quartier Decaen accueillant durant la Grande guerre, un centre d'instruction de l'armée Belge où cantonnent jusqu'à 4 000 hommes.

 

La caserne se situe à proximité immédiate d’un vaste champ de manœuvre de 27 ha ou "polygone" en langage militaire, acquis en 1875 par la ville de Caen sur le territoire de Cormelles-le-Royal. Sur ce dernier qui a également servi de terrain d’aviation et d’hippodrome dans l’entre-deux-guerres, se déploie l’actuel quartier de la Guérinière intégré à la ville de Caen en 1951.

 

A 1 500m au sud-est du quartier d'artillerie est implantée en 1917 la « pyrotechnie militaire de Caen » manufacture dont la production d’amorces à base de fulminate de mercure ne démarre qu’en juillet 1918 et cesse dès l’armistice (site de l'actuelle usine PSA).

 

Quartier Claude DecaenSources : Photographies aériennes 1946, cartes topographiques 1950 et 2016

- IGN - Géoportail

103 - Caen caserne d'artillerie - Vue générale (carte postale coll. Verney-grandeguerre)   Caen caserne du 43e d'artillerie vue générale Cappe Edit

Caen, Caserne d'artillerie - Vue générale      Caen, Caserne du 43e d'artillerie - Vue générale

carte postale - phot Royer                       carte postale - Cappe edit.              

(Vues prises depuis l'avenue Albert 1er - coll. verney-grandeguerre)

154 - Caen - Nouvelles casernes d'artillerie, entrée principale L.L. (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen, Nouvelles casernes d'artillerie - L'entrée principale [vers 1915]

(carte postale - L.L. - coll. verney-grandeguerre)

Caen, caserne d'artillerie 1930 43e d'artillerie    Caen (Calvados), La Caserne du 43e

L'entrée principale vers 1925-1935

(cartes postales - coll. verney-grandeguerre)

L'entrée principale donne accès à une place d'armes fermée au sud par trois vastes bâtiments abritant les quartiers, le bâtiment central étant en léger retrait. C’est au pied de ces bâtiments que sont généralement effectuées les prises de vues rassemblant tout au long de la guerre, les hommes incorporés au sein des unités de dépôt du régiment avant leur affectation au sein d'unités de combat.

Plan Quartier Claude Decaen quartiers

(doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

67 Caen - Nouvelles casernes d'artillerie, vue générale de face - N.G. (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen - Nouvelles casernes d’artillerie - Vue générale de face

(carte postale - Edition des Nouvelles Galeries N.G. - coll. verney-grandeguerre)

106 - Caen - caserne d'artillerie - bâtiment est (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen – Caserne d’artillerie - Bâtiment est

(carte postale – Photo Royer - coll. verney-grandeguerre)

Caen - 43e régiment d'artillerie, bâtiment central et cour d'honneur (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen – 43e régiment d’artillerie - Bâtiment central et cour d’honneur [place d'armes]

(carte postale - coll. verney-grandeguerre)

105 - Caen - Caserne d'artillerie - Batiment Ouest (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen – Caserne d’artillerie - Bâtiment ouest

(carte postale - Photo Royer - coll. verney-grandeguerre)

Peloton du 43e RAC Caen 1915

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, peloton du 43e RAC (cliché daté au dos d'octobre 1915),

au centre, le sous-lieutenant Henri Charles Albert Fages (voir index des noms de personnes)

(carte-photo Royer, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, vers 1915    Caen, Quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, 1915

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, pelotons du 43e RAC (1915)

Sur le cliché de droite est identifié d'une croix le canonnier Lucien Fauvel affecté à la 1ère pièce.

(cartes-photos - Photographie Royer, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, élèves brigadiers du 11e RAC, 1915  Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, groupe de canonnier, vers 1916

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen,

           1er peloton d'élèves brigadiers, 1ère pièce du 11e RAC (02/1916)                    Peloton du 43e RAC

(cartes-photos à gauche Photographie Royer, Caen ,- coll. verney-grandeguerre)

Caen, caserne du 43e d'artillerie, groupe d'artilleurs 1917 - carte photo    Caen, Quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, 1917

Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, pelotons du 43e RAC (1917)

Sur le cliché de droite figure parmi ces hommes le canonier Alfred Maurice Féré (classe1915 reg.matric.)

(cartes-photos - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, groupe d'artilleurs, vers 1917 - carte photo    Caen, quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, 1917

Caen, Quartier Claude Decaen, pelotons du 43e RAC (1918)

(cartes-photos - coll. verney-grandeguerre)

Caen, 43e régiment d'artillerie, Ensemble des bâtiments

Caen - 43e d'artillerie - Ensemble des bâtiments [Vue arrière]

(carte postale - Edit Cappe - coll. verney-grandeguerre)

Caen, quartier Claude Decaen 1918, Victor Charles Gatebois

Caen, Quartier Claude Decaen, arrière des bâtiments, décermbre 1918.

Sur le cliché figure signalé d'une croix à la fenêtre à droite Victor Charles GATEBOIS (classe 1905 reg.matric.)

(carte-photo - coll verney-gandeguerre)

 

Sur le côté ouest de la place d'armes sont implantées les cuisines.

Plan Quartier Claude Decaen cuisines

 (doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

Caen, caserne du 43e d'artillerie, Souvenir des cuisines - carte photo - 1915

Caen, Quartier Decaen, 43e RAC, Souvenir des cuisines (soldats belges 1915 ?)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Honneur aux cuisiniers du 43e RAC

Honneur aux cuisiniers du 43e RAC (non situé, non daté)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

 

Dans l'attente de la fin des travaux, face aux cuisines sur le côté est de la place d'armes, sont implantés des baraquements provisoires en bois à usage divers, parmi lesquels on trouve l'infirmerie.

Plan Quartier Claude Decaen barraquements

(doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

Caen Quartier Decaen Pellerin et Guillot 1915

Caen, Casernes d'artillerie

(Carte postale - coll. verney-grandeguerre)

105 - Caen - Nouvelles casernes d'artillerie L.L. (carte postale coll. Verney-grandeguerre)  Caen, La caserne du 43e d'artillerie

Caen, Nouvelles casernes d'artillerie                    Caen, La caserne du 43e d'artillerie. L'entrée.

(Cartes postales - LL. - coll. verney-grandeguerre)

Au second plan à gauche, on reconnait les baraquements situés à l'est de la place d'armes

43e RAC infirmiers, mars 1914

Caen, Quartier Decaen, 43e RAC, 1er groupe, infirmiers devant les baraquements provisoires (mars 1914)

au dos correspondance de Florent Emile Saint-Germain, classe 1912 (reg. matric.)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Caen, quartier Claude Decaen, 43e RAC, la franfare 1916

Caen, Quartier Decaen, 43e RAC, membres de la fanfare devant les baraquements provisoires (1916)

(Photographie Royer, Caen ; Carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

A l’arrière des quartiers se développe un groupe compact de bâtiments annexes abritant notamment écuries et selleries.

Plan Quartier Claude Decaen

(doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

2 - Caen - Caserne d'artillerie - Les Ecuries (carte postale coll. Verney-grandeguerre)    101 - Caen - Caserne d'artillerie - Les Ecuries (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen - Caserne d'artillerie - Les écuries

(cartes postales - coll. verney-grandeguerre)

202 - Caen caserne d'artillerie - Les écuries - Le pansage (carte postale coll. Verney-grandeguerre)  Caen, 43e d'artillerie

Caen - Caserne d'artillerie - Les écuries - le pansage     Caen, 43e d'artillerie - l'heure du pansage

Carte postale - photo Royer                             Carte postale - Cappe edit.

(coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, canonniers de la classe 1916   

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC

peloton devant les écuries (canonniers classe 1916)

(carte-photo -  coll. verney-grandeguerre)

Caen,quartier Claude Decaen, groupe territorial du 43e RACPierre Albert Pinet

Caen, caserne d'artillerie, groupe territorial du 43e RAC

correspondance en date du 06/06/1915 de l'adjudant Pierre Albert Pinet (classe 1891 reg. matricule)

au premier plan au centre, le pied sur la brouette,

(carte-photo, photographe Royer Caen - coll. verney-grandeguerre)

A l’extrême sud de l'enceinte, de part et d’autre de l’axe central, sont implantés deux manèges couverts servant au dressage des chevaux et exercices de cavalerie montée. Les entraînements d'attelage composés de deux à huit chevaux se déroulent quant à eux à l'extérieur de l'enceinte, notamment sur le champ de manoeuvre dit "polygone" à l'emplacement de l'actuel quartier de la Guérinière (cf. correspondance ci-dessous), ces exercices d'attelage constituent parfois une véritable épreuve pour les jeunes recrues à l'image de l'accident survenu le 05/05/1914.

Plan Quartier Claude Decaen manèges

 (doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

107 -Caen caserne d'artillerie - Les manèges (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen - caserne d'artillerie - Les manèges

(carte postale - Photo Royer - coll. verney-grandeguerre)

Caen quartier Claude Decaen 43e RAC 21     Caen quartier Claude Decaen 43e RAC 21

Correspondance adressée par le cannonnier Réné Auguste Désiré Prévost (classe 1916 cf. reg. matric.)

évoquant les exercices de monte et d'attelage au 43e RAC (novembre 1916).

L'illustration intitulée "Artillerie. Sur la route du polygone" est une image générique [vue non située, non datée].

(carte postale colorisée L.V. et Cie - coll. verney-grandeguerre)

 

Durant les mois suivant l'armistice le 43e RAC reste tout d'abord en position sur l'Escaut, entre Courtrai et Gand, puis stationne dans la région de Gravelines et de Dunkerque où le maréchal Pétain accroche la fourragère au drapeau du régiment le 14 décembre 1918. Le 3e groupe sous les ordres du capitaine Prestat, rejoint l'intérieur (Neuilly-en-Thelle, Oise) entre le 4 et le 8 février 1919 pour faire fonction de groupe de démobilistaion. Les 1er et 2e groupes restent mobilisés pour l'occupation du Palatinat, où ils se transportent avec la 5e division d'infanterie (3e CA, 8e Armée), pour stationner dans la région de Grünstadt-Frankenthal (voir JMO régimentaire 01/01-12/07/1919). Le 8 février ils y sont rejoints par le 1er groupe du 243e RAC initialement constitué à partir du groupe de renforcement du 43e régiment d'artillerie (21e, 22e et 23e batteries). Ils forment ainsi le régiment de marche 43/243e, placé sous les ordres du lieutenant-colonel Eymard qui est remplacé le 10/06/1919 par le lieutenant-colonel Chaffary.

43e artillerie Wiesbaden 06

Hommes du 43e RAC, Weisenheim (Allemangne) 08.06.1919

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Le 43e/243e RAC est de retour à Caen le 12 juillet 1919. L'Etat-major, débarqué en gare à 4h, rentre au quartier Decaen à 8h.

Caen, Quartier Claude Decaen, officiers du 43e RAC, 1919

 Caen, Quartier d'artillerie Claude Decaen, officiers du 43e RAC (1919)

Au centre le lieutenant-colonel Pierre Jean François Chaffary ? avec, à ses côtés à droite

un capitaine en uniforme du 243e RAC

 (carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Le 13 septembre 1919 est organisée la cérémonie officielle du retour des Poilus des 43e et 243e d'artillerie, 36e et 236e d'Infanterie, 23e et 233e d'infanterie territoriale, célébrée avec ferveur par toute la population (voir l'Ouest-Eclair édition de Caen du 14 septembre 1919).

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 défilé du 43e RAC place Alexandre III

 

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus". Arrivée du 43e RAC place Alexandre III.

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919, Rassemblement des troupes   Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919, Allocution

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus" le général Segonne place Alexandre III,

face au "Monument des mobiles"

Sur la photo de droite, l'arc de triomphe dressé en l'honneur des troupes à l'entrée de la rue Saint-Jean

(cartes-photos - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 13 septembre 1919

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus". Place Alexandre III le "Monument des mobiles"

élevé en 1889 en mémoire des enfants du Calvados tués à l'ennemi en 1870-1871 (Arthur Le Duc statuaire).

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 C001   Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 C002   Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 C004  Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 C006

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus"

Pavoisement de la rue Saint-Jean pour le défilé des troupes depuis le Pont Alexandre II jusqu'à l'Hôtel de ville.

(cartes-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen)

11 4 Caen, Défilé du Retour des Poilus le 13 septembre 1919

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus", entrée des troupes place de l'Hôtel de ville (actuelle place de la République)

précédées de l'abbé Balley aumônier divisionnaire et curé de Saint-Jean, encadré de sa garde d'honneur.

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Défilé du Retour des Poilus le 13 septembre 1919b    Caen, Défilé du Retour des Poilus le 13 septembre 1919, Place de l'Hôtel de Ville défilé des troupes

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus", défilé des troupes d'infanterie

place de l'Hôtel de ville (actuelle place de la République)

(cartes-photos - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus". Défilé du 43e RAC

place de l'Hôtel de ville (actuelle place de la République)

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen)

Caen, Festivités du Retour des Poilus le 14 septembre 1919 église Saint-Jean abbé Balley

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémonie de retour des poilus"

Retour de l'abbé Balley aumônier divisionnaire, à l'église Saint-Jean.

(carte-photo - A. Junior, 29 r. St Jean, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Officiers 43e RAC 1920

Caen, quartier Claude Decaen, 1920

Officiers du 43e RAC en compagnie du lieutenant-colonel Lucien Braun, au 1er rang au centre.

Au premier rang de gauche à droite : capitaine Alfred François Louis Stouff, lieutenant-colonel Lucien Braun,

commandant Louis-Marie Garnuchot, lieutenant Eugène François Devassoud ; 

Au second rang de gauche à droite : lieutenant Georges Arthur Auvray, lieutenant Fournier,

capitaine Maurice Louis Blot, commandant Jules Bonnel, capitaine Eugène Jean Abbadie ;

Au troisième rang de gauche à droite : sous-lieutenant de Billy, lieutenant Edouard Fernand Brunet,

sous-lieutenant André Jules Simon Guyochin, lieutenant Jean Euigène Salle, sous-lieutenant Boinet.

(Photographie originale - coll. verney-grandeguerre)

Banquet des 243e et 43e régiments d'artillerie de campagne 29

Banquet des 43e et 243e régiments d'artillerie de campagne

Restaurant Jules Mary A la grande cour 60 rue des Acacias le Havre, le 29/11/1936

(Photographie originale - coll. verney-grandeguerre)

Durant toute la période de l'entre-deux-guerres, le 43e régiment d'artillerie retrouve comme dépôt le quartier Claude Decaen, où il est complété d'un 5e groupe constitué de 3 batteries de quatre pièces de 155 court Schneider modèle 1917 (33e, 34e et 35e batteries). Ce dernier permet de recomposer temporairement le 243e RAC qui, parallèlement à des périodes d'entraînement au camp de Bitche (Moselle), participe en 1920-1922 à l'occupation de la Rhénanie dans le secteur de Wiesbaden (Hesse) et Mayence (Rhenanie-Palatinat), rattaché à la 37e division d'infanterie (8e groupe de l'ACD37) du 30e corps d'armée du Général Mordacq .

Dotzheim infirmerie du 243e RAC Raymond Emile Marie Fradin 05

Dotzheim (Wiesbaden), infirmerie du 243e RAC,correspondance datée du 05/08/1920

adressée par Raymond Emile Marie Fradin (classe 1920 cf. reg.matric.)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Wiesbaden, 1921, fanfare du 243e régiment d'artillerie

Fanfare du 243e RAC, Wiesbaden, relève de la garde au palais impérial, résidence du général Mordacq, 1921.

Le groupe est situé sur la Schlossplatz, devant le portail de la Martkirche 

avec à l'arrière-plan la Neue Tochterschule (aujourd'hui détruite)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Dotzheim, Wiesbaden, décembre 1922 hommes du 243e RAC, Vandergheynst, Duplessis, Prieux     Dotzheim, Wiesbaden, décembre 1922 hommes du 243e RAC, Vandergheynst, Duplessis, Prieux, correspondance

Allemagne, Dotzheim (Wiesbaden), hommes du 243e RAC, décembre 1922

de g.à d. : Louis Vandergheynst, Duplessis, Prieux et [?].

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Classe 1920

Classe 1920, équipe volante du PA/30 [Parc d'artillerie du 30e cops d'armée (Allemagne, Wiesbaden ?)]

Parmi ces hommes ont reconnait à l'extrême droite, trois canonniers issus des rangs du 243e RAC.

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

243e RAC, 4e pièce 33e batterie, Souvenir du camp de Bitche, novembre 1920

Hommes de la 33e batterie du 243e RAC et leurs pièces de 155 court Schneider modèle 1917.

Camp de Bitche (Moselle), novembre 1920.

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

243e RAC, 33e batterie, Souvenir du camp de Bitche, novembre 1920

Hommes de la 4e pièce (155 court Schneider modèle 1917) de la 33e batterie du 243e RAC

Camp de Bitche (Moselle), novembre 1920.

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Revue du 172e RI et du 243e RAC, Camp de Bitche 14 juillet 1921

Revue du 172e RI et du 243e RAC, Camp de Bitche 14 juillet 1921

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

243e RAC Camp de Bittche cuisines de la 33e batterie 07      243e RAC Camp de Bittche cuisines de la 33e batterie 07

 Hommes du 243e RAC, cuisines de la 33e batterie, Camp de Bitche (Moselle), juillet 1922.

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

243e RAC 26e batterie, batterie de fer    243e RAC allemagne vers 1920-1922

"26e batterie de fer, 243e RAC"                            Hommes du 243e RAC, Allemagne ?

[sans lieu, sans date vers 1920-1922]                    [sans lieu, sans date vers 1920-1922]

(cartes-photos - coll. verney-grandeguerre)

 

Lorsque le 243e réintègre son unité d'origine, le groupe d'artillerie lourde cantonne non pas à Caen mais à Cherbourg où, dès novembre 1923, il s'installe dans l'enceinte militaire de l'arsenal Quartier Rochambeau libéré par le 2e régiment d'artillerie. En application de la réorganisation des corps de troupe de l'armée française, prévue par l'article 129 de la loi du 30 juin 1923 (J.O. du 01/07/1923), il y rejoint un groupe d'artillerie lourde issu du 104e régiment d'artillerie venu parallèlement renforcer le 43e RAC. Dans le même cadre, le 1er janvier 1924, ce dernier prend la dénomination de 43e RAD (43e régiment d'artillerie divisionnaire). Ce n'est qu'en 1935 que les batteries d'artillerie lourde rejoignent définitivement le Quartier d'artillerie Claude Decaen à Caen.

43e RAD Quartier Claude Decaen 09

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC

groupe d'artilleurs devant les quartiers, 1922

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

43e RAD, corvée de quartier, Caen vers 1923

 43e RAC. Corvée de quartier. Caen, vers 1923

(carte-photo -coll. verney-grandeguerre)

Caen, 43e RAC, 7e Batterie, classe 1929

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD, 7e batterie, classe 1929, "360 au jus"

(carte-photo - Coll. verney-grandeguerre)

Hommes du 43e RAD, Cherbourg

Groupe de brigadiers du 43e RAD, Cherbourg (vers 1930)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Cherbourg 43e RAD 14e batterie de réserve 14

Groupe d'artilleurs, 43e RAD, 14e batterie de réserve, "9 au jus"

Cherbourg octobre 1933.

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Decaen, 43e RAD, groupe d'artilleurs

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD

groupe d'artilleurs devant les quartiers (non daté)

A gauche canon de 75 modèle 1897, à droite 155 court Schneider modèle 1917

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Caen, quartier Decaen, canonniers devant les écuries vers 1930

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD

groupe d'artilleurs devant les écuries (non daté ; vers 1930 ?)

(carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

19 - Caen, caserne du 43e d'artillerie, les cuisines (carte postale coll. Verney-grandeguerre)

Caen, Caserne du 43e d'Artillerie - Les cuisines [vers 1930]

(carte postale - coll. verney-grandeguerre)

Caen, caserne du 43e d'artillerie, les cuisines vers 1930  Caen, Quartier Claude Decaen, corvée de patates

Caen - Caserne du 43e d'Artillerie - Les cuisines [vers 1930]

(cartes-photos - coll. verney-grandeguerre, à gauche St.-Pierre, R. Delasalle, 13 rue Hamon Caen)

 

Le 43e RAD participe régulièrement durant l'entre-deux guerres à des manoeuvres et exercices militaires qui l'éloignent temporairement de Caen, le plus couramment vers le camp de Coëquidan (Morbihan) et plus rarement vers le camp de Sissonne (Aisne). Les déplacements régimentaires s'effectuent par voie terrestre sous la forme de convois hippomobiles qui imposent durant le trajet des cantonnements de courte durée avec logement chez l'habitant.

Caen, rue Saint-Pierre

Caen, rue Saint-Pierre. Colonne d'artilleurs montés (43e RAC ?)

passant devant les grands magasins "La Belle fermière" situé à l'angle de la rue Froide (cliché non daté)

(photographie originale - coll. verney-grandeguerre)

La presse régionale se fait ainsi l'écho de ces importants mouvements de troupe vers Coëtquidan au cours des étés 1926, 1927, 1928, 1932, 1934, 1937 et 1939 : passage à Romangy le 2 août 1926 et cantonnement à Villers-Bocage septembre 1926 ; stationnement à Tinchebray 3-4 août 1927 et septembre-octobre 1928 ; cantonnement à Louvigné-du-Désert en août 1932 ; stationnement à Villedieu-les-Poëles en septembre 1934 et Vassy en octobre 1934 ; stationnement à Fougères août 1937, voir également l'écho de cette manoeuvre dans l'Humanité ; cantonnement à Vire et juin 1939, passage à Saint-Hilaire-du-Harcouët juin-juillet 1939 et halte avec rapine à Bréal-sur-Monfort en juin.

Une seule mention retrouvée dans la presse permet de signaler sa présence au camp de Sissonne au cours de l'été 1938 : stationnement à Pont-l'Evêque en août 1938 sur le chemin de retour.

43e RA Coëtquidan 01

43e RAD Coëtquidan 1-X-1925

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

43e RAC repas champêtre à l'occasion des manoeuves de juin 1930  Sissonne 43e RAC 8 jours à la campagne

    43e RAD, repas champêtre tenu                        "Sissonne, 43e RA, 8 jours à la campagne"

                                à l'occasion des manoeuvres de juin 1930                         (sans date)

(cartes-photos - coll. Verney-grandeguerre)

43e RAC camp de Sissonne, vers 1930

43e RAD, cliché non situé [camp de Sissonne vers 1930]

(carte-photo - coll. Verney-grandeguerre)

43e RA Les heureux de la 2e pièce, Coëtquidan     43e RAD Coëtquidan, les as du 155    

Groupe d'artilleurs du 43e RA                                       Groupe d'artilleurs du 43e RAD

 "Les heureux de la 2e pièce Coëtquidan" (sans date)            "43e RAD, Coëtquidan, les As du 155" (sans date)        

(cartes-photos coll. verney-grandeguerre)

43e RAD Groupe d'artilleurs (sans lieu sans date)

Groupe d'artilleurs du 43e RAD

(sans lieu, sans date)

(cartes-photos coll. verney-grandeguerre)

Caen, Caserne du 43e RAD remise de décoration carte photo    Caen, Caserne du 43e RAD remise de décoration 11 mars 1933, les décorés, carte photo

Caen, Quartier Claude Decaen, place d'armes, 11 mars 1933

 Remise de décorations par le Général Errard commandant du 3e corps d'armée.

Les récipiendaires de g. à dr. : général Duffour, capitaine Debrabant, commandant Colin

Voir compte-rendu de la cérémonie par Pierre Moisy Ouest-Eclair du 12 mars 1933, édition de Caen

(cartes-photos coll. verney-grandeguerre)

Caen, quartier Claude Decaen, 1933, officiers et sous-officiers du 43e RAD

Officiers et sous-officiers du 43e RAD, 1933

(carte-photo, coll. verney-grandeguerre)

Caen Quartier Claude Decaen batterie du 43e RAD 1934

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD

groupe d'artilleurs et officiers devant les quartiers, 1934

(Carte-photo - coll. verney-grandeguerre)

Caen Quartier Claude Decaen section du 43e RAD   43e RAD, Caen, Caserne Claude Decaen, 20

Caen, Quartier Claude Decaen, groupes d'artilleurs du 43e RAD

          devant les quartiers (non datée)              devant les baraquements provisoires, 1937

(cartes-photos - coll. verney-grandeguerre)

43e RAD, groupe d'officiers sur le perron du poste de commandement

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD

groupe d'officiers sur le perron du poste de commandement (non datée)

(carte-photo - Photo St-Pierre, R. Delassale, 13 rue Hamon, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD, hommes d'une batterie avec officiers et sous officiers

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD

groupe d'artilleurs et officiers devant les quartiers (non datée)

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Caen,Quartier Decaen, goupe du 43e RAD

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD

groupe d'artilleurs devant le poste de garde de l'entrée principale ? (non datée)

(carte-photo coll. verney-grandeguerre)

Plan Quartier Claude Decaen Poste de commandement

 (doc. verney-grandeguerre d'après photo aérienne IGN)

Caen (Calvados), Caserne du 43e RAD, l'infirmerie

Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAD - l'infirmerie [ancien poste de commandement]

(carte postale - Gaby ed. - coll. verney-grandeguerre)

Souvenir de Caen 43e d'Artillerie

"Souvenir de Caen et du 43e d'Artillerie"

(carte-postale - correspondance datée du 05/05/1936 - coll. verney-grandeguerre)

 

Lors de la mobilisation en septembre 1939, le quartier Decaen abrite le 43e RAD auquel s'adjoint désormais le 243e RALD (régiment d'artillerie lourde divisionnaire) à nouveau composé à partir de son 5e groupe. Ces unités hippomobiles disposent, la première, de trois groupes de batteries de pièces de 75 et d'une batterie de défense antichar (10e batterie), dotée en novembre 1939 de pièces de 47 et, la seconde, de deux groupes de batteries de 155C Schneider.

En batterie

La vie militaire. En  batterie - Gare la secousse !!!

Carte postale adressée à sa famille par Bernard Gautier, 43e RAD 2e batterie, 1er mai 1934.

(E.R.Paris ed. - coll. verney-grandeguerre)

Les 43e RAD (chefs de corps colonel Tisne puis colonel Debroise) et 243e RALD (chefs de corps colonel Mallassinet puis commandant Le Lièvre de la Morinière), constituent l'artillerie divisionnaire de la 6e division d'infanterie (3e Armée) et s'associent ainsi au mouvement des 36e, 74e, 119e RI et de la 13e compagnie de pionniers du 119e RI. Durant la Drôle de Guerre ils sont tout d'abord dirigés depuis Novion-Porcien (Ardennes) vers le camp de Sissonne (Aisne), avant d'être positionnés sur la frontière du Nord, région d'Hirson (Aisne) de fin octobre à fin décembre 1939, puis en Lorraine sur la frontière de la Sarre, dans le secteur de Creutzwald (Moselle) de janvier à mars 1940, avant d'être placés au repos à l'est de Verdun (Meuse) de la mi-mars à la mi-mai.

Durant la Bataille de France la 6e DI est, à compter du 10 mai 1940, mise à disposition de la 2e armée (Huntziger) et vient soutenir la 3e division d'infanterie Nord-Africaine (3e DINA), stationnée sur la rive droite de la Meuse à moins de 30 km au sud-est de Sedan, en liaison avec les derniers points forts septentrionaux de la ligne Maginot implantés dans la vallée de la Chiers (secteur fortifié de Montmédy, Meuse). Du 15 mai au 10 juin 1940 les 43e RAD et 243e RALD font ainsi face aux assauts de la 71e division allemande (16e armée) dont ils contribuent à stopper la progression alors que parallèlement le front se disloque.

Tout d'abord positionnés dans le secteur de Stenay (Meuse), ils participent à la défense de l'ouvrage de la Ferté, qui résiste jusqu'au 19 mai au matin au prix de très lourdes pertes et qui tombe sans avoir capitulé. Parallèlement ils favorisent le maintien de la ligne de front entre Inor et Malandry. Le 22 mai, la 6e DI est relevée et prend une nouvelle position à une quinzaine de kilomètres à l'ouest, sur la rive gauche de la Meuse, dans le secteur de Saint-Pierrepont et Sommauthe (Ardennes), où elle relève la 6e division d'infanterie coloniale à partir du 26 mai. L'ensemble de ses unités continuent d'y opposer une forte résitance à un ennemi qui ne progresse plus et ce, jusqu'au 10 juin, jour où, sur ordre, est engagé le repli général. La retraite entraîne ainsi les 43e et 243e régiments d'artillerie jusqu'au sud de Toul (Meurthe-et-Moselle) où ils sont finalement capturés par l'ennemi le 21 juin 1940 (sur les combats de la 6e DI en mai-juin 1940 voir : Ardennes 1940 : à ceux qui ont résisté").

Le 243e RA de la 6e DI en position près de Stenay, secteur 2e armée

Le 243e RA de la 6e DI en position près de Stenay, secteur 2e armée, 20 mai 1940

Clichés ECPAD / SCA  - ref. 2ARMEE 106 B1170-B1190, B1210 (source : Images défense)

Suite à l'armistice signé le 22 juin 1940, les régiments sont dissous, le quartier Claude Decaen étant rapidement transformé par l’occupant en camp d’internement. S'y déroule notamment l’exécution d’une soixantaine d’otages de 1941 à 1944. Une plaque commémorative, implantée au croisement de l’avenue Georges Guynemer et de l’avenue du 43e régiment d’artillerie, en témoigne (voir le site : sgmcaen.free.fr).

Caen, Quartier Claude Decaen, Photo allemande Caen Kaserne 1940-1944

Caen, Kaserne - Quartier Claude Decaen, cliché allemand (1940-1944)

(photographie originale - coll. verney-grandeguerre)

Au sortir de la guerre, la caserne Claude Decaen préservée de la destruction, renoue partiellement avec sa vocation militaire (bâtiment ouest et partie occidentale de la cour d'honneur, une grande partie des écuries et les manèges). Près d'un tiers du quartier (dont le bâtiment central et le bâtiment est et leurs abords) est en effet réquisitionné pour servir de lieu d'accueil à plusieurs milliers de caennais sinistrés, puis aux ouvriers qui contribuent à la reconstruction de la ville. Au début des années soixante, l'installation transitoire perdure le "43" abritant encore plus de mille habitants (voir : MORVILLIERS Bertrand et AUSSANT Madeleine Notre 43. Vivre à Caen après-guerre. Cabourg, Les Cahiers du temps ed. 2014).

Notre_43

Le 1er septembre 1956, le 265e Bataillon d'infanterie engagé en Grande Kabilie, est transformé en 1/43e RA (1er groupe du 43e régiment d'artillerie). Intervenant  en tant qu'unité à pied au sein du Corps d'armée d'Alger, il dépend de la 27e Division d'infanterie Alpine, puis de la 9e DI, auxquelles est confiée la zone opérationnelle Est-Algérois (subdivision de Tizi-Ouzou).  Le I/43e est cantonné de 1956 à 1962 à Tizi-Gheniff (Willaya de Tizy-Ouzou, Algérie) et compte dans ses rangs durant cette période 35 tués. A son retour le 22 septembre 1962, le 43e RA prend pour quartier la caserne Rochambeau à Cherbourg et ce, jusqu'à sa dissolution le 31 mars 1966 (voir ensemble de sept clichés du I/43 RA à Tizi Reuift le 02/07/1957, ECPAD-SIRPA central, SIECA, DICoD ref. BLED 57-60 source : Images défense)

 insigne 43e RACaen                                          Journal de marche de Paul Fauchon Kabylie juillet 1956 mars 1957

                      Insigne du 43e régiment d'artillerie                 Journal de marche du sergent Paul Fauchon

                       Arthus Bertrand - Paris vers 1960                         Kabylie juillet 1956 - mars 1957

                           (Coll. verney-grandeguerre)                    présenté par Jean-Charles Jauffret - PULM ed. 1997

 

Le quartier Claude Decaen entièrement récupéré par l'armée mais laissé en grande partie en déshérence, est enfin cédé au deux-tiers par le Ministère de la défense à la ville de Caen en 1982, le dernier baissé des couleurs ayant lieu le 1er juillet 1985.

La requalification du quartier s'engage en 1988 par la création d'une ZAC menant à la destruction de la plus grande partie des bâtiments, et à l'édification à leur emplacement de la polyclinique du Parc, de la caserne de Gendarmerie Le Flem, de l’EHPAD Henry Dunant et divers autres immeubles.

 

ZAC Claude Decaen comparaison

Réaménagement de la Zac Claude Decaen, état actuel (à gauche).

L'Avenue du 43e régiment d'artillerie traverse désormais de part en part, du nord au sud

le quadrilataire formé par l'ancien quartier d'artillerie (à droite).

(doc. verney-grandeguerre, source photographie IGN Géoportail)

Le seul édifice conservé est l’ancien poste de commandement originellement implanté au nord-ouest de la place d’armes, parallèlement à l’Avenue du capitaine Georges Guynemer. Situé dans le parc Claude Decaen, il abrite désormais le " Pôle de vie de quartiers rive-droite"  de la ville de Caen.

Ancien poste de commandement du quartier Claude Decaen (cliché ville de Caen.fr)

Ancien poste de commandement du quartier d'artillerie Claude Decaen aujourd'hui  (cliché ville de Caen.fr)

 

 #Caen 14-18 / #Rouen 14-8 / #artillerie 14-18 /  #French Artillery ww1

 

 

 

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Le 43e RAC août 1914 - mars 1818

 

 

 

 

 

 

 

 

 

03 septembre 2021

Pyrotechnie militaire de Caen et 43e RAC

 

 

En décembre 1916 est décidée par le ministre de l’Armement et des fabrications de guerre, Albert Thomas, la création de la « Pyrotechnie militaire de Caen », manufacture spécialisée dans la fabrication d’amorces au fulminate de mercure. Rattachée à l'Inspection permanente des fabrications de l'artillerie elle est destinée à compléter la production de l'Ecole centrale de pyrotechnie de Bourges.

La « Pyrotechnie militaire de Caen » est implantée à la limite des communes de Cormelles-le-Royal et Mondeville (Calvados), à 1 500m au sud-est du quartier Claude Decaen, dépôt du 43e RAC. La brève histoire de l'entreprise, notamment révélée par la presse régionale, est ainsi indissociable de celle du régiment d'artillerie caennais (détachements, sécurisation et réaffectation du site). C'est la raison pour laquelle nous en proposons une brève restitution à laquelle s'associe le parcours d'un homme, Alfred Emile Moisy, "pyrotechnicien" du 43e RAC, notre arrière grand-père maternel. Nous proposons ainsi de rendre compte non seulement de l'essor de l'industrie d'armement liée au premier conflit, mais parallèlement, des difficultés de reconversion des sites industriels fermés dès le sortir de la guerre.

Précisons ici qu'elle ne doit pas être confondue avec un autre établissement pyrotechnique militaire situé à moins d'1,5 km au nord, "la cartoucherie" installée de 1925 à 1954 à Mondeville sur le domaine du château de Valleuil (Etablissement mécanique de Normandie, nationalisé le 15 décembre 1936 ; site affecté en 1957 au service de santé des armées et requalifié en ECMMSSA, établissement dissout en 2009), l'actuel Parc du Biez en conservant certains vestiges.

Pyrotechnie militaire de Caen, IGN 1950Pyrotechnie militaire de Caen à Cormelles-le-Royal - Source : Géoportail - IGN

Les travaux d’aménagement du site industriel démarrent dès le début de 1917 et donnent lieu à des découvertes archéologiques, par le capitaine Caillaud et son épouse (voir : Bulletin des antiquaires de Normandie 1917 pp.310 et 363 ; Bulletin de la Société préhistorique française 1917 et Gongrès de l'AFAS 1921). Les terrassements concernent non seulement le vaste quadrilatère de 55 ha sur lequel se déploie la fulminaterie (au sud de l’actuelle rue de l’Industrie, de part et d’autre du boulevard de l’Espérance), mais également sa desserte ferroviaire, raccordée à la ligne de chemin de fer Paris-Caen.

Dès février 1917, deux compagnies de tirailleurs malgaches casernés quartier Claude Decaen, sont ainsi affectés à la construction de l’usine, qui nécessite également le recrutement de nombreux ouvriers civils, boiseurs, cimentiers, ferrailleurs, maçons, parmi lesquels on compte un grand nombre d’étrangers notamment des travailleurs espagnols et  chinois.

 

Caen, Pyrotechnie, ouvriers, septembre 1917 recto       Caen, Pyrotechnie, ouvriers, septembre 1917, verso

Ouvriers du chantier de la pyrotechnie militaire de Caen, septembre 1917

Carte-photo, légende manuscrite au dos à l'encre, en espagnol "Septiembre 1917 / obreros / Pirotecnia Caen"

(source : Delcampe Numéro d'objet: #628769968)

 

Soulignons que le contexte politique et social dans lequel s'inscrit le chantier de la pyrotechnie ne peut être isolé de celui, tout proche, de l'aciérie de la Société normande de Métallurgie à Mondeville (future SMN) qui emploie 6 000 ouvriers. Le parcours d'Augustin Quinton  figure du syndicalisme de la métallurgie normande, en est une parfaite illustration. Serrurier à Paris lors de son incorporation en 1911, il est affecté le 28/12/1917 au 43e régiment d'artillerie et détaché à la pyrotechnie, avant de passer le 13/12/1918 au titre du 129e RI, à la Société normande de Métallurgie (cf. reg. matric.) où il poursuivra sa carrière professionnelle en tant que mécanicien-ajusteur.

On compte également des entreprises impliquées à la fois sur le chantier de la SNM et celui de la pyrotechnie militaire, tels les Bétons armés Hennebique, en charge de la conception pour cette dernière, d'un atelier de chargement (cf. dossier du Centre d'archive de l'IFA -Cité de l'architecture et du patrimoine, Objet BAH-04-1917-62067). La Société des Grands travaux en béton armés de la pyrotechnie de Caen se voit d'ailleurs pourvue, en octobre 1917, en hommes notamment issus de la réserve territoriale et affectés au 129e régiment d'infanterie, à l'image des COA (Commis et ouvriers en administration) Charles Louis Joseph Samson (classe 1899 cf. reg. matric.) et Corentin Germain Marie  Le Bars (classe 1891 cf. reg. matric ; mort pour la France en 1918).

Les Ministres Albert Thomas et Lesueurs à Mondeville le 19 août 1917A l'occasion de leur déplacement à Caen le 19 août 1917 pour l'allumage symbolique du premier haut-fourneau de la SNM, Messieurs Albert Thomas Ministre de l'armement et Loucheur Sous-secrétaire d'Etat aux fabrications de guerre visitent le chantier de la Pyrotechnie. Ils y sont accueillis par le commandant Marie Louis Philippon à qui a été confié la direction de l'établissement, fonction qu'il assume du 19 décembre 1916 au 21 janvier 1919. Les travaux, dont l'achèvement est alors prévu pour le 1er janvier 1918, auront six mois de retard.

Visite ministérielle le 12 novembre 1916 à la Société normande de métallurgie de Mondeville.

(L'illustration du 18/11/1916 - coll. verney-grandeguerre)

 

Chef d'escadron Philippon

En-tête de papier à lettre nominative du Directeur de la pyrotechnie militaire

Extrait du dossier de Marie Louis Philippon base Léonore

Cachet Pyrotechnie militaire de Caen 08

Correspondance depuis Caen en date du 08/03/1918 avec cachet de la Pyrotechnie militaire de Caen

adressée par Clovis Louis Valentin Tourneboeuf,

affecté au 43e RAC le 17/08/1917 et détaché à la pyrotechnie militaire le 25/08/1917 (cf. reg. matric.)

(carte postale - coll. verney-grandeguerre)

La production d'amorces (avec une capacité d’un million d’unités/jour) ne démarre en effet qu’en juillet 1918 (voir le rapport d'Albert Lebrun au Sénat séance du 3/12/1921, pp. 58 et 62), après le transfert par l’armée sur le site caennais, des ateliers de la « Cartoucherie française », entreprise de Survilliers (Val-d’Oise) fondée par Georges Leroy et l’ingénieur chimiste Charles Gabel, dont les ateliers de production sont alors menacés par la proximité du front.

Comme toute usine d'armement durant le conflit, la pyrotechnie militaire ou fulminaterie de Caen, emploie un important contingent féminin, une salle d’allaitement étant prévue au sein de l’entreprise.

Pyrotechnie militaire de Caen, 1918 (carte-photo, Cliché Antoine Junior, Caen)

Equipe d'ouvrières de la " Pyrotechnie militaire de Caen " - 1918

(carte-photo - cliché Antoine Junior, Caen - coll. verney-grandeguerre)

Les ouvrières sont épaulées par des hommes recrutés parmi les civils (les manoeuvres étaient payés à en croire le journal " Le Populaire " 7,25 fr par jour), mais surtout par des soldats mobilisés et détachés de leur corps d’origine.

Il en va ainsi d'Alfred Emile Moisy, pyrotechnicien de profession et qui, mobilisé dès 1914, est spécialement affecté au 43e RAC en février 1918 pour cette raison.

 

Alfred Emile Moisy (Villers-sur-Mer 1872 - Caen 1935), pyrotechnicien du 43e RAC.

En 1899, à l’âge de 27 ans, Alfred Moisy, une fois dégagé de ses obligations militaires (Bureau de recrutement de Lisieux, Classe 1892 - n° 652 : visionneuse p.168) et après avoir tout d'abord occupé emploi de comptable à Dives-sur-Mer, débute une carrière dans l’industrie pyrotechnique civile alors en plein essor. Celle-ci est marquée avant-guerre par d’incessants mouvements qui le mènent successivement au Havre (Seine-Maritime), Sèvres (Hauts-de-Seine), Miramas (Bouches-du-Rhône), Lamarche-sur-Saône (Côte-d’Or), Héry (Yonne) et enfin Billy-Berclau (Pas-de-Calais).

Au sein de la cartoucherie Gevelot-Gaupillat des Bruyères à Sèvres (Hauts-de-Seine), où il est employé entre 1901 et 1904, il est formé aux nouveaux procédés de production du fulminate de mercure développés par Charles Gabel entre 1894-1899. Ceux-ci sont également mis en oeuvre au sein de l’usine de la Société Davey Bickford Smith et cie  d’Héry-Seignelay (Yonne) où on le retrouve en 1911 et seront également adoptés dans les fulminateries militaires de Bourges et de Caen où il est affecté durant le conflit.

 

1915 vers Alfred Emile Moisy 20e RIT copie

Placé dans l’armée territoriale depuis le 2 juillet 1907, il est rappelé à l’active lors de la mobilisation générale, rejoignant le dépôt du 20e RIT de Lisieux le 3 août 1914. Néanmoins, en raison de son emploi au sein de la « Société d’explosifs et de produits chimiques » de Billy-Berclau (Pas-de-Calais), il bénéficie d’un sursis d’appel et regagne l’entreprise à compter du 6 août. Dès le 5 octobre, il est de retour au 20e RIT, l’usine ayant fermé ses portes face à l’avancée des troupes allemandes (le village est occupé le 10 octobre).

 

Alfred Emile Moisy vers 1915 en uniforme du 20e RIT

(coll. verney-grandeguerre)

 

 

A compter du 25 juillet 1915, il est détaché du corps en tant qu’ouvrier militaire à l’Ecole centrale de pyrotechnie de Bourges (Cher), et versé au 37e régiment d’artillerie le 1er juillet 1917. Au cours de cette période, il est chef d’équipe à la fulminaterie de la pyrotechnie, placé sous la direction de M. Renard, officier d’administration de 1ère classe, chef d’atelier. Avec son fils Pierre (18 ans) qui travaille à ses côtés, ils sont les seuls hommes de l’équipe « Moisy », composée de 41 ouvrières parmi lesquelles figure sa fille Odette âgée de 13 ans.

