Le 43e Régiment d’artillerie de campagne participe à la montée au front de la 5e DI sur Verdun (3-21 avril et  18-25 mai).

Le fort de Souville (Album p. 124-125, 127) accueille non seulement le PC de la division placée sous les ordres du général Mangin, mais aussi le groupe de brancardiers divisionnaires et  les postes de secours centraux des 36e, 74e RI et 274e RI (Service de santé 5e DI JMO 26N270/13).

Album R. Verney p.124 droite bas

Fleury-devant-Douaumont (Meuse), Fort de Souville, mai 1916, p. 124

Le 7 avril, le chef du service de santé divisionnaire (le médecin-principal 2e classe Armynot du Châtelet) s’alarme sur l’hygiène déplorable qui y règne (JMO 26N270/14). Le 8, la désinfection commence.  Le poste de secours central du 129e est installé à la redoute de Fleury, celui du 3e groupe du 43e RAC à la poudrière de Fleury (Album p. 126).

Album R. Verney p.126 gauche haut

Fleury-devant-Douaumont (Meuse), poudrière (poste de secours), avril 1916, p. 126

de g. à dr. Cloès, Dallemagne, Delmas, Renée

Témoignant de l'âpreté des combats, dès le 19 avril, ces structures maçonnées sont jugées trop exposées pour qu’on y laisse des postes de secours (cf. rapport du médecin chef du service de santé le la 5e DI JMO 26N270/14). La poudrière de Fleury, est ainsi abandonnée par le 3e groupe du 43e RAC, qui construit un nouvel abri casematé près de l’ancienne ligne de chemin de fer reliant Fleury à Verdun (Album p. 131-133).

Album R. Verney p.131 droite bas

Fleury-devant-Douaumont (Meuse), Construction du nouveau poste de secours du 3e groupe, avril 1916. p. 131

de g. à dr. Vautier, Renée, Neureneuf, Jean , Donnelay

Le 12 avril face aux pertes subies par le groupe de brancardiers divisionnaires est sollicité un renfort de 60 brancardiers auprès de la 4e DI. Ils arrivent le 16 participant à l’évacuation de 2 500 blessés du 3 au 18 avril. Les mêmes besoins sont exprimés le 22 mai (attaque de Douaumont) débouchant sur l’arrivée de 30 brancardiers de la 35e DI. Il est ainsi procédé à l’évacuation de 700 blessés dans la nuit. L’équipe est renforcée le 23 mai par 350 territoriaux permettant l’évacuation du 19 au 29 mai de plus de 2 000 blessés.

Les services de santé déjà éprouvés en avril (20 tués ou blessés du 3 au 12 avril au sein du service divisionnaire) l’est encore en mai : 1 médecin tué et 1 aumônier blessé, 4 infirmiers tués et 20 blessés au sein groupe de brancardiers divisionnaires, 15 tués, 50 blessés et 23 disparus au sein des services régimentaires de la divison. Le service de santé du 43e RAC est lui-même fortement touché. Le 21 mai, le poste de secours du 1er groupe s’effondre sous un obus, tuant le médecin Aide-major Paul Charles Ravet le brigadier-infirmier Marcel de Félicis et 4 brancardiers alors que parmi les 15 blessés recensés au sein du 3e groupe en mai, on dénombre 3 membres du service de santé (1 brigadier infirmier, 1 infirmier et 1 brancardier).

L’intensité des duels d'artillerie durant les trente jours au cours desquels le 3e groupe du 43e RAC est engagé sur le front, est soulignée par la consommation de 80 689 munitions pour les trois batteries. Les pertes sont lourdes pour le 3e groupe en pertes humaines (15 tués, 31 blessés dont un décédé des suites de ses blessures), en chevaux (39 tués, 27 évacués) et en matériel (48 canons démolis).

05Verdun tués et blessés

Parallèlement, au cœur des combats, les cas d’indisponibilité des hommes pour des raisons de santé parviennent à des niveaux encore jamais atteints (176 journées par mois en moyenne). Il doit être signalé que les synthèses mensuelles du service de santé divisionnaire sont alors en très fort décalage avec les résultats fournis par les états journaliers sur lesquels nous nous basons ici.

05Verdun indisposés et évacués

Les conditions d’hygiène précaires et la promiscuité favorisent en effet la propagation des maladies contagieuses particulièrement en avril (198 cas, contre 29 en mai et 24 en juin), mais une nouvelle fois au sein du 3e groupe du 43e RAC, les cas épidémiques sont écartés.

Ce sont les troubles des voies digestives et intestinales qui constituent les maladies contagieuses ordinaires les plus nombreuses (62% des cas enregistrés), les affections respiratoires et courbatures fébriles ne représentant que 35% des cas recensés.

05Verdun maladies

 

Pour aller plus loin :

 - A suivre, les 7 et 8 octobre 2016 : Les journées "Verdun, Terre de santé"

 

 

Accéder au journal de marche de R. Verney illustré HD (Verdun)