A. Verney

Restitution du journal de marche de René Verney

XI

Offensive sur l’Aisne, Sissonne (9 septembre – 11 novembre 1918)

 

-9 septembre arrivée en camion aux cantonnements de Chézy-sur-Marne (1er bataillon et C.H.R), Azy-sur-Marne (2e bataillon) et  Bonneil (2e bataillon).

-10-14 septembre stationnement du régiment en réserve dans les cantonnements.

Album R. Verney p.216 droite bas

Chézy-sur-Marne (Aisne) 9-14 septembre 1918, p. 216

-14 septembre 22h départ du régiment pour cantonner à Coincy (Etat-major et 2e bataillon), Villeneuve-sur-Fère (3e bataillon) et Beuvardes (1er bataillon).

-15 septembre mouvement sur Mont-Notre-Dame (1er bataillon), Bois de la Vache (2e bataillon) et l’est de Paars (3e bataillon).

-16 septembre montée des bataillons dans le sous-secteur de Vauxtin. Le 2e bataillon relève le 43e B.C.P. à droite devant Dhuizel et le canal de l’Aisne, PC dans les creutes de Dhuizel. Le 3e bataillon relève le 41e B.C.P. à gauche devant les Grandes Roches et le Viel Arcy, PC dans les creutes des Grandes Roches. Le 1er bataillon relève le 59e B.C.P. en réserve dans le vallonnement des Burettes et au sud du Mont de Dhuizel, PC dans les creutes du ravin ouest de Dhuizel. PC du commandant du sous-secteur creutes de Vauxtin, TR Vauxtin.

Album R. Verney p.217

Dhuizel (Aisne) relai des brancardiers septembre 1917. De g. à dr. Aufrère, Dubosc, Lefrançois, p. 217

 (il s’agit du dernier cliché de l’album)

 -17 septembre artillerie et aviation ennemies actives sur Dhuizel, un avion abattu tombe sur Madagascar.

 -18 septembre patrouilles de reconnaissance (pertes : 2 tués dont le lieutenant Laprade et un sous-officier, 1 blessé)

-19-20 septembre patrouille de reconnaissance cherchant le contact au sud de l’Aisne (pertes : 2 blessés)

-21 septembre le régiment est relevé par le 20e RI italien. Cantonnements à Mont-Notre-Dame, Bois des Hautes-Bruyères et Paars (Aisne).

-22-25 septembre le régiment cantonne à Villers-sur-Fère (état-major, 1er et 2e bataillons) et Seringes (Seringes-et-Nesles, Aisne) (3e bataillon).

-26 septembre nouveau cantonnement à Dravegny (état-major 1er et 3e bataillon) et Cohan (2e bataillon).

-27-28 septembre mêmes cantonnements.

-29 septembre le 1er bataillon est mis à disposition de la 52e DI pour remplacer un bataillon du 320e RI.

-30 septembre avec la 6e DI le régiment se rend via Saint-Gilles, Fismes et la vallée de la Vesle sur de nouveaux emplacements au nord de Courlandon. S’engage le jour même l’offensive pour forcer le passage sur le canal de l’Aisne et l’Aisne entre Maizy et Concevreux. Le 3e bataillon qui atteint sa base de départ à 14h40, tente de progresser mais ne peut y parvenir arrêté par les mitrailleuses ennemies. Le 2e bataillon est en soutien 1 500 m en arrière. Le soir, les bataillons couchent sur leurs positions (pertes : 30 tués, 80 blessés, 5 intoxiqués, 4 disparus).

-1er octobre l’attaque reprend à 6h, la marche est protégée par un barrage roulant. La progression du 3e bataillon est rapide chassant devant lui les groupes ennemis et parvenant à capturer une batterie de 150 et tous ses servants. A 15 heures suivant l’ordre donné le canal est bordé dans toute la zone de progression du régiment. Le 1er bataillon libéré par la progression de la 52e DI se porte au Grand Hameau en fin de journée. Prises : 64 prisonniers, 3 pièces de 150, 1 pièce de 77 et 3 minen de 75 (pertes : 5 blessés et 3 intoxiqués).