1917 vers Bourges palais Jacques Coeur, Equipe Moisy de la Fulminaterie de la Pyrotechnie

Bourges, Palais Jacques Cœur. L’équipe Moisy de la fulminaterie de l’Ecole centrale de pyrotechnie – vers 1917 (coll. verney-grandeguerre)

Au premier rang, assis au centre Alfred Emile Moisy, au second rang (3e et 4e à partir de la droite) son fils Pierre Emile (18 ans) et sa jeune sœur Odette (13 ans).

« Tous ceux qui ont vécu, tous ceux qui ont vieilli, se rappellent souvent de certains faits de naguère ;

que notre amitié scellée durant la guerre, vous rappelle toujours le vieux Papa Moisy » E. Moisy Bourges.

 

Le 18 février 1918, Alfred Moisy est dirigé vers la pyrotechnie militaire de Caen, passant le même jour au 43e RAC. Mis en congé illimité le 9 janvier 1919, il s’installe alors définitivement avec sa famille à Caen, l’arrêt du conflit mettant fin à sa carrière de pyrotechnicien à l’âge de 47 ans.

La pyrotechnie militaire de Caen ne fonctionne en effet que quelques mois, cessant son activité dès l’armistice avant même l’inauguration, le 1er décembre 1918, d’une nouvelle ligne de Tramway électrique reliant Caen au site industriel.

Pyrotechnie militaire de Caen, objet souvenir réalisé par Joseph Arnal 15 novembre 1918

Pyrotechnie militaire de Caen. Objet souvenir commémoratif réalisé par Joseph Arnal daté 15 novembre 1918

(plaque de cuivre gravée quadripode - coll. verney-grandeguerre)

La pyrotechnie militaire est définitivement fermée au début de 1919, la société "La cartoucherie française" se réinstallant à Survilliers. Les locaux sont alors remis au parc d’artillerie du 3e corps d'armée pour être utilisés comme lieu de stockage. L’avenir industriel du site « édifié à prix d’or » mais dont « l’inutilité est patente » est néanmoins incertain, aucun des projets de reconversion alors envisagés ne voyant le jour (ateliers de réparation du chemin de fer ; manufacture de céramique).  Dès le mois d’août 1919 est engagée une liquidation de longue haleine des machines-outils puis des stocks de matériaux divers.

En 1920, l’établissement sert de succursale aux manufactures de tabac du Mans, comme lieu de stockage des tabacs américains abandonnés par les armées alliées, un usage qui donne lieu à une rocambolesque affaire l’année suivante, alors que le site sert de casernement aux réservistes mobilisés de la classe 1919 du 43e RAC.

Restée affectée à l’autorité militaire, durant la Seconde guerre mondiale, elle est transformée par l’occupant en camp de prisonniers français (juin 1940 - mars 1941) sous l’appellation Frontstalag 130 (voir les dessins du camp datés d'octobre et novembre 1940 par le prisonnier Charles Rabiot) avant de servir de base de ravitaillement pour la Wehrmarcht.

Cormelles-le-Royal, le camp, la vie de famille 22

Cormelles-le-Royal, le camp "La vie de famille" 22.11.1940.

(Carte postale - coll.verney-grandeguerre)

 

Une partie des terrains restée nue est cédée en 1953 par l'Etat à la Société des aciéries de Pompey pour y édifier une nouvelle usine d'armement (AD Calvados FI/1/J/3/5 ; FI/79/F/61-64, 66-67, 69, 71) dont la production débute en octobre 1954 et atteint au début 1955, la cadence de 70 000 obus de 155 par mois destinés à l'armée américaine. Les facilités accordées à la nouvelle société par le gouvernement présidé par Joseph Laniel, alors qu'en parallèle est engagée la fermeture de l'établissement d'Etat "la cartoucherie de Mondeville" (cf. supra), donnent alors lieu à une polémique et des interpellations à la chambre des députés et au Sénat (séance du 18/03/1954 p. 465).

En 1962-1963, l'ensemble du site est enfin définitivement déclassé, les entreprises Peugeot (actuelle usine PSA), Langlois chimie (SOLVADIS) et Moulinex (actuelle SHEMA) se partageant les terrains libérés.

Ainsi, sur l'actuelle zone industrielle de l'Espérance, répartie entre les communes de Mondeville et de Cormelles-le-Royal, de la pyrotechnie militaire de Caen, il ne reste rien, si ce n'est l'héritage d'un parcellaire et les vestiges d'un raccordement ferroviaire.

 

 

 

12 avril 2021

Lettres et correspondances des poilus du 43e d’artillerie

 

43e RAC Correspondance aux armées 72e batterie, 15e pièce, Paul Thomann, carte de correspondance militaire, 19 juillet 1917 - Copie

 

« On travaille un peu, il est une heure, et voilà déjà que les regards se tournent vers le petit bois d’où l’on voit déboucher le vaguemestre, pas à cette heure-ci, mais vers trois heures en général ; ce qui n’empêche que l’on dit déjà : « Je ne sais pas ce qu’il fait cet animal-là, il arrive de plus en plus tard. »

On veut se mettre à écrire, mais à quoi bon ? il vaut mieux attendre le courrier, les lettres et les journaux. Fausse alerte ! On avait cru reconnaître la bécane du planton ! C’est le cycliste d’une autre unité. On apprend déjà qu’il y a beaucoup de lettres pour le secteur…, mais voilà notre homme ! De loin on évalue ses chances à l’enflure de sa sacoche !... »

Jean Alloend-Bessand, aspirant à la 2e batterie du 43e RAC,

extrait d'une lettre rédigéée le 16 avril 1918 à Souain-Perthes-lès-Hurlus (Marne).

(in : Morts pour la France p.166 cf. infra)

 

Nous avons, dans nos différents chapitres de contextualisation de l’Album de la Guerre européenne de René Verney, largement utilisé ou renvoyé vers des documents externes. Parmi ceux-ci, une place importante est réservée aux éléments de correspondance entre les soldats et leur famille qui constitue l’une des caractéristiques du conflit (cf. Plateforme 14-18 : Richez Sébastien Communiquer entre le front et l’arrière, au temps du « courrier facile »).

Les correspondances réunies pour le 43e régiment d'artillerie peuvent être classées en trois ensembles distincts en fonction de leur nature et des informations qu’elles recèlent.

Nous trouvons tout d’abord le contenu des échanges suivis, entretenus par un combattant et un ou plusieurs membres de sa famille mais dont les exemples restent encore peu nombreux. S'ils n'échappent pas aux aspects généraux de la correspondance durant le conflit (cf. Plateforme 14-18 : Housiel Sylvie La correspondance privée pendant la grande Guerre), les ensembles documentés ont comme caractéristique d’être tous issus du corps des officiers de réserve et, remarquables par leur liberté de ton, constituent à l’image des lettres du Capitaine Eugène Jobit (1914-1915), de véritables témoignages sur la vie au front et l’état d’esprit des combattants. A ce même groupe appartiennent les correspondances de l’aspirant Jean Alloend-Bessand (voir l’ouvrage Morts pour la France, à lire en ligne sur Gallica, pp. 164-177) ; du lieutenant Robert Hellouin de Ménibus (retranscription dans : Henri Lafose Journal de la famille, document inédit Pdf téléchargeable en ligne p.85 et suiv.) ; ou du sous-lieutenant Maurice Alliot (ce dernier lot inédit est conservé aux AD14 cote 1J/42/9).

Le second ensemble est formé des correspondances rédigées sur carte postale ou carte-photo. La cinquantaine de documents collationnée pour le 43e régiment d’artillerie que l'on retrouve sur ce site dans les pages Le 43e RAC de Rouen à Caen : 1911-1940 et Le 43e RAC 1914-1918, démontrent que ce type d’envoi postal est privilégié par le corps de troupe stationné au dépôt. Leur format limite la correspondance à quelques mots, parfois à quelques lignes à caractère généralement intime et ne contiennent que très rarement d’indication sur la situation militaire. Dans ce dernier cas elle est centrée sur les activités quotidiennes ou l'annonce d'un prochain changement d’affectation. Leur valeur documentaire réside alors principalement dans l’iconographie : cartes postales figurant les cantonnements, mais surtout cartes-photos véritables instantanés de la vie de dépôt à grand renfort de portraits collectifs.

Le troisième et dernier ensemble est formé par les cartes spécialement imprimées pour encourager la correspondance, qu’il s’agisse des cartes officielles éditées par l’imprimerie nationale ou de celles très variées émanant d’éditeurs privés. Les cartes les plus communes sont d'un format carte-postale laissant une nouvelle fois une place réduite à la correspondance. L'existence d'un format à rabat dit "carte lettre" offre certes un support d'écriture doublé en surface, mais, ayant presque les qualités d'une feuille de papier, c'est principalement la présentation formelle qui est favorisée plus que le développement du contenu épistolaire.

Les cartes officielles se déclinent en deux modèles principaux répondant à l’organisation de l’acheminement du courrier : "Modèle A" réservé aux envois effectués par les soldats, aussi bien depuis le front que depuis le dépôt, et le "Modèle B" destiné à leur écrire.

La structuration du recto imprimé du modèle "A" va évoluer tout au long du conflit et met clairement en évidence la dichotomie des principes de l'organisation du service postal en temps de guerre : maintien du secret du mouvement des troupes pour l'état-major militaire, mais impossibilité pour l'administration des Postes, Télégraphes et Téléphones de remettre un courrier à son destinataire en l'absence d'une adresse certaine associée à une localité précise.

Au cours des premiers mois du conflit, les envois adressés aux soldats mobilisés transitent en tout premier lieu par le dépôt régimentaire ou, pour les unités qui n'en possèdent pas, par le Bureau central militaire (installé à Paris, mais replié à Bordeaux du 03/09 au 11/10/1914). A partir de ces points de réception qui ont la charge du tri, s'effectue l'acheminement du courrier vers la Zone des armées, dont l'organisation est codifiée par la circulaire du 4 mai 1912. Il s'effectue en de multiples étapes. L'administration des Postes, Télégraphes et Téléphones assure tout d'abord le transfert par voie ferroviaire vers des gares de rassemblement (une par corps d'armée), puis vers les bureaux des frontières des gares régulatrices (une par armée). Les plis sont alors confiés au bureau payeur de l'administration de la Trésorerie et des Postes aux armées dépendant du ministère des Finances, en charge de sa gestion dans la Zone des Armées sous le contrôle du Grand quartier général. Cette organisation complexe se révèle rapidement inadaptée en raison des moyens techniques dont elle est dotée (faiblesse de la formation du personnel militaire chargé du tri, lignes ferroviaires surchargées, absence de véhicules automobiles...) et ce, face à l'afflux massif des correspondances. Aussi cette organisation est-elle réformée entre septembre et décembre 1914 (voir Le Ber Amandine et Schepens Nadège Le Rôle de la poste au cours de la Première Guerre mondiale).

L'impatience à recevoir de nouvelles "du pays" et les difficultés rencontrées dans l'acheminement du courrier sont parfaitement soulignées par la teneur d'une carte rédigée le 6 novembre 1914 depuis le front par Charles Bachelet, maître ouvrier en fer à la 6e batterie du 43e RAC reproduite ci-dessous :

43e RAC Correspondance aux Armées Charles Bachelet 06   43e RAC Correspondance aux Armées Charles Bachelet 06

Carte de correspondance militaire (modèle non officiel) rédigée le 6 novembre 1914

par Charles Bachelet (6e batterie du 43e RAC) depuis Saint-Thierry (Marne)

adressée à son ami Georges Montreuil résidant à Oissel (Eure) (coll. verney-grandeguerre)

(les adresses de l'envoyeur et du destinataire

Mon Cher Georges

Je dois répondre à ta lettre que je reçois à l'instant. J'ai toujours pensé que ceux qui n'ont rien à craindre du feu se font beaucoup plus de mauvais sang que ceux qui sont à la merci de la mitraille.

La place me manque pour t'expliquer tout ce que j'ai vu depuis le début de la guerre, tout ce que je pense te dire. Je dors mieux que toi depuis la grande offensive ; mais comme mes camarades, j'attends avec impatience, le moment de poursuivre jour et nuit l'ennemi, qui sans ses officiers partirait de lui-même. Malgré cela ne crois pas que l'on couche sur du duvet. Je t'assure que je serais contant si je recevais une lettre me donnant beaucoup de détails sur toutes les choses concernant le pays. Ecris-moi par Dépôt de Versailles.

Je ne reçois pas de nouvelles de chez-nous depuis que l'on adresse par le bureau central. Je te prie de dire à ma mère qu'elle adresse par Versailles, dis-lui le plus tôt possible. J'espère des nouvelles de Marcel. Je te serre cordialement la main ainsi qu'à ta femme et donne un gros baiser à ton petit qui, je l'espère est en aussi bonne santé que ses parents."

 

La réforme de l'organisation de la correspondance est engagée par Augustin-Alphonse Marty, inspecteur général des postes et télégraphes, chargé de la Poste aux Armées au Grand Quartier Général à partir du 20 novembre 1914 (voir : Richez Sébatien, Un postier dans la Grande Guerre. Augustin-Alphonse Marty (1862-1940) réformateur de la Poste militaire. HPCET 9, Peter Lang ed., 2017).

L'un des éléments fondamentaux de la nouvelle organisation est la mise en place par décret du 11 décembre 1914, d'une communication directe des plis vers la Zone des Armées à partir d'une adresse codifiée connue de l'envoyeur sous le terme de "secteur postal", indépendante de toute circonscription territoriale. Les cartes de correspondance officielles tiennent compte de la réforme déclinant désormais le Modèle A en deux versions distinctes : sur le premier ou Modèle A1 pour les troupes en opérations, le combattant est invité à faire connaître le numéro de "secteur postal" rattaché au bureau payeur Trésors et Postes dont dépend son unité. Est ainsi préservé le secret militaire, tout en offrant une destination précise facilitant la fluidité des transmissions. Sur le second ou Modèle A2 pour les soldats au dépôt du corps ou à demeure dans une localité,  figure nommément la localité du dépôt ou du cantonnement.

43e RAC Correspondance aux Armées Henri Hyacinthe Edmond Tourant 10   43e RAC Correspondance aux Armées Georges Hertoux 9e HR Henri Hyacinthe Edmond Tourant 11

                   Carte de correspondance Modèle A1              Carte de correspondance Modèle A2

                             rédigée le 08/12/1915                                           rédigée le 11/03/1915

          au dépôt du 43e RAC à caen par Henri Tourant       au dépôt du 43e RAC à Caen par Georges Hertoux

affecté à l'équipe de réparation du Parc d'artillerie du 33e CA          adressée à Henri Tourant

(coll. verney-grandeguerre)

A1    A2

Cartes officielles de l'imprimerie nationale

Carte de cortrespondance "Modèle A1"                      Carte de correspondance "Modèle A2"

 

 

Trésor et Postes 93Désormais, le courrier adressé aux hommes au front suit un parcours indépendant de celui destiné aux dépôts. Il est rassemblé au Bureau Central Militaire, situé à l'Hôtel des postes, rue du Louvre à Paris. Trié par le personnel des PTT, il est directement acheminé par voie ferrée vers le bureau du secteur postal du Trésor et Postes situé dans la Zone des armées. Ce dernier prend alors le relais, assurant la diffusion jusqu'aux vaguemestres régimentaires en fonction de l’ordre du jour de bataille. Pour les hommes du 43e RAC, l’adresse de destination est tout au long du conflit le « secteur postal n°93 » bureau mobile desservant l’ensemble des régiments de la 5e division d’infanterie (le bureau "Trésor et Postes n°93" apposant son timbre à date sur le courrier à destination de la Zone de l'intérieur).

Ainsi le "secteur postal n°93" reste la destination à laquelle est adressé le courrier destiné au médecin aide-major René Verney, alors qu'il passe le 14 mars 1918 du 43e RAC au second bataillon du 74e régiment d'infanterie, ce dernier appartenant également à la 5e DI.

CP verney 74e RI

Carte postale adressée à René Verney médecin au 74e régiment d'infanterie "Secteur postal 93"

depuis Rouen en date du 06/05/1918

(coll. verney-grandeguerre)

A l'opposé certaines unités du 43e régiment d’artillerie dépendent d’autres secteurs postaux en raison de leur parcours spécifique, à l’image de la 31e section de munitions d’infanterie du 43e régiment d'artillerie, dépendant en 1915, du secteur postal n°155 affecté au 8e corps d’armée auquel la formation est rattachée (cf. Le 43e RAC, 1914-1918).

43e RAC Correspondance aux Armées Marcel Vérin 8e batterie Caen 19     43e RAC 31e SMI Suippes, Parc du château de Nantines, Achille Savey-Gennaz et Jules Rigault 18

Adresse figurant sur une carte de correpondance                   Adresse figurant sur une carte-photo adressée

         rédigée le 19/04/1915 par Marcel Vérin            le 18/11/1915 par Jules Rigaud à  Achille Savey-Gennaz

2e canonnier servant de la 8e batterie du 43e RAC               43e RA,  31e section de munitions d'infanterie

(coll. verney-grandeguerre)

Enfin, quel que soit le support de correspondance privilégié et ce, afin de bénéficier de la franchise postale instaurée par le décret du 3 août 1914, les courriers issus des dépôts doivent être visés par le service postal régimentaire (service du vaguemestre). En raison des multiples unités composant le 43e régiment d’artillerie (cf. Le 43e RAC, 1914-1918), outre le cachet très générique du vaguemestre régimentaire, se rencontrent de multiples tampons ayant valeur de visa sur lesquels sont ainsi associés au numéro du régiment les mentions : dépôt, casernement, administration, commandant, batterie, escadron d’étape, section de munitions...

Cachet 43e RAC Caen Charles Arthur Hoquerelle 16

43e RAC 62e batterie, Caen Victor Segur 09    Caen,quartier Claude Decaen, groupe territorial du 43e RAC Pierre Albert Pinet correspondance    Cachet 43e RAC Groupe territorial Versailles François Eugène Boury 28   Cachet 43e RAC Correspondance aux Armées Henri Hyacinthe Edmond Tourant 10

Cachet 43e RAC 62e batterie de dépôt Versailles 03    Cachet 43e RAC 63e batterie Versailles Louis Panchout 20   Cachet 43e RAC 2e escadron d'étapes Saint-Cloud François Eugène Boury 29    Cachet 43e RA, 3e CA 1ere SMI, Albert Botté, Versailles, 04

Différents types de cachets du 43e régiment d'artillerie apposés sur cartes postales,

cartes de correspondances, ou enveloppes durant la Première Guerre mondiale

(coll. verney-grandeguerre)

Tous ces éléments discriminants, quelle que soit la valeur intrinsèque de la correspondance, constituent autant de critères de contextualisation du parcours des combattants et permettent parallèlement, d’enrichir la connaissance de l’organisation régimentaire de manière documentée.

 

 

 

Index des noms associés aux correspondances rassemblées (1911-1918)

 

 

BACHELET Charles Gustave (Sotteville-lès Rouen 1891 – Fleury-devant-Douaumont 1916)

43e RAC, 1er groupe, 6e batterie, 6e pièce

Carte de correspondance écrite du front, rédigée à Saint-Thierry (Marne) 06/11/1914. Mise en contexte : voir ci-dessus

43e RAC Correspondance aux Armées Charles Bachelet 06    43e RAC Correspondance aux Armées Charles Bachelet 06

Ajusteur mécanicien à Oissel à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Rouen-Sud, classe 1912, matricule n°605

Incorporé à compter du 10/10/1912 au 43e régiment d’artillerie, soldat de 2e classe. Maitre ouvrier le 08/11/1913. 43e RAC, 6e batterie, 6e pièce (cf. cp 06/11/1914). Tué à l’ennemi le 20/04/1916 à Fleury-devant-Douaumont(Maître-pointeur) .

Cité à l’ordre du régiment (1916) (servant) ; Médaille militaire (1919). Mort pour la France

Marié à Oissel le 25/03/1911 à Marie Lucile LEVREUX

 

BACHELET Pierre Marie Auguste (Elbeuf 1885 - )

43e régiment d'artillerie, 72e batterie, 33e pièce

Carte postale, expédiée depuis Caen, 31/10/1917

43e RAC 72e batterie, 33e pièce, Pierre Bachelet 31   43e RAC 72e batterie, 33e pièce, Pierre Bachelet 31

Elève ecclésiastique à Rouen l’incorporation ; vicaire à Pavilly (1913)

Registre de matricule, bureau de Rouen sud, classe 1905, matricule n°664

Engagé volontaire pour trois ans le 26/09/1905 à la mairie de Rouen, arrivé au corps du 74e régiment d’infanterie le 27 du dit. Soldat de 1ere classe le 13/07/1906. Envoyé dans la disponibilité le 18//09/1906. Réformé n°2 par la commission spéciale du Havre le 22/05/1907 pour « Bronchite spécifique ». Placé dans la réserve de l’armée active à la 3e section d’infirmiers militaires (1908). Exempté par décision du conseil de révision de Seine-Inférieure en date du11/12/1914. Classé service armé par la commission de réforme de la Seine-Inférieure le 19/03/1917.

Mobilisé et arrivé au corps du 43e RAC le 26/05/1917. Canonnier conducteur le 28/12/1917. Campagne intérieure camp. simple du 26/05/1917 au 30/003/1918. Aux armées camp. double du 31/03 au 03/04/1918. Intérieur camp. simple du 04/04/1918 au 01/05/1918.

Passé au 48e régiment d’artillerie le 01/05/1918. Aux armées camp. double du 02/05/1918 au 14/03/1919. Envoyé en congé illimité le 15/03/1919. Se retire à Sainte-Colombe. Réaffecté le 01/06/1921au 43e RAC. Date de libération du service militaire le 26/09/1930.

Adresses connues : Le Havre, 7 rue Madame Layette (1907) ; Pavilly (1913) ; Sainte-Colombe (1919) ; Saint-Etienne-du-Rouvray, Maison de santé départementale de Saint-Yon (1923) ; Les Authieux (1931).

 

 

BARBULEE dit Bulot Georges Henri (Caen 1856 – Caen 1934)

Capitaine au 43e régiment d'artillerie, commandant la 9e SMA du 1er échelon du parc du 3e cops d'armée

43e RAC 9e SMA Versailles Capitaine Georges Henri Barbulée dit Bulot 1914 détail

Carte-photo, expédiée depuis Versailles, 17/10/1914 : Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

Versailles, 43e RAC 9e SMA, correspondance Capitaine Georges Henri Barbulée dit Bulot 10.1914    Versailles, 43e RAC 9e SMA, correspondance Capitaine Georges Henri Barbulée dit Bulot 10.1914

Etudiant à l’incorporation

Fiche de matricule, bureau de Caen, classe 1876, matricule n°1099 

Incorporé au 22e régiment d’artillerie 2e canonnier conducteur le 15/09/1877. Brigadier le 208/04/1878. Brigadier [fourrier ?] le17/09/1878. Maréchal des logis fourrier le17/10/1879. Maréchal des logis le 01/01/1880. Passé au 9e régiment d’artillerie, maréchal des logis le 29/09/1881. Maréchal des logis chef le 23/07/1882. Passé au 14e régiment d’artillerie, 8e batterie, nommé sous-lieutenant le 29/12/1882, sous-lieutenant en 2nd le 29/12/1884. A suivi les cours de l’école d’application de l’artillerie et du génie du 01/10/1883 au 31/08/1885. Classé au 14e régiment d’artillerie, 9e batterie le 16/01/1886. Passé au 30e régiment d’artillerie, 7e batterie, lieutenant en 1er le 22/01/1887 ; adjoint aux forges du centre le 01/07/1887. Nommé capitaine en 2e, passé au 7e régiment d’artillerie 1ère batterie, adjoint aux forges du centre le 29/12/1891. Passé au 31e régiment d’artillerie 4e batterie, adjoint aux forges du centre le 10/07/1892. Passé au 10e régiment d’artillerie 1ère batterie, adjoint aux forges du centre le 26/02/1894. Passé au 15e bataillon d’artillerie à pied 3e batterie (adjoint à la […] de Brest) le 01/04/1894. 28e régiment d’artillerie 1ère batterie le 28/06/1897. Nommé capitaine en 1er le 26/12/1898.

[…] 28e régiment d’artillerie, stagiaire au 116e régiment d’infanterie (1902-1903). Passé au 10e régiment d’artillerie en qualité de capitaine adjudant-major le 26/03/1906. Rayé du registre d’inscription à ce corps en 1908, fixe son domicile à Rennes, 2 rue de l’Alma  (1909). Capitaine de réserve Passé du 10e RA (Atelier de Rennes) au 43e RAC (J.O. du 07/05/1914)

Capitaine commandant la 9e SMA du 1er échelon du parc du 3e CA (43e RAC). Composition de l’état-major de la 9e SMA le 08/08/1914 : Lieutenants (res.) Thouvenin, Leduc et Quesnel.

Capitaine de réserve au 102e régiment d’artillerie lourde, parc d’artillerie d’un corps d’armée, lors de sa nomination au grade d’officier dans l’ordre de la légion d’honneur  (1917)

Chevalier (1902) Officier dans l’ordre de la Légion d’honneur Dossier Léonore

Marié le 29/03/1892 à Orléans avec Claire Lecouteux. Décédé le 28/08/1934 en son domicile 96 rue du Vaugueux à Caen

Fils de Jules Armand Barbulée dit Bulot ancien marchand de papiers peint à Caen 47 rue Saint-Pierre, père de 18 enfants (décédé en 1915 à Anisy) dont Georges et Paul capitaines d’artillerie (cf.Léonore)Oncle de la comédienne Madeleine Barbulée

 

BEAUCLE Désiré Amédée (Beauficel-en Lyons 1876 – Brest 1955)

43e régiment d’artillerie, 2e escadron d’étape

Enveloppe postale, expédiée depuis Saint-Cloud, 01/06/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

43e RAC 2e escadron d'étapes Saint-Cloud Désiré Beauclé à son épouse le 01

Charron à Rosay à l’incorporation ; Charpentier à Rosay en 1914

Registre de matricule, bureau Rouen-sud, classe 1896, matricule n°1427

Engagé volontaire pour 3 ans à la mairie de Lyons-la-Forêt le 05/04/1897), 10e compagnie d’ouvriers d’artillerie.Passé dans la réserve de l’armée active le 05/04/1900 ; Passé dans l’armée territoriale (groupe territorial du 11e régiment d’artillerie le 05/04/1910).

Mobilisé le 01/08/1914, arrivé au corps le 10/08/1914 groupe territorial du 43e régiment d’artillerie. 2e escadron d’étape du 43e RA (cf cachet – 01/06/1915).

Passé au 3e groupe territorial du 1er régiment d’artillerie à pied le 07/09/1915 ; détaché à l’établissement Maletra au Petit-Quevilly le 20/09/1915. Passé au 13e RAC le 19/09/1917 ; muté au hauts-fourneaux de Grand-Quevilly le 17/12/1917 ; passé au 39e régiment d’infanterie le 08/12/1917 ; envoyé en congé illimité le 08/02/1919

Marié,1 enfant (1919) ; installé à Rennes (1921)

 

 

BEAURAIN Charles Laurent Adolphe ( Beauchamps 1890 - )

Brigadier, 43e régiment d'artillerie

Carte-photo, expédiée depuis Versailles, 1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Camp de Satory, Versailles, artilleurs du 43e RAC Charles Laurent Adolphe Beaurain      Camp de Satory, Versailles, artilleurs du 43e RAC Charles Laurent Adolphe Beaurain corresp

Employé de magasin à Beauchamps à l’incorporation

Registre de matricule, bureau d’Abbeville, classe 1910, matricule n°1169

Incorporé au 22e régiment d’artillerie à compter du 26/10/1909 comme engagé volontaire pour trois ans à Abbeville. Arrivé au corps le 27/10/1909, 2e canonnier conducteur. Brigadier le 26/09/1910.

Passé au 43e régiment d’artillerie le 01/01/1911. Maréchal des logis le 05/10/1911. Renvoyé dans ses foyers le 26/10/1912 et passé dans la réserve de l’armée active.

Maintenu en sursis d’appel pour une durée indéterminée comme faisant partie du personnel de la police municipale du département de la Seine. Inspecteur de la sûreté de Paris du 05/06/1913 Militaire et laissé à la disposition de M. le préfet de police par décret du 07/08/1914, maintenu dans son emploi.

Cesse d’être militarisé le 24/10/1919. Placé en sursis d’appel pour une période indéterminée comme employé permanent de l’un des services spéciaux de la ville de Paris ressortissant de la préfecture de police, Inspecteur de la sûreté à Paris. Affecté pour la mobilisation au 29e RAC stationné La Fère. Classé dans la non disponibilité comme employé permanent de l’administration de la police municipale, inspecteur de police, 7 boulevard du Palais, du 01/10/1922. Classé affecté spécial préfecture de police, Inspecteur à la police judiciaire 7 boulevard du Palais à Paris. Passé en domicile dans la subdivision de Seine Central le 30/08/1927. Rayé de l’affectation spéciale le 13/01/1930, réintégré à sa subdivision d’origine. Classé « sans affectation » le10/05/1930. Dégagé de toutes obligations militaires le 15/10/1937.

Adresses connues : Paris, 42 rue de Saintonge (1912) ; Paris,7 boulevard du Palais (1912-1927).

Nommé inspecteur stagiaire à la direction des recherches par arrêté du préfet de police du 15/11/1912 (emploi réservé).

 

BOBE Louis Auguste (Le Havre 1881 - )

2e Canonnier conducteur, 43e régiment d'artillerie

Carte-photo, expédiée depuis Versailles 13/09/1914. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

43e RAC, 63e batterie, Versailles 09    43e RAC, 63e batterie, Versailles 09

Garçon de magasin à Rouen à l’incorporation ; employé de commerce

Registre de matricule, bureau du Havre, classe 1901, matricule n°802

Dirigé le 14/11/1902 sur le 22e régiment d’artillerie, y arrive le dit-jour, 2e canonnier conducteur. Envoyé en congé le 21/11/1903 en attendant son passage dans la réserve. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/11/19105. Affecté au régiment d’artillerie de corps à Versailles. A effectué une première période d’exercices au 22e régiment d’artillerie du 21/09 au 18/10/1908.

Passé par organisation au 43e régiment d’artillerie le 01/10/1910. A effectué une seconde période d’exercice au 43e régiment d’artillerie du 30/11 au 17/12/1911

Passé le 04/10/1915 au 103e régiment d’artillerie lourde. Passé au 3e escadron du train le 12/10/1915. Passé au 1er train le 15/10/1915. Passé au 3e escadron du train le 24/09/1917. Passé au 115e régiment d’artillerie lourde le 24/01/1918, parc d’artillerie 12e S.M.A. Passé au 138e régiment d’artillerie lourde le 01/03/1918, 6e S.M.A. le 11/11/1918.

Mis en congé illimité le 06/03/1919 rattaché au 11e R.A.C. 103e régiment d’artillerie lourde 31/10/1921. Affecté le 01/10/1924 au 43e R.A.D. (Parc d’artillerie).

Médaille commémorative Serbe de la Grande Guerre (1921). En orient du 26/10/1915 au 04/11/1917 (1er train ; 3e escadron du train).

Domiciles : Rouen, 31 rue Herbère (1901) ; Lille, 45 rue nationale (1903) ; Tours 78 rue nationale (1907) ; Rouen, 6 rue Edouard Adam (1907) ; Rouen, rue du grand pont (1908).

 

 

BODEY Paul Marie Raoul (Montpinçon 1892 - )

Canonnier servant, 43e RAC, 2e ou 3e groupe

Carte-photo, expédiée depuis Rouen, 02/1913. Mise en contexte :Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen, Champ de Mars, artilleurs du 43e RAC, Pierre Marie Raoul Bodey 1913    Rouen, Champ de Mars, artilleurs du 43e RAC, Pierre Marie Raoul Bodey 1913 corresp

Cultivateur à Notre-Dame-du-Fresnay à l’incorporation ; agriculteur à Saint-Georges-en-Auge (1920-1941)

Registre de matricule, bureau de Lisieux, classe 1912, matricule n°199

Incorporé au 43e régiment d’artillerie à compter du 09/10/1912 comme engagé volontaire pour trois ans à la mairie de Saint-Pierre-sur-Dives. Arrivé au corps le 13/10/1912. Brigadier le 25/09/1914. Condamné le 05/04/1915 par le conseil de guerre à trente mois de prison et trente jours pour « outrages en dehors du service et ivresse ». Jugement exécutoire pour compter du 02/03/1915. Peine suspendue par décision du Général commandant la 53e DI le 06/04/1915, cassé de son grade le 07/04/1915 et passé au 22e régiment d’artillerie, remis soldat de 2e classe.

Suspension de peine révoquée par le Général commandant la 53e DI le 07/07/1915, remis entre les mains de la prévôté de la 53e DI le 10/07/1915, rayé des contrôles le 11/07/1915. Ecroué à la prison militaire de Constantine.

Peine suspendue par note de service en date du 09/04/1916 du Général commandant la 53e DI. Remise de peine par décret présidentiel en date du 07/07/1916. Affecté au 11e régiment d’artillerie le 14/05/1916, arrivé sur le front à la 5e batterie le 23/05/1916. Passé au 58e régiment d’artillerie le 16/03/1916 25e batterie. Passé au 85e régiment d’artillerie lourde 70e batterie le 26/12/1918. Passé au 20e escadron du train le 01/04/1919. Envoyé en congé illimité de démobilisation le 18/08/1919, dépôt démobilisateur du 20e train, certificat de bonne conduite accordé. Se retire à Bezons, rue de Paris.

Cité à l’ordre de la division (1914) ; Cité à l’ordre de l’armée (1918).

Nouveau dépôt mobilisateur 3e train à Vernon par suite de changement de résidence du 22/03/1920. Réaffecté au CMI 31 (services spéciaux du territoire) du 02/07/1930. Placé dans la position dite « sans affectation » le 15/01/1938. Libéré du service militaire le 09/10/1939.

Adresse connue : Saint-Georges-en-Auge (1920-1923). Condamné par jugement du tribunal de Lisieux le 03/10/1924 à deux amendes de 100f, confiscation de fusil, sous contrainte de 200f, pour chasse à tir sans permis en temps prohibé commis le 14/08/1924. Incarcéré par les gendarmes de livarot pour état d'ivresse en avril 1941.

 

 

BOTTE Charles Albert (Saint-Pierre-du-Vauvray 1879 - Saint-Pierre-du-Vauvray 1869)

43e régiment d'artillerie, 1e SMI du 3e corps d'armée

 Enveloppe postale, expédiée depuis Versailles, 14/01/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

43e RA, 3e CA 1ere SMI, Albert Botté, Versailles, 04   43e RA, 3e CA 1ere SMI, Albert Botté, Versailles, 04

Garçon de cave à Saint-Pierre-du-Vauvray l’incorporation ; livreur, charretier

Registre de matricule, bureau de Rouen sud, classe 1899, numéro de matricule 53

Dispensé « aîné de fils d’une femme veuve. Incorporé à compter du 14/11/1900. Au 22e régiment d’artillerie, 2e canonnier conducteur envoyé dans la disponibilité le 03/10/1901. Affecté dans la réserve de l’armée active au 43e RAC. Passé dans l’armée territoriale le 01/11/1913, affecté au groupe territorial du 43e RA.

Rappelé par décret de mobilisation du 1er août 1914 arrivé au corps le 06/08/1914, intérieur affecté à la 1e SMI du 3e corps (voir courrier du 14/01/1915). Passé au 36e RI le 15/03/1915. Aux armées le 18/03/1915, rentré au dépôt le 18/12/1918.

Placé dans la réserve de l’armée territoriale le 01/11/1919. Libéré des obligations militaires le 10/11/1928.

Marié le 17/08/1903 à Saint-Pierre-du-Vauvray avec Marie Louise SAILLARD. Une enfant Simone Andrée (Saint-Pierre-du-Vauvray 1906 - id. 1907)

Adresses connues : Levallois-Perret, 10 rue du Marché (1901) ; Saint-Pierre-du-Vauvray, Maison Frétigny (1902) ; Rouen, 31 rue d’Elbeuf (1905) ; Saint-Pierre-du-Vauvray, hameau du Vieux Rouen (1908)

Courrier adressé à : Eugène Vigneron (Montaure 1876 - ) facteur chef des PTT à Montaure (Eure)

 

 

BOURGOIN 

Adjudant, 43e RAC, 2e ou 3e groupe

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie James Ernest Paquereau portrait Bourgoin

Carte postale et carte-photo, prise de vue réalisée à Rouen, 18/07/1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte postale coll. Verney-gandeguerre)   Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)   

Figure sur les clichés, adjudant porte-drapeau au centre, encadré des maréchaux des logis Gloeser et Thoury

 

 

BOURY François Eugène (Croisy-sur-Andelle 1875 – Villotte-Devant-Louppy 1918)

43e régiment d'artillerie, 2e escadron d’étape

 Cartes postales, expédiée depuis Versailles, 28/12/14 et Saint-Cloud, 15/01/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

Versailles, correspondance François Eugène Boury, 43e RAC Groupe territorial 28.12.1912    Versailles, correspondance François Eugène Boury, 43e RAC Groupe territorial 28.12.1912  

  Saint-Cloud,correspondance François Eugène Boury 43e RAC 2e escadron d'étapes   Saint-Cloud,correspondance François Eugène Boury 43e RAC 2e escadron d'étapes     

Perruquier à Eu à l’incorporation ; Coiffeur à Eu (cf. cp. 1914-1915)

Registre de matricule bureau de Rouen nord, classe 1895, matricule n°117

Incorporé au 22e régiment d’artillerie, 2e canonnier conducteur le 14/11/1896. 1er canonnier conducteur le 03/10/1898.Envoyé en congé le 20/09/1899. A accompli deux périodes d’exercice au 22e régiment d’artillerie, la première du 24/01 au 20/02/1903, la seconde du 05/03 au 01/04/1906.

Passé dans l’armée territoriale affecté au 43e régiment d’artillerie le 01/10/1909. A accompli une période d’exercice au 43e régiment d’artillerie du 24/03 au 01/04/1911

Mobilisé le 31/08/1914 Affecté au groupe territorial du 43e RA, puis 2e escadron d’étape du 43e RA (cf cachet du 30/01/1915).

Passé au 103e régiment d’artillerie lourde le 10/10/1915. Passé au 39e régiment d’artillerie le 23/03/1916. Passé au103e régiment d’artillerie lourde le 23/09/1917.Passé au 3e escadron du train le 11/10/1917. Passé au 8e escadron du trainle 21/12/1917.Passé au 5e escadron du train le 09/07/1918.

Décédé à Villemotte-devant-Louppy (Meuse) à l’hôpital d’évacuation n°4B de maladie constatée en service (Grippe espagnole ?).  Mort pour la France.

Marié le 24 avril 1902, Bouillancourt-en-Séry (Somme) avecMarie Armance Marcelline Amélie BREMARD (Bouillancourt-en-Séry 1883- Eu 1953) ; 3 enfants nés à Eu entre 1903 et 1908 ; veuve remariée en 1935 ; seule descendance par sa fille Simone Marceline Amélie (Eu 1905 – Eu 1978), épouse Beauvisage (source Geneanet).

 

BRUNEAUX Arthur Marcel (Saint-Clair-d’Arcy 1884 - )

43e régiment d'artillerie, 62e batterie

Carte postale, expédiée depuis Versailles, 16/08/1914. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

43e RAC 62e batterie Versailles Arthur Bruneaux 15    Versailles, Correspondance, août 1914

Charpentier à Saint-Clair-d’Arcy à l’incorporation

Registre de matricule Bureau de Bernay, classe 1904 matricule n°141

Incorporé au 11e régiment d’artillerie arrivé au corps le 09/10/1905, soldat de 2e classe. Passé dans la disponibilité le 29/09/1907. A accompli une première période d’exercice au 11e régiment d’artillerie du 20/01 au 11/02/910.Passé dans la réserve de l’armée active le 01/10/1908.

Passé au 43e RAC le 01/10/1910 (nouvelle formation). Accompli une deuxième période d’exercice au 43e régiment d’artillerie du 08/04 au 24/04/1913. Rappelé à l’active « mobilisation générale » le 03/08/1914. Envoyé en congé illimité de démobilisation le 19/03/1919 par le 11e RA, se retire à Gouttières.

Affecté au 43e régiment d’artillerie le 01/08/1921. Placé dans la position sans affectation le 01/04/1927.

Adresses connes : Gouttières, village de l’église (1909 ; Gouttières (1923). 1 enfant signalé.

A droit au port individuel de la fourragère au titre du 43e RAC.

 

 

CANAC Raoul Prosper (Asnières 1875 – Asnières 1951)

Maréchal des logis instructeur, 43e régiment d'artillerie, 62e batterie

43e RAC Engagés classe 1914 Raoul Prosper Canac, corresp

(cf. correspondance Le Montreer) : de ouen à Caen 1911-1940

43e RAC classe 1914 62e batterie, Versailles août-septembre 1914   

Figure sur le cliché, assis au second rang

Employé, résidant à Asnières, à l’incorporation ; employé de commerce à Asnières à son décès

Registre de matricule, 2e bureau de la Seine, classe 1895, matricule 1222

Incorporé le 16/11/1896 au 20e chasseurs, chasseur de 2e classe ledit jour. Brigadier le 07/07/1897, maréchal des logis le 04/03/1898. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/11/1899, régiment de cavalerie légère de Sézanne Sampigny (effectue une première période d’exercices au 7e régiment de chasseurs du 20/01 au 17/01/1902) ; régiment de cavalerie légère de Meaux ; régiment d’artillerie de corps à Versailles (effectue une 2e période d’exercices au 22e régiment d’artillerie du 29/01 au 25/02/1906).

Passé dans l’armée territoriale le 01/10/1909. Affecté au 43e régiment d’artillerie (effectue une période d’exercices du 03 au 11/03/1911). Rappelé à l’activité en vertu du décret de mobilisation générale du 01/08/1914, arrivé au corps le 09/08/1914 [affecté à la 62e batterie du 43e RAC, maréchal des logis instructeur].

Passé au 103e régiment d’artillerie lourde le 01/10/1915. Passé dans la réserve de l’armée territoriale le 01/10/1916. Passé au 86e régiment d’artillerie lourde le 30/07/1917. Passé au 102e régiment d’artillerie lourde le 08/08/1917. Passé au 130e régiment d’artillerie lourde le 01/03/1918. Démobilisé par le 22e régiment d’artillerie le 03/02/1919.

Adresse connue : Asnières, 21 rue de la Liberté (1895) ; Asnières, 4 rue Pasteur (1904 ; 1919) Asnières, 18 rue Rouget de l’Isle (1904 ; 1951).

Marié le 27/01/1904 à Aubervilliers avec Jeanne Emilienne Henriette Duperray.

 

CARPENTIER Marcel Emile Albert (Grand-Couronne 1897 - )

43e régiment d'artillerie, 62e batterie 3e pièce

Cartes lettres, expédiées depuis Caen, 27/01 et 10/02/1916. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Caen, Quartier Decaen, carte-lettre Marcel Carpentier 43e RAC 62e batterie, 3e pièce 27   Caen, Quartier Decaen, carte-lettre Marcel Carpentier 43e RAC 62e batterie, 3e pièce 27   10 Caen, correspondance, 1916, Marcel Carpentier 43e RAC 62e batterie 3e pièce    10 Caen, correspondance, 1916, Marcel Carpentier 43e RAC 62e batterie 3e pièce

Aide-agriculteur à Grand-Couronne à l’incorporation, cultivateur en 1925, 1937

Registre de matricule, bureau de Rouen sud, classe 1917, matricule n°1746

Incorporé au 43e régiment d'artillerie le 10/01/1916 (62e batterie 3e pièce le 02/02/1916).

Passé au 81e RAL le 07/03/1917, passé au 88e RAL le 21/03/1917, blessé d’un éclat d’obus à l’épaule le 24/04/1917. Passé au 90e RAL le 10/09/1917. Passé au 83e RAL le 10/06/1919. Envoyé en congé illimité le de démobilisation le 29/09/1919, dépôt démobilisateur du 103e RAL, se retire à Grand-Couronne, hameau des Essarts.

Réaffecté le 01/06/1921 au 11e régiment d’artillerie. Affecté le 01/01/1924 au 302e régiment d’artillerie de campagne. « Sans affectation » le 15/04/1936. Affecté au CMI 32 (43e RI) le 20/10/1936.

Rappelé à l’active par mobilisation générale, dépôt d’infanterie 32 arrivé au corps le 12/09/1939. Placé en affectation réservée le 01/10/1939.  Rappelé à l’activité le 16/02/1940 Dépôt d’infanterie 32 arrivé au corps le 16/02/1940. Affecté au 34e Régiment de travailleurs 2e compagnie à compter du 28/02/1940. Parti aux armées le 29/02/1940. Rayé des contrôles le 01/05/1940, classé affecté spécial au titre de l’agriculture en qualité de cultivateur.

Une citation (1917), Croix de guerre.

 

CREPEAU Emile

1er régiment d’artillerie à pied, affecté à la 11e section de munitions de 155L du 43e régiment d'artillerie

 Carte postale, rédigée depuis le front, secteur de Neuville-Saint-Vaast, 23/09/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

43e RAC 11e SMA 155L Carency Emile Crépeau 25   43e RAC 11e SMA 155L Carency Emile Crépeau 25

 

 

 

DECONIHOUT Raymond Eugène Louis (Heurteauville 1893 - )

Canonnier servant, 43e RAC, 1er groupe, 2eme puis 1ère batterie

Carte-photo, adressée depuis Caen, 02/12/1913. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

08 Caen, Quartier Claude Decaen, groupe 1913, 43e RAC, artilleurs, vers 1914   Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, Raymond Eugène Louis Deconihou, 02

Commerçant à Heurteauville à l’incorporation ; Journalier (1925) ; Ouvrier d’usine (1937).

Registre de matricule, bureau de Rouen nord, classe 1913, matricule n°2341

Incorporé le 28/11/1913 arrivé au corps du 43e RAC ledit jour. Blessé aux yeux le 17/10/916 (second pointeur) par éclat d’obus. Affecté à la 1ère batterie 1er canonnier servant (citation 30/04/1917). Blessé le 04/11/1918 (2e servant) grande plaie cuisse gauche par éclat d’obus.

Passé dans l’affectation spéciale (4e section des chemins de fer de campagne de la Compagnie des chemins de fer de l’Etat) le 02/08/1919. Congé de démobilisation le 30/08/1919 (? fin de campagne contre l’Allemagne).

Passé dans les subdivisions complémentaires territoriales aupersonnel énuméré au tableau A (4e section réorganisation des chemins de fer de campagne, décret du 06/11/1919), le 01/07/1921. Rayé de l’affectationspéciale le 02/03/1924.Classé « sans affectation le 01/05/1930). Affecté le 01/10/1935 au CMI 32 (33e bataillon des travailleurs).

Rappelé à l’active le 29/08/1939, affecté au dépôt d’infanterie n°32 (31e régional), arrivé au corps le 30/08/1939. Nommé caporal à compter du 01/03/1940.Passé au 5e bataillon, compagnie D le 05.03.1940. Renvoyé dans ses foyers. Affectation réservée du 02.05/1940, RDC le 12/05/1940.

2 citations : citation à l’ordre du 43e RAC (1917), citation à l’ordre de l’AD 132 (1918). Croix de guerre étoile d’argent. Décoré de la médaille militaire avec traitement (1932).

Adresses connues : Le Landin (1929) ; La Mailleraye (1933) ; Caumont, Les Gay (1934) ; Toutainville (1936) ; Sotteville, chez M. Pierre 29 rue Garibaldi (1937) ; Sotteville-les-Rouen, 7 rue Garibaldi (1939) ; Sotteville-lès-Rouen, 29 rue Garibaldi.(1940).

 

 

DELOR Pierre Georges Médard (Saint-Cloud 1893 – Chartres 1973)

Canonnier 43e régiment d'artillerie, 62e batterie

43e RAC Engagés classe 1914 Pierre Georges Médard Delor, corresp

(cf. corresponadnce Le Montreer)

43e RAC classe 1914 62e batterie, Versailles août-septembre 1914   43e RAC classe 1914 62e battrerie, Versailles août-septembre 1914

Figure sur le cliché, au troisième rang le deuxième à partir de la droite

Etudiant à l’école centrale, domicilié à Saint-Cloud, 8rue de la Paix, à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Versailles, classe 1913, matricule n°1075

A obtenu un sursis d’incorporation en 1913, renouvelé en 1914.

Incorporé à compter du 11/08/1914, arrivé au corps du 43e RAC le 13/08/1914. Nommé brigadier le 05/11/1914. Maréchal des logis le 03/02/1915 (aux armées). Passé au 17e régiment d’artillerie et aspirant temporaire le 11/03/1915. Aspirant le 17/08/1915. Sous-lieutenant à titre temporaire le 20/04/1916. Passé au 21e régiment d’artillerie le 25/04/1916. Passé au 62e régiment d’artillerie le 19/05/1916. Blessé au côté droit par une balle de schrapnell le 06/10/1915. Passé au 63e régiment d’artillerie le 01/10/1917. Promu sous-lieutenant à titre définitif le 13/11/1917. Promu au grade de lieutenant le 20/04/1918, rang du 25/03/1918. Passé au 66e régiment d’artillerie le 01/10/1918. Passé au 63e régiment d’artillerie le 14/04/1919. Démissionnaire par décret du 25/08/1919. Mis en congé illimité de démobilisation le 04/11/1919 par le dépôt du 22e régiment d’artillerie d campagne. Se retire à Saint-Cloud, 8 rue de la Paix.

Affecté au 3e régiment de D.C.A le 11/06/1920. Nommé dans le cadre des officiers de réserve et affecté au 4e régiment de D.C.A. le 21/10/1920 (mutation annulée le 30/10/1920). Passé au 403e régiment de D.C.A. le 23/05/1923. A accompli une période d’exercice au 403e régiment de D.C.A du 01/07/1932 au 15/07/1932. En période volontaire au 403e régiment de D.C.A. du 22/09/1938 au 05/10/1938.

Médaille militaire ; Croix de guerre avec palme, 2 citations à l’ordre de l’armée (1915,1917).

Adresses connues : Saint-Cloud, 8 rue de la Paix (1919), 8bis rue le la Paix (1926), 18 rue de la Paix (1927).

 

DEMLING Prosper Armand (Levallois 1890 -)

43e RAC 2e ou 3e groupe

Carte postale, adressée depuis Rouen, 21/12/1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen - Les baraquements Place du Champ de Mars (Vue prise de la caserne Jeanne d'Arc) Cliché Belville   Rouen - Les baraquements Place du Champ de Mars (Vue prise de la caserne Jeanne d'Arc) Cliché Belville Prosper Armand Demling 21

Tapissier en voitures à Levallois-Perret à l’incorporation

Registre de matricule, 2e bureau de la Seine, classe 1910, matricule n°4440

Incorporé à compter du 10/10/1911 au 43e régiment d’artillerie. Passé dans la réserve de l’armée active le 08/11/1913. Affecté au 43e RAC, passé au 2e régiment d’artillerie lourde le 03/02/1914.

Rappelé à l’activité en vertu du décret de mobilisation générale du 01/08/1914. A rejoint le 2e RAL le 03/08/1914. Passé au 105e régiment d’artillerie lourde le 01/11/1915. A effectué un séjour à l’hôpital du 12/11/1915 au 13/02/1916. Passé au 305e régiment d’artillerie lourde le 01/03/1918.

Envoyé en congé le 19/03/1919, affecté au réseau de l’état le 22/03, classé dans l’affectation spéciale le 20/11/1919 comme employé de l’administration des chemins de fer de l’état. Garnisseur aux ateliers des Batignolles 172 rue Jean Jaures à Levallois le 01/07/1927. Passé en domicile comme affecté spécial au bureau central de recrutement de la Seine le 15/04/1936.

Croix de guerre, 1 citation à l’ordre du régiment (téléphoniste).

Adresse connue : Levallois, 141 rue Gravel (1911)

 

 

DEPOORTER Paul

1er régiment d'artillerie à pied, affecté au 7e groupe du 43e régiment d'artillerie, 53e batterie Long de Bange.

Carte-photo, prise au front, secteur de Neuville-Saint-Vaast, été 1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

Paul Depoorter 43e RAC 53e batterie 7e groupe    Paul Depoorter 43e RAC 53e batterie 7e groupe correspondance

1er régiment d'artillerie à pied, affecté à la 53e batterie Long de Bange, 7e groupe du 43e régiment d'artillerie (juillet-octobre 1915)

 

 

DEPRET Raoul Fernand Ernest (Pont-L’évêque 1891 – Bras-sur-Meuse 1916)

Canonnier, 43e RAC, 62e batterie

43e RAC Engagés classe 1914 Raoul Fernand Ernest Depret corresp

(cf. correspondance Le Montreer)

43e RAC classe 1914 62e batterie, Versailles août-septembre 1914    43e RAC classe 1914 62e battrerie, Versailles août-septembre 1914

Figure sur le cliché,au second rang, assis à gauche cf. carte Le Montreer Georges Yves Daniel (Paris 1894 – Paris 1966)

Etudiant en médecine à Rouen à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Rouen Nord, classe 1911, matricule n°2052

A obtenu un sursis d’incorporation en 1912 renouvelé en 1913 et 1914. Rappelé àl’activele 12 août 1914.Incorporé au 43e régiment d’artillerie arrivé au corps le 13/08/1914. Médecin auxiliaire le 07/09/1914.

Passé aux formations sanitaires de la 151e division d’infanterie au camp de Mailly le 07/04/1915.

Tué à l'ennemi [mortellement blessé] à Bras-sur-Meuse le 28/05/1916, décédé suite à ses blessures à Baleicourt [Baleycourt, Verdun] le 29/05/1916. Inhumé au cimentière militaire de Baleycourt FZ63, ses restes sont transférés au cimetière monumental de Rouen en 1922, carré U1, tombe n°11, concession n°185. Mort pour la France (151e Division d'infanterie, 222e section d'infirmiers militaires).

Voir : Bulletin religieux de l’Archidiocèse de Rouen, année 15, n°27, 1er juillet 1916, p.615-616

Conseil départemental de l’ordre des médecins de la Seine-Maritime. Bulletin d’information. Février 2016 n°22, p.14-15.

Aux médecins morts pour la patrie (1914-1918) ; hommage au corps médical français. Paris, Alcan et Lisbonne, Asselin et Houzeau, J.-B. Baillière et Fils, G. Doin, Masson et Cie, Poinat, 1922. 

 

 

DERAIN Lucien André (Caudebec-lès-Elbeuf 1886 – Caudebec-lès-Elbeuf 1933)

Brigadier, 43e régiment d'artillerie

Hommes du 43e RAC Camp de Châlons vers 1912-1914 Lucien André Dérain - Copie

Carte-photo, prise au camp de Châlons, 1912 ou 1914 ? Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

 Hommes du 43e RAC Camp de Châlons vers 1912-1914 Lucien André Dérain  Hommes du 43e RAC Camp de Châlons vers 1912-1914 Lucien André Dérain corresp

Employé à Elbeuf à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Rouen sud, classe 1906, matricule n°1277

Incorporé le 07/10/1907 au 11e régiment d’artillerie soldat de 2e classe. Brigadier le 23/02/1909. Envoyé dans la disponibilité de l’armée active le 26/09/1909.

A accompli deux périodes d’exercices au 43e régiment d’artillerie, du 14/05 au 05/06/1912 et du 16/07 au 01/08/1914. Mobilisé le 01/08/1914, arrivé au corps le 03/08/1914. Cassé de son grade le 27/06/1917.

Passé au 3e régiment d’artillerie coloniale le 04/07/1917. Passé au 7e régiment d’artillerie coloniale le 04/08/1917. Passé au 3e régiment d’artillerie coloniale le20/02/1919. Envoyé en congé illimité de démobilisation le 03/04/1919, dépôt démobilisateur du 11e régiment d’artillerie.

Affecté le 01/06/1921 au 43e régiment d’artillerie de campagne. Réformé définitivement n°2 par commission de réforme de Rouen du 04/10/1929 pour tuberculose pulmonaire bilatérale non imputable au service invalidité 100% documentaire. Réformé définitivement (R.D.1) pension temporaire 100% par commission de réforme de Rouen du 30/07/1931 tuberculose pulmonaire des sommets, cœur normal imputable.

Adresse connue : Caudebec-lès-Elbeuf, 74 rue Félix Faure (1909) ; Caudebec-lès-Elbeuf, 32 rue Martin (1912) ; Caudebec-lès-Elbeuf, 23 rue Martin (1914)

 

 

DE SCHACKEN Gérard Marie Marcel (Nancy 1873 - )

Capitaine, 43e régiment d’artillerie, 1ère batterie

Caen, Quartier Claude Decaen, capitaine de Schacken 1ère batterie du 43e RAC, correspondance Robert Adrien Tripout - Copie

(cf. correspondance Robert Adrien Tripout)

08 Caen, Quartier Claude Decaen, groupe 1913, 43e RAC,1914, 1ère batterie

Figure au centre du cliché, au second rang au centre cf. carte TRIPOUT Robert Adrien (Deauville 1892 – Harbonnières 1916)

Registre de matricule, bureau de Nancy, classe 1893, matricule n°1203

Incorporé le 15/11/1894 au 8e régiment d’artillerie 2e canonnier servant. Brigadier le 28/08/1895, Maréchal des logis le 23/09/1896. Rengagé pour 3 ans le 23/04/1897, rengagé pour 2 ans le 01/11/1900. Elève officier à l’école de l’artillerie et du génie le 02/04/1900. Sous-lieutenant affecté au le01/04/1901 au 5e régiment d’artillerie à pied, nommé lieutenant en 2e le 01/04/1903. Affecté au 9e bataillon d’artillerie à pied 1ère batterie, le 30/03/1910. Nommé Lieutenant en 1er, le 25/05/1906, passé au 1er régiment d’artillerie à pied, 3e batterie. Passé au 48e régiment d’artillerie le 01/03/1910.

Affecté au 43e régiment d’artillerie, fonctions de capitaine adjudant major le 28/12/1910. Nommé capitaine au 43e régiment d’artillerie, 1ère batterie le 23/04/1914. Blessé par éclat d’obus le 12/09/1914 à Gueux (en séton de la cuisse droite). Passé à la 63e batterie le 27/04/1915.

Passé au 1er régiment d’artillerie à pied, capitaine, le 23/03/1916. Passé au 11e régiment d’artillerie le 20/06/1919. Passé au 103e régiment d’artillerie lourde le 09/04/1920. Nommé au grade de chef d’escadron (retraité) au centre de mobilisation de l’artillerie n°23 (1929).

Croix de guerre avec palme. Chevalier dans l’ordre de la légion d’honneur (1916), officier (1921) Base Léonore

Marié le 22/03/1906 à Besançon avec Victorine Maria Jarre.

 

FAUVEL Lucien

Canonnier, 43e régiment d'artillerie

Caen, Quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, Lucien Fauvel 31

Carte-photo, expédiée depuis Caen, 31/05/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

08 Caen, Quartier Claude Decaen, groupe 1915, 43e RAC   Caen, Quartier Claude Decaen, groupe de pièce du 43e RAC, Lucien Fauvel 31

Figure sur le cliché au second rang, le premier à gauche souligné d’une croix

 

FERE Alfred Maurice (Pavilly 1895 - )

2e canonnier, 43e régiment d'artillerie

Carte-photo, adressée depuis Caen, 28/11/1917. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

08 Caen, Quartier Claude Decaen, groupe 1917, 43e RAC    Caen, Quartier Claude Decaen, 43e RAC, groupe de la 10e pièce, Maurice Féré 28

Typographe à Pommereu à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Rouen Nord, classe 1915, n°178

Incorporé à compter du 03/09/1917 au 43e régiment d’artillerie, arrivé au corps 2e canonnier le 04/09/1917. Classé service auxiliaire inapte provisoirement à faire campagne par la commission de réforme de Caen du 27/09/1917 pour faiblesse relative. Mauvaise conformation thorax indice 3f. Classé service armé inapte deux mois par la commission de réforme de Caen du 04/01/1918. Apte à faire campagne décision de la commission de réforme de Caen du 12/07/1918.

Passé au 6e régiment d’artillerie de campagne le 22/02/1919. Passé au 265e régiment d’artillerie de campagne le 11/06/1919. Passé au 21e régiment d’artillerie le 01/07/1919. Passé au 25e régiment d’artillerie de campagne le 06/08/1919. Mis en congé de démobilisation le 15/09/1919 par le dépôt démobilisateur du 103e régiment d’artillerie lourde.

Passé au centre de mobilisation d’artillerien°3 le 01/05/1929. Classé sans affectation le 01/05/1931.

Rattaché à la classe 1913, père de 1 enfant le 20/06/1924.

Adresses connues : Rouen, impasse des arquebusiers (1919) ; Rouen 155 rue des Croisilles (1921) ; Rouen 11 place des Emmurés (1922) ; Petit-Quevilly 101 rue Jacquard (1927) ; Rouen 40A avenue de Caen’1930) ; Petit-Quevilly rue Jacquard, Foyer Quevillais (1932).

 

 

 

FRAPPART

 

Brigadier, 43e régiment d’artillerie, 61e batterie, 16e pièce

Enveloppe postale asressée de Saint-Cloud, 20/01/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

 

43e RA 61e batterie Saint-Cloud Frappart 29

 

 

GATEBOIS Victor Charles (Le Havre 1885 – Paris 1947)

43e régiment d’artillerie

Carte-photo, adressée depuis Caen, 07/12/1918. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

03 Caen, Quartier Claude Decaen, les bâtiments principaux, arrière, 1918   Caen, quartier Claude Decaen 1918, Victor Charles Gatebois corresp

Employé des chemins de fer à l’incorporation ; Chef magasinier contrôleur

Registre de matricule, bureau du Havre, classe 1905, matricule n°706

Dirigé le 08/10/1910 sur le 7e régiment de chasseurs à cheval, cavalier 2e classe ledit jour. Envoyé dans la disponibilité le 25/09/1908. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/10/1908.

Rappelé sous les drapeaux par décret de mobilisation du 01/08/1914 affecté au 43e régiment d’artillerie 1ère S.M.I., arrivé au corps le 03/08/1914. Evacué sur le dépôt le 19/07/1915 pour être détaché aux usines.

Détaché le 21/07/1915 aux Tréfileries et laminoirs, Le Havre. Versé au 39e régiment d’infanterie le 01/07/1917. Intérieur du 09/01/1918 au 11/11/1918. Passé au 43e régiment d’artillerie le 09/07/1918. Mis en congé illimité le 31/03/1919.

Passé par changement de domicile dans la subdivision d’Evreux le 10/01/1921. Passé au 11e régiment d’artillerie. Réintégré le 16/10/1934 à la subdivision du Havre. Libéré du service militaire le 15/10/1934.

Adresses connues : Le Havre (1909) ; Chéranvilliers, hameau du Plessis chez M. Benance (1909) ; Rugles, rue du moulin à papier (1919) ; Rugles (1921) ; Drancy, 67bis rue Michel [Mongardy] (1924).

Marié à Rugles le 27/09/1915 avec Marie Louise Appoline Livrain. Une enfant.

 

 

 

GLOESER Etienne Julien (Poitiers 1884 - )

Maréchal des logis,  43e RAC, 2e groupe, 4e batterie

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie James Ernest Paquereau porttrait Gloeser

Cartes-photo et Album régimentaire, prise de vue réalisée à Rouen, 18/07/1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte postale coll. Verney-gandeguerre)   Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)   

Figure sur le cliché à droite en compagnie de l'adjudant Bourgoin (porte-drapeau, au centre) et du maréchal des logis Thoury (à gauche)

Enfant de troupe à l'école militaire de Billom l'incorporation

Registre de matricule, bureau de Poitiers, classe 1904, matricule n°1343

Incorporé au 33e régiment d'artillerie à compter du 01/10/1894, arrivé au corps et enfant de troupe ledit jour. Admis à l'école militaire préparatoire de l'artillerie et du génie le 24/09/1897. Arrivé au corps et élève de 2e classe le 06/10/1897. Engagé volontaire pour cinq ans à la mairie de Billom le 23/06/1902 pour le 33e régiment d'artillerie. Arrivé au corps 2e canonnier le 02/07/1902. Brigadier le 10/04/1904. Maréchal des logis le 16/05/1906. Rengagé le 19/04/1907 au titre du 32e régiment d'artillerie pour deux ans à compter du 23/06/1907. Arrivé au corps et maréchal des logis le 20/04/1907. Rengagé pour un an le 26/03/1909 à compter du 23/06/1909. Rengagé pour un an le 02/06/1910 à compter du 23/06/1910. Passé au 30e régiment d'artillerie le 01/10/1910.

Passé au 43e régiment d'artillerie le 24/02/1911. Rengagé pour un an le 24/05/1911 à compter du 24/06/1911. 4e batterie du 43e RAC, 2e groupe (voir cp de James Ernest Paquereau datée du 18/10/1911). Rengagé pour deux ans le 22/06/1912 à compter du 23/06/1912. Nommé maréchal des logis chef le 20/02/1914. Rengagé pour un an le 23/06/1914 à compter dudit jour. Passé au 2e régiment d'artillerie lourde le 01/07/1914. Parti aux armées le 10/08/1914. A l'hopital pour maladie le 05/01/1915. En convalescence le 13/02/1915. Au dépôt le 09/04/1915. Passé au 82e RAL le 20/09/1915. Aux armées le 20/09/1915. Au dépôt le 16/04/1917. Passé au 88e RAL le 25/04/1917. Aux armées le 01/08/1917. Passé au 117e RAL le 30/03/1918. Passé au 109e RAL le 10/08/1918. Adjudant au 6e groupe du 109e régiment d’artillerie lourde (J.O. du 02/10/1919). Passé au 20e RAC le 21/07/1919. Passé au 82e RAL le 22/08/1919. Passé au 83e RAL le 24/04/1920. Adjudant au 83e régiment d’artillerie lourde (J.O. du 02/10/1921)

Passé dans la réserve le 22/12/1921, se retire à Vincennes. Placé dans la réserve dans l'affectation spéciale de la compagnie des chemins de fer de l'Etat 4e section de chemin de fer de campagne, subdivision de Vincennes le 05/10/1922. Passé dans la subdivision de la Seine le 01/08/1927. Maintenu service armé invalidité inférieure à 10% non imputable par la commission de réforme de la Seine du 02/06/1933 pour reliquat d'infection alimentaire en 1915.

Une citation (1918), Croix de guerre, médaille militaire (1919).

Adresses connues : Vincennes, 32 rue du Plateau (1921) ; Paris, 13 rue d'Amsterdam (1927).

Marié à Fernande Edmée Badoureaux : un enfant Fernand Etienne Simon né le 30/12/1914 à Saint-Germain-en-Laye, 85 rue de Poissy, père sous-officier d’artillerie âgé de 30 ans (armée active).

 

 

GOULET Louis Joseph Eusèbe (Bosville 1882 – Poitiers 1943)

Adjudant, 43e régiment d'artillerie

43e RAC, 63e batterie, Versailles, Adjudant Louis Eugène Joseph Goulet - Copie

Carte-photo, adressée depuis Versailles, 1914.

43e RAC, 63e batterie, Versailles, Adjudant Louis Eugène Joseph Goulet    43e RAC, 63e batterie, Versailles, Adjudant Louis Eugène Joseph Goulet correspondance

Epicier à Rouen à l’incorporation ; Représentant ; Voyageur de commerce.

Registre de matricule, bureau du Havre, classe 1902, matricule n°2224

Dirigé le 16/11/1903 sur le 11e régiment d’artillerie, artilleur 2e classe. Brigadier le 20/09/1904. Brigadier fourrier le 26/03/1905. Maréchal des logis le 24/09/1905. Rengagé pour deux ans le 11/08/1905 à compter du 01/11/1906. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/11/1908.

Passé au 43e régiment d’artillerie le 01/03/1911. Rappelé sous les drapeaux par décret de mobilisation générale le 01/08/1914, arrivé au corps le 02/08/1914. Nommé adjudant le 23/08/1914.

Passé au 27e régiment d’artillerie le 01/04/1917 (10e régiment d’artillerie lourde le même jour). Mis en congé illimité le 06/03/1919, rattaché au 11 e régiment d’artillerie. Affecté dans la réserve 103e régiment d’artillerie lourde le 31/10/1921 puis au 43e RAC. Libéré su service militaire le 15/10/1931.

1 citation à l’ordre du 43e régiment d’artillerie (13/03/1917)

Adresses connues : Gisors, rue Saint-Gervais chez M. Champigny (1908) ; Royan, Boulevard du marché (1921) ; Poitiers, 10 rue des vieilles boucheries (1922-1939).

Marié le 24/11/1906 ou 1910 à La ville-aux-Clercs avec Clémence Pierrette GAULT (divorcé) ; Remarié le 31/05/1941 à Poitiers avec Juliette Turbault.

 

 

HERTOUX Georges

43e d’artillerie, peloton hors rang

Carte de correspondance, adressée depuis Caen, 11/03/1915

43e RAC Correspondance aux Armées Georges Hertoux 9e HR Henri Hyacinthe Edmond Tourant 11    43e RAC Correspondance aux Armées Georges Hertoux 9e HR Henri Hyacinthe Edmond Tourant 11

 

 

 

HOQUERELLE Charles Arthur (Saint-Etienne-du-Rouveray 1890- )

Brigadier trompette, 43e RAC, 2e groupe, 6e batterie

Carte postale adressée depuis Caen, 18/08/1915

43e RAC 61e batterie Caen Charles Arthur Hoquerelle 16    43e RAC 61e batterie Caen Charles Arthur Hoquerelle 16

Chaudronnier à Saint-Etienne-du-Rouvray à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Rouen sud, classe 1910, matricule n°357

Incorporé le 07/10/1911 au 22e régiment d’artillerie. Trompette le 26/09/1912.

Classé au 43e régiment d’artillerie le 30/12/1912, arrivé au corps et trompette le 07/01/1913. Brigadier trompette le 12/02/1912.

Passé dans la réserve le 8/11/1913. Classé dans l’affectation spéciale, comme employé de l’administration des chemins de fer de l’Etat (4e section de chemin de fer de campagne subdivisions complémentaires) du 5/03/1914 au 02/09/1914.

Mobilisé le 01/08/191 4,arrivé au corps le 06/09/1914, 63e batterie de dépôt. Classé à la 6e batterie le 29/10/1915.  Remis à la disposition de l’administration des chemins de fer de l’Etat et classé affecté spécial du 12/01/1917 au 08/08/1919.

Adresses connues : Sotteville (1928) ; Saint-Etienne-du-Rouvray, rue Félix Faure.

 

 

LECOQ Adrien Honorat Albert  (Angerville-l’Archer 1882 – Sanvic, auj.Le Havre, 1946)

43e régiment d’artillerie, groupe territorial

Cartes postales adressées depuis Saint-Cloud, 22/02/1914 et Caen, 15/03/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

43e RAC groupe territorial Saint-Cloud Adrien Honorat Albert Lecoq 22   Saint-Cloud, correspondance Adrien Lecoq correspondance, 43e RAC 2e escadron d'étapes 22.02.1915

43e RAC groupe territorial Caen Adrien Honorat Albert Lecoq 13   10 Caen, correspondance,1915, Adrien Lecoq

Journalier à Angerville-l’Archer à l’incorporation ; journalier à Sanvic (1908)

Bureau de recrutement du Havre, classe 1899 matricule n°1682

Incorporé au 1er régiment d’artillerie coloniale à compter du 07/03/1900 comme engagé volontaire pour trois ans ledit jour à la mairie du Havre. Arrivé au corps et 2e canonnier servant ledit jour. Passé au régiment d’artillerie d’Indochine le 12/09/1900. Passé au régiment d’artillerie du Tonkin le 01/01/1901- groupe de réserve de Chine. Campagne Tonkin en guerre du 12/09/1900 au 14/09/1902. Passé dans la réserve de l’armée active le 07/03/1903. Affecté au 2e régiment d’artillerie coloniale à Cherbourg 2e canonnier servant. A accompli une première période d’exercices au 2e régiment d’artillerie coloniale du 04/09 au 08/10/1905. Dispensé de 2e période (3ans de service).

Rappe lé sous les drapeaux le 01/08/1914 arrivé au corps du Groupe territorial du 43e régiment d’artillerie le 04/08/1914.

Passé au 211e régiment d’artillerie de campagne le 01/04/1917. Passé au 13e régiment d’artillerie le 20/11/1917. Passé au 6e régiment d’artillerie à pied le 07/01/1918. Passé au 154e régiment d’artillerie à pied le 16/08/1918. Mis en congé illimité le 24/01/1919 au 11e régiment d’artillerie dépôt mobilisateur. Libéré du service militaire le 10/11/1928.

Adresses connues : Le Havre, rue du Lycée (1903) ; Sanvic (auj. Le Havre) rue de Bitche chez Devaux (1903) ; Sanvic (auj. Le Havre) 45 rue de la République (1904) ; Sanvic (auj. Le Havre) rue de Bitche chez Mme Devaux (1905) ; Sanvic (auj. Le Havre) rue de l’orphelinat (1908) ; Le Havre, 18 rue Bellot (1912).

Marié le 08/10/1907 à Bléville avec Charlotte Louise Séry. Passé le 01/10/1923 à la plus ancienne classe de la réserve père de 5 enfants parmi lesquels Adrien Hilaire Victor (Sanvic1908 – Le Havre 1888).

Reg. Etat-civil AD76 Sanvic 1908 visionneuse p.52

 

 

LEFEBVRE ( 1888 ? - )

43e RAC, 2e ou 3e groupe

Carte-photo, prise à Rouen, 1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, scellerie du 43e RAC 1911-1914   Rouen, caserne Jeanne d'Arc, scellerie du 43e RAC Lefebvre, Marcotte, Robac 1911 corresp

Soldat figurant sur ce cliché, mais identification incertaine

LEFEBVRE Théophile Clément Joseph (Bernières 1888 - ) ?

Menuisier à l’incorporation à Bernières (76), Montivilliers (1914)

Registre de matricule bureau du Havre, classe 1908, n°3103

Incorporé au 11e régiment d’artillerie le 07/10/1909, canonnier 2e classe ; 1er canonnier conducteur le 25/09/1910. Passé au 11/43e régiment d’artillerie le 01/10/1910 ; Passé au 43e RAC le 01/01/1911 envoyé dans la disponibilité le 24/09/1911. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/10/1911.

Se retire à Bernières. A accompli une période d’exercice au 43e régiment d’artillerie du 25/02 au 19/03/1913.

Mobilisé le 01/08/1914, arrivé au corps le 03/08/1914 au 43e RAC. Parti aux armées le 05/08/1914. Caporal le 15/01/1915. Rentré au dépôt le 26/12/1915 et détaché article 6 le 27/12/1915 à la Westinghouse le Havre état A du 31/01/1916.Mis en congé illimité de démobilisation le 16/05/1919, rattaché au 129 RI.

Passé le 23/10/1923 à la classe 1900 (père de 4 enfants). Affecté au C.M. d’infanterie n°31 le 01/08/1935 (35e régiment de travailleurs).

Adresses connues :Montivilliers, 8 rue Gerod (1914).

 

LEFEBVRE Dieudonné Léon (Les Grandes-Ventes 1888 – ) ?

Charretier aux Grandes-Ventes à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Rouen nord, classe 1908, matricule n°2233

Incorporé au 11e régiment d’artillerie le 08/10/1909, 2e canonnier conducteur. Passé au 43e RAC le 01/01/1911, 1er canonnier conducteur. Envoyé dans la disponibilité le 24/09/1911. A accompli une période d’exercice au 43e régiment d’artillerie du 25/02 au 19/03/1913.

Mobilisé le 03/08/1914 au 43e RAC. Mis en congé de démobilisation le 26/03/1919. Se retire aux Grandes-Ventes.

1 citation (1918) à l’ordre du régiment, Croix de guerre étoile de bronze.

 

LEFEBVRE Louis Frédéric (Rocquemont 1888 - ) ?

Domestique à Rocherolles-en-Bray à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Rouen nord, matricule n°2270

Incorporé au 11e régiment d’artillerie le 08/10/1909, 2e canonnier conducteur. Passé au 43e RAC le 01/01/1911, 2e canonnier conducteur. Envoyé dans la disponibilité le 24/09/1911. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/10/1911. Passé au 5e régiment de génie le 24/07/1912.A accompli une période d’exercice au 5e régiment de génie du 03/12 au 25/12/1913.

Mobilisé le 03/08/1914 au 5e régiment de génie. Mis en congé de démobilisation le 06/08/1919.Se retire à Roncherolles-en-Bray.

 

LE MONTREER Georges Yves Daniel (Paris 1894 – Paris 1966)

43e régiment d'artillerie, 62e batterie

Carte-photo, adresée depuis Versailles ?, 13/09/1914. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

43e RAC classe 1914 62e batterie, Versailles août-septembre 1914    43e RAC classe 1914 62e battrerie, Versailles août-septembre 1914

Etudiant à Paris à l’incorporation (reçu au concours d’entrée à l’Ecole polytechnique), Directeur général financier ; Directeur du Groupement pour la reconstitution immobilière des régions sinistrées et Administrateur-Directeur de la Société auxiliaire de gestion de d’avances (1935).

Registre de matricule, 2e bureau de la seine, classe 1914, matricule n°2693

Elève de l’école polytechnique, promotion 1914

Engagé pour huit ans le 13/08/1914 à la mairie de Caen. Incorporé au 43e régiment d'artillerie, arrivé au corps du 43e régiment d'artillerie le 15/08/1914 Ecole polytechnique. Passé au 4e régiment d'artillerie le 11/11/1914. Brigadier le 05/12/1914. Nommé sous-lieutenant à titre temporaire le 26/02/1916 et affect au 58e régiment d'artillerie de campagne. Passé au 24a régiment d'artillerie le 08/03/1915 y arrive le 25/03/1915. Passé au 6e régiment d'artillerie le 29/01/1916. Désigné comme instructeur au C.P.A.T. le 09/04/1916. lClassé au Centre d'instruction de l'artillerie de tranchée le 09/07/1916. Ecole militaire de Fontainebleau le 16/11/1916, dirigé- sur l'artillerie divisionnaire n°73 à la suite d'un cours à l'Ecole de Fontainebleau. Affecté au 39e régiment d'artillerie le 17/02/1917. Nommé lieutenant le 06/07/1917 à compter du 01/06/1917. Affecté à l'Etat-major de l'artillerie du 40e CA le 04/004/1918. Sous-lieutenant à titre définitif le 08/12/1917, rang du 18/07/1915.

Officier à l'Ecole polytechnique le 14/03/1919. Parti en congé de fin d'études et rayé des contrôles le 01/08/1920. Démissionnaire de son grade d'officier d'active acceptée le 19/09/1920 et lieutenant ledit jour, passé dans ce grade dans les cadres de la réserve et maintenu au 39e RAC le 10/05/1921. Passé au 8e RAC le 11/04/1923. Rattaché classe 1912 le 04/06/1925 père d'un enfant. Passe au centre de mobilisation d'artilllerie n°20 à Nancy le 01/01/1928. Promu capitaine de réserve le 14/06/1935.

Rappelé à l'active le 25/09/1938 affecté à l'Etat-major de l'artillerie du secteur fortifié des Vosges, arrivé au corps le 25/09/1938. Renvoyé dans ses foyers le 07/10/1938. Rappelé à l'active le 29/08/1939 affecté à l'Etat-major de l'artillerie du secteur fortifié des Vosges arrivé le 29/08/1939. Affecté au dépôt d'artillerie n°41 le 13/11/1939. Mis à disposition du ministre de l'armement avis du 13/11/1939.

Croix de guerre, 2 citations (1916,1917 AD n°73) à l’ordre de la division. Chevalier (1934) puis Officier (1956) dans l’ordre de la légion d’honneur.

Marié le 26/11/1923 à Paris 6e avec Alice Marie Léontine DEFERT, 6 enfants

Adresse connue : Paris 1 rue Duabn (1929) ; Paris, 16 avnenue de Camoëns (1935) ; Saïgon, bureaux de l'union financière de l'Extrême-Orient (1938) ; Paris, 2 avenue de Camoëns (199, 1956).

 

LEVAVASSEUR Aldrix Louis Alphonse (Valognes 1894 – Valognes 1941)

43e régiment d'artillerie

Carte-photo, 1914. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

43e RAC Classe 1914 Aldrix Louis Alphonse Levavasseur    43e RAC Classe 1914 Aldrix Louis Alphonse Levavasseur correspondance

Mécanicien carrossier à Valognes à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Cherbourg, classe 1914, matricule n°477e

Incorporé au 43e régiment d’artillerie le 05/09/1914, arrivé au corps le 06/09/1914 ; aux armées le 08/03/1915. Evacué le 11/03/1918 hôpital mixte de Valognes. Le 22/03/1918 hôpital complémentaire Bucaille Cherbourg.

Passé au 15e régiment d’artillerie le 20/08/1918, mutation aux armées. Mis à la disposition des chemins de l’Etat en qualité de nettoyeur à Cherbourg. Mis en congé illimité de démobilisation le 15/09/1919. Se retire à Valognes, 7 rue du bourg neuf.

Domicile connu : Valognes, rue Léopold  Delisle (1932)

 

MARCOTTE Auguste Armand Georges (Graville-Sainte-Honorine 1888 – Le Havre 1947) sur reg. Etat-civil ; MARCOTTE Auguste Armand Jules (Le Havre 1888) sur reg.matric.

43e RAC, 1er ou 2e groupe

 Carte-photo, prise à Rouen, 01/1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, scellerie du 43e RAC 1911-1914   Rouen, caserne Jeanne d'Arc, scellerie du 43e RAC Lefebvre, Marcotte, Robac 1911 corresp

Né à Graville-Sainte-Honorine (réunie au Havre en1919) reg. Etat-civil 188 NMD visionneuse p.200 (mention marginale du mariage et décès)

Forgeron au Havre à l’incorporation

Registre de matricule, Bureau du Havre, classe 1908, matricule n°1461

Incorporé le 07/10/1909 au 11e régiment d’artillerie, canonnier 2e classe. Bourrelier le 26/09/1910. Passé au 11/43e régiment d’artillerie le 01/10/1910 2e ouvrier bourrelier. Passé au 43e RAC le 01/01/1911, 2e ouvrier bourrelier. 1er canonnier servant le 25/09/1911. Envoyé dans la disponibilité le 24/11/1911. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/10/1911. A accompli une période d’exercices au 43e RA du 25/09 au 17/10/1913.

Mobilisé le 1er août 1914 et arrivé au corps du 43e régiment d’artillerie et passé à la (?) batterie ledit jour. Aux armées, classé à la C.R. le 01/02/1918 ; Passé à la 4e batterie le 11/03/1919 ; mis en congés illimité le 27/07/1919,rattaché au 103e régiment d’artillerie lourde.

Droit au port individuel de la fourragère au titre du 43e RA.

Adresses connues : Le Havre, impasse Fénelon (1911) ; Le Havre, 45 rue Bourdaloue, chez M. Simon (1914) ; Montivilliers, rue du champ de foire (1919 ; Le Havre, rue Hilaire Colombe (1920).

Marié le 20/12/1919 à Montivilliers avec Germaine Charlotte Happeday.

 

 

MILLIARD Albert Raymond (Alizay 1889 - )

Canonnier conducteur, 43e RAC, 1er ou 2e groupe

Carte postale adressée depuis Rouen, 1912. Mise en conexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

43e artillerie, 260 la fuite au galop, correspondance depuis Rouen   43e artillerie, 260 la fuite au galop, correspondance

Maçon à Alizay à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Rouen sud, classe 1909, matricule n°1189

Incorporé le 05/10/1910 au 11e RA, passé au 43e RAC le 20/03/1911. 1er canonnier conducteur le 21/02/1912 ; Envoyé en congé le 25/12/1912.

Mobilisé le 01/08/1914, arrivé au corps du 43e RAC le 03/08/1914. Evacué malade le16/02/1918. Réformé n°2 par la commission de réforme de Troyes le 08/06/1918 pour « Délire mélancolique et impulsion du suicide ». Classé service armé, à mettre en observation au centre de neurologie par décision de commission de réforme de Rouen le 13/09/1918. Rappelé au 43e régiment d’artillerie et arrivé au corps le 30/09/1918. En sursis d’appel du 10/06 au 02/09/1919.Envoyé en congé illimité de démobilisation le 02/09/1919, dépôt démobilisateur du 103e RAL. Se retire à Alizay.

Réaffecté le 01/06/1922 au 11e régiment d’artillerie de campagne. Affecté le 01/10/1922 au3e bataillon d’ouvriers d’artillerie. Placé dans la position « sans affectation » le 01/09/1922. Dégagé des obligations du service militaire et mis à disposition du ministre pour la défense passive par la loi du 31/03/1928.

 

OURSEL Eugène Isidore (Saint-Clair-d’Arcy 1889 - Saint-Clair-d’Arcy 1926)

43e régiment d'artillerie, 62e batterie

Carte postale, expédiée depuis Versailles, 16/08/1914. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

43e RAC 62e batterie Versailles Arthur Bruneaux 15    Versailles, Correspondance, août 1914

Cité dans la correspondance cf. carte BRUNEAUX Arthur Marcel (Saint-Clair-d’Arcy 1884 - )

Cultivateur à Saint-Clair-d’Arcy à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Bernay, classe 1900, matricule 318

Arrivé au corps du 11e régiment d’artillerie, soldat de 2e classe le 04/10/1910. Passé au 43e régiment d’artillerie, arrivé au corps 2e canonnier conducteur le 01/01/1911. Passé dans la disponibilité de l’armée active le 25/09/1912. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/10/1912.

Rappelé à l’activité « mobilisation générale » le 03/08/1914 au 43e régiment d’artillerie. Passé au 70e RAC le 01.04.1917. Passé au 38e RAC le 25.03.1918. Passé au 274e RAC le 02.05.1918. Mis en congé illimité de démobilisation par le 103e RAL le 22.04.1919. Se retire à Saint-Clair-d’Arcy.

Affecté dans la réserve le 01/06/1921 au 43e RAC. Réformé définitif n°1 avec pension d’invalidité 100% par commission de réforme de Rouen du 18/03/1926 pour : 1° tuberculose pulmonaire bilatérale 2° séquelles de paludisme imputable au service.

 

 

 

PANCHOUT Louis Aimable (La Poterie 1881 - )

Trompette (?) 43e régiment d'artillerie, 63e batterie

Carte postle, adressée depuis Versailles, 20/08/1914. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940
 

43e RAC 63e batterie Versailles Louis Panchout 20   Versailles, correspondance avec cachet du 43e RAC 63e batterie de dépôt 11e pièce 21.08.1914

Représentant de commerce à Paris l’incorporation ; Représentant de commerce à Paris (1935)

Registre de matricule, bureau du Havre, classe 1901, matricule n°2217

Incorporé et dirigé le 16/11/1902 au 1er régiment de cuirassiers, cavalier de 2e classe. Trompette le 21/09/1903.Envoyé en congé le 25/09/1905.A accompli une période d’exercices au 1er régiment de cuirassiers du 03/09 au 25/09/1904. Affecté au1er régiment B de cuirassiers de Paris, trompette. Passé par organisation au 11e régiment d’artillerie à Versailles, trompette. Affecté au 43e régiment d’artillerie, Rouen. A accompli une 2e période d’exercices au 43e régiment d’artillerie du 18/07 au 03/08/1912.

Rappelé sous les drapeaux par décret de mobilisation générale du 01/08/1914 arrivé au corps du 43e régiment d’artillerie le 13/08/1914. Passé au 22e régiment d’artillerie le 01/11/1914. Campagne contre l’Allemagne : intérieur du 13/08/1914 au 31/12/1915.

Passé au 28e régiment d’artillerie le 01/01/1916, trompette. Passé au 251e régiment d’artillerie le 01/04/1917. Mis en congé illimité de démobilisation le 01/03/1919, rattaché au 22e régiment d’artillerie. Campagne contre l’Allemagne : aux armées du 01/01/1916 au 01/03/1919.

Passé le 28/10/1928 à la classe 1899 (père d’un enfant). Libéré du service militaire le 15/10/1930.

Adresses connues : Etretat, jardinier Avenue de la gare (Liste électorale d'Étretat 1903 - https://www.geneanet.org/archives/registres/view/82166/6 ) ; Etretat, (1905) ; Paris, 53 rue des trois frères (1905) ; Paris 14 rue Lecourbe (1907) ; Paris 16 rue de l’Exposition (1908) ; Paris, 22 rue Montbrun (Fichier des électeurs de Paris 1935 - https://www.geneanet.org/archives/registres/view/304733/63 ).

 

 

PAQUEREAU James Ernest (Saint-Ciers-sur-Gironde 1889 – Bordeaux 1962)

Brigadier, 43e RAC, 2e groupe, 4e batterie

Carte postale, adressée depuis Rouen, 18/10/1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte postale coll. Verney-gandeguerre)   Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie James Ernest Paquereau corresp

Charpentier à Blaye à l’incorporation ; menuisier

Registre de matricule, bureau de Libourne, classe 1909, matricule n°839

Incorporé le 05/10/1910 dirigé sur le 22e régiment d’artillerie, 2e canonnier conducteur arrivé au corps le 06/10/1910. Passé au 43e régiment d’artillerie le 01/01/1911, 2e canonnier conducteur. Brigadier le 25/09/1911 (4e batterie). Envoyé dans la disponibilité le 25/09/1912. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/10/1912. A accompli une période d’exercice au 58e régiment d’artillerie du 07 au 29/01/1914.

Rappelé à l’active au 58e régiment d’artillerie arrivé au corps le 03/08/1914, brigadier.

Campagne d’orient : passé au 38e régiment d’artillerie de campagne le 10/10/1917. Passé au 21e régiment d’artillerie coloniale le 30/11/1917. Promu maréchal des logis le 16/04/1918. Classé au dépôt de remonte de […] le 01/04/1919. Mis en congé de démobilisation le 22/08/1919, dépôt démobilisateur du 58e régiment d’artillerie. Se retire à Blaye. Affecté pour la mobilisation au 58e régiment d’artillerie coloniale. Passé à la classe de mobilisation 1907 le 01/10/1923. Classé sans affectation le 01/08/1927. Dégagé des obligations du service militaire par la loi du 31/05/1928 mis à disposition du ministère de la guerre pour la défense passive.

Médaille commémorative serbe (1932).

Marié à Blaye le 17/09/1919 avec Jeanne Marie Louise Langlais (2 enfants Georges né en 1920 et Colette née en 1924)

 

 

PELLERIN Eugène Louis (Estouteville-Ecalles 1875 -  )

43e régiment d’artillerie, 2e escadron d’étapes

Carte-photo, adressée depuis Saint-Cloud, 01-02/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

Saint-Cloud, 43e RAC 2e escadron d'étapes, correspondance Eugène Pellerin, Albert henri Rendu   Saint-Cloud, 43e RAC 2e escadron d'étapes, correspondance Eugène Pellerin, Albert henri Rendu

Garçon boucher à Rouen, à l’incorporation ; Boucher à Barentin (1913)

Registre de matricule, bureau de Rouen nord, classe 1895, matricule n°2495

Incorporé le 14/11/1896 au 11e régiment d’artillerie, 2e canonnier conducteur. Passé avec son grade au 19e escadron du train le 07/05/1897 soldat ordonnance. Envoyé en congé le 20/09/1899. Réserve de l’armée active le 01/11/1899. A accompli deux périodes d’exercices au 22e régiment d’artillerie du 16/10 au 12/11/1902 et du 29/01 au 25/02/1906.Passé dans l’armée territoriale le 01/10/1909.

Mobilisé le 31/08/1914 au groupe territorial du 43e RAC (canonnier, groupe territorial du 43e régiment d’artillerie, 2e escadron d’étapes).

Passé au 4e régiment du génie le 01/04/1916. Passé dans la réserve de l’armée territoriale le 01/04/1916. Passé au 2e régiment du génie le 01/02/1917.Passé au 1er régiment du génie le 07/01/1919. Mis en congé illimité de démobilisation le 17/01/1919 par le dépôt démobilisateur du génie à Bernay. Libéré du service militaire le 10/11/1924.

Adresses connues : Barentin, rue nationale (1901-1919)

 

 

PICHOIS Léon Louis (Ivry-sur-Seine 1896 – Paris 1998)

43e RAC, 2e groupe, 6e batterie, 4e pièce

Carte postale, adressée depuis Caen, 22/04/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

43e RAC 63e batterie Caen Louis Léon Pichois 22    10 Caen, correspondance, 43e RAC 63e batterie Caen 22

Epicier à Montrouge, domicilié 57 rue d’Orléans à l’incorporation

Registre de matricule, 3e bureau de la Seine, classe 1916, matricule n°5039

Incorporé le 10/04/1915 au 43e RAC (2e groupe, 6e batterie, 4e pièce au 22/04/1915). Brigadier le 14/01/1916. Passé au 10e régiment d’artillerie le 01/04/1917. Nommé maréchal des logis le 23/04/1917. Passé au 109e régiment d’artillerie le 05/10/1918.Passé au 61e régiment d’artillerie de campagne le 20/07/1919. Passé au 109e régiment d’artillerie lourde le 03/11/1919. Mis en congé illimité de démobilisation le 25/09/1919. Se retire à Fontenay-sous-Bois, 39 avenue de la Dame Blanche. 

1 citation (1918), croix de guerre.

Nommé sous-lieutenant de réserve à titre définitif le 05/07/1921, rang du 23/01/1920. Affecté au 109e régiment d’artillerie lourde le 07/09/1922. Promu lieutenant de réserve le 23/12/1923 rang du 23/01/1924. Affecté au centre de mobilisation d’artillerie n°9 le 01/12/1928. Effectue deux périodes d’exercices au 109e régiment d’artillerie du 21/08 au 10/09/1933 et du 09/09 au 22/09/1935. Passé dans la classe de mobilisation de 1912 comme père de 2 enfant le 23/05/1940.

Adresse connue : Paris, 3 rue Demours (1923)

 

 

PINET Pierre Albert (Châtillon-en-Diois 1871 – Paris 1919)

Adjudant, 43e régiment d’artillerie, groupe territorial

Caen,quartier Claude Decaen, groupe territorial du 43e RACPierre Albert Pinet - Copie

Carte-photo adressée de Caen, 06/08/1915. Mise en contexte :  Le 43e RAC, 1914-1918

Caen,quartier Claude Decaen, groupe territorial du 43e RACPierre Albert Pinet    Caen,quartier Claude Decaen, groupe territorial du 43e RAC Pierre Albert Pinet correspondance

Garçon de café, domicilié à Paris, 244 rue de Charenton à l’incorporation

Registre de matricule de la Seine, 2e bureau, classe 1891, matricule 2819

Parti le 14/11/1892por le 15e régiment d’artillerie. Arrivé au corps le dit-jour 2e canonnier conducteur. Brigadier le 02/10/1893. Maréchal des logis le 02/04/1894. Maréchal des logis fourrier le 09/04/1895. Envoyé en congé le 24/09/1895.

Rengagé pour deux ans le 07/03/1896 au titre du 22e régiment d’artillerie. Maréchal des logis le 07/05/1896. Sous-chef artificier le 28/04/1897. A contracté un 2e engagement de 3 ans le 02/10/1897 à compter du 07/05/1898. Rengagé le 24/04/1900 pour 3 ans à compter du 07/05/1901.

Maréchal des logis chef le 06/04/1901. Nommé adjudant le 21/08/1903. Rengagé le 14/10/1903 pour deux ans à compter du 07/05/1906 pour trente mois. Blessures : a été atteint le 07/01/1904 au cours d’un exercice de saut d’obstacles d’une contusion du périnée et du scrotum. Commissionné le 07/11/1908. Rayé des contrôles le 01/12/1908 ayant fait valoir ses droits à la retraite proportionnelle par suite de nomination de commis ambulant aux octrois de Paris.

Affecté dans la réserve territoriale au régiment d’artillerie de corps à Versailles. Passé dans la réserve de l’armée territoriale le 01/11/1911, groupe territorial du 22e régiment d’artillerie puis au groupe territorial du 43e régiment d’artillerie.

Passé au 11e régiment d’artillerie à pied le 30/08/1915, parc d’artillerie de la place de Noyon. Passé au 36e régiment d’artillerie le 20/08/1916. Proposé pour la réforme le 21/04/1917 pour bronchite bacillaire double et surdité bilatérale très accentuée (imputable au service – aggravé) par la commission spéciale de La-Roche-sur-Yon. Admis à la réforme le 02/09/1917, rayé des contrôles le 19/09/1917. Se retire à Paris, 22 rue de la Clef.

Marié à Paris 15e avec Hortense Mirebeau le 01/08/1901 (maréchal des logis chef au 22e d’artillerie à Versailles). Décédé le 05/04/1919 à Paris 5e arrondissement à son domicile 22 rue de la Clef (employé d’octroi).

 

 

POUPARD Jules Lucien (Bournainville 1888 – Drucourt 1968)

Brigadier, 43e RAC, 2e groupe, 5e batterie

Carte-photo adressée de Rouen, 15/10/1909. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

11e RAC 14e batterie Rouen 15    11e RAC 14e batterie Rouen 15

Clerc d’huissier à Bournainville à l’incorporation, huissier à Bourtheroulde (démissionnaire en 1916)

Registre de matricule, bureau de Bernay, classe 1908, matricule n°327

Incorporé au 11e régiment d’artillerie soldat de 2e classe et arrivé au corps le 07/10/1909 [14e batterie]. Brigadier le 26/09/1910. Passé au 11/43e régiment d’artillerie le 01/10/1910. Passé au 43e régiment d’artillerie, brigadier le 01/01/1911. Passé dans la disponibilité de l’armé active le 24/09/1911. A effectué une période d’exercices au 43e RAC du 25/09 au 17/10/1913.

Rappelé à l’activité le 03/08/1914, 43e RAC, 5e batterie le 04/08/1914. Nommé maréchal des logis le 18/10/1915. Passé au 101e régiment d’artillerie lourde le 01/03/1918. Mis en congé illimité de démobilisation par le 103e RAL le 24/07/1919.Se retire à Bourgtheroulde.

Passé au 27e RAC le 16/07/1919. Affecté au 43e régiment d’artillerie le 01/08/1921.Passé dans la position « sans affectation » le01/08/1927. Libéré des obligations militaires le 15/10/1937.

Croix de guerre, 1 citation à l’ordre du régiment (1917)

Marié à Broglie le 10/11/1917 avec Germaine Bocquier (registre d’Etat-Civil acte de naissance)

Adresses connues : Rouen,12 rue Jeanne d’Arc (1913) ; Bourgtheroulde, rue Grande (1914) ; Grand-Couronne (1922).

 

 

POUPINEL Ernest Auguste Marie (Caen 1896 – Caen 1925)   

Canonnier 2e classe, 43e régiment d'artillerie

Carte postale adressée de Versailles, 15/01/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

43e RAC Versailles camp de Satory correspondant Poupinel Eugène Auguste Marie 01     43e RAC Versailles camp de Satory Ernest Poupinel 05

Electricien à Caen, domicilié rue Guillaume le Conquérant lors de son engagement

Registre de matricule, bureau de Caen, classe 1914, engagés volontaires, matricule n°1415

Registre de matricule, bureau de Caen, classe 1916, matricule n°1415

Engagé volontaire pour 4 ans le 15/10/1914 à la mairie de Caen au titre du 43e régiment d’artillerie. Arrivé au corps canonnier de 2e classe le 17/10/1914. Passé au 8e régiment du génie le 03/03/1916.

Envoyé en congé de démobilisation par la compagnie du génie à Bernay le 12/10/1919. Se retire à Caen, 47 Boulevard Leroy.

Intérieur du 17/10/914 au 24/09/1915 ; aux armées du 25/09/1915 au 11/10/1919.

Médaille de la Victoire ; Médaille commémorative de la guerre.

Passé dans la réserve au 8e régiment du génie. Passé par organisation au 18e régiment du génie bataillon de Lille le 15/07/1923 pour tuberculose pulmonaire en évolution. Ziehl positif. Etat général médiocre. Décédé à Caen le 08/02/1925.

 

 

PREVOST René Auguste Désiré (Moyaux 1896 – Lisieux 1983)

2e canonnier, 43e régiment d'artillerie

Carte postale adressée de Caen, 21/03/1916. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

05 Caen, Quartier Claude Decaen, René Auguste Désiré PREVOST, 43e RAC, correspondance novembre 1916    05 Caen, Quartier Claude Decaen, René Auguste Désiré PREVOST, 43e RAC, correspondance novembre 1916

Commis de perception à Moyaux l’incorporation ; Percepteur des contributions directes à Argences (1933) ; Receveur particulier des finances (1933).

Registre de matricule, bureau de Lisieux, classe 1916, matricule 65

Incorporé au 43e régiment d’artillerie le 10/08/1916, 2e canonnier ledit jour. 1er canonnier le 15/03/1917.

Parti aux armées le 29/04/1918 avec le 8e bataillon du 1er R.A.P. Passé au 205e régiment d’artillerie le 05/05/1918. Nommé brigadier le 23/05/1918. Nommé maréchal des logis le 01/03/1919. Affecté au P.A.D 133, 41e SMI le 16/02/1919. Passé à la 44e batterie le 01/06/1919.Passé à la 13e batterie le 01/07/1919. Passé au 21e régiment d’artillerie le 01/07/1919. Passé le12/07/1919 P.H.R. Envoyé en congé de démobilisation le 19/09/1919, dépôt de démobilisation du 103e régiment d’artillerie. Se retire à Moyaux.

Passé au 43e régiment d’artillerie de campagne le 01/01/1924. Passé par changement de domicile dans la subdivision d’Amiens le 11/07/1935. Passé au C.M. d’infanterie 22 21 T le 20/11/1936. Passé dans la position « sans affectation » le 15/01/1938. Classé dans l’affectation spéciale au titre du tableau III de la trésorerie générale du Nord comme receveur particulier des finances pour une durée de 3 mois par décision du Général commandant la 1ère région du 29/06/1939. Passé par changement de domicile à la subdivision de Lille le 18/07/1939. Maintenu dans l’affectation spéciale le 02/09/1939 prorogée jusqu’au 01/02/1940. Rayé de l’affectation spéciale le 26/06/1940. M.T.O.M. le 15/04/1943. Dégagé des obligations militaires le 01/12/1943.

Adresses connues : Moyaux( 1919) ; Saint-Laurent de Condel (1921) ; Argences (1925) ; Vaux-sur-Laon, Hôtel d’Angleterre (1933) ; Laon, chez M.Fortin, n°9 impasse Sainte-Geneviève (1933) ; Amiens,7 rue Alexandre Fatton (1934) ; Amiens, rue Robert de Luzarches (1935) ; Lille, 29 rue d’Angleterre (1937, 1939).

Croix de guerre étoile de bronze, 1 citation (brigadier éclaireur) à l’ordre de l’A.D.133 (1918)

 

QUILAN Raoul Eugène Alexis (Offranville 1881 - Dieppe 1919)

Brigadier trompette ?, 43e régiment d'artillerie, 63e batterie

Carte postale adressée de Versailles, 25/08/1914. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

43e RAC 63e batterie, Raoul Eugène Quilan 25   43e RAC 63e batterie, Raoul Eugène Quilan 25

Porteur de pain à Offranville à l’incorporation ; Boulanger (1927)

Registre de matricule, bureau de Rouen nord, classe 1901, matricule n°1827

Incorporé au 22e régiment d’artillerie 2e canonnier conducteur le 15/11/1902. Trompette le 06/04/1903. Brigadier trompette le 22/09/1903. Envoyé en congé le 24/09/1905.

A accompli une première période d’exercices au 22e régiment d’artillerie du 08.03 au30/03/1909. A accompli une seconde période d’exercices au 43e régiment d’artillerie du 09/02 au 25/02/1911.

Mobilisé le 3/08/1914 au 43e régiment d’artillerie (affecté à la 63e batterie  cf. cp. oblitération du 28/08/1914). Passé au 103e régiment d’artillerie lourde le 19/09/1917. Mis en congé illimité de démobilisation le 28/02/1919 par le centre démobilisateur du 11e régiment d’artillerie à Rouen. Affecté dans la réserve au 103e régiment d’artillerie lourde le 15/11/1921. Classé dans la position « sans affectation » le 16/01/1927.

Marié le 28/09/1908 à Offranville avec Angèle Louise Adrienne Boudet (Offranville 1883 - ). Rattaché à la classe LPA père de 1 enfant le 19/12/1927.

Adresses connues : Tourville-sur-Arques (1909-1919) ; Rouxmesnil-Bouteille (1927).

 

RAGONDET Charles (Paris 1891 - )

Canonnier 2e classe,  43e RAC, 1er ou 2e groupe

Carte postale de Rouen, 1913. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen - Manoeuvres d'artillerie au Champ de Mars    Rouen - Les baraquements au Champs de Mars - (Carte postale, Cliché Belville)Charles Ragondet corresp

Chaudronnier à Paris 15e à l’incorporation

Registre de matricules, 2e bureau de la Seine, classe 1911

Incorporé au 43e régiment d’artillerie de campagne à compter du 09/12/1912, canonnier 2e classe. Brigadier le 08/09/1914. Maréchal des logis le 01/10/1915.

Passé dans la réserve de l’armée active le 01/10/1915. Cassé de son grade et remis soldat de 2e classe. Passé au 103 régiment d’artillerie lourde le 03/10/1915.Passé au 81e régiment d’artillerie lourde le 20/01/1916. Brigadier le 25/06/1918. Affecté au réseau des chemins de fer de l’état le 25/01/1919. Classé dans l’affectation spéciale le 10/05/1919 comme employé permanent de l’administration des chemins de fer de l’état (chaudronnier). Radié du contrôle de l’affectation spéciale le 12/01/1923, affecté au 32e régiment d’artillerie lourde à tracteurs.

Sans affectation le 01/09/1927. Réformé définitivementn°2 sur pièces décisions de la 4e commission de réforme de la Seine du 25/01/1935, tuberculose pulmonaire, 2e laryngite avec légère dysphonie non imputable. Rejet de pension notifié le 08/07/1935.

Cité à l’ordre du régiment (1918). Croix de guerre.

Marié le 23/10/1913 à Paris 15e avec Georgette Juliette Louise Riquier.

Adresses connues : Chaville,35 rue de Jouy (1923) ; Vélizy, 36 rue de la forêt (1924).

 

 

RENDU Albert Henri (Gueutteville 1877 - )

43e régiment d'artillerie, groupe territorial

(cf. correspondance Eugène Pellerin)

Saint-Cloud, 43e RAC 2e escadron d'étapes, correspondance Eugène Pellerin, Albert henri Rendu

Figure sur le cliché au côté d'Eugène Louis Pellerin auteur de la correspondance

Boucher à Pavilly à l’incorporation (sait tuer)

Registre de matricule, Rouen nord, classe 1897, matricule n°1060

Incorporé le 15/11/1899 au 11e régiment d’artillerie, 2e canonnier conducteur. Brigadier le 06/10/1900. Envoyé en congé le 21/09/1901. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/11/1901. A accompli deux périodes d’exercices au 11e régiment d’artillerie, du 19/09 au 16/10/1904 et du 28/10 au 24/11/1907. Passé dans l’armée territoriale du 01/10/1911.

Mobilisé le 06/08/1914 au groupe territorial du 43e régiment d’artillerie.

Passé au 3e escadron du train le 17/04/1916, puis au 17e escadron du train, puis au 19e escadron du train.

Libéré du service militaire le 10/11/1926.

Adresse connue : Saint-Ouen-du-Breuil (1907-1919).

 

 

RIGAULT Jules Louis (Dammartin-sur-Tigeaux 1880 - )

Adjudant, 43e régiment d'artillerie, 31e S.M.I. du 8e CA

43e RAC 31e SMI, Jules Rigault et sa famille 01

Carte-photo,prise dans le parc du château de Nantines,18/11/1915 (en haut) ; carte-photo en copagnie de sa famille à Verneuil-su-Avre, 01/1916 (en bas). Mise en contexte :  Le 43e RAC, 1914-1918

Suippes, Parc du château de Nantines, hommes du 31e SMI, 43e RAC novembre 1915    Suippes, Parc du château de Nantines, hommes du 31e SMI, 43e RAC CPA

Jules Rigault homme du 31e SMI, 43e RAC et sa famille   Jules Rigault homme du 31e SMI, 43e RAC et sa famille correspondance

A droite au côté de Victor Clément Achille Savey-Genaz (en haut) ; avec sa famille (en bas)

Garde particulier à Dammartin-sur-Tigeaux à l’incorporation

Registre de matricule, bureau d’Alençon, classe 1900, N°763 (visionneuse p. 400)

Incorporé le 15/11/1901 au 31e régiment d’artillerie, 2e canonnier conducteur. Brigadier le 06/10/1902. Maréchal des logis le 25/07/1903. Envoyé en congé le 23/09/1904. Passé dans la réserve de l’armée active le 01/11/1904. A accompli une première période d’exercices au 31e régiment d’artillerie du 30/09 au 27/10/1907. Passé à Dreux par changement de domicile, affecté au 11e RAC le 11/01/1910 A accompli une seconde période d’exercice au 11e régiment d’artillerie du 03/11 au 19/11/1910. Passé au 43e RAC le 01/10/910.

Rappelé à l’activité le 01/08/1914 arrivé au corps du 43e régiment d’artillerie le 03/08/1914. Passé dans l’armée territoriale le 01/10/1914. Adjudant le 23/08/1914 (31e S.M.I. du 8e CA cf. carte photo du 18/11/1915).

Passé au 19e régiment d’artillerie le 01/04/1917 (Armée d’orient). Mis en congé de démobilisation le 28/04/1919. Classé dans la réserve au 43e RAC, sans affectation le 15/11/1926.

1 citation à l’ordre de l’AD13, médaille commémorative d’Orient

Adresses connues : Paris, 7-9 rue Eugène Gibez (février 1905) ; Chandai (novembre 1905) ; Paris, 49 rue Saint-Dominique (avril1907) ; Les Barils (1907-1910) ; Verneuil-sur-Avre (1919).

 

 

ROBAC Pierre Jules (Saumon-la-Poterie 1889 - Mésangueville 1964)

2e cannonnier servant, 43e RAC, 1er ou 2e groupe

Carte-photo, Rouen, 01/1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, scellerie du 43e RAC 1911-1914   Rouen, caserne Jeanne d'Arc, scellerie du 43e RAC Lefebvre, Marcotte, Robac 1911 corresp

Bourrelier à Gournay-en-Bray à l’incorporation, puis à Yvetot (1912) et Hodeng-Hodenger (1914) cultivateur (1924-1937)

Registre de matricule, bureau de Rouen-Nord, classe 1909, matricule 169

Incorporé au 11e RA le 5/10/1910, 2e canonnier-servant. Passé au 43e RAC le 01/01/1911, 2e canonnier-servant. Envoyé dans la disponibilité le 25/09/1912

Mobilisé le 03/08/1914 au 43e RAC. Passé au 30e régiment d’artillerie de campagne le 16/11/1918. Passé au 31e régiment d’artillerie coloniale le 14/12/1918. Mis en congé de démobilisation le 01/04/1919, centre de démobilisation du 11e régiment d’artillerie. Se retire à Hodeng-Hodenger.

Affecté dans la réserve au 103e régiment d’artillerie lourde le 25/09/1921.Passé au 3e bataillon d’ouvriers d’artillerie le 01/10/1921. Classé dans la position « sans affectation » le 01/03/1927. Affecté au CMI32 (33e régiment de travailleurs) le 10/1925. Classé « sans affectation » le 15/01/1938. Dégagé du service militaire le 11/10/1938.

Marié le 25/05/1910 à  Hodeng-Hodenger avec Albertine Henriette Colon. Une fille Marie Thérèse Micheline, née en 1918 à  Hodeng- Hodenger

Adresses connues : Yvetot, rue du colonel Truppel (1912) ; Hodeng-Hodenger, hameau de Hodenger (1914) ; Beauvoir-en-Lyons, hameau du Mont-Real (1928) ; Hodeng-Hodenger, le bourg (1937).

 

 

ROGER Joseph Henri (Roumare 1894 – Roumare 1977)

Brigadier, 43e régiment d'artillerie

Carte-photo, 1914. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen ?, 43e RAC, groupe d'artilleurs avec sous-officiers vers 1913    43e RAC Classe 1914 Joseph Henri Roger corresp

Ouvrier d’usine à Roumare à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Rouen nord, classe 1914, matricule n°1251

Incorporé au 43e à compter du 01/09/1914, arrivé au corps le 03/09/1914, 2e canonnier ledit jour. Brigadier le 08/01/1915.

Passé au 22e régiment d’artillerie le 10/09/1915. Maréchal des logis le 23/11/1915. Passé au 10e régiment d’artillerie à pied le 01/12/1916. Passé au 88e régiment d’artillerie le 01/04/1917, 11e batterie. Mis en congé de démobilisation le 13/09/1919, dépôt démobilisateur du 103e régiment d’artillerie. Se retire à Roumare.

Affecté au 82e régiment d’artillerie lourde à tracteurs, puis au 182e régiment d’artillerie lourde à tracteurs. Passé à la 22e section d’infirmiers militaires le 01/04/1927. Classé sans affectation le 01/03/1932. Affecté à la 3e section d’infirmiers militaires le 15/01/1938.

Croix de guerre étoile de bronze, 1 citation à l’ordre du 88e RAL (chef de pièce1918) ; Distinction étrangère italienne (1916).

Marié à Roumare le 24/08/1918 avec Alice Louise Irénée Desveaux

 

 

SAINT-GERMAIN Florent Emile (Saint-Germain-le-Vasson 1892 - )

Canonnier 2e classe, 43e RAC

43e RAC Caen infirmiers, mars 1914

Carte-photo, adressée de Caen, 10/03/1914. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

08 Caen, Quartier Claude Decaen, groupe 1914, infirmiers   43e RAC Caen infirmiers, mars 1914

Menuisier à Saint-Sylvain à l’incorporation ; modeleur

Registre de matricule, bureau de Falaise, classe 1912, matricule n°201

Incorporé au 43e régiment d’artillerie le 08/10/1913, canonnier de 2e classe. Classé dans le service auxiliaire et maintenu à son corps sur proposition de la commission de réforme de Caen du 07/11/1913 pour arthrite de l’épaule droite avec ankylose partielle. Classé dans le service armé par décision de la commission de réforme de Versailles du 28/10/1914.Classé service auxiliaire pour albumine chronique sur proposition de la commission spéciale de réforme de Caen du 25/10/1915.

Passé au 129e régiment d’infanterie le 01/07/1917, détaché à la Société normande de métallurgie le 11/07/1917. Placé le 04/06/1919 en sursis d’appel jusqu’au 31/08/1919 comme charron à Saint-Sylvain. Envoyé en congé illimité de démobilisation le 27/08/1919 dépôt démobilisateur du 43e régiment d’artillerie. Se retire à Saint-Sylvain.

Affecté le 01/06/1921 au 31e régiment d’artillerie de campagne hippomobile (plan P). Affecté réserves (plan A) au 43e RAC le 01/01/1924.Placé dans la position « sans affectation » le 01/09/1927. Affecté à l’atelier de fabrication de Caen à compter du 14/03/1938. Rappelé à l’activité le 02/09/1939, arrivé à l’atelier ledit jour. Classé dans l’affectation spéciale menuisier à l’atelier de fabrication de Caen du 23/03/1940.

Adresses connues : Saint-Sylvain, chez M. Germain (1919) ; Saint-Sylvain, Place de l’église (1923).

 

 

SAVEY-GERRAZ Victor Clément Achille (Paris 1881 - )

43e régiment d'artillerie, 31e S.M.I. du 8e CA

43e RAC 31e SMI Suippes, Parc du château de Nantines, Achille Savey-Gennaz et Jules Rigault 18

(cf. correspondances : Jules Rigault)

Suippes, Parc du château de Nantines, hommes du 31e SMI, 43e RAC novembre 1915    Suippes, Parc du château de Nantines, hommes du 31e SMI, 43e RAC CPA

Jules Rigault homme du 31e SMI, 43e RAC et sa famille   Jules Rigault homme du 31e SMI, 43e RAC et sa famille correspondance

A gauche au côté de Jules Louis Rigault auteur de la corresondance (en haut) ; correspondance adressée par Jules Louis Riguault (en bas)

Cocher à Glisolles à l’incorporation ; Boulanger

Registre de matricule, bureau d’Evreux, classe 1901, n°62

Incorporé au 22e régiment d’artillerie à compter du 16/11/1902, 2e canonnier conducteur. Passé au 19e escadron du train des équipages le 10/12/1903. Envoyé dans la disponibilité le 25/09/1905. Réserve de l’armée active le 01/11/1905, passé au 11e régiment d’artillerie. A accompli une première période d’exercices au 11 régiment d’artillerie du 23/09 au 15/10/1909.  Passé au 43e régiment d’artillerie de campagne le 01/10/1910, y a accompli une 2e période d’exercices au 43e régiment d’artillerie du 09/02 au 25/02/1911.

Rappelé à l’active par décret de mobilisation générale du 01/08/1914, arrivé au corps du 43e RAC, 63e batterie. Parti aux armées le 01/07/1915 à la 31e section de munitions d’infanterie.

Passé à la 12e section de C.O.A. le 17/05/1916. Dirigé sur le 9e bataillon du 40e régiment d’infanterie le 15/02/1917, passé au 40e régiment d’infanterie le 19/02/1917. Affecté à la TM 388 le 20/03/1917. Affecté à la TM 794 le 03/06/1917. Mis en congé illimité de démobilisation par le 3e escadron du train le 06/03/1919. Se retire à la Bonneville. Maintenu service armé, invalidité de 10% à titre documentaire, sans filiation pour pleurite de la base gauche (imputable au service). Décision de la commission de réforme de Rouen, du 02/04/1928. Libéré du service militaire le 15/10/1930.

Adresse connue : La Bonneville (1914-1928)

 

 

SEGUR Victor Arsène Adrien (Saint-Blimont 1888 - )

43e RAC, 62e batterie, 3e pièce

Carte-postale, adressée de Caen, 05/08/1917. Mise en contexte :  Le 43e RAC, 1914-1918

43e RAC 62e batterie, Caen Victor Segur 09     10 Caen, correspondance,1917, Victor Segur, canonnier au 43e RAC, 62e batterie, 3e pièce, adressée à sa famille depuis le dépôt du 43e RAC à Caen (oblitération du 05 septembre 1917)

Serrurier à l’incorporation ; tourneur sur cuivre

Registre de matricule, bureau d’Abbeville, classe 1908, matricule n°926

http://recherche.archives.somme.fr/ark:/58483/a011403112156A6125M/1/1

Exempté en 1910 pour faiblesse générale. Maintenu exempté par décision du conseil de révision de la Somme (Saint-Valéry) le 16/12/1914.

Classé dans le service auxiliaire le 31/03/1917, par décision commission de réforme d’Abbeville pour œil droit perdu, œil gauche normal.

Affecté le 09/05/1917 et convoqué au 43e RAC. Arrivé au corps le 16/05/1917. 43e RAC, 62e batterie, 3e pièce (cf.cp du 05/08/1917).

Passé au 83e Régiment d’artillerie lourde le 22/06/1917. Arrivé aux armées du Nord et du Nord-Est le 24/06/1917. Passé au 121e Régiment d’artillerie lourde le 01/10/1918. Mis en congé de démobilisation le 21/07/1919

Domiciles connus : Paris, 35 rue du Général Foy (1925), Paris, 18 rue Gay-Lussac (1928), Paris, 20 rue du Jardin des Plantes (1934)

Marié le 28/04/1916 à Saint-Blimont avec Adèle Legueult

 

 

THIROUIN Pierre Georges (Chartres 1889 - )

Brigadier puis maréchal des logis, 43e RAC,  2e ou 3e groupe

Carte-photo, adressée de Rouen, 28/01/1911 (en haut) ; carte postale adressée de Mailly-le-Camp, 19/08/1911 (au centre) ; carte-photo adressée de Rouen, 30/08/1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC au 276 la fuite (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)   Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC au 276 janvier 1911 Pierre Georges Thirouin corresp

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)    Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie Pierre Georges Thirouin cooresp

 

Présenation de l'étendard du 43e régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)   Rouen -Présenation de l'étendard du 43e régiment d'artillerie 30

Employé de bureau à Levallois à l’incorporation ; Industriel potier d’étain ; Chef comptable et 1er coursier ; Comptable

Registre de matricule, 2e bureau de la Seine, classe 1909, matricule 2957

Incorporé à compter du 03/10/1910 au 11e régiment d’artillerie de campagne. Passé au 43e régiment d’artillerie le 01/01/1911. Brigadier le 16/04/1911. Maréchal des logis le 01/10/1911. Passé dans la disponibilité le 25/09/1912. Maréchal des logis fourrier le 29/10/1913.

Mobilisé le 03/08/1914 au 3e régiment d’artillerie coloniale. Maréchal des logis chef le 01/10/1914. Passé au 1er régiment de génie le 11/10/1915.Passé au 21e régiment de génie le 01/07/1917. Démobilisé par le 1er régiment de génie le 03/07/1919. Passé à la classe de mobilisation 1907 le17/04/1920. Passé au 17e régiment de génie le 26/04/1921. Affecté au 1er régiment de génie le 01/03/1926. Classé sans affectation le 01/09/1927.

Adresses connues : Levallois-Perret, 30 rue Chevallier (1910, 1911) ; Levallois-Perret, 36ter rue Rivay (1914, 1919) ; Levallois-Perret, 75 rue Gravel (1929).

 

 

THOMANN Paul Jean André (Argenteuil 1898 - Argenteuil 1977)

43e régiment d'artillerie, 72e batterie, 15e pièce

Carte de correspondance, adressée de Caen, 19/07/1917. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

10 Caen, correspondance, 1917, Paul Thomann, 43e RAC, 72e batterie 15e pièce   10 Caen, correspondance, 1917, Paul Thomann, 43e RAC, 72e batterie 15e pièce

Etudiant en sciences, (candidat à l’école centrale) Domicilié 15 rue Victor Puiseux à Argenteuil à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Versailles, classe 1918, matricule n°6295

Incorporé le 16/04/1917 au 43e RAC 2e canonnier servant (72e batterie 15e pièce cf. cp du 19/07/1917). Nommé aspirant temporaire le 25/12/1917 et affecté au 121e régiment d’artillerie. Passé le 05/02/1918 au 118e régiment d’artillerie lourde. Passé le 15/09/1918 au 115e régiment d’artillerie lourde.

Proposé pour une pension de retraite de 5e classe n°43, invalidité 65%

 

 

THOURY

Maréchal des logis, 43e RAC, 2e ou 3e groupe

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie James Ernest Paquereau porttrait Thoury

Carte postale et carte-photo, prise de vue réalisée à Rouen, 18/07/1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte postale coll. Verney-gandeguerre)    Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-gandeguerre)

Figure sur les clichés à gauche, en compagnie de l'adjudant Bourgoin (porte drapeau au centre) et du maréchal des logis Etienne Julien Gloeser (à droite)

 

 

THUILLIER Lucien Gustave Thadée (Auberville-la Manuel 1888- )

Maître pointeur, 43e RAC, 2e ou 3e groupe

Rouen caserne Jeanne d'Arc, janvier 1911, 43e RAC, Lucien Thuilier - Copie

Carte-photo, adressée de Rouen, 18/01/1911. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, nettoyage d'une pièce de 75, janvier 1911   Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, nettoyage d'une pièce de 75, janvier 1911 correspondance

Tourneur sur métaux à Graville-Sainte-Honorine à l’incorporation

Registre de matricule, bureau du Havre, classe 1908  n°261

Incorporé au 11e régiment d’artillerie le 06/10/1909 canonnier 2e classe. Maître pointeur le 26/09/1910. Passé au 11/43 le 01/10/1910. Passé au 43e RAC le 01/01/1911. Renvoyé dans ses foyers le 24/09/1911. Se retire à Graville.

Effectue une période d’instruction au 43e RAC du 25/02 au 19/03/1913.

Mobilisé arrivé au corps du 43e RAC le 3 août 1914, 2e groupe, 6e batterie. Détaché à la Société alsacienne à Belfort le 18/08/1915. Détaché chez Schneider au Havre le 29/10/1915. Passé au 129e RI le 01/07/1917. Mis en congés illimités le 25/07/1919

Adresses connues Le Havre,17 rue Hélène (1914), Le Havre,17 rue Jules Tellier.

Marié au Havre le 16/01/1914 avec Suzanne Françoise Zoé Chirois (registre état-vivil Le Havre). Employé à la Société Electromécanique du Havre (1935)

 

 

TOURANT Henri Hyacinthe Edmond (Sanvic [Le Havre] 1892 - )

Carte photo, réalisée à Rouen, 1915. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940; Carte de correspondance adressée depuis Caen, 08/12/1915 ; Carte de correspondance, envoyée depuis Caen par Georges Hertoux, 11/03/1915 (en bas)

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC, groupe de réparation section D    Rouen, caserne Jeanne d'Arc, artilleurs du 43e RAC, groupe de réparation section D Henri Hyacinthe Edmond Tourant 1913 corresp

43e RAC Correspondance aux Armées Henri Hyacinthe Edmond Tourant 10    43e RAC Correspondance aux Armées Henri Hyacinthe Edmond Tourant 10

43e RAC Correspondance aux Armées Georges Hertoux 9e HR Henri Hyacinthe Edmond Tourant 11    43e RAC Correspondance aux Armées Georges Hertoux 9e HR Henri Hyacinthe Edmond Tourant 11

Mécanicien à La Rivière Saint-Sauveur à l’incorporation ; tourneur (1916) ; ajusteur (1929)

Registre de recrutement, bureau de Lisieux, classe 1912, matricule 754

Incorporé au 43e régiment d’artillerie le 01/10/1913, arrivé au corps le 10/10/1913 canonnier de 2e classe (équipe de réparation section D cf. cp Rouen 1913). Aux armées du 02/08/1914 au 07/12/1915, parc d’artillerie de la 5e armée du 03/08/14 au 01/08/1915 ; Parc d’artillerie du 33e corps d’armée du 16/08/1914 au 07/12/1915 (centre de réparation cf. c.p. 09/03/1915). Détaché à la Société Chaléas Diéré à Saint-Etienne du 08/12/1915 au 10/08/1917 (cf. c.p.08/12/1915). Passé au 53e régiment d’artillerie le 13/04/1917 (aux armées). Passé au 38e régiment d’infanterie le 01/07/1917. Passé au 56e régiment d’artillerie le 20/06/1919. Passé au 101e régiment d’artillerie lourde le 02/08/1914. Passé au 15e régiment d’artillerie le 05/08/1919. Envoyé en congé de démobilisation le 25/08/1919, dépôt de démobilisation du 103e régiment d’artillerie lourde. Se retire à à la Rivière-Saint-Sauveur.

Affecté dans la réserve au 104e régiment d’artillerie lourde. Passé au 43e RAC le 01/01/1924. Classé affecté spécial au titre de l’établissement Schneider au Havre comme ajusteur le 11/04/1929. Passé d’office en domicile à la subdivision du Havre le 11/06/1929. A été DTOM le 25/10/1941. CPM à l’int. le 10/01/1961 sup. 91 R 7 DOM.

Marié à Saint-Etienne en novembre 1916 ? avec Catherine Sauvignet

Adresse connue : Saint-Etienne, 6 rue de la vapeur (1916) ; Le Havre, 8 impasse Bretteville (1926) ; Le Havre, 11 rue Regnard (1927) ; Le Havre, 211 rue Aristide Briand (1941) ; Le Havre, 309 rue Artiside Briand (1961).

 

 

TOURNEBŒUF Clovis Louis Valentin (Semur-en-Vallon 1895 -  )

2e canonnier conducteur, 43e régiment d'artillerie, détaché à la Pyrotechnie militaire de Caen

Carte postale adresée de Caen, 08/03/1918. Mise en contexte : Pyrotechnie militaire de Caen et 43e RAC

Pyrotechnie militaire de Caen Clovis Tourneboeuf 08     Pyrotechnie militaire de Caen, cachet, correspondance Clovis Louis Valentin Tourneboeuf 43e RAC,08/03/1918

Garçon de café à Mamers à l’incorporation ; gardien d’immeuble

Registre de matricule, bureau de Mamers, classe 1915, matricule n°1136

Incorporé le 15/12/1914 au 4e régiment de zouaves, zouave de 2e classe. Parti aux armées le 16/04/1915. Blessé à Calonne le 29/04/1915 par balle d’éclat région sous claviculaire gauche, évacué le 01/05/1915, rentré au dépôt le 15/11/1915. Passé au 13e régiment d’artillerie le 03/02/1916, 2e canonnier conducteur. Classé service auxiliaire pour cicatrices adhérentes région pectorale gauche (impotence fonctionnelle) le 22/02/1916, classé inapte2 mois le 23/05/1916. Classé dans le service auxiliaire pour plaie du thorax et de l’épaule, atrophie du deltoïde à gauche (blessure de guerre) le 01/08/1916. Détaché à l’atelier de fabrication de Vincennes le 21/08/1916. Détaché à la fonderie nationale de Nanterre le 19/05/1917. Passé au 5e régiment de génie le 01/06/1917. Relevé d’usine et passé au dépôt des métallurgistes,19 rue d’Estrées à Paris le 17/08/1917.

Passé au 43e régiment d’artillerie le 17/08/1917, arrivé au corps le 25/08/1917 et détaché à la Pyrotechnie Militaire de Caen (cf. cp du 08/03/1918)

Déclaré apte à la zone des armées et armée d’Orient par commission de réforme de Caen le 07/06/1918. Mis en congé illimité de démobilisation le 07/04/1919par le dépôt démobilisateur de Chartres (26e artillerie).

Maintenu service auxiliaire et proposé pour une pension définitive invalidité de 15% (décision de la 2e commission de réforme de la Seine du 04/12/1919) cicatrice adhérente région sous-claviculaire gauche recouvrant une perte de substance musculaire du grand pectoral.

Passé au 33e régiment d’artillerie le 01/06/1921, 9e bataillon d’ouvrier d’artillerie le 01/10/1922, 5e bataillon d’ouvrier d’artillerie le 01/01/1924, 4e groupe spécial le 01/02/1928. Passé dans la position sans affectation le 01/04/1928.

Médaille de la victoire, médaille commémorative de la Grande Guerre.

Adresses connues : Se retire à Semur-en-Vallon (1919) ; Vincennes, 59 rue de Fontenay (1921) ; Paris 15 rue de Chéroy ; Paris 52, rue des Dames (1935) ; Paris, 27 rue Lécluse (1937).

Plusieurs fois condamné pour escroquerie et tentative d’escroquerie (1920-1934).

 

 

TRIPOUT Robert Adrien (Deauville 1892 – Harbonnières 1916)

2e canonnier servant, 43e RAC, 1er groupe, 1ère batterie

Carte-photo, Caen, 1914. Mise en contexte : Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

08 Caen, Quartier Claude Decaen, groupe 1913, 43e RAC,1914, 1ère batterie   Caen, Quartier Claude Decaen, 1ère batterie du 43e RAC Robert Adrien Tripout corresp

Menuisier à Bénerville à l’incorporation

Registre de matricule, bureau de Lisieux, classe 1912, matricule n°345

Incorporé au 43e régiment d’artillerie à compter du 08/10/1913 arrivé au corps le dit jour (1er groupe, 1ère batterie ?). Mortellement blessé le 20/07/1916 2e canonnier servant, 21e batterie du 43e RAC (1er groupe de l’AD53). Sa batterie est alors en position entre Assevillers et Estrées-Deniécourt (Somme). Décédé le 22 juillet 1916 (suites de blessures de guerre) à l’ambulance 1/53 à Harbonnières (Somme).

Médaille militaire à titre posthume (J.O. du 08/08.1919), 1 citation (1918)

Mort pour la France (fiche au nom de Tripont Robert Adrien) 2e canonnier servant.

Inhumé dans la nécropole nationale de Lihons (Somme), sépulture n°3166.

 

 

VARD André Edmond (Criquebeuf-sur-Seine 1893 - Mauthausen 1943)

43e régiment d'artillerie, 63e batterie

Carte postale adressée de Saint-Cloud, 02/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

43e RAC 63e batterie Saint-Cloud Caserne Sully André Edmond Vard 02-1915   43e RAC 63e batterie Saint-Cloud Caserne Sully André Edmond Vard 02-1915 corresp

Dessinateur à Paris XVe à l’incorporation ; Ajusteur traceur (1925) ; Ajusteur (1929) ; Ajusteur mécanicien (1937)

Registre de matricule, bureau de Rouen Sud, classe 1913, matricule n°221

Engagé volontaire pour trois ans le 26/03/1913 à la mairie du 15e arrondissement à Paris. Arrivé au corps du 43e régiment d’artillerie soldat de 2e classe, 7e batterie le 31/03/1913. 63e batterie cf. cp du 02/1915. Brigadier le 11/03/1915.

Passé au 269e régiment d’artillerie de campagne le 07/08/1918. Passé au 58e régiment d’artillerie de campagne le16/08/1919. Envoyé en congé illimité à Pont-de-l’Arche, le 25/08/1919 au dépôt démobilisateur du 104e régiment d’artillerie lourde.

Affecté le 05/09/1923 à la classe 1908 comme père de 2 enfants. Passé au 103e régiment d’artillerie lourde le 01/06/1924. Classé affecté spécial à la Société des hauts-fourneaux, forge et aciéries de Pompey, usine du Manoir à Pîtres (Eure) le16/04/1924, rayé de l’affectation spéciale le 11/08/1928. Classé dans la position dite sans affectation le 17/10/1928. Classé affecté spécial au titre de l’établissement Carel et Fouché et Compagnie, Usine d’Aubevoye près Gaillon (Eure) le 17 mars 1932. Rayé de l’A.S. et classé sans affectation le 15.10.1932. Classé au C.M.I. 32, surveillance des étrangers, unités de travailleurs le 19.12.1934. Classé sans affectation le 15/04/1935. Affecté au C.M.A.308 (32e régiment) le 11/10/1935. Placé en domicile à la subdivision de Rouen le 01/02/1938 et inscrit à la liste au n°649 comme employé aux établissements Forges et Ateliers de Commentry.

Adresses connues : Courcelles-sur-Seine (1929) ; Rue de Caen à Touques (1935), 14 rue de Louvet à Elbeuf (1937 et 1938)

Marié (alors affecté au 43e RAC 7e batterie) le 20 octobre 1916, à Pont-de-l'Arche avec Marthe Suzanne POGNANT (Bernay 1894-Bernay 1988) .

Mort pour la France en déportation (JORF n°157 du 8 juillet 2001). Arrêté dans des circonstances imprécises, interné à Compiègne et déporté dans le cadre de l’opération Ecume de Mer « Aktion Meerschaum », convoi du 16 avril 1943 (Partie I, liste n°93). Matricule au KL Mauthausen 26829, détaché au Kommando de travail de Wiener-Neudorf (usine de moteurs d’avions Flugmotorwerke Ostmark). Décédé le 6 octobre 1943 à Wiener Neudorf. Inhumé à Strasbourg, Nécropole nationale Cronenbourg. [Service historique de la Défense, Caen, Cote AC 21 P 546 643]

 

 

VASSANT Henri Emile Louis (Le Chesnay 1896 - )

Brigadier, 43e régiment d'artillerie

43e RAC Caen, brigadier Henri Vassant, 1915 détail

Carte-photo, adressée depuis caen, 1915

43e RAC Caen, brigadier Henri Vassant, 1915   43e RAC Caen, brigadier Henri Vassant, 1915 correspondance

Charcutier au Chesnay à l'incorporation

Registre de matricule, bureau de Versailles, classe 1916, mlatricule n°850

Engagé volontaire pour la durée de la guerre à Versailles le 09/01/1915, arrivé au corps le 11/01/1915, 2e canonnier servant. Brigadier le 14/07/1915. Passé le 04/10/1915 au 103e régiment d'artillerie lourde.

Affecté au 110e RAL le 02/07/1918. Nommé maréchal des logis le 11/01/1918. Passé au 115e RAL le 15/04/1918. Mis en congé illimité de démobilisation le 19/09/1919.

Passé dans la réserve au 30e RAC, passé au 62e RAD. Passé au dépôt du 41e RAD le 01/01/1926. Passé au centre de mobilisation artillerie n°36 le 22/12/1927. Passé au centre de mobilisation artillerie n°206 le 01/05/1929. Passé au centre de mobilisation artillerie n°46 le 01/05/1931. Maintenu service armé, origine non recherchée par 4e commission de réforme de la Seine du 05/06/1931 pour 1° rudesse respiratoire sur toute la hauteur des 2 poumons, 2° léger catarrhe. Affecté au centre de mobilisation artillerie 306 le 15/04/1935. Affecté dans la position sans affectation le 15/04/1936.

Rattaché le 07/02/1935 à la classe de mobilisation 1912 comme père de deux enfants.

Adresses connues : Chesnay, 22 boulevard Saint-Antoine.(1919) ; Paris, 53 avenue de Choiseul (1923) ; Fresnes, 32 rue de la Faisanderie (1928) ; Paris 4bis rue Parrot (1931 ; Fresnes, 36 rue Henri Barbusse (1939).

Croix du combattant volontaire (1937)

 

 

VAUDRUS Eugène Victor (Le Tourneur 1892 – Troyes 1947)

Cnonnier de 2e classe, 43e RAC, 1er groupe,1ère  batterie

43e RAC 1ère batterie Vaudrus Eugène Victor - Copie

Carte-photo, 1913 ?

43e RAC 1ère batterie Vaudrus Eugène Victor

Cultivateur à Le Tourneur à l’incorporation ; Marchand de légumes et primeurs à Le Tourneur

Registre de matricule, bureau de Falaise, classe 1912, matricule n°771

Incorporé au 43e régiment d’artillerie le 09/10/1913, canonnier de 2e classe. [1er groupe, 1ère batterie d’après photographie]

Parti aux armées le 06/08/1914. Rentré au dépôt le 16/07/1919. Envoyé en congé illimité le 23/08/1919 dépôt démobilisateur du 43e RAC. Se retire à Le Tourneur.

Affecté le 01/06/1921 au 31e régiment d’artillerie de campagne Hippomobile. Affecté réserve (plan A) au 43e RAC le 01/01/1924. Placé dans la position dite sans affectation le 01/08/1927.

Marié au Tourneur le 26/11/1912 à Léontine Emilienne Lepileur. Classé classe 1910 le 25/12/1923, père de 1 enfant. Passé le 08/08/1925 classe 1908, père de 1 enfant. Passé dans la plus ancienne classe de la 2e réserve comme père de 2 enfants le 31/01/1940.

 Citation à l’ordre du 43e RAC (1918) canonnier servant ; Croix de guerre étoile de bronze.

 

 

VERIN Marcel Jules Jean Auguste (Colombes 1893 - Mantes-la-Jolie 1938)

43e RAC, 3e groupe, 8e batterie

Carte de correspondance, secteur postal 93 (écrite  alors qu'il était en position avec la 8e batterie du 43e RAC dans les bois de Gernicourt (Aisne) sous les ordres du capitaine Garnuchot et des lieutenant Delaygue et Jean), 18/04/1915. Mise en contexte : Journal de marche II illustré HD

Correspondance Militaire Marcel Vérin 43e RAC 8e batterie 19    Correspondance Militaire Marcel Vérin 43e RAC 8e batterie 19

Electricien à Mantes à l'incorporation

Registre de matricule, bureau de Versailles, classe 1913, n°2892

Engagé volontaire pour trois ans à la mairie de Rouen le 14/03/1913, arrivé au corps du 43e RAC le 14/03/1913. Parti aux armées le 04/08/1914. Evacué blessé le 14/09/1914 à Courcy (Marne) par éclat d'obus au bras gauche. Rejoint le dépôt le 31/10/1914.

Parti en renfort le 01/03/1916. Versé à la 1ère section contre-avions D.C.A. Nommé brigadier le 01/01/1917. Passé au 63e régiment d'artillerie D.C.A. le 01/10/1917. Evacué blessé le 17/03/1918 "plaie pénétrante au poumon par éclat d'obus". Réformé temporairement et proposé pour un congé de réforme temporaire n°1 avec gratification de 6e catégorie par décision de la commission de réforme de Versailles du 07/08/1918 pour "sclérose des deux sommets. Hémophtysies constatées, lésions consécutives à une pleuro-pneumonie suite de plaie pénétrante de l'hémi-thorax". Blessure de guerre. Renvoyé dans ses foyers le dit-jour. Se retire à Vernouillet (Yvelines) Villa Jeanne.

Médaille militaire ; 1 citation à l'ordre de l'armée 20/03/1918, Croix de guerre avec palme.

Classé affecté spécial 4e section des chemins de fer de campagne subdivisions complémentaires comme employé de la Compagnie des chemins de fer de l'Etat "facteur" du 01/07/1919 à la gare de Mantes-Gassicourt.

Invalidité et pension temporaire de 20% par la commission spéciale de réforme de Versailles dans sa séance du 08/09/1919 pour "séquelle de plaie pénétrante de poitrine. Rudesse respiratoire sans bruits adventices". Maintenu réformé par la commission spéciale de réforme de Versailles du 20 août 1920. Maintenu réformé temporairement invalidité de 15% décision de la commission de réforme de la Seine du 28 juillet 1921 pour "pleurite du poumon droit au tiers moyen". Maintenu par 4e commission de la Seine du 13 juin 1922.

Marié le 08/03/1919 à Mantes avec Germaine Marie Mutel. Un enfant Simone Germaine Denise née à Mantes le 20 juillet 1920. Adresses connues : Mantes (1919 ; Mantes, 5, rue Maurepos (1931).

 

 

VIEVILLE

 43e RAC, 3e groupe, 8e batterie

Carte-photo, adressée depuis Rouen, 30/04/1913. Mise en contexte :  Le 43e RAC  : de Rouen à Caen 1911-1940

Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, 8e batterie, 1913    Rouen, caserne Jeanne d'Arc, 43e RAC, 8e batterie, 1913 corresp

 

 

WIART Charles

 43e régiement d'artillerie, 62e batterie

Carte postale, adressée de Saint-Cloud, 02/02/1915. Mise en contexte : Le 43e RAC, 1914-1918

Saint-Cloud, Caserne Sully, correspondance Charles Wiart 62e batterie 02-02-1915     Saint-Cloud, Caserne Sully, correspondance Charles Wiart 62e batterie 02-02-1915


 

20 avril 2020

Premières victoires aériennes françaises : le 43e RAC pour témoin

 

Album R

L’aéronautique est un élément tactique novateur de la Grande guerre mais dont l’évolution au cours des premiers mois du conflit est spectaculaire. Dès le mois d’août vingt-trois escadrilles (chacune composée de six avions) sont réparties au niveau des Armées, elles constituent alors des soutiens majeurs pour les états-majors en matière d’observation, de reconnaissance et de détermination d’objectif.

 

Album R. Verney p. 19 cliché non légendé

[Avion biplan accidenté, 1914-1915 ?]

 

A ces premières missions, viennent rapidement s’ajouter, non seulement des vols destinés au réglage des tirs de l'artillerie, mais aussi des missions offensives. (Voir : Véran Francine de, Archives de l'aéronautique militaire de la Première Guerre mondiale. Répertoire numérique détaillé de la série A (1914-1919).

Au sein de l’aéronautique de la Ve armée, il est ainsi procédé dès septembre 1914, aux premiers bombardements des lignes ennemies et à l'armement de certains avions d'un fusil ou d'une mitrailleuse ce qui donne lieu de sporadiques combats rapprochés, avant qu’au printemps 1915, n'y soit créée la première unité entièrement dédiée aux combats aériens.

Apparaissent alors les premiers duels aériens qui se déroulent à la vue de tous et retiennent naturellement toute l’attention des unités au sol. Ainsi les premières victoires remportées par les aviateurs français, constituent pour les artilleurs du 43e RAC des faits marquants, relatés dans les carnets intimes ou donnant lieu à des prises de vues figurant en bonne place dans les albums à l’image de celui de René Verney.

La Ve armée engagée en Belgique en août 1914, dispose à la date du 23 août de six escadrilles d’observation et de reconnaissance qui sont rassemblées à Mézières (Ardennes) et Chimay (Belgique) : escadrilles D4 et D6 volant sur Deperdussin ; N12 sur Nieuport ; R15 sur REP ; V24 sur Voisin et une CM volant sur Caudron monoplace, future CM39 (JMO Aéronautique de la Ve armée, visionneuse p. 7).

Un mois plus tard le 22 septembre, à l’issue de la bataille de la Marne, les escadrilles existantes à la Ve armée, alors stationnées à la Ville-en-Tardenois et Lhéry (Marne) ne sont plus qu'au nombre de cinq : D4, D6, N12, V24 et une CM (CM39), le QG étant installé à Romigny (Marne).

Elles ont pour mission essentielle les reconnaissances du secteur attribué à la Ve armée sur le front de l’Aisne à l’ouest de Reims, mais il doit être noté que les Deperdussin sont alors également utilisés pour le largage de « balles Bon » (fléchettes métalliques), les Nieuport et les Voisin pour le largage de bombes. Au demeurant, les nacelles des observateurs de ces deux types d’aéroplanes sont alors dotées d’une mitrailleuse permettant de combattre les avions ennemis. Dès le 10 octobre deux Voisins sont équipés de postes TSF, ce qui permet dès la fin du mois de renforcer les liaisons avec l’artillerie pour les réglages de tir, les premiers essais de photographies aériennes n’intervenant que le 20 décembre 1914 (JMO Aéronautique de la Ve armée, visionneuse p. 19 et suivantes).

Si les premières poursuites d’avions allemands sont signalées dans les escadrilles dès la fin du mois de septembre, la victoire remportée le 5 octobre 1914 par le sergent Joseph Frantz (pilote) et le caporal mécanicien Louis Quenault (tireur), volant sur le Voisin III biplace n°89 de l’escadrille V24 constitue la première victoire homologuée de l’aviation française (JMO Aéronautique de la Ve armée, visionneuse p. 27).

Le combat se déroule au-dessus de Trigny et de Prouilly, au nord de la ligne de chemin de fer reliant Muizon et Jonchery-sur-Vesle (Marne). Alors qu'il rentre d'une mission de bombardement, l’avion français, équipé d’une mitrailleuse Hotchkiss fixée sur trépied tirant vers l’avant, prend en chasse et parvient à abattre l'Aviatik B 114.14 de l’escadrille allemande FFA 18, piloté par le sergent Wilhelm Schlichting, avec comme observateur l’oberleutnant Fritz von Zangen, lui-même armé d’une carabine. Après un duel d’une dizaine de minutes, l’aéroplane allemand s’écrase en flammes près des marais de Jonchery-sur-Vesle (voir le récit de l'évènement par J. Frantz à la RTBF en 1965).

Carto combat aérien 05

Situation du combat aérien du 05/10/1914 (Fonds de carte Ign Géoportail)

Combat épique dans les airs, une du Petit Parisien du 08

Frantz et Quenault L'illustration - Copie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la une du Petit Parisien n°13.858 du 8 octobre 1914

(source Gallica)

 

 

 

L’illustration n°3738 du 24 octobre 1914, p. 313

La presse relate naturellement l’évènement qui a déclenché l’enthousiasme des troupes présentes sur le secteur, comme en témoignent les hommes du 43e régiment d’artillerie eux-mêmes. Si le lieutenant Robert Hellouin de Menibus (4e batterie du 43e RAC) ou le maréchal des logis Robert Tronsson (9e batterie du 43e RAC) alors en position à Saint-Thierry, ne lui consacrent qu’une courte note, le sous-lieutenant Marcel Jobit, (43e RA, 6e SMA du 3e corps d’armée, frère d’Eugène Jobit capitaine de la 7e batterie du 43e RAC), qui cantonne alors à Muizon, en offre dans une relation plus complète avec croquis à l’appui dans ses carnets de guerre (cote SHD 1 KT 131). Témoin direct du duel, il se rend immédiatement à bicyclette sur le lieu de la chute de l’Aviatik et, vingt jours plus tard, rend compte de sa visite à l’escadrille stationnée à Lhéry (sur M. Jobit voir Index des noms de personnes J à M et Lettres du Capitaine Eugène Jobit 1914-1915).

R. de Menibus dans un courrier adressé à son épouse, évoque l'événement dans ces termes : Nous voyons un combat d'aéroplanes émouvant dans lequel le Boche, un "Aviatik" qui tous les jours allait lancer des bombes sur les trains régimentaires en gare de Muizon, est descendu par notre "Voisin". Le feu prend à l'aéronef et les aviateurs sont quasi-carbonisés au moment de leur chute. On remet à leur vainqueur le casque de l'un d'eux. (voir : Henri Lafosse Journal de la Famille, tome 1, 1912-1926, p. 104, document inédit Pdf téléchargeable en ligne.)

Dans son carnet de route, R. Tronsson note quant à lui à la date du 5 octobre 1914 : Assistons à la poursuite d’un Aviatik par un biplan Voisin piloté par le sergent Frantz, celui-ci réussit à toucher l’appareil allemand dans ses organes essentiels qui prend feu et tombe, les officiers sont entièrement carbonisés . (voir Restitution du Journal de marche de R. Verney - II Front de l’Aisne).  

La relation qu’effectue Marcel Jobit s’apparente quant à elle à un véritable reportage. Nous en devons l'aimable communication à Stéphane Breguet son arrière-petit-fils :

5 octobre 1914 

Matinée mémorable. Un biplan allemand avait à des passages différents jeté deux bombes inoffensives sur nos cantonnements. Un biplan, que j’avais pris pour un Caudron, mais qui était un Voisin muni d’une mitrailleuse, apparut à une très grande distance de l’allemand, mais se dirigeant sur lui. Les deux appareils à environ 600 m.

Aviatik plan         Aviatik identification

 

D'après le croquis de la trajectoire des appareils durant le duel et le relevé du marquage de l’avion allemand abattu

effectués par M. Jobit et accompagnant son récit.

La poursuite qui dura dix minutes fut passionnante. L’allemand se voyant chassé baissa en A, après avoir viré. On entendait tirer la mitrailleuse française, tantôt par coups isolés, tantôt en feu roulant. L’Allemand paraissait gagner de vitesse et être intact, quand en B il vira. Son virage parut lui donner de l’avance, mais peu après il piqua un peu audacieusement du nez et le feu apparut à bord. Il tomba alors en chute assez voisine de la verticale.

Je sautai sur une bicyclette pour arriver au point de chute, en plein arbres, immédiatement au sud d’un étang qui avait sans doute attiré les aviateurs. L’appareil français suivant sa victime atterrit dans un pré au sud, et son équipe courut à pied laissant l’appareil. Ils constatèrent la mort des Allemands, l’un grillant sous l’appareil, l’autre qui pût en être retiré, et qui était blessé, de balles à la poitrine et brulé partiellement. Les aviateurs français sont Frantz, sergent aviateur et Quenault, qui manœuvrait la mitrailleuse. Ils inscrivirent leur signature sur le carnet de notre vétérinaire Gloro, accouru dans les premiers. On dégage un peu l’appareil allemand quand l’essence a fini de brûler. Je puis reconnaître le fuselage en bois, un radiateur à eau, de gros réservoirs d’essence, un appareil bizarre composé d’une série de tubes refendus enfilés à la queue-leu-leu sur une tige. Je prends un tendeur comme souvenir. Un moment après une explosion ramène l’incendie et fait voler les cendres. Apparait alors le corps du pilote, avec son masque en caoutchouc, complétement carbonisé des pieds, le haut et la tête ayant encore forme.

Mauvaise note dans cette belle victoire. On tira de terre, sans ordre, pendant la poursuite. Tous les hommes, même ceux de la garde coururent au point de chute, abandonnant leur poste. Le commandant de notre échelon, sur place se répandait en reproche affolés, parce qu’on avait tiré, … en s’adressant à la cantonade.

Les hommes arrivés les premiers sur place caquetaient comme des pies, puis poussaient des acclamations.

Ô calme, quand seras-tu dans le caractère français !

Organisation et dignité, et concision, dans les ordres, quand gagneraient vous nos chefs du 1er échelon ?

Il était facile avec quelques gendarmes et tous les hommes présents de faire rapidement un service d’ordre autour de l’appareil, de donner des instructions pour l’enlèvement des corps et de l’appareil.

Ce ne furent au lieu de cela que récriminations de notre commandant, lancées dans le vide (les autres officiers se considéraient venus là en touriste et restaient tranquilles). Aspect furieux et résultat nul. Tout étant abandonné finalement aux gendarmes, qui me parurent plutôt sans action.

Vers 2 heures passent dans les airs, au-dessus de nous deux Farman et un autre biplan, attirés par la nouvelle de l’exploit d’un des leurs.

Eh sans doute c’est là la vraie méthode contre les aviateurs allemands ! 

[…]

Le soir j’apprends qu’Eugène est nommé capitaine d’une batterie du 43ème. Tant-pis et tant mieux, le pays d’abord, la famille ensuite.

[…]

26 octobre 1914

Visite à l’escadrille des 6 aéros Voisin, à Lhéry. Gaudersen m’y conduit sur son camion de ravitaillement d’essence. En passant il me montre Frantz. Là-bas, je cause avec Mahieu (sous-lieutenant pilote, millionnaire, grosse maison du Nord, qui estime ses stocks de lin à 2 millions, perdus probablement) et Laporte (sergent-pilote) et avec le mécanicien.

Tout ce monde-là est jeune, convaincu, et respire l’action, surtout le mécanicien. C’est un clan de débrouillards, appareils admirablement entretenus.

A l’avant de la nacelle, le pilote confortablement assis avec le levier entre les jambes. La nacelle est fermée à l’avant et son fond en avant des pieds est transparent. La mitrailleuse surplombe la tête du pilote. Le tireur a pour lui un banc derrière le pilote. Il monte sur le banc pour manœuvrer sa mitrailleuse, qui tire en avant et en chasse jusqu’à ¾ arrière. Elle ne peut pas tirer en dessous. Les Allemands ne tirent qu’en chasse, réduits au rôle de poursuivis, ce qui les oblige à regagner leurs lignes.

L’appareil, pour viser le but que les bombes doivent atteindre, est réduit à 4 pointes situées sur le flanc de la nacelle. L’appareil à inclinaison 0, le lanceur fait passer par le but

    -la ligne I.2 si le vent est nul

   -ou la ligne I.3 s’il y a un fort vent debout

   -ou la ligne I.4 s’il y a un fort vent arrière.

Les bombes sont des obus de 90, plein de mélinite, qu’on munit au moment du lancement :

   1. d’un détonateur,

   2. d’un percuteur, le tout très robuste.

Un empennage oriente le projectile qui porte le nom de bombe Canton-Unné. Bombes et moteur sont donc des mêmes inventeurs.

Les pilotes sont enchantés de leurs moteurs (130 cv Salmson). Ils les envoient en usine après 65 h de fonctionnement, ils n’ont eu que trois pannes de moteur. Toutes les fois, ils ont pu revenir en vol plané, mais une fois très juste. La chose s’explique par la hauteur à laquelle ils se tiennent au-dessus des lignes ennemies (2000 à 2500 m). Les canons allemands spéciaux peuvent les atteindre jusqu’à 1500 m. D’après leurs explications à 2000 m les appareils apparaissent encore très gros ; c’est la hauteur moyenne à laquelle passent les Allemands au-dessus de nous.

La navigation dans les nuages est affolante : on ne sait où on va. Il est impossible de maintenir sa route. On tourne tout le temps. Entrer vent debout dans un nuage, on en sort invariablement vent arrière. Le vertige est à redouter. C’est ainsi que Laporte poursuivant un aéro allemand vers Champfleury (sud de Reims) le vit entrer dans un nuage puis dégringoler en faisant trois loopings. Ils crurent à une manœuvre de sa part ; En réalité, le pilote avait été pris de vertige, dans le nuage. L’appareil tomba sur nos lignes, le pilote pris dessous. L’observateur à côté avec deux dents cassées seulement. Et nos aviateurs admirèrent la stabilité de l’Aviatik allemand, qui se redressa de lui-même des positions dangereuses.

Nos bombes sont très efficaces, et ils constatent toujours des flottements là où ils lancent. D’ailleurs les carnets de prisonniers attestent leurs ravages.

Les Voisins ont la grande cote. On en a commandé 200, et réquisitionné les autres marques pour construire des Voisins. Prix d’achat 32 000 francs.

Vu à l’escadrille de Ville-en Tardenois, un Nieuport 160 cv qu’on réexpédie. Il fait du 150 km/h, mais mal installé on ne peut utiliser sa mitrailleuse. On va le modifier.

Le tir doit se faire entre 200 et 400 m.

 

Le 10 octobre, le sergent Joseph Frantz (1890-1979) est décoré de la croix de la légion d’honneur et le caporal Louis Jean Eugène Quenault (1892-1958) reçoit de la médaille militaire. (JMO Aéronautique de la Ve armée, visionneuse p. 30).

Cette victoire inaugure ainsi les débuts de la chasse française qui trouve un ardent défenseur en la personne de Jean-Baptiste Marie Charles de Tricornot de Rose (1876-1916) commandant au QG de la Ve armée. Celui-ci contribue ainsi au remplacement fin février 1915, des Nieuport de l’escadrille N12 par des Morane-Saulnier type L dit « Parasol », monoplans biplaces plus rapides que la plupart des avions allemands. Le pilote y est accompagné d’un observateur armé d’une carabine pour abattre les avions ennemis. La MS12, est la première escadrille de chasse spécialisée de l’armée française.

MS12

Souvenir du 1er-2 avril 1915.

Le commandant Charles Tricornot de Rose devant un Morane Parasol avec cinq de ses pilotes. De gauche à droite : Sgt Jean Navarre, Slt Jacottet, Ltt de Bernis, Cdt Tricornot de Rose, Slt Chambre et Georges Pelletier d’Oisy. (Source : SHD-Air)

La MS12 commandée par le lieutenant puis capitaine Pons de Pierre de Bernis (1880-1945) est stationnée à Muizon (Marne) et enregistre sa première victoire le 1er avril 1915. A bord du Morane Saulnier type L n°27, le pilote, le sergent Jean Navarre (1895-1919) et son observateur le sous-lieutenant Jean Robert (1891-1916), endommagent par un tir de trois balles, l’Aviatik B n°120 qui est contraint de se poser dans les lignes françaises près de Merval (Aisne). L'équipage, composé du leutnant Engelhorn et de l'oberleutnant Wittenburg est fait prisonnier (voir Abums Valois VAL 072/136). (JMO Aéronautique de la Ve armée, visionneuse p.54 et  Aviation militaire, cahiers manuscrits de comptes-rendus des activités et opérations aériennes des unités, visionneuse p.37)

Carto combat aérien 01

Situation du combat aérien du 01/04/1915 (Fonds de carte Ign Géoportail)

Il s’agit de la 3e victoire homologuée de l’aviation française, la seconde ayant été remportée quelques heures plus tôt par le sous-lieutenant Roland Garros (1888-1918) pilote de la MS26 affectée à la VIIIe armée, également équipé d’un Morane Saulnier type L, mais armé d’une mitrailleuse tirant dans l’axe de l’avion à travers le champ de rotation de son hélice blindée. Ce dernier abat un Aviatik au-dessus de Oudekapelle à l’ouest de Dixmude (Belgique) alors qu’il collabore à un combat dans lequel est engagé le capitaine Mouchard de l’escadrille B106 (GBD2) au retour d’une opération de bombardement de l’aérodrome d’Handzame situé à l’ouest de Kortemark (Belgique) (JMO GB2 visionneuse p. 17).

Si les hommes du 43e RAC n’ont pas été les témoins directs du duel aérien impliquant la MS12 qui s’est déroulé au-dessus du Mont-de-Soissons à Serches, à l’est de Braisnes (Aisne), l’album de la guerre européenne de René Verney conserve deux clichés de l’aéroplane allemand capturé mais après démontage de ses ailes (voir l’avion muni de ses ailes sur les clichés de Jacques Philibert Pierre d'Harcourt (1891-1941), lieutenant au 41e RAC, col. Musée de l'Armée 2001.29.2.716 et 717).  Ce démontage a été effectué afin de permettre le transport de l’aéroplane par route jusqu’à Muizon (voir Albums Valois VAL 006/008).

Album R

Album R

Aviatik [Merval (Aisne), Aviatik B 120  capturé le 01/04/1915] - Album René p. 19

La proximité du lieu de l’atterrissage, éloigné seulement de 8,5 km de la ferme de Longvoisin à Ventelay (Marne), où sont cantonnés les échelons du régiment d’artillerie, permettent d’expliquer la présence de ces clichés dans l’album de René Verney, qui fait probablement partie des curieux accourus ce 1er avril 1915 sur le plateau de Merval.

Album R. Verney p.048 gauche haut

Ferme de Longvoisin à Ventelay où cantonnent les échelons du 3e groupe du 43e RAC

(Album R. Verney p.48)

Passant du rôle de témoins ou de simples spectateurs, les artilleurs du 43e RAC deviennent parallèlement des acteurs de l'aventure aéronautique militaire. Dès le printemps 1915 une relation particulière unit ainsi le 43e RAC et l’escadrille C4, rattachée au 3e corps d’armée, des officiers y étant en effet détachés en tant qu’observateurs tout au long du conflit. Cet aspect est ainsi également souligné dans l'album de R. Verney (voir L'Escadrille C4 - été 1915).

Album R. Verney p.018 bas gauche

Au départ à Fère en Tardenois C4, 10 mai 1915. Album R. Verney p.18

En guise de conclusion, les clichés aériens du secteur de Neuville-Saint-Vaast, pris au cours de l’été 1915, sont un parfait exemple de la documentation rassemblée par les unités aéronautiques au bénéfice des unités au sol en vue de l’offensive d'Artois du mois de septembre et à laquelle participe le 43e RAC (voir Photographies aériennes, Neuville-Saint-Vaast 09/1915).

 

 


02 février 2020

Les lettres du capitaine Eugène JOBIT


JOBIT Eugène - 1910 S

 

Un témoignage inédit du 43e RAC :

les lettres du capitaine Eugène JOBIT

à son frère Marcel

(26 novembre 1914 – 25 mai 1915)

 

 

 

 Portrait du capitaine Eugène Jobit,

(document d'origine familiale, communication Stéphane Breguet)

Cette page est consacrée à la présentation du témoignage inédit et très personnel d’un officier du 43e RAC. Il s’agit de douze extraits de lettres rédigées depuis le front entre le 26 novembre 1914 et le 25 mai 1915 par le capitaine Eugène Jobit (1869-1916), commandant la 7e batterie du 3e groupe du 43e RAC, et adressées à son jeune frère, le sous-lieutenant Marcel Jobit (1873-1938), affecté au même régiment, mais alors détaché à la Société mécanique de précision à Clichy d'après son registre de matricule (Voir Index des noms de personnes H à L).

Ces fragments de correspondances forment les dernières pages de la retranscription des carnets de guerre qu’a tenu Marcel Jobit du 7 août au 7 novembre 1914, alors qu’il était affecté à la 6e section de munition d’artillerie du 3e corps d’armée. Ce document, mis en forme sous une forme dactylographiée par son gendre, Claude Breguet (1910-1989), et dont un exemplaire est conservé au Service historique de la défense (cote SHD 1 KT 131, pp. 31-38), n’a jusqu’à présent été que très partiellement exploité (voir : Roger Biot Fameux Normands, Normands fameux souvenirs d'un journaliste. Rouen, PTC-le P'tit Normand éd., 2002 ; François Cochet Survivre au front, 1914-1918, les soldats entre contrainte et consentement. Soteca/14-18, Saint-Cloud, 2005 ; voir également Premières victoires aériennes : le 43e RAC pour témoin)

Claude Breguet, qui a eu entre les mains les courriers originaux, précise : Nous avons extrait de ces lettres uniquement ce qui concernait les opérations militaires et la vie de la batterie, tout en les enrichissant de quelques notes. Il nous est apparu utile ici, de développer cette approche de contextualisation afin de mieux cerner la teneur de cette correspondance qu’il s’agisse des personnes citées, des lieux et faits évoqués et ainsi mieux apprécier la valeur de ce témoignage direct de l’état d’esprit au cours des premiers mois du conflit, d’un officier d’artillerie de réserve rappelé à l’active.

Classés chronologiquement, ils sont ici regroupés en fonction de la position occupée sur le front par l’unité du capitaine Eugène Jobit et permettent ainsi de cerner le cadre de leur rédaction. Onze lettres correspondent ainsi à la période où la 7e batterie du 43e RAC est en action sur le front de l’Aisne, successivement sur le secteur de Loivre (Marne), puis sur celui de Berry-au-Bac et Pontavert (Aisne), voir : I L'Aisne : septembre 1914 - mai 1915. La douzième lettre s’associe quant à elle, à une période de repos et d’instruction du personnel en Artois, avant la prise de position de l’unité sur le secteur de Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), voir : II L'Artois : mai - octobre 1915.

Nous tenons à adresser nos chaleureux remerciements à Stéphane Breguet, arrière-petit-fils de Marcel Jobit, qui nous a accompagné dans ce travail et rendu possible sa publication ici.

 

FRONT DE L’AISNE

Le capitaine en 2e de réserve Eugène Jobit, assure sous l’uniforme du 43e régiment d’artillerie depuis l’entrée en guerre, le commandement de la 6e section de munitions d’artillerie du 3e CA au sein de laquelle est également affecté son frère le sous-lieutenant Marcel Jobit. Cette section accompagne ainsi le mouvement des 11e, 22e et 43e régiments d’artillerie de campagne, afin d’assurer leur approvisionnement en munitions.

A l’issue de la Bataille de la Marne, lors de la stabilisation du front à la mi-septembre 1914, le 43e RAC est parvenu avec la 5e DI au nord-ouest de Reims, face au fort de Brimont qui reste entre les mains des Allemands. Le 18 septembre, le 3e groupe d’artillerie du régiment prend position au sud de Saint-Thierry (Marne) d’où les hommes assistent à l’incendie de la cathédrale de Reims, qui se déclare le 19 septembre dans la soirée et dure deux jours.

C’est dans ce secteur que le 6 octobre 1914, Eugène Jobit prend le commandement de la 7e batterie du 43e RAC. Celle-ci, privée d’armement depuis le 24 août, cantonne alors à Merfy. Elle n’est dotée à nouveau de 3 pièces d’artillerie que le 23 octobre, et prend alors position à Saint-Thierry dans l’angle sud-est du parc du château (ancienne abbaye bénédictine), faisant face à la Neuvillette. La 7e batterie conserve cette position jusqu’au 31 octobre.

Carte Saint-thierry

Positions du 3e groupe du 43e RAC 18 septembre - 9 décembre 1914

(relevé réalisé d’après les JMO des unités © verney-grandeguerre, fonds de carte Ign source :Géoportail)

L’Album de René Verney ne renferme aucun cliché de cette première période du conflit antérieure à novembre 1914 comme l’indique les introductions à la restitution de son journal de marche (voir : I Mobilisation - Campagne de Belgique - Bataille de la Marne, et II Front de l'Aisne).

Nous avons néanmoins pu signaler l’existence de tels clichés dans le fonds du Maréchal des logis Marie Charles André Roussel (Le Havre 1887 – Gournay-en-Bray 1982) qui appartient au 1er groupe du 43e RAC (Album conservé à l’Historial de Péronne).

Il en va de même de l’album du général Mangin, alors commandant de la 5e Division d’infanterie (Album conservé à la Bnf, vol I, p. 1-27), comme de celui, bien que moins riche en documents, de son chef d’escorte le lieutenant Maurice Brunet (Album conservé aux AD du Cantal, p. 2 à 6).

 

Secteur de Loivre (2 novembre 1914 - 9 décembre 1914)

Les 7e et 9e batteries du 43e RAC quittent Saint-Thierry le 1er novembre et se déplacent de trois kilomètres au nord-ouest, s’établissant à Hermonville face à Loivre, où elles sont rejointes le 25 novembre par la 8e batterie du régiment. Le 3e groupe ainsi reconstitué, quitte Hermonville le 9 décembre, se déplaçant de 9 km plus au nord sur le secteur de Pontavert et Berry-au-Bac attribué à la 5e DI.

Les deux premières lettres adressées par Eugène Jobit à son frère (datées du 26/11 et 05/12/1914) sont liées à cette période au cours de laquelle la 7e batterie du 43e RAC est en position dans les bois de Toussicourt à Hemonville. Depuis le 6 novembre, Marcel Jobit a quitté le front, détaché à la Société mécanique de précision (S.M.P.), établissement spécialisé dans la fabrication de roulements à billes duplex, 18 quai de Clichy à Clichy (voir insertion publicitaire dans : Revue industrielle n°28, 12/07/1913, p. 442). D'après les sources familiales il a dans les faits, rejoint à la même adresse la société FULMEN, spécialisée dans la fabrication de batteries.

Dans ces deux courriers, le capitaine Eugène Jobit rend brièvement compte des conditions dans lesquelles il exerce ses activités de commandant de la 7e batterie du 43e RAC, et où transparaît clairement le manque en munitions faute d’approvisionnement. Il se plait parallèlement à évoquer les noms d’officiers de leur connaissance, car appartenant soit aux sections de munitions du 3e corps d’armée soit aux unités d’artillerie avec lesquelles ils ont entretenu une relation durant leurs fonctions au sein de la 6e SMA. Y transparaît particulièrement les difficultés relationnelles existant entre lui-même et son adjoint, ancien sous-officier dans l’attente de sa nomination d’officier dans l’armée active, alors que sont parallèlement soulignés les liens de proximité unissant les officiers réservistes anciens élèves des grandes écoles, Ecole polytechnique et Ecole centrale des arts et manufactures, dont les deux frères sont eux-mêmes issus. Il évoque enfin les lieux dans lesquels ces derniers ont eu l’occasion de se rencontrer brièvement tout d’abord au cours du mois de septembre au château de Marzilly à Hermonville (halte de la 6e SMA) puis en octobre à Saint-Thierry (position de la 7e batterie du 43e RAC).

L’Album de la guerre européenne de René Verney ne renferme que trois clichés pouvant être rattachés à cette période, deux associés au stationnement des échelons à la lisière des bois situés au sud-est du château de Marzilly à Hermonville, le troisième étant un portrait d’un officier de la 9e batterie à son poste d’observation du fort de Saint-Thierry.

Marzilly à Hermonville (Marne), échelons du 3e groupe du 43e RAC, novembre 1914    Marzilly à Hermonville (Marne), écuries des échelons du 3e groupe du 43e RAC, novembre 1914

Marzilly à Hermonville (Marne), échelons du 3e groupe du 43e RAC, novembre 1914

(Album René Verney p. 22)

 

I / 26 novembre 1914 [écrit probablement de Toussicourt à Hermonville (Marne)]

Zierer (1) m’a écrit hier une lettre de 8 pages. Son désir serait de me retrouver dans ma batterie. Ce serait aussi mon désir, car Chevillard (2) est un avocat, en sa qualité de notaire raté doublé d’un tzigane dont il est la moitié par le sang. Je ne puis arriver à diriger ce caractère-là, ni à m’en faire obéir. Cela finira mal pour lui, car j’ai la force des galons pour le mater. Mais combien je préfèrerai Zierer.

Les tirs que nous faisons ne sont guère calés, parce que lents, très lents ; dans deux lunes, on nous promet une nourriture plus substantielle, mais on n’atteint encore que la moitié du chiffre de production que tu m’as annoncé. C’est donc que nous sommes rationnés. Bien mieux, Offroy (3) est venu hier se ravitailler chez nous : le monde renversé.

Cependant nous montons une garde sévère. Le soir par exemple, je suis en garde au PC, avec trois téléphonistes, prêts à déclencher le tonnerre. Cette semaine on l’a déclenché deux fois. Cela rassure nos fantassins et cela intimide les autres, car ils sont vraiment nez-à-nez.

La maison de Saint-Thierry, où tu m’as vu, existe encore, mais depuis notre départ, son jardin a été criblé. Les deux pièces qui étaient au coin, ont changé de place parce que ultra-bombardées le tout sans perte pour nous. C’est donc de la poudre brûlée en vain par les Boches. Depuis hier, c’est une batterie du groupe Michel (4) qui est par là. Nous sommes toujours près du château, où tu nous as vu le 16 septembre (5). Je coconne journellement avec Prevost (6), ton camarade de Condorcet, capitaine au 11ème… capitaine au Maroc, et capitaine instructeur au 13eme. Fort gentil et intelligent. Marcel Communeau (8) est également ici chaque jour … le froid est vif et il a neigé hier, mais cela se supporte bien.

 

II / 05 décembre 1914 [écrit probablement de Toussicourt à Hermonville (Marne)]

Hier nous avons fêté une Sainte-Barbe luxueuse, menu, linge, phono, éclairage, chants ; les Boches nous ont laissé tranquilles, malgré leur activité de la journée. Ils nous tirent des obus de rupture, avec fusée au culot. Cela ne fait pas d’effet sur la terre, 5 ou 6 éclats à peine. Nous leur avons jeté, avant-hier, à 10 000 m, cinq ou six obus de 155, qui ont fait l’effet d’un pavé dans une mare à grenouilles. Quelle panique et quels points noirs immobiles après cette ruée, s’étendant sur un carré de 1 km de côté. Voilà de superbes coups qu’ils ne réussissent jamais….

 

1 - [Daniel Marie René ZIERER (Louviers 1877 - Paris 1957), élève de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, lieutenant de réserve, mobilisé le 07/08/1914 au 43e RA, affecté à la 6e section de munition d'artillerie du 3e CA (6e SMA du 43e RAC) dont il prend le commandement le 04/10/1914 en remplacement du capitaine Jobit et ce jusqu'au 09/12/1914. Le lieutenant Daniel Zierer (cf. notes 13 et 42) a quitté temporairement le front le 05/11/1914, la 6e SMA étant renvoyée vers son dépôt de Versailles. Elle est dissoute le 16/01/1915. Portrait et sources biographiques voir : Index des noms de personnes N à Z.]

2 - [Gaston Paul Henri CHEVILLIARD (Courtenay 1884 - Paris 1951), ancien clair de notaire, lieutenant stagiaire dirigé vers le 43e RAC le 15/01/1914, affecté à la 7e batterie du 43e RAC dès le 01/08/1914. Deux fois blessé à son poste au sein de la 7e batterie (cf. notes 12, 43 et 63), il est nommé lieutenant de l’armée active le 16/09/1915. Promu chef d'escadron le 22/06/1934. Portrait et sources biographiques voir : Index des noms de personnes A à G.]

3 - (note dactylographiée : de SMA) [Robert Alphonse Marie OFFROY (Malaunay 1878 – Malaunay 1960), X promotion 1899, industriel textile (Etablissements Offroy à Malaunay, Seine-Inférieure). Lieutenant de réserve au 43e RA, 7e SMA du 3e CA le 02/08/1914, affecté à la 8e SMA le 22/07/1914. (sources : Registre de matricule bureau de Rouen Nord, classe 1898, matricule n°68 ; Dossier Léonore cote 19800035/339/45642 ; portrait : Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique). La 8e SMA prélève effectivement 3 caissons aux 7e et 9e batteries le 25/11/1914 (cf. JMO de la 8e SMA).]

4 - [Il s’agit de la 5e batterie du 2e groupe du 11e d’artillerie placée depuis le 06/09/1914 sous les ordres du capitaine d’active Jean Baptiste Emile MICHEL (Varennes 1868 – Versailles 1952), ce dernier assurant auparavant le commandement de la 6e batterie du 11e RAC (Registre de matricule, bureau de Bar-le-Duc, classe 1888, matricule n°1344 ; dossier Léonore cote 19800035/94/11767). Le 25/11/1914, la 5e batterie du 11e RAC (commandée par le capitaine Benson), reprend la position occupée depuis le 18 septembre par la 8e batterie du 3e groupe du 43e RAC à la cote 97 au sud de Saint-Thierry (JMO 43e RAC et JMO 5e batterie du 11e RAC).]

5 - (note dactylographiée : Marzilly) [Le JMO de la 6e section de munitions d’artillerie du 3e CA permet de situer précisément la rencontre d’Eugène Jobit et de son frère Marcel, au château de Marzilly à Hermonville (Marne), alors PC de la 6e DI, et de cerner les circonstances dans lesquelles la 6e SMA stationne au château. Le 13/09/1914, le capitaine Eugène Jobit alors commandant de la 6e SMA, a reçu l’ordre de constituer une unité intermédiaire de ravitaillement entre les échelons de l’artillerie du 3e corps d’armée (11e RAC) et de l’artillerie de la 6e DI (22e RAC). Une première liaison de ravitaillement des batteries est ainsi effectuée les 14-15 septembre depuis Muizon, en échelon avancé à la sortie sud d’Hermonville. Une seconde liaison est opérée le lendemain 16 septembre dans les mêmes conditions mais, devant la menace du feu de l’artillerie lourde :  A 16 heures, après avoir essayé d’abriter les avant-trains seuls, le capitaine juge prudent de se retirer à 800 m au Sud et de former la section en colonne dans l’allée du château de Marzilly. Les chevaux sont mis à la corde à l’ouest du château, les officiers et canonniers sont logés au château et dans les communs.  Ravitaillé ce jour les groupes 2 du 11, 3 du 11 et 1 du 22e. Le 17 septembre la section ravitaille les mêmes groupes jusqu’à 13 heures, puis cède son cantonnement à la 10e SMA et se retire sur Muizon et Rosnay en deux échelons. Au départ de Marzilly, 4 hommes sont trouvés ivre morts. Ils ont forcé la porte d’un cellier isolé dans le parc, y ont trouvé de l’eau de vie et en ont cassé ou bu 50 bouteilles. Une plainte en Conseil de guerre sera déposée contre eux (JMO 6e SMA).

Le carnet de route de Marcel Jobit (cote SHD 1 KT 131), indique quant-à-lui à la date du 17 septembre : Comme je n’ai rien à faire, je décide de quitter Muizon pour aller voir Eugène… Je découvre Eugène et ses lieutenants au château de Marzilly propriété des Mazucchi, alliés des M… au moment où ils allaient déjeuner. Joyeuse concentration. Les sections continuent de déverser leurs munitions aux batteries qui tirent sans objectifs. Les Allemands faisant de même. Ô stratégie, quand approfondirons-nous tes mystères !

Lorsque qu’Eugène Jobit rejoint pour la deuxième fois Hermonville à compter du 02/11/1914, cette fois avec la 7e batterie du 43e RAC dont il assure le commandement, c’est à 1,5 km au sud-est du château de Marzilly (propriété d’Emile Mazucchi, consul d'Italie à Reims), qu’il prend position aux côtés de la 9e batterie du 43e RAC. Plus précisément les batteries s’installent à 800 m au N.O. du château de Toussicourt, qui sert alors de logement aux officiers (propriété de la famille Kafft, il a aujourd’hui entièrement disparu). Les deux batteries, rejointes sur le secteur par la 8e batterie du 43e RAC le 25/11/1914, y sont placées sous les ordres du lieutenant-colonel Audibert du 11e d’artillerie et conservent leurs positions jusqu’au 9 décembre (JMO 43e RAC, JMO  7e batterie et JMO 9e batterie).]

 

Carto Hermonville

Positions des 7e et 9e batteries du 43e RAC à Hermonville du 02/11 au 09/12/1914

(relevé réalisé d’après les JMO des unités, ©verney-grandeguerre, fonds de carte Ign, source : Géoportail)

Château de Marzilly à Hermonville (Marne)      Château de Toussicourt à Hermonville (Marne)

Hermonville, château de Marzilly PC de la 6e DI           Hermonville, Les restes du Château de Toussicourt 

appartenant au général  Dubois                   en leur état d’après-guerre. Vue prise en 1926

(cartes postales - coll. verney-grandeguerre)

 

6 - (note dactylographiée : serait-ce le capitaine Roger PREVOST que Jacques BREGUET (7) rencontra le 29 août, à Landifray, en pleine bataille de Guise ?) [Roger Louis Hippolyte PREVOST, (Paris 1873 – Paris 1952), X promotion 1894, capitaine d’active affecté au 11e RAC le 09/11/1911. Capitaine commandant de la 2e batterie du 11e RAC dès le 06/08/1914 ; Promu chef d’escadron le 10/03/1916 commandant le 1er groupe du 11e RAC, puis le 3e groupe lors de la transformation du régiment en artillerie 75 montée le 23/01/1918 (Registre de matricule, 6e bureau de la Seine, classe 1893, matricule n°1614 ; JMO des unités ; historique régimentaire ; Portrait voir: Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique).]

7 - [Jacques Eugène Henri BREGUET (Paris 1881 – Paris 1939), X promotion 1900, lieutenant de réserve à l’Etat-  major 1er CA. Ingénieur aéronautique et fondateur avec son frère Louis Charles Breguet, de la Société d’aviation Breguet, il en assure la direction des ateliers à partir de mai 1915. La fille de Marcel Jobit, Jacqueline Jobit (1907-1984) épouse en 1936 le fils de Jacques Breguet, Claude Breguet (1910-1989) (sources : Registre de matricule, 6e bureau de la Seine, classe 1901, matricule n°2243dossier Léonore LH//355/97 ;  Portrait voir : Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique).]

8 - [Marcel COMMUNEAU (Beauvais 1885 - Beauvais 1971), Elève de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, leader historique du stade de France (1906-1913), mais aussi industriel textile à Beauvais au même titre qu’Eugène Jobit impliqué depuis son mariage dans la manufacture textile de son beau-père également à Beauvais (cf. note 37). Lieutenant de réserve affecté à l’Etat-major du 11e RAC le 06/08/1914, détaché comme observateur à l'escadrille C4 du 25/04 au 20/08/1915 (cf. L'Escadrille C4 - été 1915). Portrait et sources bibliographiques voir : Index des noms de personnes : A à I.]

 

Secteur de Pontavert et Berry-au-Bac (10 décembre 1914 - 15 mai 1915)

Le 10 décembre 1914, la 5e division d’infanterie (3e corps d’armée), relève la 2e division d’infanterie (1er corps d’armée) face à Pontavert (Aisne), secteur s’étendant sur la rive septentrionale de l’Aisne depuis la lisière ouest du bois de Beau-marais, jusqu’au Choléra à l’ouest de Berry-au-Bac. A sa droite, est placée la 11e brigade de la 6e division d’infanterie appartenant également au 3e corps d’armée, en position sur le secteur allant de Berry-au-Bac (Aisne), jusqu’à La Neuville à Cormicy (Marne) au sud de l’Aisne. A sa gauche, à partir de Craonne et Craonnelle (Aisne) est placée la 36e DI (18e corps d’armée).

Le 43e RAC ne quitte le secteur que le 15 mai 1915 accompagnant la 5e DI vers l’Artois. C’est durant cette période de cinq mois face à Berry-au-Bac et Pontavert, qu’Eugène Jobit rédige les huit courriers dont des extraits sont retranscrits ci-dessous. Pour en mieux cerner le contenu, il est indispensable de préciser les activités de leur auteur et les évènements auxquels il est confronté (mouvement des pièces, attaques de l’infanterie, duels d’artillerie intenses).

Le JMO du 43e RAC nous renseigne en effet précisément sur l’organisation à laquelle répond les positions de ses 3 groupes de batteries sur le secteur. Les 1er et  2e groupes de l’AD5 sont positionnés sur la rive nord de l’Aisne, le 3e groupe et donc la 7e batterie du capitaine Jobit sont positionnés sur la rive sud dans les bois bordant sur cinq kilomètres le canal de l’Aisne, au pied du PC de la 5e DI établi à Roucy (Aisne) : Ce dernier groupe dont la mission est de superposer son action à celle des deux autres dans toute la zone de notre secteur, peut par des déplacements de batteries, porter ses feux dans une partie quelconque de cette zone. Les échelons sont installés à 6 km au sud dans la ferme de Longvoisin à Ventelay (Marne).

JMO 43e RAC 3e groupe 7e batterie 26N982 08 p

Relevé des positions du 43e RAC sur le secteur Pontavert- Berry-au-Bac 10/12/1914 - 15/05/1915

d'après les JMO de l'unité © verney-grandeguerre

  (Fonds de carte source JMO de la 7e batterie : 5e Armée. Groupe des canevas de tir.

Organisation des positions de tir de l’ennemi à la date du 31 janvier 1915)

Positions 3 gr 43 RAC géoportail

Positions du 43e RAC sur le secteur Pontavert- Berry-au-Bac 10/12/1914 - 15/05/1915

(Fonds de carte Ign source : Géoportail)

Il est ainsi possible de distinguer deux phases principales auxquelles correspondent pour la 7e batterie, des actions et objectifs militaires particuliers.

La première s’étend du 10 décembre 1914 au 3 février 1915, au cours de laquelle les pièces de la batterie sont réparties entre le bois des Geais et le bois Carré à Gernicourt et interviennent en soutien à l’action des 5e et 6e DI (depuis le secteur du Choléra jusqu’à la cote 108).

La seconde est comprise entre le 4 février et le 15 mai, les pièces étant déplacées plus à l’ouest dans le bois Savart à Concevreux, et indifféremment entre la Plâtrerie à Roucy, le bois de Gernicout, le bois de la Justice à Bouffignereux et la cote 180 à Cormicy. Elles concentrent alors leur feu sur l’ensemble du secteur dévolu à la 5e DI (depuis la sortie sud de Craonne jusqu’au Choléra à l’ouest de Berry-au-Bac).

JMO 43e RAC 3e groupe 7e batterie 26N982 08 p

Situation des différentes positions occupées par les batteries du 3e groupe du 43e RAC

(Fonds de carte JMO 7e batterie)

L’Album de René Verney renferme une riche collection de clichés de cette période relative aux positions du 3e groupe du 43e RAC et notamment une dizaine de prises de vues des pièces, des hommes ou des officiers de la 7e batterie (p. 5, 9, 33, 35, 37 43, 50, 53) parmi lesquelles deux photographies où figure le capitaine Jobit lui-même (p. 9 et 35) l’une prise au bois des Geais, l’autre au bois Savart.

Les albums du général Mangin commandant la 5e DI, de son chef d’escorte le lieutenant Brunet ou celui du maréchal des logis Marie Roussel du 1er groupe du 43e RAC cités plus haut, sont également riches d’intéressants compléments pour rendre compte de la vie sur le secteur.

 

Bois des Geais et bois Carré à Gernicourt (10/12/14 – 03/02/1915)

Six lettres correspondent à cette prise de position, cinq lui étant parfaitement contemporaines, la sixième légèrement postérieure. Les deux premières (datées du 14/12/1914) correspondent à la période d’installation sur le secteur durant laquelle il n’est procédé par la 7e batterie à aucun tir.

Les trois suivantes (datées des 23/12, 24/12/1914 et 05/01/1915) évoquent les premiers engagements de la batterie, sa deuxième section (positionnée dans le bois Carré) soutenant du 21 au 25 décembre l’action de la 6e DI au N-O de la cote 108 (attaques du 24e RI les 23 et 24 décembre 1914 sur l’écluse nord de Sapigneul).

On peut y adjoindre le sixième courrier, contemporain de l’installation de la 7e batterie au bois Savart à Commercy (daté du 15/02/1915) car il relate dans le détail les engagements des batteries avant qu’elles ne quittent ces premières positions. La première section (bois Carré) est ainsi une nouvelle fois intervenue du 21 au 25 janvier en soutien à la 6e DI, à l’occasion d’une attaque portée les 21, 22 et 23 janvier par le 28e RI sur la cimenterie de Berry-au-Bac. A partir du 7 janvier la deuxième section (bois des Geais), qui n’a pas tiré depuis le 10 décembre, change légèrement d’emplacement, réglant ses tirs sur la partie est du secteur de la 5e DI, depuis la Ville-aux-Bois jusqu’à Berry-au-Bac, qui est également la principale zone d’action du 2e groupe du 43e RAC. Elle y est contrebattue tous les jours par l’artillerie allemande. C’est le 4 février que la 7e batterie dans son ensemble prend position au bois Savart à Commercy avec seulement 3 pièces de 75, mais renforcées à partir du 11 février de deux pièces de 95, pour agir désormais sur la partie ouest du secteur de la 5e DI, depuis Craonne jusqu’à la Ville aux-Bois parallèlement dévolu au 1er groupe du régiment d’artillerie.

Dans ces lettres la relation des combats associés à des coups de mains meurtriers pour l’infanterie tient une place désormais très importante. Alors que la pluviométrie de décembre dégrade d’autant plus les conditions de vie au front, l’intensité des répliques d’artillerie ennemies ont comme conséquence directe d’incessants travaux de protection du matériel et la construction d’abris enterrés pour le personnel à proximité immédiate des pièces. Surgissent alors de nombreuses interrogations sur les tactiques adoptées par le commandement et le manque d’équipement moderne. L’attachement du capitaine Jobit à souligner la présence de membres de la « famille polytechnicienne » sur la zone des combats en constitue l’un des rares aspects positifs.

L’Album de René Verney renferme de nombreux clichés des différentes batteries du 3e groupe du 43e RAC qui rendent compte de la situation matérielle dans les bois de Gernicourt au cours de cette période. Deux seulement permettent d’illustrer précisément les positions de la 7e batterie dans le bois des Geais en janvier 1915, sur l’un d’entre eux figure le capitaine Jobit à proximité immédiate d’un abri de tir.

 

III / 14 décembre 1914 [écrit probablement du bois des Geais à Gernicourt (Aisne)]

Nous avons reçu l’ordre de quitter notre position et d’aller remplacer le 1er Corps d’Armée devant Berry-au-Bac (village qui est à notre infanterie). Me voici sous bois (9), avec les hausses de 850, 1125 et 1 550 m, ce qui est tout dire, du point de vue sécurité. Hier, 6 obus ont salué mon passage dans la tranchée pour aller au poste d’observation. Heureusement que l’artillerie ne tire qu’à 25 m près. Obligation pour moi de ne pas quitter le voisinage de mes pièces. J’en ai quatre, mais avec des trous dedans. Un de mes caissons ressemble à une écumoire et ses cadenas ont sauté. Je vis dans un terrier de 4 m x 1,10 m avec porte en trappe de cave. Le soir cela ressemble étrangement à un tombeau, mais c’est au contraire un anti-tombeau, puisque les 155 peuvent tomber dessus sans percer le toit…

Nous sommes (10) nez-à-nez avec l’ennemi en face le Cholera et Berry-au-Bac, ceci depuis le 15 septembre. On tire pas mal, mais les positions sont immuables. 56 cadavres prussiens et 4 français sont depuis ce moment entre les lignes et on n’ose les sortir. Monsieur Klak(11) tire chaque demi-minute sur les têtes qui dépassent. On a tué de nuit un de ces tireurs choisis qui s’étaient fait une cahute en sacs de ciment en avant de sa tranchée. On l’a cerné et embroché. Chevillard (12) va me quitter pour quelques jours et devenir observateur en aéroplane. Si Zierer (13) voulait intriguer pour avoir la place quand elle sera vide, je le demanderais volontiers…

 

9 - [La 7e batterie reprend les positions occupées par la 7e batterie du 41e RAC, à 150 m à l’est du village de Gernicourt (Marne), la première section (lieutenant Chevillard) dans le « bois Carré » agissant sur la cote 108 (6e DI), la deuxième section (adjudant Lepesqueur) dans le « bois des Geais », agissant sur le secteur du Cholera (5e DI). Le JMO de l’unité contient une carte du secteur permettant de situer précisément les emplacements de tir en décembre 1914 avec un léger mouvement de la deuxième section au sein du « bois des Geais » le 8 janvier.]

JMO 43e RAC 3e groupe 7e batterie 26N982 08 p

Emplacement des pièces de la 7e batterie à Gernicourt (10/12/1914 - 03/02/1915) d'après le JMO de l'unité

1ère section bois Carré ; 2e section bois des Geaix

(Fonds de carte JMO 7e batterie)

10 – [« Nous sommes » : comprendre « les français » ou « les troupes françaises »; il en va de même dans les phrases suivantes de ce paragraphe où l’usage du pronom « On » à caractère impersonnel renvoie, suivant le contexte soit à « l’infanterie française » soit à « l’artillerie française ».]

11 - [L’expression « Monsieur Klak », est vraisemblablement liée à la germanisation de l’onomatopée française « clac » qui traduit un bruit sec et rapide comme celui d’un tir de fusil. Les informations suivantes permettent de comprendre qu’il s’agit ici de tireurs embusqués allemands positionnés sur des lignes avancées.

12 - [Le lieutenant Gaston CHEVILLARD (cf. notes 2, 43 et 63) commande la 1ère section de la 7e batterie alors positionnée au Bois carré. Ce dernier ne sera pas observateur contrairement au lieutenant Marcel Communeau de l’état-major du 11e RAC (cf. note 8) et le lieutenant Raymond Oblin de la 9e batterie du 43e RAC détachés respectivement les 25 avril et 5 mai 1915 comme observateurs à l’escadrille C4, unité aéronautique rattachée au 3e Corps d’armée (voir : L’escadrille C4 – été 1915. ]

13 - [Le lieutenant Daniel ZIERER (cf. notes 1 et 42) est alors rentré au dépôt de Versailles. Dans l’attente de sa dissolution, qui intervient le 16 janvier 1915, la 6e SMA est logée au 137 Boulevard de la Reine, puis à partir du 13 décembre, au camp de Satory (cf. JMO 6e SMA.]

 

IV / 14 décembre 1914 [écrit probablement du Bois des geais à Gernicourt (Aisne)]

Il pleut et la pluie qui se concentre dans les trous d’obus (fort nombreux) nous fait prendre de sérieux bains de pied. Cependant il ne faut pas se plaindre, il fait 10 degrés à 8 h 30, il faisait beaucoup plus froid y a vingt jours….

Je fais travailler à enterrer deux pièces que l’ennemi connaît (14). Mais aujourd’hui il nous a vu y aller à 4 heures de l’après-midi (sous-bois il fait pourtant sombre) et nous a envoyé des balles. Autant jeté aux moineaux, c’est égal cela m’inquiète car nous sommes à 800 m des premiers tireurs Boches.

Je vais peut-être perdre mon lieutenant Chevillard avec lequel les rapports sont bizarres, tantôt froids, tantôt gais. Il serait observateur en aéroplane (12). Mettons-en donc mille en l’air et couvrons l’ennemi de bombes et de fléchettes. Nous n’utilisons pas les progrès de la science, je dis : nous 3e corps. Pas de projecteurs (15), des fusées moches, pas d’autocanons (16), pas de canons contre avions (17), pas d’obus incendiaires, pas d’obus éclairants. Enfin espérons que notre vaillance et nos alliés y pourvoiront.

 

14 - [Le JMO de l’unité à la date du 10 décembre, offre les premiers détails sur ces aménagements de protection des pièces et des hommes (cf. note 19). Dans le bois carré (1ère section) :  Les abris sont organisés au moyen de claies, de forts plafonds composés de trois épaisseurs de claies et de massifs de terre. Les pièces et caissons sont enterrés de 0,90 m. Dans le bois des geais (2e section) : Les pièces sont en batterie sans autre protection que des stères de bois de chauffage les entourant.  […  Les hommes] augmentent la protection des pièces en faisant des massifs de terre du côté dangereux et en refaisant entièrement les abris à l’épreuve pour servants à proximité des pièces, plus un observatoire à 50 m des pièces. (cf. JMO 7e batterie)]

15 – [La première mention d’utilisation d’un projecteur dans le cadre d’une action du 43e RAC ne remonte en effet qu’au 15 février 1915 : Action d’artillerie (75 et A.L.) à 15h et 21h sur l’ouvrage de la Plaine. Un projecteur français doit éclairer le tir de nuit : Il arrive trop tard. (JMO 43e RAC). Parallèlement, l’Album du général Mangin recèle un cliché illustrant la visite par le commandant de la 5e DI d’un « abri d’auto-projecteur » photographie non située et non datée mais réalisée à l’évidence sur le secteur de Pontavert (Album Mangin Bnf I p. 17). ]

16 - [Sur les autocanons voir Véhicules et armements motorisés 1915-1918. parallèlement, sur un cliché de l’Album du lieutenant Maurice Brunet (AD du Cantal, p. 4) on peut ainsi noter à la date du 01/01/1915 à Pontavert la présence du Lieutenant de vaisseau Clémentel « commandant une automitrailleuse pilotée par des marins » aux côtés d’officiers de la 5e DI.]

17 - [Il faut attendre le 6/03/1915 pour voir la mise en place d’une pièce de la 8e batterie pour tirer contre les aéroplanes à l’est de Roucy. Prévue sur la Butte aux marchands (JMO 43e RAC), elle est mise en position sur la « butte aux loups » sur une plateforme de circonstance permettant un tir élevé (cf. (JMO 8e batterie et clichés Album René Verney p.53-54).]

Album R. Verney p.053 gauche haut    Album R. Verney p.054 droite

Roucy (Aisne) pièce de 75 contre avions (Album R. Verney p. 53 et 54)

 

V / 23 décembre 1914 [écrit probablement du bois des Geais à Gernicourt (Aisne)]

Ces jours-ci courts de l’année ne nous amènent pas le calme des longues veillées. On tire beaucoup dans le secteur, et nous encaissons parfois sérieusement. Ce fut mon tour avant hier, en réponse à ma provocation (18) et il faut voir le joli champ labouré qu’est devenu le bois autour de nos pièces et de mon observatoire. Personne de touché, car nous sommes prévenus et abrités. Rien qu’une roue et une flèche de caisson bien cassées. Nous laissons aux Boches l’illusion de nous avoir fait taire et même détruits, et restons prêts à recommencer, avec des abris encore plus forts (19). Je pense que c’est le fond réel de bien des communiqués sur les luttes d’artillerie. Nous avons le sentiment de notre supériorité dans notre coin. Mais comme les tranchées sont bourbeuses ! le fond en est constitué après chaque pluie par 5 ou 10 cm d’eau.

 

18 – [Tirs de réglage effectués le 21 décembre sur le secteur Nord-Ouest de la cote 108 par la 1ère section (lieutenant Chevillard, depuis le Bois carré). Il s’agit des premières salves (11 obus à balles et 8 explosifs)tirées en accompagnement d’une attaque lancée par l’infanterie de la 6e DI (3e bataillon du 24e RI) sur l’écluse Nord de Sapigneul (cf. notes 20 et 24). Riposte immédiate de l’artillerie allemande par 40 tirs d’obus percutants en fonte : Les points de chute encadrent parfaitement la position des deux pièces.

Schéma de tir JMO 7e batterie

Abri de tir JMO 7e batterieSchéma de tir du 21/12/1915 (JMO 7e batterie du 43e RAC)

19 – [Le JMO de l’unité renferme à la date du 21 décembre le schéma d’une position de tir avec description des renforts de protection : Les abris des pièces et caissons sont renforcés de manière à protéger le personnel. Il est fait autour de chaque groupe de pièce-caisson enterré de 0,90 m un rempart circulaire de 2,50 m d’épaisseur à la base clayonné à l’intérieur. Au-dessus il est placé une toiture formée de trois épaisseurs de claies, destinées à arrêter les éclats retombant d’en haut.

Ce type de protection (cf. note 14) est mis en place dans les différentes batteries du 3e groupe. Plusieurs clichés de l’Album des René Verney permettent ainsi d’illustrer ces travaux de manière générique (par exemple : Album p. 25, 26, 28, 30)

 

Schéma d’une position de tir (JMO 7e batterie du 43e RAC)]

 

 

Album R. Verney p.026 droite

 

 

 

Bois de Gernicourt (Aisne), janvier 1915

canon de 75 au recul, lt Oblin 9e batterie

(Album R. Verney p. 26)

 

Album R

 

 

 

 

 

Bois de Gernicourt (Aisne), janvier 1915

construction d’un abri de tir

(Album R. Verney p. 28)

 

 

 

VI / 24 décembre 1914 [écrit probablement du Bois des geais à Gernicourt (Aisne)]

…les tuyaux que tu nous donnes par ta lettre du 20 décembre nous expliquent certaines lenteurs. En ce moment cependant, nous sommes en alerte depuis 24 heures et en pleine action offensive (20). Nos fantassins progressent et ont déjà atteint une tête de pont au-delà du canal que tu sais. La riposte ennemie n’est pas très vive. Qu’attendent-ils pour se déclencher ? car ils existent et ils nous l’ont montré hier avant-hier. Je crois que nous allons avoir messe de minuit, réveillon avec bombes glacées et petites et… grosses marmites.

 

20 - [Le JMO régimentaire précise que seule la 1ère section du Lieutenant Chevillard dans le bois Carré est appelée a effectuer des tirs avec ses deux pièces de 75 (attaque de l’écluse Nord de Sapigneul par le 3e bataillon du 24e RI, 6e DI, cf. notes 18 et 24 ) : tirs de réglage le 21/12/14 et tirs de barrage le 25/12/1914. La 2e section installée dans l’angle nord-est au bois des Geais n’effectue quant-à-elle, aucun tir du 10/12/14 au 6/01/1915 (cf. JMO 7e batterie et JMO 6e DI).]

 

VII / 3 janvier 1915 [écrit probablement du Bois des geais à Gernicourt (Aisne)]

…Nous brûlons de recevoir ces obus extraordinaires, fussent-ils un sur cinq (21). Pour le moment nous avons en chantier une bonne attaque (22) en vue de laquelle j’ai préparé mon tir sur la carte à la boussole Peigné (22), puis fait un essai avec observateurs. Excellent résultat : les tranchées en lisière, les autres coups longs donc bons. Hausse théorique 3 050 ; vérifiée 3 100 m, nous sommes donc en mesure de faire de belle besogne, nous n’attendons plus que l’ordre.

… la situation est la même qu’au 18 septembre. Rien de connu au sujet des sismographes.

…Tu me parlais aussi de la contre-attaque allemande le lendemain de notre bon en avant de Sapigneul (24). Nos boyaux ont 10 cm d’eau et le sol n’absorbe plus rien, les Boches font de l’épuisement avec des pompes. Nous faisons écoper par des fantassins avec des pelles. Et aussitôt il se remet à pleuvoir. Il y a eu deux contre-attaques : l’une à midi, repoussée par nous, mais l’autre à 11 heures du soir menée par un bataillon, contre nous : une compagnie. Nous avons reperdu notre avance et laissé 20 ou 50 tués ou prisonniers (25). La position était intenable et il ne fallait les reprendre que comme un premier pas pour pousser plus loin. Alors pourquoi la prendre pour ne pas pousser ensuite ? La raison me parait dans le désir des états-majors de mettre quelque chose dans le communiqué – ou de fixer les Boches en France, par des attaques à coup d’épingle comme cela : mais les pertes ne justifient pas de pareils jeux. Depuis lors on a préparé deux surprises dont le moindre poilu parlait huit jours à l’avance. Aussi n’ont elles pas eu lieu. Si c’est bien pour fixer l’ennemi, c’est bien joué. Espérons que c’est voulu. Mais je reste sceptique.

Actuellement on invente de faire forer par l’artillerie, des coulées dans les fils de fer ennemis grâce à un tir de 200 coups par pièce en 40 minutes. Si les servants ne sont pas fous après un tir pareil, c’est qu’ils auront les oreilles solides. Il y a aussi à cela une difficulté : il faut pour réussir se mettre derrière nos fantassins, tirer assez haut pour ne pas écrêter sur eux, et assez bas pour agir sur les fils de fers ennemis. Alors sais-tu la solution du général commandant le 3eme corps ? (26) C’est de placer l’artillerie à 25 m de l’ennemi. Voilà l’ordre que notre 8e batterie a reçu hier sérieusement (27). Toute la journée du commandant (28) s’est passée à faire comprendre l’énormité de cette tactique antérieure à Jules César.

Il pleut.

Nous faisons user des munitions aux Boches, qui tirent avec ténacité sur tout ce qui a été une fois repéré par eux, par exemple des meules à 50 mètres d’un observatoire. Ils n’ont aucun effet sur ce dernier, mais quand notre 9e batterie tire, ils ouvrent un feu de 20 obus de 40 kilos sur la meule où ils croient les observateurs. Par ruse, nous cessons alors le feu, et les reprenons une heure après. Ils usent ainsi une demi tonne de fonte par jour à labourer un champ. Toute cette après-midi nos hommes ont travaillé à 200 m à côté de ce champ, sans se soucier de ce qui tombait…

 

21 - (notation dactylographiée  « voir : inventions Turpin ») [Fausse rumeur du nom du chimiste Eugène Turpin (Paris 1848 – Pontoise 1927) inventeur en 1885 du procédé de stabilisation de l’acide picrique dans du coton pressé, pour le rendre utilisable comme explosif sous le nom de mélinite. Voir : DAUZAT Albert - Les Faux bruits et les légendes de la guerre. Mercure de France, n°482 - T. CXXVIII, 16 juillet 1918, 29e année p. 241-262, cf. p. 252-253 :  Un des types de légendes les plus curieux est celui de la poudre Turpin, qui met en lumière toutes les caractéristiques des faux bruits et qui montre comment ceux-ci s'accréditent même parmi les milieux les plus cultivés. Le point de départ était l'offre faite par Turpin, au début des hostilités, de se mettre à la disposition du gouvernement français ; les journaux firent remarquer justement quels services pourrait nous rendre l'inventeur de la mélinite ; ils ajoutèrent qu'il avait fait de nouvelles découvertes. Sur ce canevas, l'imagination populaire eut tôt fait de broder des chimères. (à lire en ligne sur Gallica) ]

22 - [Il peut s’agir d’une nouvelle attaque programmée sur le secteur de la 6e DI et à laquelle doit contribuer la première section de la 7e batterie, mais qui n’aura lieu que les 21-23 janvier (cf. note 30)].

Album R

Gernicourt (Aisne), Bois des Geais, pièce de la 7e batterie

 (2e section), Janvier 1915. Maréchal des logis Hirondeau

(Album René Verney p. 33)

23 - « boussole Peigné » [Boussole alidade de poche permettant d’effectuer des relevés topographiques de reconnaissance rapides (mesure d’un orientement rapporté au Nord magnétique et des calculs de pentes), mais relativement peu précis. Du nom de son inventeur Paul Peigné (Paris 1841 – Paris 1919) (professeur de topographie à Saint-Cyr 1867-1880, promu général de division en 1908).]

24 - (annotation dactylographiée : Près Berry-au-Bac cote 108). [Il s’agit une nouvelle fois de combats engagés par la 6e DI (3e bataillon du 24e RI) les 21-23 décembre 1915 pour la prise de l’écluse Nord de Sapigneul (cf. notes 18 et 20). Voir : JMO 24e RI et les clichés du secteur dans l’album du général Mangin (Bnf, vol. I p. 18-25).

25 - [Les pertes du 24e RI s’élèvent à 142 hommes tués, blessés ou disparus dont 117 pour le seul 3e bataillon (cf. JMO 6e DI)

26 - [Général Emile Hector HACHE (Verquin 1850 – Paris 1931), commandant le 3e corps d’armée (25/08/1914 –  22/12/1915). Portrait source RMN. ]

27 - [La position choisie pour la 8e batterie est située : à environ 1 km nord-est de la sortie nord de Pontavert. Ces travaux sont interrompus le 16 janvier, le général de division ayant renoncé à cette attaque. (JMO 8e batterie 43e RAC 08/01/1915).]

28 - [Commandant Lucien BRAUN, (Paris 1864 - Fontainebleau 1940) X promotion 1882, chef d’escadron du 3e groupe du 43e RAC (04/07/1912 au 21/12/1916). Portrait et sources bibliographiques : Index des noms de personnes A à G]

 

 

VIII / 15 février 1915 [écrit probablement du Bois Savart à Concevreux (Aisne)]

Ces jours-ci, j’ai été très occupé d’abord par les combats des 21 et 25 janvier (29), puis par des tirs plus fréquents pour moi, jusqu’au 4 février (30) où j’ai changé de position (31), ce qui ne va pas sans une forte besogne de reconnaissance, des paperasses, de marches et de démarches. Surtout quand il y a échange de matériel pour éviter des déplacements inutiles. Enfin, je me trouve à la tête de 3 cylindres de 75 mm, et de deux autres de 95 mm (32), dans un bois assez éloigné de la ligne, avec de belles hauteurs pour dominer et observer.

Je passe de royales après-midis à chercher les batteries ennemies et à les arroser, cette fois sans risque pour moi. Quand j’aurais toutes leurs hausses, il est probable que j’irai les voir de plus près, tout au bout des tranchées françaises, là où on observe au périscope primitif formé de deux miroirs ; et où l’on déclenche par téléphone à 6 500 m derrière soi un coup de canon qui siffle au-dessus de la tête, et va tomber à 200 m devant vous. Quelle drôle de conception tout de même (33).

Marchand (34), le beau-frère de Mutel (35) est sur mon chemin quand je vais ainsi aux tranchées. J’irai bientôt déjeuner avec lui : il est lieutenant à une batterie de montagne.

Dans ces parages, Bouchon (36) essaie un minenwerfer fort peu précis, mais dont le projectile est très puissant. Son 3e coup lui a valu une belle riposte qui a blessé 3 hommes sur six. Mais il a recommencé avec plus de succès ce matin.

Tu as dû avoir des récits des combats de Berry-au-Bac (37) par Marguerite (38). En voici le schéma :

Le 20, bombardement local subit et intense par les Boches, d’une zone de 100 x 100 m coupée par une gare d’eau. Nos troupiers s’abritent, et quand ils relèvent le nez, les baïonnettes Boches sont sur eux. Nous arrosons la position qu’ils ont conquise et ils ne vont pas plus loin.

Le 21, bombardement par notre groupe et une batterie d’artillerie lourde : bel ensemble. Assaut par nous sur le cimetière. Repoussés on reprend l’arrosage. Puis 2e assaut qui réussit sans aucune perte.

Ma section reçoit 100 obus venus de trois batteries : 77, 105 et 150. Pas un blessé, mais un gros trou dans nos épaulements qui enlève 2 m 50 d’épaisseur de terre sur 2 m de haut, un caisson est à nu, sans dommage. J’ai mal à la tête d’entendre les éclatements des obus qui nous encadrent et nous couvrent de terre à travers les fentes de l’observatoire.

Détail : au moment de l’assaut, mon camarade voit un groupe de 18 Boches se précipiter vers nos tranchées. Il croit à une attaque et leur envoie un explosif un peu long car nos lignes sont tout près. Or ce sont des Boches affolés par la boucherie de nos obus qui courent se rendre. On ne sait combien on en a tué, mais une compagnie entière a été détruite. Le chef, lieutenant de réserve Von Schweidnitz portait sur lui le plan des tranchées allemandes et les heures de relève.

Suite, le 22 à 19h : belle surprise d’artillerie par nous, un tir d’une minute à toute vitesse, puis plus rien. Les Boches ont riposté sur nos fantassins avec une rapidité remarquable, une minute après notre tir. Et quel luxe ! gros, petits, obus incendiaires, fusées… comme notre infanterie était garée, elle n’a pas eu un blessé, tandis que notre surprise a coûté aux Boches 12 tués et 32 blessés (tuyau d’un prisonnier).

Jamais je n’ai vu un feu d’artillerie comme ce feu de l’artillerie allemande. Il a duré un quart d’heure et cela a été tout. Nous avons assuré le silence, par quelques salves de deux heures en deux heures, mais sans riposte. On se demande si l’ennemi n’attendait pas notre attaque, ou s’il n’en préparait pas une, ce qui expliquerait sa propre riposte.

Enfin, le 23 à 18h 30, nous recommençons notre tonnerre subit, pour préparer la reprise des tranchées de gauche, négligées l’avant-veille. Le tir malgré la nuit, est si précis que lorsque nos fantassins se dressent et sautent dans les tranchées ennemies, ils n’ont que deux blessés, faits par notre dernier obus et ses éclats en retour. Mais d’ennemis plus : on trouve 6 ou 7 êtres tapis, fous de terreur, au fond des tranchées, et des morceaux de viande accrochée à tous les arbres voisins. Un seul sous-officier allemand proteste un peu quand on veut lui enlever son fusil, mais trois pointes de baïonnettes le mettent vite à la raison. Il paraît que cinq minutes plus tôt, on pinçait 5 officiers qui venaient d’inspecter les tranchées.

En tous cas, ce jour-là, on a fini de reprendre tout le terrain perdu. Le calme règne sur cette partie du front. Plus de fusillades ou mitraillades incessantes qui finissaient par tuer un ou deux hommes par jour…

Quant aux beaux et nouveaux explosifs que tu m’annonces, je désire vraiment les voir à l’œuvre, mais je n’en ai pas encore.

D’André (39), j’ai de bonnes nouvelles mais il n’est pas encore à 4 galons bien que commandant encore un bataillon. Ce qui lui assure encore un peu plus de confortable…

 

29 - [Les 21-25 janvier la 1ere section (lieutenant Chevillard), installée dans le bois Carré et qui n’a pas tiré depuis le 25 décembre soutient à nouveau l’action de la 6e DI du 21 au 23 janvier. Elle prend part à une action engagée par le 28e RI pour prendre la cimenterie et les tranchées entre les canaux, enlevés par les prussiens la veille.  Ces combats donnent lieu à de violentes répliques de l’artillerie allemande notamment le 21 janvier où : On peut estimer à 200 le nombre d’obus qui ont atteint le bois et ses lisières (cf. JMO 7e batterie du 43e RAC). ]

30 - [Le capitaine Jobit fait ici allusion aux actions de la deuxième section de la 7e batterie qui, après n’avoir effectué aucun tir depuis le 10 décembre, change d’emplacement le 7 janvier mais toujours dans le bois des Geais afin d’accompagner les opérations programmées par la 5e DI. Jusqu’au 4 février : sous le commandement de l’adjudant Le Pesqueur et sous la direction plus spéciale du capitaine Jobit, elle règle ainsi ses tirs sur le bois des Boches (situé à 1,5 km au sud-est de la Ville-aux-Bois), le Choléra (au nord-est de Berry-au-Bac), et le moulin de Juvincourt.

La deuxième section : a été battue chaque jour du 7 janvier au 4 février par des pièces de 77 et de 150 qui battaient d’enfilade la lisière N-O du bois. Ces pièces se trouvaient au camp de César. Plusieurs obus ont éclaté à 2 m des pièces. Aussi leur a-t-on fait une protection spéciale sous casemate à trois rangs de rondins (JMO 7e batterie du 43e RAC). ]

JMO 43e RAC 3e groupe 7e batterie 26N982 08 décembre détail    JMO 43e RAC 3e groupe 7e batterie 26N982 08 janvier détail

Mouvement de la 2e section de la 7e batterie du 43e RAC (bois des Geais à Gernicourt) le 07/01/1915

(Fonds de carte JMO 7e batterie)

Pièce de la 7e batterie dans son abri janvier 1915 cap

Bois des Geais à Gernicourt (Aisne), pièce de la 7e batterie dans son abri, janvier 1915

à gauche le capitaine Jobit (Album R. Verney p. 35)

31 – [La 7e batterie : toute entière, reçoit l’ordre (le 28 janvier), de se déplacer pour se rendre dans le bois Savart. Le mouvement qui donne lieu à des échanges de canons, caissons et avant-trains, a lieu le 4 février. La batterie n’y dispose dans un premier temps que de trois pièces de 75 au lieu de quatre, avec comme objectif la sortie sud de Craonne et toute la zone entre Craonnelle et la nationale 44 (JMO 7e batterie du 43e RAC).]

JMO 43e RAC 3e groupe 7e batterie 26N982 08 p

Prise de position de la 7e batterie du 43e RAC le 4 février 1915.

(Fonds de carte JMO 7e batterie)

Album R     Album R

Bois Savart à Concevreux (Aisne), 7e batterie, février 1915, (Album R. Verney p. 50)

                                canon caisson et abri de tir                 Excavation produite par un 210 boche devant la 7e batterie

32 - Le 11 févier la 7e batterie est renforcée de deux pièces de 95 sur affût de campagne accompagnées de trois caissons, mis en position dans le bois Savart à la gauche des emplacements des pièces de 75 et 25 m à l’arrière. Elles seront repoussées le 7 mars de 200 m à la lisère sud du bois (JMO 7e batterie du 43e RAC).]

Album R. Verney p.053 gauche bas

Bois Savart à Concevreux (Aisne), 7e batterie, pièce de 95, février 1915 (Album R. Verney p. 53)

33 – [Dès l’arrivée sur le secteur une attention toute particulière est portée à la mise en place d’un vaste réseau téléphonique dont Le Lieutenant Petit s’occupe particulièrement.  […]  Plus de 50 kg de fils sont posés en quelques jours pour assurer l’indépendance de l’artillerie dans la transmission des ordres et des observations. (JMO 43e RAC)  L’objectif est d’assurer la communication entre le colonel dont le PC est à Roucy, les batteries d’artillerie lourde et les commandants de groupe de 75, eux-mêmes en relation avec leurs batteries et avec le commandant d’infanterie de son secteur. Il est atteint dès le 25/12/1914, les batteries étant en liaison avec l’infanterie sur tout le front. Des observatoires d’artillerie sont installés dans les tranchées.]

34 - [Jacques Paul Louis MARCHAND (Paris 1881 – Paris 1967), X 1901, lieutenant de réserve au 1er RAL, passé au Parc d’artillerie du 3e Corps d’armée le 27/04/1915 (Sources : Registre de matricule, 6e bureau de la Seine, clase , matricule n°448 ; Dossier Léonore n°246828) et Portrait : Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique). ]

35 - [André Henry MUTEL (Paris 1880 - Nancy 1914) caporal au 226e RI, mort pour la France à Nancy le 29/08/1914 (Sources : Registre de matricule, 6e bureau de la Seine, classe 1900, matricule 65 ; Mémoire des hommes). ]

36 - (annotation dactylographiée : René BOUCHON, X 1900, camarade de Jacques BREGUET qui avait été dans une SMA avec Eugène et Marcel Jobit). [Jacques BREGUET (cf. note n°7) ; René BOUCHON (Nogent-sur-Seine 1880 - 1941), X 1900, lieutenant de réserve affecté au 43e RA le 25/10/1913, passé à la 7e SMA du 3e CA le 23/09/1914. Passé à la 1ère batterie du 11e d’artillerie le 05/04/1915 (sources : Registre de matricule, bureau de Bernay, classe 1900, matricule n°15); portrait Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique).

Le 43e RAC reçoit le 7 février des canons de 58 de tranchée (mortiers 58 mm T n°2) : le Lieutenant BOUCHON et le sous-lieutenant Fages (voir index des noms de personnes) organisent un emplacement dans le secteur de la Ville-aux-Bois (Bois de la mine). Le 8 février tir sur le saillant S.O du Bois des Boches, immédiatement contrebattu avec des grenades (le sous-lieutenant Fages, le maréchal des logis Babin et le pointeur Bauduin blessés) ; Le matériel de 58 très rudimentaire, sans aucune précision ni aucune rapidité, très repérable par ses fumées, n’est pas d’un modèle heureux. Il sera amélioré par la suite et tirera des obus de 25 kg d’explosif ; le 9 février : Nouveau tir du 58 sur les tranchées du bois Franco-Boche. Nombreux ratés d’étoupille. Il n’est pas contrebattu.(JMO 43e RAC). ]

37 - secteur de la 6e DI avec laquelle collabore l’AD5 (cf. JMO 6e DI). ]

38- (annotation dactylographiée : Nota : sa femme Marguerite LAINÉ, de Beauvais, qu’il venait de voir en permission à Beauvais, permission où il avait profité de mettre en route une machine à garnir les couvertures, à la manufacture de Tapis et couvertures Lainé, où il travaillait depuis son mariage). [Mariage célébré à Paris 7e le 19/11/1906 entre Eugène JOBIT et Marie Marguerite LAINÉ (Beauvais 1879 - Antibes 1959), fille de Jules Edmond Lainé (Paris 1847 - Beauvais 1917), directeur de la manufacture Edmond LAINÉ et Cie, devenue après la guerre la Manufacture Française de Tapis et Couverture (MFTC) avec laquelle s’associe en 1929 la manufacture Communeau et Cie alors dirigée par Marcel Communeau (ct. note 8).

Bien que cette permission ne soit pas portée au JMO de l’unité, il est possible qu’elle se soit déroulée durant la période d’installation de la 7e batterie au bois Savart entre le 5 et le 11 février.]

Faire-part de mariage Eugène Jobit

Faire-part de mariage religieux d’Eugène Jobit et Marguerite Lainé 20/11/1906

(Source : Bibliothèque Généalogique et d'Histoire Sociale de France doc. 1 ; doc. 2)

Manfacture française de tapis et couvertures BD

Article de presse consacré à la Manufacture Française de Tapis et Couverture (MFTC) vers 1930.

(coll. verney-grandeguerre)

39 – [André Jean Baptiste JOBIT (Lyon 1874 - Ecurie 1915), frère d’Eugène et Marcel, capitaine de la 9e compagnie du 25e RI en position avec la 20e DI (10e CA) depuis début octobre 1914, dans l’Artois, sous-secteur de Beaurain, à la périphérie sud d’Arras (cf. notes 48 et 65). Sources : Registre de matricule 4e bureau de la seine, classe 1894, matricule n°3863 ; JMO 25e RI ]

JOBIT André -CNE BD

Portrait du capitaine Eugène Jobit (doc. source familiale, communication Stéphane Breguet)

 

Bois Savart, la Plâtrerie, Bois de Gernicourt (04/02 – 15/05/1915)

Nous avons volontairement associé à la période précédente le courrier daté du 15/02/1915 bien qu’il évoque une nouvelle prise de position dès le 4 février dans le Bois Savart à Concevreux, installation marquée par des échanges de matériel avec les autres unités qui débouche sur l’attribution de seulement trois pièces de 75, mais également à la dotation le 11 février de deux canons de 95. S’y adjoignent ici trois lettres datées du 02/03, du 01/04, et du 28/04/1915 alors que certaines pièces de la batterie se déplacent à la Plâtrerie à Roucy, dans le Bois de Gernicourt, le Bois de la Justice à Bouffignereux ou encore Cote 180 à Cormicy, en fonction des objectifs attribués à la 7e batterie sur le front de la 5e DI depuis la sortie sud de Craonne jusqu’au Choléra à l’ouest de Berry-au-Bac. Malgré un ordre reçu le 26 avril, le 3e groupe du 43e RAC ne quitte le secteur que le 15 mai pour se diriger avec l’ensemble de la 5e DI vers l’Artois.

JMO 43e RAC 3e groupe 7e batterie 26N982 08 p

Positions occupées par la 7e batterie du 43e RAC de février à mai 1915

(Fonds de carte JMO 7e batterie)

Cette période de trois mois s’associe à un mouvement de personnel et aux premières permissions pour les officiers. Le capitaine Jobit qui semble en bénéficier début février, assure dans ce cadre l’intérim du chef d’escadron Lucien Braun à son poste de commandant du 3e groupe du 43e RAC du 16 au 20 avril. Avec l’arrivée du printemps, l’état d’esprit des correspondances est très positif et, malgré les combats, teinté de la sérénité de la vie au grand air. Un aspect parallèlement révélé par les clichés de l’album de René Verney.

Album R

Bois Savart à Concevreux (légendé Roucy) (Aisne)

Au premier plan assis cdt Braun, derrière lui de g. à dr. lt Lavoisier, lt Jean,

lt Chevillard, cap. Jobit, cap. Garnuchot, lt Delaygue (Album R. Verney p. 9)

Album R

Bois Savart à Concevreux (Aisne), tir à la corde à 7e batterie, avril 1915 (Album R. Verney p. 43)

à l’extrême droite, l’adjudant Le Pesqueur

Album R

Bois Savart à Concevreux (Aisne), puits de la 7e batterie, avril 1915 (Album R. Verney p. 43)

Album R

Bois Savart à Concevreux (Aisne) février-mai 1915

de g. à d. : Dr Verney, lt Lavoisier, lt Chevillard (Album R. Verney p. 50)

 

L’un des points marquants alors souligné par le capitaine Jobit est l’augmentation des dotations en munitions et leur diversité en type d’explosif. Par ailleurs il fait état de la grande qualité des réseaux de communications, qui facilitent la transmission par téléphone des observations et ordres de tirs et la réception de bulletins d’information par TSF. Si les attaques de l’artillerie ennemie continuent d’être vives, y répondent désormais une stratégie de leurres dont l’efficacité débouche sur un sentiment de supériorité tactique vis à vis de l’ennemi. La seule inquiétude notable concerne les aléas de la production de munitions en termes de qualité qui augmentent potentiellement les risques pour le matériel de tir.

 

IX / 2 mars 1915 [écrit probablement du Bois Savart à Concevreux (Aisne)]

Rien de nouveau depuis ma dernière lettre. Nous occupons nos loisirs au moyen de tirs peu nourris, et de la contemplation d’un superbe panorama du haut de notre PC.

Nous y recevons par TSF (40) :

A 14h 30 le communiqué de Cologne

A 15h le communiqué français

A 22h celui de Berlin.

Aussi les plus tuyautés de nos journaux ne nous renseignent plus que sur des détails, qui ont bien leur importance et leur intérêt…

Nous avons encore un stock sérieux d’officiers d’artillerie de réserve, et il vient de nous arriver des petits X ou centraux reçus aux examens d’entrée et formés dans les dépôts depuis septembre (41). Ils nous suffisent pour occuper un tas de postes accessoires, observation, téléphone, reproduction de croquis, etc. Nous ne manquons que d’une chose, c’est de nos promenades en août et septembre. Zierer (42) a réalisé son but : il est passé à la 6e batterie pour remplacer un malade. Pour moi, je vois les Boches connaître de mieux en mieux les emplacements de mes tubes, et j’en ai déplacé deux avec un à propos heureux, puisque dès ce déplacement, la place de l’un d’eux a eu la visite d’un 77. C’est le moment que nous choisissons pour finir nos demeures dans le bois voisin des pièces, et abandonner nos chambres, où il y a des lits et des draps dont nous jouissons depuis un mois. Souhaitons que la précision du tir allemand soit telle que les emplacements de pièces reçoivent seuls des points d’impact.

 

40 - [Poste installé au Moulin de Roucy le 01/03/1915 permettant parallèlement de régler des tirs par avion (JMO 43e RAC).]

41 - [Il en va ainsi du lieutenant Jean Pierre Marie GOSSELIN, X classe 1914 arrivé le 21/02/1915 à la 9e batterie et des sous-lieutenants, élèves de l’école centrale des Arts et manufactures Louis Auguste FACKLER (classe 1912) et Pierre Eugène DEVINOY (classe 1913) affectés à la 7e batterie le 03/05/1915 (voir Index des noms de personnes A à G).]

42 - [Le lieutenant Daniel ZIERER (cf. notes n°1 et 13) est finlement affecté à la 6e batterie du 43e RAC où il arrive le 21/02/1915. Après un passage par Versailles où a été renvoyée le 05/11/1914 la 6e SMA dont il assurait le commandement pour être dissoute, il a rejoint un mois plus tard le dépôt du 43e RAC à Caen, où il a été temporairement affecté du 10/12/1914 au 19/02/1915.]

 

 

X / 1er avril 1915 [écrit probablement du Bois Savart à Concevreux (Aisne)]

Soleil radieux ; vie au grand air, nos travaux sont terminés et le tir ne nous prend que quelques minutes par jour.

Aujourd’hui, vu un avion français recevoir trois cents coups ayant l’air bien réglés et ne pas cesser son exploration. Cela est un beau culot. Les trois ou quatre batteries ont dû en piquer de rogne…

Nous faisons toujours de bonne besogne depuis 4 ou 5 jours, la mélinite, la tolite, la cheddite, la schneider…ite tombent sur les voisins d’en face avec assez d’intensité, les ripostes sont sèches mais courtes, preuve d’avarice.

Il y a eu de la casse au 11e. Le successeur de Chevillard, dans un bois, a été grièvement blessé. Tu as su que CHEVILLARD lui-même et deux de mes servants (43), l’ont été mais légèrement.

Je sens que nous avons le dessus par ici. Le voisin s’enfouit et use même du béton.

Je sais que l’on forme au 43e trois batteries de 90 (44).

 

43 -  [L’événement s’est en fait déroulé le 09 avril, Le lieutenant Gaston CHEVILLARD (cf. notes 2, 12 et 63) légèrement touché à l’arcade sourcilière reste à son poste, il est alors proposé pour une citation par le capitaine Jobit : M. le lieutenant Chevillard a toujours payé de sa personne au feu et a acquis sur le personnel de la batterie de tir l’ascendant nécessaire pour assurer sa parfaite tenue sous le feu de l’ennemi. Les servants de la deuxième pièce, le maître-pointeur Heckmann et le 1er servant Chochat, blessés légèrement à la tête sont évacués, l’aspirant Pradeau est quant à lui commotionné (JMO 7e batterie du 43e RAC) Aucun autre blessé n’est enregistré à la 7e batterie au cours de la période (voir Cartographie II et pertes du 3/43e RAC). ]

44 - Par décision ministérielle n°2978 3/3 du 6 mars 1915, la 43e batterie du 43e RAC, dépôt de Versailles, forme avec deux autres batteries, l’une du 22e RAC et l’autre du 11e RAC un groupe équipé de canons de 90mm, groupe intégré le 1er avril 1917 au 270e RAC. (voir Le 43e RAC 1914-1918 (43e batterie de 90) ]

 

 

XI / 28 avril 1915 [écrit probablement du Bois de Gernicourt (Aisne)]

Merci de tes longues explications qui m’intéressent vivement. 130 000 par jour sont une belle quantité. C’est à diviser par 3 600, et tu vois que le quotient n’a rien d’épatant quand on réfléchit à l’efficacité qui nous est demandée. Il y a le contenant aussi à remettre en état, car la consommation en a été inouïe. Quand un gravier ou un éclat est dans le tube au départ, ce n’est pas le Boche qui assiste à l’éclatement. Eh bien c’est 116 le mois dernier à notre connaissance.

Donc turbinez bien, vous autres industriels, à en refaire des tas. Il parait que c’est l’Angleterre qui nous alimente en fonte, puisque nos hauts-fourneaux sont devenus pour les 4/5e la propriété de l’ennemi. Y crois-tu ?

Aux loups (de fabrication) dont tu me parles, il y a lieu d’ajouter pas mal de manque de soin chez les ouvriers tourneurs. Je passe moi-même la visite de mes pruneaux et il y a des défauts de tournage et de centrage visibles.

Pour mettre la note gaie à ce tableau, je te citerai un lot de 1 000 obus ordinaires que nous avons « brûlés » et où nous en avions vus mangés aux vers (tu comprends qu’il s’agit de soufflures).

J’ai reçu une carte d’Emmanuel Chauvelot (45) qui se croit un héros parce qu’il est médecin du 56e d’artillerie et qu’il va aux observatoires. Je ne sais pas s’il y va souvent, et me permets de dire que ce n’est d’ailleurs pas sa place.

Hier (je ne pose pas pour le héros d’ailleurs), j’ai eu personnellement avec mon trompette les honneurs de 6 obus de 130, un canon allemand assez rare, mais catalogué 695 m/s de Vo, 14 000 m de portée, obus de 40 kg en acier. Bref du beau matériel. On nous en a amené une batterie il y a huit jours et elle a laissé choir près de notre bois, 3 obus non explosés de 0,65 m de long qui sont superbes (46). Des aiguilles ! leur inconvénient est de se renverser parfois sans éclater. Le shrapnel vidé pèse 25 kg ; il ne reste donc que 15 kg de balles.

Donc hier, j’ai d’abord été surpris dans un bois, par un éclatement de ce shrapnel, juste au-dessus de ma tête, donc inoffensif. Renvoyé trompette et chevaux, qui ont bien failli écoper en s’en allant.

Au retour, monté à cheval, sous une pluie d’éclats d’obus de 150 qui tombaient à 200 m de là, mais dont les éclats venaient sur nous. Sorti au grand trot dans une plaine où je passe depuis deux mois. Le beau soleil nous fait voir. Heureusement je me défie et prends le grand trot. A 200 m derrière nous, voilà les éclatements par 2 de 130 qui rappliquent, heureusement perpendiculairement à notre route. Trois salves de 2 nous ont été ainsi adressées. Le seul sentiment en pareil cas, quand on connait à fond son terrain et le tir ennemi, est de se payer la tête dudit ennemi, je disais à mon trompette : « Ils ne nous aurons pas » avec la même joie qu’ont les gosses au jeu de cache-cache. Et cette joie se double pour nous de réfléchir à la consommation inutile imposée ainsi à l’ennemi.

Nous sommes sous le coup d’un départ imminent pour ?? (47)

Pas de nouvelles d’André (48) depuis un mois. Pourtant je lui ai envoyé pas mal de lettres et cartes.

Quelle joie tu aurais de vivre avec nous dans les bois qui fleurissent et bourgeonnent. Les oiseaux chantent.

On se sent vivre dans ce milieu de mort, mais au moins l’énergie y est.

 

45 - [Louis Raymond Emmanuel CHAUVELOT (Paris 1876 – Neuilly-sur-Seine 1950), fils d’Alfred Chauvelot et de Marie Sophie Jobit. Médecin aide-major de 1ère classe de la réserve affecté au 56e régiment d’artillerie le 23/03/1915 (Registre de matricule, 6e bureau de la Seine, classe 1896, matricule n°220). ]

46 - [Voir le cliché de l’album de René Verney (p. 5,37), portrait collectif avec au premier plan l’un de ces « obus de 150 boche » non éclatés.

Album R. Verney p.037 gauche    Album R

Bois de Gernicourt (Aisne), avril 1915 

de g. à dr. le vétérinaire Dupont, le capitaine Berntzwiller, le lieutenant Chevillard,

le médecin aide-major Neyreneuf, au ptremier plan "obus de 150 boche" (Album R. Verney p. 37).

47 - [Ordre reçu le 26 avril (associé à une revue de paquetage et de harnachement), le départ n’aura lieu que le 15 mai (cf. JMO de l’unité).]

48 – [André JOBIT, frère d’Eugène et Marcel, capitaine de la 9e compagnie du 25e RI (cf. notes 39 et 65). Il est alors toujours dans l’Artois, sous-secteur de Beaurain, à la périphérie sud d’Arras.]

 

 

FRONT D’ARTOIS

Le 22 mai 1915, le 43e RAC quitte le front de l’Aisne et se transporte vers la région d’Arras par chemin de fer, débarquant à Saint-Pol-sur-Ternoise (Somme) dès le lendemain. Le 23 mai, l’ensemble du régiment est rassemblé à Brévillers (Pas-de-Calais). Il y cantonne pour une période de repos consacrée à l’instruction du personnel, des cadres et entraînement des chevaux, les exercices se déroulant dans le parc de la propriété du Général Hippolyte Marie Ghislain Antoine Le Bègue de Germigny (Lille 1840 - 1918). Les échelons du parc d’artillerie du 3e corps d’armée sont quant à eux stationnés dans les villages voisins de Lucheux et Grouches-Luchuel. Après le départ des 1er et 2e groupes le 3 juin pour Neuville-Saint-Vaast, le 3e groupe du 43e RAC y prolonge son séjour, ne quittant Brévillers que le 15 juin via Fosseux le 16 juin, Wanquetin le 17 juin, Mingoval les 18-19 juin, pour se rendre à Beugin où il cantonne du 21 au 27 juin, puis à Olhain (commune de Fresnicourt-le-Dolmen) où il stationne du 29 juin au 4 juillet. Ce même jour les batteries entament leurs prises de positions au sud-est de Neuville-Saint-Vaast, la 7e batterie monte en ligne dans la nuit du 4 au 5 juillet au lieu-dit le Bercu, commune de Marœuil. Eugène Jobit part en permission du 12 au 19 juillet remplacé par le sous-lieutenant Fackler. Le 5 août informé de sa nomination au grade de chef d’escadron il passe le commandement de la batterie au lieutenant Delaygue venant de la 8e batterie, pour rejoindre le groupe de 95 du 28e RAC.

Le douzième courrier d’Eugène Jobit (daté du 25/05/1915) est ainsi rédigé depuis Brévillers où il vient d’arriver aux côtés de l’ensemble de l’unité. Il évoque ainsi en premier lieu ses retrouvailles avec les officiers du Parc d’Artillerie du 3e Corps d’armée et plus particulièrement avec les connaissances nouées avec son frère Marcel au cours des premiers mois du conflit au sein de la 1ère section de munitions mobilisée sous l’uniforme du 43e régiment d’artillerie.

Il note également combien dès cette période, se sont généralisés les transports de troupe par véhicules automobiles, aspect parallèlement illustré au sein de l’Album de René Verney (Voir : Véhicules et armements motorisés 1915-1918(camions de transport de troupes).

Nous ne saurions omettre les interrogations qu’il porte à nouveau quant à l’absence de nouvelles reçues de son frère André, alors qu’ils ne sont plus séparés que de 30 km, mais qu’il n’aura pas le loisir de retrouver avant la mort de ce dernier, tué à l’ennemi le 3 juin à la tête de sa compagnie alors engagée dans une attaque lancée par le 25e RI sur le secteur de Rolincourt-Ecurie.

L’Album de René Verney est riche de nombreux clichés pris au cours de cette période de stationnement du 43e RAC dans l’Artois. Le capitaine Eugène Jobit figure sur trois d’entre eux précisément localisés à Brévillers. Il pose également sur quatrième cliché, mais en tenue de mineur, photographie prise à l’occasion d’une visite effectuée par les officiers du 3e groupe aux puits d’extraction de Nœux-les-Mines vers la fin du mois de juin. Une dizaine de prises de vue illustrent enfin les positions de la 7e batterie sur le secteur de Neuville-Saint-Vaast (4 juin – 23 octobre 1915). Postérieures à l’ultime courrier adressé par Eugène Jobit à son frère, elles forment ici la conclusion illustrée de son parcours au sein du 43e RAC.

Album R. Verney p.059 bas droite     JOBIT

Brévillers (Somme) [parc de la propriété du général de Germiny]

officiers du 3e groupe du 43e RAC, mai 1915 :

debout de g. à d.  lt Jacquard, Dommanget, Lavoisier, cap. Berntzwiller, Maguin, cdt Braun, cap.  Garnuchot, cap. Jobit, Delaygue, Fakler, Verney ;

assis de g. à d.  Devinoy, Jean, Ferembach, Neyreneuf, Gosselin, Dupont, Lecoq. (Album R. Verney p.11 et 59)

Album R     Jobit Brévillers

Brévillers (Somme), juin 1915 (p. 10 et 63)

Col Rougier, cap. Jobit, cdt Braun

Album R

Brévillers (Somme), mai-juin 1915 (Album R. Verney p. 4)

de g. à d. s/lt Fakler, s/lt Jacquard, cap. Garnuchot, Dr Verney, lt Lavoisier, lt Jean cap. Jobit

Album R

Fosseux (Pas-de-Calais), remise de la Croix de guerre à Allain, canonnier conducteur

à la 7e batterie du 43e RAC, 16 juin 1915 (Album R. Verney p. 58)

Album R

Mingoval (Pas-de-Calais), manœuvres à la 7e batterie, 18-19 juin 1915 (Album R. Verney p. 62)

Album R

Noeux-les-Mines (Pas-de-Calais), fosse n°7, 29  juin - 3 juillet 1915 ?

de g. à d. Dr Verney, lt Dommanget, vét. Dupont, cap. Jobit (Album R. Verney p. 6, 63)

 

 

XII / 25 mai 1915 [écrit probablement du château de Brévillers (Pas-de-Calais)]

Nous sommes tous réunis en ce moment, le régiment au complet dans un petit pays de 90 habitants (49). Il y a des arbres, de l’ombrage, du vent, un superbe soleil très chaud et pas de pluie. Aussi n’y a-t-il pas à se plaindre.

Les SMA sont tout près de nous (50), j’ai vu Lecomte (51) hier et déjeunerai avec lui demain. Drouville (52) est venu me voir ce matin et Offroy(53) prépare son passage dans une batterie. Hier j’ai croisé le colonel Bassac (54), pas changé, mais le Cpt Febvrel (55) est devenu bouffi, Eymard aussi (56). Le Cne de la Moissonnière (57) s’est fâché avec Febvrel. Ce dernier a relégué la 5e SMA à l’échelon du colonel Coblenz, (58) que j’ai vu aussi, et qui lui, n’a pas changé. Il parait que Kornorobst (59) fait un maréchal des logis de premier ordre à la Section Drouville, toujours prêt à l’heure et au courant de tout. Qui l’eut dit ? Je vois ici le Dr Bioche (60), médecin major du 2e groupe, mari de Madeleine Jubier (61), de Louviers. Il est fort gentil, amateur de cavalerie et de chasse à courre, donc très ami de la Moissonnière (57), avec lequel il a chassé.

Chevillard est définitivement disparu de la 7e, car sa balle au poignet lui a cassé l’extrémité du radius, et il en a pour six semaines à l’American Hospital du Boulevard d’Inkerman à Neuilly (62). J’en suis heureux, ayant touché un très bon sous-lieutenant sorti de Centrale en août. Ferembach (63), ton ex-camarade de Condorcet te souhaite le bonjour : c’est le chef des échelons du 3e groupe.

 Je crois qu’André (64) n’est plus qu’à 25 km à l’est de moi, mais je n’ai aucune nouvelle. Il paraît qu’il en demande de moi malgré mes lettres.

L’auto permet des mouvements fantastiques. On voit des passages de 200 camions en un seul jour. C’est affolant, Morel (lieutenant) (65), qui ignorait l’auto en septembre, l’apprécie et commande une section automobile.

Dans peu de temps, nos chevaux paraîtront antédiluviens !

(66)

 

49 - (note dactylographiée « Quelque part dans le Pas de Calais. Neuville-Saint-Vaast ? ») [Brévillers, propriété du Général Hippolyte Marie Ghislain Antoine Le Bègue de Germigny (Lille 1840 - 1918).]

50 – [La plupart des hommes cités dans ce courrier sont des officiers appartiennent au parc d’artillerie du 3e corps d’armée et mobilisé par le 43e RAC (1er échelon). Le JMO du PA du 3e CA et le JMO de son 1er échelon en révélent précisément l’organisation au 6-8 août 1914.]

51 - [René Louis LECOMTE (Paris 1887 - 1960) X promotion 1907, sous-lieutenant de réserve à la 6e SMA. (Registre de matricule, 6e bureau de la Seine, classe 1907, matricule n°15 (indisponible) ; Dossier Léonore n°224335 ; Bibliothèque centrale de l'Ecole polytechnique)]

52 - [DROUVILLE Lieutenant de réserve commandant la 7e SMA.]

53 - [Robert Alphonse Marie OFFROY (Malaunay 1878 – Malaunay 1960), X promotion 1899, lieutenant de réserve 8e SMA (cf. note n°3). Portrait : Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique.]

54 - [Robert BASSAC (Vannes 1862 – Versailles 1929), X promotion 1882. Lieutenant-colonel commandant le Parc d’artillerie du 3e corps d’armées. Dossier Léonore n°19898 ; Portrait : Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique ]

55 - [Maurice Marie FEBVREL (Verdun 1873 - 1959), X promotion 1892. Capitaine commandant le 1er échelon du Parc d’Artillerie du 3e corps d’armée (Registre de matricule, 6e bureau de la Seine, classe 1893, matricule n°362 ; Portrait : Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique).]

56 - [Louis Marie Maurice EYMARD (Tarascon 1867 - 1941), X promotion 1887. Ancien capitaine au 1er régiment d'artillerie lourde le 01/07/1914. Chef d'escadron au 4e régiment d'artillerie lourde depuis le 01/04/1915. Passé au 43e RAC adjoint au Lieutenant-colonel (AD5) le 25/04/1916. Chef d'escadron 25/04/1916. Promu lieutenant-colonel JO 19/02/1917 pour prendre rang le 22/01/1917 commandant le 43e RAC (portrait et sources biographiques : Index des noms de personnes A à G)]

57 - [Louis Firmin René LE PREVOST de la MOISSONNIERE (Rouen 1860 - Canteleu 1934), capitaine de réserve 5e SMA commandant la section (02/08/1914). Registre de matricule, bureau de Rouen nord, classe 1880, matricule n°229 ; Dossier Léonore n°221135).]

58 - [Adrien COBLENTZ (Salin 1866 – Paris 1928) X promotion 1886. Chef d’escadron commandant le 2e échelon du parc d’artillerie du 3e corps d’armée. Dossier Léonore n°85241 ; Portrait : Bibliothèque centrale de l’Ecole polytechnique ]

59 - [Robert Antoine KORNPROBST(Versailles 1878 - )maréchal des logis de la réserve, passé au 43e RAC le 16/01/1916 (7e SMA), nommé maréchal des logis chef le 21/04/1915 (Registre de matricule, bureau de Versailles, classe 1898, matricule n°1029).]

60-61 - [Auguste Adrien Anatole BIOCHE (Darnétal 1872 - ), Médecin aide-major du 2e groupe du 43e RAC (20/10/1914 - 16/09/1916). Marié à Louviers le 26/02/1901 à Thérèse Marie JUBIER (Louviers 1881 - Louviers 1970) cousine d’Eugène Jobit. Registre de matricule, bureau de Rouen sud, classe 1892, matricule n°166.]

62 - [Gaston Paul Henri CHEVILLARD, lieutenant à la 7e batterie du 43e RAC (cf. notes 3 et 12), grièvement blessé le 10 mai 1915 à Roucy au poignet gauche par éclat d’obus, est évacué (cf. JMO 7e batterie du 43e RAC).]

63 - [Marcel Marie FEREMBACH (Paris 1880 – Neuilly-sur-Seine1967), admis à l'Ecole centrale des arts et manufactures (1901), lieutenant de réserve, affecté en août 1914 à l’Etat-major du 3e groupe du 43e RAC commandant le groupe des échelons. Passé à l'Etat-major de l'artillerie du 3e CA le 23/03/1918 (portrait et sources biopgraphie voir : Index des noms de personnes A à G).]

Capitaine André Jobit L'illustration64 - (Note dactylographiée : Le capitaine André JOBIT est tué le 5 juin, près d’Arras, au « Labyrinthe » dans l’assaut d’une tranchée ennemie. Porté disparu, son corps ne sera retrouvé qu’en ?) [André JOBIT, frère d’Eugène et Marcel (cf. notes 39 et 48). Le 21 mai le 25e RI a assuré la relève du 11e RI sur le secteur Roclincourt-Ecurie qui encadre la route de Lille à la sortie nord d’Arras. C’est ici que le capitaine André Jobit commandant de la 9e compagnie du 25e RI, est tué à l’ennemi le 3 juin suivant lors d’une attaque lancée par les 2e et 3e bataillons du régiment (Voir JMO 25e RI). Le 4 juillet, Eugène Jobit prend position avec sa batterie à Marœuil, au sud de Neuville-Saint-Vaast à 3 km du secteur tenu par le 25e RI (portrait et sources biographie Index des noms de personnes H à L).

Il est possible de préciser la proximité entre les positions occupées par la 7e batterie et celles du 25e RI. Le JMO de la 7e batterie contient deux calques situant précisément les positions des batteries du 3e groupe du 43e RAC sur le secteur de Neuville-Saint-Vaast (4 juillet - 23 octobre 1915) : 7e et 8e batteries positionnées au lieu-dit le Bercu, PC à la Tombelle, commune de Marœuil ; la 9e batterie à la Grande Caprelle, commune de Neuville-Saint-Vaast. Les échelons sont stationnés au bois d’Habarcq. La 7e batterie n’est ainsi éloignée que de 3 km du secteur de Rolincourt-Ecurie où André Jobit est tué le 3 juillet. Son régiment ne se retire du secteur que le 25 juillet après avoir enregistré la perte de 23 officiers et de 1 300 hommes. Le propre frère de René Verney, Louis François Armand Verney est lui-même soldat de 2e classe du 25e RI, les deux frères combattent ainsi durant vingt jours (du 5 au 24 juillet) à moins de 4 km l'un de l'autre, rien dans l'album ne témoignant de cette proximité.

Neuville Saint-Vaast

Positions du 3e groupe du 43e RAC (Neuville-Saint-Vaast) et du 25e RI (Rolincourt-Ecurie) juillet 1915

(© verney-grandeguerre. Fonds de carte Ign Géoportail)

Positions Neuville-Saint-Vaast          JMO 43e RAC 3e groupe 7e batterie 26N982 08 carte p

Situations comparées de la 7e batterie du 43e RAC et du 25e RI en juillet 1915 © verney-grandeguerre

(Fonds de carte JMO 7e batterie du 43e RAC 1915)   (Fonds de carte JMO 7e batterie du 43e RAC 19-20/09/1915)

 

Secteur de Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais)

positions de la 7e batterie du 43e RAC, le Bercu, commune de Marœuil, 4 juillet - 24 octobre 1915

(Album de la Guerre européenne de René Verney médecin aide-major 3e groupe du 43e RAC)

 

Album R     Album R

Neuville-Saint-Vaast [Marœuil, le Bercu] (Pas-de-Calais), positions des 7e et 8e batteries, 

juillet-octobre 1915 (Album R. Verney p. 88 et 90)

Album R

Neuville-Saint-Vaast [Marœuil] (Pas-de-Calais), abri des officiers de la 7e batterie, juillet-octobre 1915 (p. 89)

de g. à d.  lt Jean, Dr Verney

Album R          Album R

Neuville-Saint-Vaast [Marœuil, le Bercu] (Pas-de-Calais), entrée et intérieur de la cagna du lt Fakler

7e batterie, juillet-octobre 1915 Album R. Verney p. 87)

Album R

Neuville-Saint-Vaast [Marœuil, le Bercu] (Pas-de-Calais), 7e batterie, juillet-octobre 1915 (p. 89)

à g. [??], Quettier,  Dr Verney

Album R      Album R

Neuville-Saint-Vaast [Marœuil, le Bercu] (Pas-de-Calais), pièce de la 7e batterie, juillet-octobre 1915

de g. à d. [?], [?], [?], Pinel, M.P. Heckmann, [?], Mdl Estard              de g. à d. [?], [?], Heckmann, Estard

(Album R. Verney p. 90)

Album R

Neuville-Saint-Vaast [Marœuil] (Pas-de-Calais), Chemin des pylônes, juillet-octobre 1915

Cuisiniers de la 7e batterie (Album R. Verney p. 80)

 

65 - MOREL lieutenant. Sur les transports par véhicules automobiles voir : Véhicules et armements motorisés 1915-1918(camions de transport de troupes.]

66 - (Note dactylographiée : Le commandant Eugène JOBIT sera tué le 4 février 1916 près de Morcourt (Somme). L’obus entré dans son PC tua également deux de ses lieutenants.) [Eugène Jobit est promu chef d’escadron le 04/08/1915, il transmet le commandement provisoire de la 7e batterie au lieutenant Delaygue (8e batterie). Le 15/08/1915 il est affecté au 28e régiment d’artillerie, commandant le groupe de 95. Il est tué à l’ennemi à L’Eclusier-Vaux (Somme) observatoire cote 93, le 04/02/1916 (Mémoire des hommes ; sources biographiques : Index des noms de personnes H à L).

Cdt E

 Commandant Eugène Jobit (document d'origine familiale communication Stéphane Breget)

 

 

 

 

09 mars 2019

L'hymne du 43e régiment d’artillerie de campagne

 Caen, Esplanade de l'Hôtel de ville, défilé du 43e RAC, le 13 septembre 1919

 

 

Caen, 13 septembre 1919, "Cérémoniede retour des poilus",

entrée du 43e RAC place de l'Hôtel de ville

(carte-photo, A. Junior, 29 r. St Jean, Caen

- coll. verney-grandeguerre) 

 

Nous devons la connaissance de cet hymne inédit à Robert Mary Victor TRONSSON (Lisieux 1893 – Bayeux 1949), maréchal des logis au 43e RAC, 3e groupe, 9e batterie (voir sa notice biographique dans la page d'accueil). Il en a recueilli les paroles dans son Carnet de route (1er août 1914 – 16 février 1916) : document inédit amicalement mis à disposition par son petit-fils Thierry Grenier.

 

TRONSON

Album R. Verney p.032 gauche bas

Front de l'Aisne, hiver 1914-1915 Bois de Gernicourt (Aisne), 43e RAC, 1ere section de la 9e batterie (Album R. Verney p. 32)

Le maréchal des logis Robert Tronsson figure à l'extrême droite, bras croisés

 

 

 

Hymne du 43ème d’Artillerie

(Auteur anonyme sur l'air : Le Rêve passe*)

 

*Musique de Charles Helmer et G. Krier (Editions Paul Beucher 1906 - Paroles originales d’Armand Foucher)

 -Accéder ici à la version enregistrée par Bérard en 1909.

 -Accéder ici à la version enregistrée en 1909 par M. Dhaller, baryton, accompagné des choeurs et de la Musique de la Garde Républicaine.

 

Carnet R Tronsson 140-141

  Carnet de route de Robert Tronsson : Hymne du 43e d'artillerie

 

1er couplet

Une sombre rumeur se répand sur la terre

Dans l’Europe soudain vient d’éclater la guerre

Dans l’air monte fétide une acre odeur de sang

Chacun vole au danger et l’on serre les rangs

Une aube de carnage à la frontière flamboie

Et nous voyons déjà le ciel bleu qui rougeoie

Allons braves soldats, sonnez le branle-bas

Des suprêmes combats !

 

Accourez tous aux accents de la Marseillaise

Marchons au feu sans peur affrontons la fournaise

Nos trois couleurs flottent aujourd’hui sur l’Alsace

C’est l’étendard de notre pays qui passe.

 

Ecoutez le tocsin

Frondant dans le lointain

Ce qu’on entend là bas

Est-ce un râle ? Est-ce un glas ?

Au milieu des hourras et des cris de souffrance

On guette l’horizon poindre la délivrance

Tenons-nous prêts pour le suprême assaut

Au Drapeau !

Au Drapeau !

 

Accourons tous aux accents de la Marseillaise

Marchons au feu vite affrontons la fournaise.

 

2ème couplet

Tous debout artilleurs du 43ème

Chacun vous suit des yeux, vous réclame et vous aime

Car vous portez en vous nos sublimes espoirs

Vous remplissez en cœur le plus grand des devoirs

Vous irez à Berlin au centre du royaume

Et vous éventrerez ce bandit de Guillaume

Car vous êtes des gars descendants de Barrat

Que l’on n’arrête pas.

 

C’est le salut c’est l’honneur et c’est l’espérance

C’est la grandeur c’est la revanche de la France

En chevauchant dans les airs les monts et les plaines

Nous reprendrons demain l’Alsace-Lorraine.

 

Et au son du tambour

Nous gagnerons Strasbourg

Nous franchirons le Rhin

Nous conquerrons Berlin !

Quand nous aurons broyé la race germanique

L’Univers tout entier voudra la République

Frères Lorrains le sort en est jeté

Liberté !

Liberté !

 

C’est le salut, c’est l’honneur et c’est l’espérance

C’est la grandeur la revanche de la France

C’est la paix c’est la gloire !

C’est le succès c’est  la victoire !

 

Signé : le Dépôt

 

Rouen - L'étendard du 43e Régiment d'artillerie Carte-photo (coll

L'étendard du 43e Régiment d'artillerie (carte-photo coll. Verney-grandeguerre)

Porte-étendard du 43e RAC (adjudant Bourgoin), entouré de sa garde (maréchaux des logis Gloeser et Thoury).

Prise de vue réalisée à Rouen caserne Jeanne-d’Arc à l’issue de la cérémonie de présentation de l’étendard au régiment qui s’est déroulée sur l'esplanade du Champs de Mars de Rouen le 17 juillet 1911. 

 

 

 

 

Accéder ici à la page consacrée à la présentation du

43e Régiment d'artillerie de campagne

 

 

 

17 avril 2018

Photos aériennes, Neuville-Saint-Vaast, septembre 1915

 

 

 

Zone de tir des 7e et 8e batteries du 43e RAC au 21 septembre 1915 et photographies aériennesNous tenons à présenter ici, un ensemble de seize photographies aériennes inédites qui, si elles n'appartiennent pas à l'album de René Verney, s'associent à la période au cours de laquelle le 43e RAC est en position dans le secteur de Neuville-Saint-Vaast, Pas-de-Calais et où il est épaulé par l'escadrille C4, unité d'observation du 3e corps d'armée  (voir les 75 clichés de l'Album de R. Verney du secteur de Neuville (07-09/1915 : Journal de marche III L'Artois : mai - octobre 1915 et la page consacrée à : L'escadrille C4 - été 1915).

Zone de tir des 7e et 8e batteries du 43e RAC d'après JMO 7e batterie 20-21/09/1915 (SHD 26N982/08) et couverture photographique aérienne.

Dès le printemps 1915, l'observation aérienne des champs d'opération est reconnue par l'autorité militaire comme un élément tactique de la guerre de position. Du côté français elle se structure à partir des escadrilles de reconnaissance (une par armée) ou spécialisées dans le réglage de tir (une par corps d'armée). Ces unités dotées d'appareils de prise de vue spécifiquement adaptés, produisent dès lors des milliers de clichés de la ligne de front, dont les tirages sont largement diffusés au sein des unités au sol à l'image de ce lot (pour une mise en contexte précise voir : Villatoux M.-C. dans Rev. Hist des Armées 261, 2010).

Le seul cachet d'unité présent au revers de l'un des clichés est celui du 43e régiment d'artillerie (cliché n°1897). Pourtant, si cet ensemble provient d'un officier d’artillerie présent sur le secteur, celui-ci n'appartient pas au régiment. Ce fonds est en effet issu des archives personnelles de l'ingénieur général Jean Pierre Nicolau (Bordeaux 1887 - Paris 1974) désormais dispersées, et dont la fiche d'état de service nous apprend qu'il est alors affecté en tant que lieutenant, à l'état-major du 1er groupe du 34e régiment d'artillerie (voir dossier Base Léonore).

Ce constat, né de la parfaite documentation des tirages, prouve combien la diffusion des photographies aériennes au sein des différentes unités d'artillerie opérant sur un même secteur, permet un partage efficace des informations.

Le 34e RAC, artillerie divisionnaire de la 24e DI est en effet en position dans le secteur de Neuville depuis la fin juillet au côté du 43e RAC, précisément au "Fond de vase" de part et d'autre de la route de Neuville à Mareuil (voir pour le 34e RAC l'historique régimentaire).

Les rares mentions manuscrites au crayon portées au revers de certains tirages ont permis d'engager le recalage géographique de l'ensemble, et ainsi de démontrer qu'ils constituent une couverture complète d'un polygone de 16 km2 situé entre Souchez, Givenchy-en-Goëlle, Vimy, Farbus, Ecurie et Neuville-Saint-Vaast. Centré en profondeur, sur les lignes ennemies placées sous le feu de l'artillerie française, seule une vue du "Bois de Berthonval" (Bois l'Abbé), s'écarte légèrement de la ligne de front en secteur français (n°1821)

Assemblage photo aériennes Neuville-Saint-Vaast 09

 Recalage des seize photographies aériennes du fonds Nicolau.

Le caractère systématique de cette couverture destinée aux groupes d'artillerie de la Xe armée et son actualisation en quelques jours à moins de deux semaines de la grande offensive du 25 septembre 1915 (Troisième bataille d'Artois), illustre la place qu'occupe désormais la photographie aérienne dans la préparation et l'exécution des opérations.

 

Descriptif des 16 clichés du fonds Nicolau

Les tirages sont de deux formats distincts 13x18 ou 18x24 (respectivement 10 et 6 clichés), les mentions marginales rapportées sont très sommaires, le plus souvent constituées d'un numéro d'identification et d'une date.

Les tirages 13x18 portent un numéro d'identification à quatre chiffres (numérotation non continue mais croissante chronologiquement : n°1075, 1242, 1643, 1644, 1814, 1821, 1845, 1799, 1897). La référence des tirages 18x24 est quant à elle composée d'une lettre (D ou H) précédant numéro de un à trois chiffres (D.9 ; D246 ; D.261; D327 et H. 5). Toutes ces mentions manuscrites en blanc ont été apposées en haut  avant tirage.

Chronologiquement, une première série qui est datée par un tampon encré en bleu au verso, remonte à la fin du printemps et début de l'été 1915 (29 mai 1915 n° D.9 ; 3 juin 1915 n°1075 ; 8 juillet 1915 n°1247). Une seconde série, la plus importante (10 clichés) est datée par l'apposition sur le cliché avant tirage, d'une mention manuscrite blanche du type jour/mois, comprise entre le 5 et le 13 septembre (clichés n°1624 à 1893 ; D.335 et H.5).  Seuls trois tirages 18x24 ne sont pas datés (D.246 ; D261 et D.327).

Dans leur très grande majorité il s'agit de prises de vue verticales, seuls deux clichés présentant des vues obliques (n°1644 et 1799).

Aucune mention ne permet d'identifier l'escadrille ou plutôt, compte tenu des différentes séquences chronologiques et de l'hétérogénéité des numéros d'identification, les escadrilles d'observation qui ont réalisé ces prises de vues.

Le secteur relevant de la Xe Armée, il est néanmoins possible d'associer les photographies datées de septembre 1915 aux reconnaissances des escadrilles C28 (rattachée à la Xe armée) et C4 (3e corps d'armée) équipées de Caudron, MF1 (33e corps d'armée) et MF22 (12e corps d'armée) équipées de Farman (voir : Aviation des corps d'armée en 1915).

Malheureusement pour l'ensemble de ces unités, un seul cahier d'heures de vol du MF22 est de nos jours conservé (MF22 du 21/09/1915 au 26/09/1916), mais ce dernier a le grand intérêt de rendre compte de l'activité de l'escadrille au-dessus de Neuville-Saint-Vaast à la fin du mois de septembre 1915 (réglages et contrôles des tirs d'artillerie, photographies, observation et surveillance du front, attaques de Drachen ballons...).

D

Cliché D.9 - au verso : tampon dateur "29 Mai 1915" et mention manuscrite "Les Tilleuls"

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

1075    1247

Cliché 1075 - au verso : tampon dateur "3 juin 1915"       Cliché 1247 - au verso : tampon dateur "8 juillet 1915"

non situé [Le Labyrinthe]                                      mention manuscrite "Bois de la Folie"

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

D

Cliché D.246 (non daté, non situé [Nord-Est de Neuville-Saint-Vaast])

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

D

Cliché D.261 (non daté, non situé [la Couture Baron])

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

D

Cliché D.327 (non daté, non situé [Les Ecouloirs])

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

1624    1643

  Cliché 1624 - daté au recto en bas à droite "5.9",                   Cliché 1643 - daté au recto "5.9"                   

au verso mention manuscrite "Cimetière de Neuville"    au verso mentions manuscrites "Thélus" et "Les Tilleuls"

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

1644    1799

Cliché 1644 - daté au recto en bas à droite "5.9"        Cliché 1799 - daté au recto en bas à droite "11.9"               

au verso mention manuscrite "10-70"         au verso mention manuscrite "Ouvrage en losange"   

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

1814     1821

Cliché 1814 - daté au recto en bas à droite "11.9"      Cliché 1821 - daté au recto à gauche "11.9"              

au verso mention manuscrite "Farlus"                 au verso mention manuscrite "Bois de Berthonval"   

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

1845     1897

Cliché 1845 - daté au recto en bas à gauche "13.9"        Cliché 1821 - daté au recto à gauche "13.9"              

au verso mention manuscrite "Bois de la Folie"                 au verso mention manuscrite "Petit Vimy"   

tirages originaux 13x18 (Coll. Verney-grandeguerre)

D

Cliché D.335 - daté au recto en bas au centre "5-9"

mention manuscrite au verso "Moulin / Cote 105"

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

H

Cliché H.5 - daté au recto en bas à droite "7/9.15"

mention manuscrite au verso "Bois de Bonval / Coude de la route de Lille"

tirage original 18x24 (Coll. Verney-grandeguerre)

 

Il est enfin nécessaire pour mieux saisir le réel développement de la "guerre d'observation du front" qu'illustre cette série de clichés, de la confronter aux prises de vues parallèlement réalisées du côté allemand. Il nous est ainsi possible de présenter ci-dessous un ensemble de trois clichés (8,9 x 11,9 cm), provenant d'une couverture aérienne de Neuville-Saint-Vaast émanant de la Luftstreitkräfte et parfaitement contemporaine du fonds Nicolau. Ils démontrent le parallélisme de la stratégie mise en place dès 1915 par les états-majors français et allemand : l'importance croissante dévolue aux missions des escadrilles de reconnaissance aérienne ayant pour corollaire le développement des escadrilles de chasse ayant pour fonction d'en limiter les actions.

Nord-östlich Neuville 26 

 37 FL.9 - Nord-östlich Neuville - 26.10.1915

(Tirage original coll. Verney-grandeguerre)

FL   

 49 FL.9 - Hohe 119 Nord-östlich Neuville

(Tirage original coll. Verney-grandeguerre)

FL

 66 FL.9 - Hohe 119 Südlich Givenchy - 26.10.1915

(Tirage original coll. Verney-grandeguerre)

Il peut être enfin noté que les archives du Land de Bade-Wurttenberg, conservent une couverture comparable du secteur de Neuville-Saint-Vaast, mais celle-ci datée du printemps-été 1916 (voir lien ci-dessous).

 

Côté allemand landesarchiv baden wurttemberg

Lot : "56 Infanterie-Division" 1916

Fonds du Landesarchiv Baden-Wurttenberg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16 juillet 2017

La « Belle jardinière » en deuil (1914-1918)

 

Jean Bessand (1886-1918) - CopieParmi les jeunes officiers de réserve du 43e RAC (1er groupe, 2e batterie) dont René Verney a croisé le parcours, figure Jean Paul Léon Emile Alloend Bessand (1886 - 1918) [1], tué à l’ennemi à Saint-Rémy-Blanzy (Aisne), le 20/07/1918.

L’abondante correspondance entretenue avec ses intimes durant tout le conflit et éditée par les soins de son père Paul Denis Alloend Bessand en 1919, constitue un témoignage d’une qualité exceptionnelle bien qu’ignoré des principales historiographies de la Grande guerre.

Portrait de Jean Paul Léon Emile Alloend Bessand (1886 - 1918) tiré de l'ouvrage  : Morts pour la France, André Bessand caporal au 119e régiment d’infanterie 1889-1916, Jean Bessand sous-lieutenant au 43e régiment d’artillerie 1886-1918. [Lettres], Préface de Gabriel Bonvalot. Paris, impr. G. de Malherbe et Cie s.d. [1919].

 

 

Associée à celle de son frère André, mort pour la France en 1916 [2], il s'agit d'un témoignage « en souvenir de ceux qui ne sont plus » pour reprendre les mots de la dédicace de la main de leur père datée du 24 juillet 1919 et figurant sur la page de garde de l’exemplaire dédié à M. et Mme Paul Louchet. Le destinataire de cette dédicace est Paul François Louchet (1854-1936), fondeur, artiste peintre et maire d’Herblay (Val-d’Oise) entre 1887 et 1890 où Paul Denis Alloend Bessand possédait une propriété quai de la Seine. Le cimetière communal abrite la sépulture familiale avec aux côtés du père, les corps rapatriés de ses deux fils, celui de sa fille Jeanne (1881-1966) qu’accompagne son époux Paul Emile Maurice Fournier (1879 - 1949), respectivement les « Jane » et « Maurice » de la correspondance.

 

Il convient également de signaler la récente publication consacrée à la correspondance de leurs cousins d’Elbeuf Henri [3] et Jean [4] Alloend Bessand, également tués à l’ennemi : "En mémoire de Jean et Henri Alloend-Bessand – Elbeuviens – Lettres de soldats". Bulletin de la Société de l’Histoire d’Elbeuf, n° 50, novembre 2008.

Parallèlement s’y associe le recueil de poèmes de l’oncle de ces derniers Paul Henri Alloend Bessand (1876 - 1955) [5] : H. Bessand -Poèmes de guerre et non poèmes guerriers. Paris, Georges Crès, 1918.

 

La correspondance de Jean Paul Léon Emile Alloend Bessand s’associe à  un parcours qui le mène du front occidental au front d’orient en tant que sous-officier aux 18e et 13e régiments de chasseurs à cheval, puis de nouveau sur le font occidental en tant qu’élève officier et aspirant aux 32e et 43e RAC [1].

L’un de ses caractères les plus marquants est la manière dont la narration d’un même évènement est adaptée au lien que leur auteur entretient avec le destinataire, révélant parallèlement une personnalité très attachante par sa droiture morale. Ainsi sa promotion au grade d’aspirant, liée à son entrée à l’Ecole de Fontainebleau en 1917, s’inscrit dans une ascension « au mérite » qui correspond à ses aspirations intimes, bien qu’elle soit naturellement favorisée par une éducation en rapport avec son origine sociale, cette dernière étant indissociable de la direction du grand magasin de confection parisien la « Belle jardinière ».

Morts pour la France collExemplaire de l’ouvrage,  dédicacé par Paul Alloend Bessand à M. et Mme Paul Louchet - 1919.

coll. Verney-grandeguerre (Cliché Babel Librairie) - lire en ligne sur Gallica

 

Replacée dans un cadre familial élargi, la mise en perspective de cette correspondance, permet parallèlement de mettre en lumière l’une des conséquences directes de la Grande guerre encore trop peu explorée : la disparition au champ d’honneur de toute une génération qui prive le monde de l’entreprise de ses forces vives.

En 1914, la famille Alloend Bessand est en effet à la tête de la chaîne de magasins de confection la « Belle Jardinière » fondée à Paris sur le quai aux fleurs en 1824 par Pierre Jean François Parissot (v. 1790 – 1860) avec la collaboration de son frère Denis (1804-1862). Société familiale par commandite en action depuis 1856, à la génération suivante on trouve associés à sa gestion pas moins de quatre cousins : Adolphe, Victor, Guillaume et Léon Parissot ainsi que le beau-frère de ce dernier : Charles Honoré Alloend Bessand (1829-1915).

 

Cent ans après 1824-1924 La vie d'une grande industrie moderne dans un vieux quartier de ParisExtraits du fascicule : Cent ans après (1824-1924) La vie d'une grande industrie dans un vieux quartier de Paris.

Paris, G. de Malherbe & Cie, imprimeurs, s.d. [La Belle Jardinière ed. 1930] - coll. Verney-grandeguerre

 

Charles Bessand 1902Les Parissot s'étant retirés des affaires à partir de 1862, c'est à ce dernier que revient la gérance. Il assure ainsi en 1867, l’installation de l’enseigne au n°2 rue du Pont-neuf dans l’immeuble construit quai de la Mégisserie par l’architecte Henri Blondel (1821-1897), édifice qui en reste l’emblème jusqu’en 1972. Assurant la vente directe "à prix fixe" des produits de leur industrie d’habillement confectionné, les Parissot-Bessand ont le contrôle de l'ensemble de la chaîne de production. Ainsi le frère de Charles, Louis Marie Alloend Bessand (1833-1895), essayeur de commerce, puis son neveu Gustave Honoré Alloend Bessand (1856-1936) organisent-ils le négoce en textile à Elbeuf tout en participant à sa production (Société Alloend-Bessand frères, filatures de laine à Caudebec-lès-Elbeufs et Louviers).

Portrait de Charles Honoré Alloend Bessand. Médaille commémorative en bronze de ses quarante années bienveillante direction 1902. Jules Clément Chaplain (1839-1909) sculpt. - coll. Verney-grandeguerre

CPA 2 rue du Pont-neuf

La "Belle Jardinière", immeuble construit par Henri Blondel en 1867 quai de la Mégisserie à Paris

Carte postale vers 1900

 

De 1866 à 1930 la société a connu successivement diverses raisons sociales mais avec toujours en tête celui des Bessand  : Ch. Bessand et Cie ; Bessand, Blanchard, Rochard ; Ch. Bessand, Rochard et Cie ; Bessand, Stasse et Cie ; Bessand père et fils, Stasse et Cie ; Bessand, Bigorne et Cie.

Ainsi en 1906  il revient au fils de Charles, Paul Denis Alloend Bessand (1856 – 195.), le père de Jean et d'André, de prendre en main la direction de la société.

Belle jardinière factures 1893-1918"Belle jardinière" factures à en-tête des différentes raisons sociales de la société

qui se sont succédées de 1893 à 1918 - coll. Verney-grandeguerre

 

La « Belle Jardinière »  se fait notamment spécialité des uniformes masculins (livrées, collèges, administrations, ecclésiastiques...). La maison principale et ses succursales de Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Nancy et Angers, proposent ainsi durant tout le conflit et à grand renfort de publicité, un important rayon d’uniformes et équipements militaires dont ils assument jusqu’à la livraison directement aux hommes sur le front.

Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 8 mai 1915 - Copie

 La « Belle jardinière », publicité extraite de l’Illustration du 8 mai  1915 - coll. Verney-grandeguerre

Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 15 janvier 1916  Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 29 avril 1916 Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 21 octobre 1916

 La « Belle jardinière », publicités extraites de l’Illustration 1916 - coll. Verney-grandeguerre

Publicité La Belle Jardinière, L'illustration 12 janvier 1918

 La « Belle jardinière », publicité extraite de l’Illustration du 12 janvier 1918 - coll. Verney-grandeguerre

Néanmoins la "Belle jardinière" est touchée de plein fouet par la guerre dès les premiers mois du conflit, lors de la bataille pour le bassin minier du Nord. Au cours des bombardements de Lille du 10 au 12 octobre 1914, qui précèdent la prise de la ville par l'ennemi pour quatre ans d'occupation, sa surccursale située au 177 boulevard de la Liberté est entièrement anéantie.

Lille, Boulevard de la Liberté, Magasin de la Belle jardinière (destruction des 10-12 octobre 1914) carte postale coll

Lille, Boulevard de la Liberté, magasin de la Belle jardinière incendié lors des bombardements des 10-12 octobre 1914

Carte postale - coll. Verney-grandeguerre

 

Mais la guerre a pour la « Belle jardinière » et la famille Alloend Bessand une toute autre conséquence : la disparition de tous les hommes naturellement appelés à participer à sa direction aux côtés de leurs pères.

Paul Denis Alloend Bessand perd ainsi au front ses deux fils, Jean (31 ans, aspirant du 43e RAC) à Saint-Rémy-Blanzy (Aisne) en juillet  1918 [1] et André, son cadet (26 ans, caporal du 119e RI) à Vilosne-Hororon (Meuse) en juillet 1916 [2], mais aussi trois de ses quatre neveux, les fils de son frère Gustave Honoré Henri Louis (23 ans, lieutenant du 13e régiment de tirailleurs Algériens) qui décède de ses blessures à Ogon (Oise) en juillet 1918 [3] et Jean François Louis (20 ans, soldat de 1ère classe du 104e régiment d’infanterie) fait prisonnier et exécuté à Ethe (Belgique) en août 1914 [4] ; enfin Olivier,  (27 ans, lieutenant au 64e RAC), fils de son frère Charles Léon Alloend Bessand, décédé au centre de chirurgie osseuse de Cannes en septembre 1918 [6].

Privé de descendance masculine, Paul Denis Alloend Bessand ne se retire qu’à 84 ans en 1940, la direction de la société (qui a pris le statut de Société anonyme en 1930) étant alors confiée à Albert Bouclier (1867-1944), époux de Marie Marguerite Lescot, arrière-petite-fille de Jean Baptiste Nicolas Parissot (frère du fondateur de la « Belle jardinière »). Elle passe ensuite en 1947 à son neveu Jean Marie Serge Deloison (1896-1961), fils de Louise Félicité Jeanne Lescot, et dont le frère aîné, Marie Ernest Roger Deloison (22 ans, sergent au 36e RI) est lui-même mort pour la France à Souchez (Pas-de-Calais) en juin 1915 [7].

Arbre généalogique simplifié Parissot - Alloend BessandGénéalogie simplifiée de la famille Parissot – Alloend Bessand. © Verney-grandeguerre

En violet les directeurs successifs de la « Belle Jardinière »

En rouge les membres de la famille « Morts pour la France » au cours de la Grande guerre

avec renvoi aux notes biographiques [1 à 7] ci-dessous.

 

Pour en savoir plus sur la "Belle jardidière" voir notemment :

-FARAUT François Histoire de la Belle jardinière. Paris, Belin, coll. « Modernités 19e et 20e s. », 1987. 

-BECCHIA Alain "Elbeuf et la Belle jardinière". Bulletin de la Société de l'histoire d'Elbeuf, n°69, mai 2018, pp. 31-42.

 

 

 

Eléments biographiques

 

-[1] Jean Paul Léon Emile Alloend Bessand (Paris 1886 - Saint-Rémy-Blanzy 1918) - Mort pour la France.

Fils de Paul Denis Alloend Bessand (1856 - 195.) directeur de la « Belle jardinière » (1906-1940) et de Emilie Sophie Rose Martini (1851 - 19..). Ancien élève de l’Ecole Alsacienne (Paris), puis de l’Ecole des Roches (Verneuil-sur-Avre), étudiant à l’incorporation.

Registre de matricule, bureau de recrutement de Versailles, classe 1906 n°148

Incorporé le 01/10/1907 au 2e régiment de hussards, nommé brigadier le 02/04/1908, brigadier fourrier le 25/11/1908, maréchal des logis le 24/03/1908. Envoyé dans la disponibilité le 25/09/1909. Adresses connues Marseille, 7 rue Senac (1910) ; Paris, 2, rue du Pont-neuf (1912).

Rappel dans l’activité à la mobilisation, arrivé au corps le 10 août 1914 au 18e régiment de chasseurs à cheval (garnison à Vitry-le-François). Passé au 13e régiment de chasseurs le 01/01/1915. Passé le 15/06/1917 au 4e régiment de chasseurs d’Afrique puis  le 27/07/1917 au 17e chasseurs. Affecté le 13/12/1917 au 32e RAC, nommé aspirant J.O. du 21/02/1918, affecté au 43e RAC le 14/02/1918.  Tué à l’ennemi à Saint-Rémy-Blanzy (Aisne) le 20/07/1918 (cf. JMO 43e RAC, 1er groupe, 2e batterie).

Nommé à titre posthume sous-lieutenant T.T. à compter du 15/07/1918 (décision ministérielle du 30/07/1918) – Deux blessures : balle de fusil au front le 24/09/1916 ; plaie pénétrante à l'avant-bras gauche par petit éclat d'obus à Monastir le 24/02/1907. Légion d'honneur, Croix de guerre avec palme et étoile d'argent, citation à l’ordre de l’armée d’orient en date du 01/11/1916 pour son action du 24/09/1916, citation à l’ordre de la 5e DI en date du 07/08/1918 ; Ordre Serbe pour la Bravoure : médaille d'argent.

 

-[2] André Georges Maurice Alloend Bessand (Paris 1889 - Vilosnes 1916) Mort pour la France.

Fils de Paul Denis Alloend Bessand (1856 - 195.) directeur de la « Belle jardinière » (1906-1940) et d’Emilie Sophie Rose Martini (1851 - 19..).  Ancien élève de l’Ecole Alsacienne (Paris), puis de l’Ecole des Roches à Verneuil-sur-Avre.Résidant à Lausane, les Fleurettes (Suisse) en 1910, sursitaire 1910-1913 en tant qu’étudiant au  Polytechnicum de Zurich.

Registre de matricule, bureau de recrutement de Versailles, classe 1909 n°1632

Incorporé le 11/08/1914 au 119e régiment d’infanterie (Lisieux) en tant que soldat 2e classe, nommé soldat 1ère classe le 21/02/1915, caporal 01/12/1915, sergent 20/12/1915. Cassé de son grade et remis caporal le 26/02/1916 pour inobservation des ordres donnés et insuffisance d’autorité sur les subordonnés. Disparu le 03/06/1916 à Fleury-devant-Douaumont, fait prisonnier, mort en captivité noyé dans la Meuse à Vilosnes le 30/07/1916 en essayant de sauver un de ses camarades - Avis de décès transmis par la Croix-Rouge le 09/10/1916.

 

 

-[3] Henri Louis Alloend Bessand (Elbeuf 1895 - Ognon 1918) - Mort pour la France.

Fils de Gustave Honoré Alloend Bessand (1866-1936) industriel textile à Elbeuf, président de l'union des syndicats textiles de France (1912), vice-président de la chambre de commerce d'Elbeuf (à partir de 1910) et de Juliette Thézard (1868-1956). Ancien élève du Lycée Pierre Corneille de Rouen.

Registre de matricule, bureau de recrutement de Rouen sud, classe 1915 n°1270

Engagé pour trois ans le 02/10/1913 à la mairie de Rouen. Arrivé au corps du 74e RI le dit jour, soldat de 2e classe. Caporal le 14/02/1914, sergent le 03/08/1914. Blessé par balle à la jambe droite le 22/08/1914 à Roselies (Belgique). Sous-lieutenant à titre temporaire le 18/06/1915. Asphiyxie à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais) le 20/09/1915. Passé au 220e RI le 30/09/1916.  Nommé lieutenant à titre définitif le 31/12/1916. Passé au 2e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs le 01/12/1917 (dissolution du 220e RI) J.O. du 30/12/1917 pour prendre rang le 08/07/1917. Passé au 13e régiment de marche de tirailleurs - 13e RTA - (4e bataillon du 9e tirailleurs à la dissolution du 2e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs) le 17/07/1918. Blessé mortellement le 18/08/1918 et décédé à l'hôpital complémentaire d'armée n°47 des suites de ses blessures à Ognon (Oise) le 20/07/1918.

Croix de guerre, 2 citation à l'ordre du 220e RI (1915) et de la 67e division (1917).

La correspondance de guerre d'Henri Alloend Bessand (135 lettres datées du 29/08/1914 au 17/07/1918) a donné lieu à la publication d'un recueil : In Memoriam Jean & Henri Alloend Bessand 1914-1918. Elbeuf, Paul Duval imprimeur, 1931.

Voir : DELCROIX Jean-Claude "En mémoire de Jean et Henri Alloend-Bessand – Lettres de soldats". Bulletin de la Société d’histoire d’Elbeuf, n° 50, novembre 2008, pp. 29-45.

 

 

-[4] Jean François Louis Alloend Bessand (Elbeuf 1894 – Ethe 1914) - Mort pour la France.

Fils de Gustave Honoré Alloend Bessand (1866-1936) industriel textile à Elbeuf, président de l'union des syndicats textiles de France (1912), vice-président de la chambre de commerce d'Elbeuf (à partir de 1910) et de Juliette Thézard (1868-1956). Ancien élève du Lycée Pierre Corneille de Rouen.

Registre de matricule, bureau de recrutement de Rouen sud,  classe 1914 n°1474. Etudiant à l'incorporation à l'institut industriel de Lille, engagé volontaire pour trois ans le 13/04/1913 à la mairie de Rouen. Arrive au corps du 104e régiment d’infanterie le 18/04/1913 soldat de 2e classe. Soldat de 1ère classe le 4 mars 1914, 9e compagnie, 2e section. Fait prisonnier le 22/08/1914 à Ethe (Belgique) lors du premier engagement de son régiment, il est fusillé par l'ennemi le même jour à Belmont avec neuf soldats du 103e RI et un un groupe d'une dizaine d'hommes pour la plupart du 104e RI et inhumé à Ethe-Belmont. Au cours de l'exécution il sauve la vie du lieutenant Dagan (104e RI) en le faisant tomber au sol.

Voir : DELCROIX Jean-Claude "En mémoire de Jean et Henri Alloend-Bessand – Lettres de soldats". Bulletin de la Société d’histoire d’Elbeuf, n° 50, novembre 2008, pp. 29-45.

 

 

-[5] Paul Henri Alloend Bessand (Elbeuf 1876 – 1955)

Fils de Louis Marie Alloend Bessand et de Berthe Fouin ; époux de Berthe Desplanques (1880-1963) et oncle de Jean François Louis et Henri Louis Alloend Bessand

Registre de matricule, bureau de Rouen sud, classe 1895, n°340, étudiant à l’incorporation.

Engagé volontaire à la mairie de Caen le 12/10/1896, arrivé au corps du 36e régiment d’infanterie, soldat de 2e classe le 12/10/1896. Caporal le 14/04/1897, sergent le 05/11/1897, sergent fourrier le 06/01/1897. Envoyé dans la disponibilité le 20/09/1899. Accomplit deux périodes d’exercice au 36e RI du 25/08 au 21/09/1902 et du au 17/07 au 13/08/1909. Passé dans l’armée territoriale le 01/10/1909. Effectue une période d’exercices du 5 au 13/10/1910 au 22e régiment territorial d’infanterie.

Mobilisé arrivé au corps du 22e RIT le 04/08/1914 au grade d’adjudant, nommé au grade de sous-lieutenant à titre temporaire pour la durée de la guerre le 10/10/1914. Blessé le 01/10/1914 (plaie contuse par éclat d’obus, cuisse droite partie postérieure tiers moyen). Passé au 18e RIT le 14/05/1915. Passé au 219e régiment d’infanterie J.O. du 14/05/1917. Mis hors cadres le 27/03/1919. Proposé maintien hors cadres et pour pension temporaire 15% pour rétrécissement mitral inférieur droit commissions de réforme de Rouen 23/12/1920, 02/03/1922 et 11/01/1923.

Adresses connues Louviers, Usine de Folleville (1904) résidence ;  Elbeuf, rue Guérot (1906) domicile ; Caudebec , rue Félix Faure ( 1908) résidence ; Thiais, 18 avenue de Villeneuve-le-Roi (1912) résidence. Elbeuf, 12bis rue de la Bassière (s.d.)

Président du cercle photographique d'Elbeuf (1924) et membre de la Société française de photographie, il est l’auteur e plusieurs recueils de poésies dont : Poèmes de guerre et non poèmes guerriers. Paris, Georges Crès, 1918. (Voir la Revue du Vrai et du Beau, 10/12/1927).

 

 

-[6] Olivier Alloend Bessand (Paris 1891 - Cannes 1918) - Mort pour la France

Fils de Charles Léon Alloend Bessand (1849-1953) négociant (Société Bessand, Bigorne et Cie, propriétaire des magasins de la Belle Jardinière à Paris) et de Juliette Massenet (1868-1935), fille du musicien Jules Massenet (1842-1912). Élève ingénieur des Arts et Manufactures, École Centrale de Paris, promotion 1912.

Engagé volontaire pour cinq ans le 09/10/1912 au 50e régiment d'artillerie comme élève de l'Ecole centrale des arts et manufactures. Arrivé au corps le 16/10/1912. Promu brigadier le 16/04/1913, maréchal des logis le 16/12/1913. Nommé à l'Ecole centrale des arts et manufactures le 01/10/1913. Promu sous-lieutenant de réserve par décret du 15/08/1914, rang du 04/08/1914 (J.O. du 20/08/1914). Passé au 53e régiment d'artillerie le 14/11/1914. Passé au 33e régiment d'artillerie le 11/06/1915. Promu lieutenant le 04/08/1916 (J.O. du 10/08/1916), affecté au 12e régiment d'artillerie de campagne le 16/12/1916. Passé au 13e régiment d'artillerie de campagne le 01/10/1917.

Registre de matricule, 6e bureau de recrutement de la Seine, classe 1911 n°4

Décédé le 01/09/1918 de maladie au Centre de chirurgie osseuse de Cannes (hôpital complémentaire n°75)

 

 

-[7] Marie Ernest Roger Deloison (Paris 1892 – Souchez 1915) - Mort pour la France

Fils de Louise Félicité Jeanne Lescot (1868-1930) arrière petite-fille de Jean Baptiste Nicolas Parissot (frère du fondateur de la « Belle jardinière ») et d’Adrien Ernest Deloison (1859-1927), maire de Neuilly-sur-Seine (1919-1927). Frère Jean Marie Serge Deloison (1896-1961) qui devient Directeur de la « Belle jardinière » en 1947.

Incorporé le 11/08/1914, arrivé au corps du 36e Régiment d'infanterie le 12/08/1914, soldat de 2e classe, caporal puis sergent.

Registre de matricule, 2e bureau de recrutement de la Seine, classe 1912, matricule 4563.

Tué à l’ennemi à Souchez (Pas-de-Calais) le 22/06/1915.

Voir : Archives de Neuilly-sur-Seine sous-série 4 H 24 : Compte-rendu relatif au sergent Deloison (1915).

 

10 juin 2017

Jacques Brunel de Pérard : un "Témoin" de 20 ans du 43e RAC

 Carnet de route Bnf

 

 

Jacques Brunel de Pérard - Carnet de route (4 août - 25 sepembre 1914). Paris, Georges Crès et Cie ed., 1915

Ouvrage couronné par l'Académie Française qui lui a décerné une part du Prix Montyon (1915).

-CRU Jean Norton Témoins : essai d'analyse et de critique des souvenirs de combattants édités en français de 1915 à 1928. Paris, Les Étincelles, 1929 pp. 82-83

Ouvrage consultable sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

 

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Caen 5-7 août 1914.

Je commence ce carnet, j'ai une raison de prendre ces notes. La guerre est déclarée. Demain, nous embarquons pour le dépôt de Versailles. Ouvrons l'oeil...

En grande franchise avec moi-même, je ne sais si un jour je ferai un sort à cette série de notes, prises à la hâte, mais je prévois le plaisir que j'aurai à les relire, plus tard, si la guerre ne m'est pas funeste, ainsi que je le crois avec une confiance qui touche à l'aveuglement.

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L'auteur de ces lignes est un jeune brigadier de la 5e batterie (2e groupe) du 43e RAC, Jean Jacques Brunel (1893-1914). Elles ouvrent son carnet de route qui s'achève brutalement devant Saint-Thierry (Marne) le 25 septembre 1914. Malgré des ambitions littéraires affirmées, il n'aura pas l'occasion de mettre en ordre ces notes avant qu'elles soient publiées quelques mois seulement après sa mort à l'initiative de sa mère.

Véritable journal intime écrit au jour le jour, rien n'est dissimulé des sentiments et aspirations de ce jeune intellectuel de 20 ans, enfant de la bourgeoisie dorée de la Belle époque et encore en quête de lui-même. Sa candeur et ses naïves certitudes patriotiques s'y confrontent à la réalité d'un conflit qui ne se dévoile que progressivement à ses yeux.  Par sa libre expression, il constitue un témoignage précieux sur les premières semaines de la Grande guerre, car rarement mises en lumière avec autant de spontanéité.

Il convient de souligner que Jacques Brunel de Pérard est évoqué à deux reprises par Henri Dutheil dans son livre : De Sauret la honte à Mangin le boucher, Nouvelle librairie nationale, 1923 (pp. 18 et 135). Celui-ci, une fois passées ses nauséabondes premières pages partisanes ouvertement "Action française" et  antisémites, constitue un témoignage d'un réel intérêt car émanant d'un secrétaire de l'état-major de la 5e D.I. et avec lequel J. Brunel s'est lié d'amitié alors qu'ils étaient en garnison à Rouen quelques mois avant la mobilisation.

 

Jacques Brunel de Pérard (ou Peerard)

Jean Jacques Brunel, dit Jacques Brunel de Pérard (ou Peerard), est né le 16 août 1893 à Arromanches (Calvados) Etat-Civil d'Arromanches-les-Bains,1893-1907 (AD14 visionneuse p.5), lieu de villégiature estivale ordinaire de ses parents auquel sa mère reste attachée plus de 20 ans, faisant inhumer le corps de son fils en 1920 dans le cimetière communal.Jacques Brunel de Pérard (1893-1914)

Ceux-ci, Jean Maurice Brunel, propriétaire de 58 ans  (Vars 1834 - Paris 1917), et Justine Florence Jacobs, 29 ans, étaient en 1893 domiciliés à Paris, 37 avenue de Friedland. Son père, décédé à son domicile parisien 14 rue Logelbach, le 22 octobre 1917 "avait été aux côtés de son oncle, M. de Chancel, un des premiers collaborateurs de M. de Lesseps au canal de Suez." (L'Intransigeant du 23 octobre 1917). Amédée de Chancel, ancien officier de marine et inspecteur général de la compagnie des chemins de fer d'Orléans, est l'un des fondateurs de la Compagnie universelle du Canal maritime de Suez et l'un de ses administrateurs en charge des questions techniques. Il figure ainsi en décembre 1858 parmi les membres du Conseil d'administration de la Compagnie. Son neveu J.-M. Brunel occupe à partir de 1861, les fonctions de sous-chef du service magasins et transports au sein de la Direction et contrôles en Egypte (Voisin Bey -Le Canal de Suez. Tome I. Paris, Dunod ed. 1902, pp. 11 note 1-II, 136, 140, 151 note n°1, 333).

Portrait de Jean Jacques Brunel de Pérard (frontispice de son carnet de route)

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La déclaration de naissance de l'enfant a pour témoin, Pierre Jules Renard (28 ans) homme de lettres, domicilié à Paris, 44 rue du rocher. Il s'agit de l'écrivain Jules Renard (1864-1910) qui séjourne à Arromanches au cours des étés 1893 (châlet Robert) et 1894 (Maison Robert) comme en font état sa correspondance et son journal, sans révéler les liens l'unissant à la famille Brunel.

Arromanches, la Digue, carte postale LL

Arromanches-les-Bains, la Digue (carte postale coll. Verney-Grandeguerre)

Le jeune Brunel fait ses études secondaire au Lycée Carnot (Paris XVIIe), puis entame un parcours universitaire à la Faculté de droit de Paris (Panthéon) et parallèlement à l'Ecole Libre des Sciences politiques (Sciences-Po), tout en s'engageant politiquement dans les milieux bonapartistes et plébiscitaires (il est à 19 ans président du Comité de la Jeunesse pébiscitaire du 17e arrondissement).
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Il débute alors une carrière journalistique et littéraire collaborant à la revue "Le Nouveau Mercure politique et littéraire" et "Paris-Journal" où sont publiées plusieurs de ses nouvelles : Lettres à un débutant ; Portraits de Paris (octobre, novembre, décembre 1913). La même année il fonde sa propre revue "Imperia". Son frère, Maxime est quant à lui l'auteur en collaboration avec Raymond Cahu d'une comédie dramatique "Mariage Blanc" (1906), sa soeur Yvonne Blanche Marie épousant Bruno Emmanuel de Ricou, industriel, le 9 février 1909 à Paris XVIIe.
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Jacques Brunel de Pérard est un ami intime de Guy Granier de Cassagnac (1882-1914) directeur avec son frère Paul (1880-1966) du quotidien bonapartiste "l'Autorité" et auteur de L'agitateur (Paris, Plon, 1911) tué à l'ennemi le 20 août 1914. Il est également proche de René Honoré Péringuey (1894-1915) également tué à l'ennemi le 25/09/1915, jeune écrivain maurassien qui signe sa biographie publiée en avril 1915 dans Le Nouveau mercure politique et littéraire dont il est co-fondateur et directeur-adjoint, et qui est partiellement reproduite en tête de l'édition du Carnet de route (pp. 15-18).
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Sur la personnalité et l'oeuvre littéraire de Jacques Brunel de Pérard voir notamment :
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-MIGUET Henri [dit Henri Dutheil]  "Jacques Brunel de Péerard" Bulletin des écrivains de 1914-1915-1916, n°17 mars 1916
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-BONNEFOND Jean "Autour de la Guerre - En l'honneur de trois imberbes" L'intransigeant, 14 juillet 1915.
-PORTGAMP Pierre de "Sur le Carnet de route de Jacques de Pérard" La revue du Front et le Souvenir, 1er avril 1917, p.58-59.
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-Collectif (Association des écrivains combattants) Anthologie des écrivains morts à la Guerre 1914-1918. Amiens, Ed. Malfère ed., coll. bibliothèque du Hérisson, 1924, pp. 139-146 [Jacques Brunel de Peerard].
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-NOBECOURT René-Gustave "Jeunes fronts casqués. Discours de réception" Précis analytique des travaux de l'Académie, belles-lettres et arts de Rouen, 1939, pp. 103-124, cf. pp.115-117).
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Rêve et réalité
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Que j'aime à vous dépeindre ô campagnes, ô mers !
Je veux qu'en mes écrits, on sente votre haleine,
Que la dame aux doigts fins qui me lit soit la reine
de prés en fleurs, de cieux d'azur, de flots amers.
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Je veux être ton chantre, ô nature sereine.
Je veux qu'un peu de toi fasse vibrer mes vers.
Je veux chanter les blés, les bois, les champs, les airs,
Je veux quitter Paris, sa cohue et sa gêne...
et vivre simplemenent, en de joyeux décors
laisser libre penchant à mon âme d'artiste...
Un soleil printanier fera jouer ses ors !
.......................................................
Hélas ! j'ai devant moi les maisons du faubourg,
Des employés pressés se croisent dans la cour,
une petite pluie, assombrit le ciel triste...
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Jacques Brunel de Pérard - décembre 1909 (poème publié dans L'intransigeant du 7 octobre 1927)
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Le 18 octobre 1913 Jean Jacques Brunel Ce promeneur élégant et mince du sentier de la Vertu et de la rue de la Paix, ce dandy raffiné, cet artiste, ce dilettante (R.H. Péringuey), alors étudiant en droit, s'engage volontairement pour 3 ans au titre du 43e régiment d'artillerie de campagne (fiche de matricule, 6e bureau de la Seine, classe 1913, matricule 1145).
LEBRETON
Dirigé sur Rouen, arrivé au corps le 23 octobre 1913, il est affecté à la 5e batterie en tant que canonnier conducteur et gagne Caen le 1er avril 1914 avec le 2e groupe du 43e RAC (voir : Le 43e RAC (1911-1914) : de Rouen à Caen). Le groupe est placé lors de la mobilisation sous les ordres du capitaine Lebreton, du lieutenant Janvier et du sous-lieutenant Moreau. Conducteur de devant au 1er caisson de la batterie, il est nommé brigadier de tir le 25 septembre 1914 mais dès le lendemain, il est tué alors qu'il occupait les fonctions d'agent de liaison. Les lettres adressées à sa mère par le Lieutenant Janvier et le capitaine Lebreton (pour ce dernier consulter l'index des noms de personnes) sont reproduites dans l'édition de son Carnet de route pp. 106-109).
Portrait du capitaine Lebreton - Album R. Verney p. 177.
Le Chemin des Dames, Soupir (Aisne), Bois des Gouttes d’or, juin 1917
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La relation de sa mort :
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JMO 43e RAC, 5e batterie. 26 septembre 1914 "Vers 14 heures l'artillerie ennemie ouvre le feu sur le village de Saint-Thierry, prenant pour objectif principal l'église et les maisons avoisinantes où se trouvaient des états-majors. Au cours de ce bombardement, l'adjudant Delouche, chef de section, momentanément sorti d'une tranchée, est grièvement blessé par un éclat d'obus de 150 tombé au milieu de la batterie. Quelques instants après, un autre obus tue le brigadier Brunel, agent de liaison, qui rapportait un ordre, et le 2e canonnier servant Olivier qui tenait le cheval du brigadier Brunel."
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JMO 43e RAC, 2e groupe. 26 septembre 1914 "Vers 14h violent bombardement sur Saint-Thierry aux abords de l'église où se trouvait l'EM de la 5e Division. La 5e batterie est prise sous ce feu. L'adjudant Delouche est grièvement blessé. Le brigadier Brunel et le 2e CC Olivier sont tués par un 150 au moment où ils venaient apporter un ordre."

Saint_Thierry__Marne__octobre_1914__Maison_Gavreau_l__glise__Album_Mangin_

Saint-Thierry (Marne), octobre 1914, la maison Gavreau (état-major de la 5e DI), l'église.
(Recueil. Campagnes du général Mangin dans la Marne, sur l'Aisne et en Artois - Bibliothèque nationale de France ark:/12148/btv1b8432782s vue n°5)
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Extrait de la lettre du lieutenant Janvier, à sa mère (Carnet de route pp. 108-109)
"Le 26 septembre, vers [1]4 heures de l'après-midi, votre bien-aimé fils a été frappé à la tête par un éclat d'obus, au village de Saint-Thierry, les soins immédiats et les plus dévoués lui ont été prodigués ; la canonnade faisait rage, il a fallu le descendre dans les caves ; sitôt prévenu, j'envoyai une voiture pour le conduire à l'ambulance de Chenay, je le vis ainsi passer dans une voiture, étendu sr un brancard, la tête enveloppée de bandes, il râlait. Il est mort le dimanche à 4 heures du matin sans avoir repris connaissance et ainsi sans souffrances." - octobre 1914
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Mort pour la France, il est tout d'abord inhumé dans le cimetière de Chenay (Marne) n°5. Son corps est rapatrié sur Arromanches où il est inhumé le 22 novembre 1920. (L'intransigeant du 21 novembre 1920 ; L'indicateur de Bayeux 30 novembre 1920).
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P1020337 - CopieTous les ans de 1915 à 1928 paraît, dans le journal l'Intransigeant, une insertion à la date anniversaire de sa mort. Il reçoit à titre posthume la Croix de guerre (1915) et la médaille militaire (1918).
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-"Le brigadier Brunel de Pérard Jacques de la 5e batterie, gradé plein d'enthousiasme et de vaillance, tué en accomplissant bravement ses fonctions d'agent de liaison le 26 septembre 1914" (citation à l'ordre du régiment : L'intransigeant du 21 août 1915) ;
-"Brigadier récemment promu, exemple d'endurance et de courage pour ses camarades, tué à l'âge de 21 ans, alors que, sans souci du danger, il transmettait, sous un violent bombardement, les ordres du commandant de sa batterie. A été cité." (médaille militaire, décret du 01/10/1918 ; J.O. du 22/07/1919).

Portrait de Jacques Brunel de Pérard (1893-1914) sur sa sépulture à Arromanches-les-Bains


Cimetière d'Arromanches-les-Bains (Calvados),
sépulture de Jacques Brunel de Peerard - juin 2017

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Le monument funéraire est orné son portrait,

bas-relief en marbre signé du sculpteur Auguste Maillard (1864-1944)

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Son nom figure sur une dizaine de monuments et plaques commémoratives (voir : MémorialGenWeb) parmi lesquels le Monument élevé au Panthéon en 1927, dédié aux 560 écrivains morts pour la France, ainsi que sur la plaque mémorial placée à la Bibliothèque de Rouen en souvenir des écrivains normands morts pour la France, inaugurée le 11 novembre 1938 sous la présidence de Roland Dorgelès .

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"...rien ne les sauvera de l'ombre inexorable et ils s'effaceront de la mémoire des hommes quand se taira le dernier d'entre nous.

Pour défier le temps, la plupart des jeunes écrivains qui figurent sur ce Mémorial n'ont, en effet, ni grandes oeuvres, ni titre fameux. A l'âge des plus beaux espoirs, ils ont abandonné la plume pour saisir le fusil et leurs oeuvres, dès lors, ont pris des noms nouveaux - les Eparges ou Craonne, Montmirail ou Verdun - leur ardente existence n'a plus palpité que dans le texte bref d'une citation. Que pouvait-il rester de ces jeunes victimes ?
Des notes sur un carnet, des vers dans un tiroir, une lettre plus émouvante qu'on ne déchirait pas... Avaient-ils eu le loisir, à peine sortis de l'adolescence, de parfaire un chef d'oeuvre qui témoignât pour eux ? Hélas ! ils étaient encore trop près des jeux de l'enfance et des devoirs du collégien."
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Roland Dorgelès
de l'Académie Goncourt
Des noms sur une plaque de Chêne
Discours prononcé à l'occasion de l'inauguration du Mémorial aux écrivains normands morts à la guerre. Rouen 11 novembre 1938 (Le Figaro littéraire du 12 novembre 1938 - extrait).

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16 avril 2017

Chemin des Dames et mutineries à la 5e Division d'infanterie (printemps 1917)

 

 

Dans ses mémoires rédigées avant 1939 et récemment publiées, le colonel Maurice Besnier (Caen 1879 - Caen 1970) alors commandant à la 5e Division d'infanterie, décrit et analyse avec clairvoyance la crise qui caractérise les "mutineries de 1917" qui se déroule entre le 28 mai et le 5 juin au sein de son unité qui regroupe les 129e, 36e, 74e et 274e RI. Le 43e RAC, son artillerie divisionnaire, n'est pas citée et ne semble pas impliquée dans ce mouvement collectif aux dramatiques conséquences. Nous proposons ici d'en mieux cerner le contexte qui met parallèlement en valeur l'implication du régiment d'artillerie dans l'offensive "Nivelle" déclenchée le 16 avril 1916 sur le Chemin des Dames.

Maurice Besnier

 Colonel Maurie Besnier "Souvenirs de guerre 1914-1918." Edition Claire et Dominique Bénard, 2014, voir p. 283-305 

-contact avec l'éditeur : clairebenard@mac.com

L'offensive Nivelle sur le Chemin des Dames est lancée le 16 avril 1917 à 6 heures du matin. Elle a comme objectif de percer le front en 48 heures sur 40 km, entre Soisson et Reims. La stratégie adoptée repose sur l’effet de surprise et la puissance de l’artillerie, chargée de préparer la rupture par la destruction intensive des 1ère et 2èmes lignes ennemies et d’accompagner une rapide avance de l’infanterie par un feu roulant.

Sont mobilisées la VIe armée (général Mangin) et la Ve  armée (général Mazel), chargées d’enlever la totalité des positions ennemies et d’exploiter leur succès en direction du plateau de la Malmaison. La Xe armée (général Duchêne), placée au contact de ces deux dernières en tant qu'élément du Groupe d’armées de réserve G.A.R. (général Micheler), doit déboucher aussitôt la rupture accomplie et poursuivre immédiatement en direction du Nord-est vers Nizy-le-Comte, Montcornet, Froidmont-Cohartille.

Les troupes de la 5e division d'infanterie