-2 octobre le régiment doit occuper le secteur en profondeur : un bataillon en avant-poste doit créer une tête de pont au nord de l’Aisne, un bataillon sur les plateaux entre Vesle et Aisne, un bataillon dans la vallée de la Vesle. Le 1er bataillon en réserve de DI doit cantonner à Baslieux avant minuit (pertes : 6 blessés)

-3 octobre des passerelles lancées par le Génie sur le canal de l’Aisne. Reconnaissance des passerelles sur l’Aisne exécutée dans la nuit sous la protection du 3e bataillon (pertes 6 blessés, 1 disparu).

-4 octobre dans la nuit le régiment prend son dispositif définitif : 3e bataillon 2 compagnies en avant-postes, 1 compagnie en réserve AP, 2e bataillon position de résistance, 1er bataillon en réserve de DI toujours à Baslieux (pertes : 2 blessés).

-5 octobre durant la nuit le 1er bataillon Feyzeau (AP) placé en réserve de DI est relevé pour partie par le 28e RI et pour partie par le 2e Bataillon (Mollinier) qui remplace également des éléments du 328e. Le 1er bataillon (Machard-Grammont) occupe la position de résistance.

-6 octobre sans changement

-7 octobre une tentative de franchissement de l’Aisne par la section Lamourère de la 6e compagnie échoue (pertes : 2 blessés)

-8 octobre dans la nuit  le régiment relevé par un bataillon du 320e est placé en réserve à Romain (2e bataillon), Breuil et Unchair (1er bataillon et C.H.R.) et Courville (Aisne) 3e bataillon (pertes : 1 tué, 1 blessé)

-9 octobre le régiment se loge très difficilement dans les localités entièrement détruites. Etat-major à Breuil dans des abris au sud du village.

-10 octobre au matin le régiment est mis en alerte. Les 1er et 3e bataillons se rendent à Romain (Aisne). Le 2e bataillon gagne l’Aisne via le plateau de Meurival (Aisne). Il relève à Concevreux (Aisne) un bataillon du 28e à 200m à l’ouest de la ferme de Rouette (La Roëlle). Sitôt arrivé, la 7e compagnie est envoyée en reconnaissance pour franchir l’Aisne par la passerelle des trois peupliers, mais le passage est impossible. A 16 h un détachement de 6 hommes avec un sergent franchissent l’Aisne un peu plus à droite et dégagent la passerelle de ses défenses (dix mitrailleurs se rendent). Sous la protection du détachement, la 7e compagnie franchit l’Aisne sur des radeaux, permettant la consolidation des passerelles sur l’Aisne et le canal facilitant le passage de la 6e compagnie et des deux autres bataillons. De son côté la 5e compagnie franchit l’Aisne par la passerelle établie devant Concevreux (Aisne) (pertes : 4 blessés dont le lieutenant Azémar).

-11 octobre le 2e bataillon en liaison avec le 28e à droite et le 320e à gauche, passe l’Aisne, nettoie Cuiry-les-Chaudardes (Aisne) et atteint la route de Pontavert au bois des Couleuvres, progressant jusqu’au nord de la Fontaine-aux-Viviers. Poursuite de l’avancée stoppée devant les ouvrages de la Turbie, Antibes et Monaco tenus par des mitrailleuses (pertes : 2 tués, 8 blessés dont le sous-lieutenant Périchon).

-12 octobre la progression est reprise à la pointe du jour via le bois de Beaumarais jusqu’aux ouvrages Mirliton. Le 2e bataillon traverse Coberny vers 16h puis parvient devant Berrieux. Le 3e bataillon traverse et nettoie les coteaux de Craonne et de Coberny (Aisne) (pertes : 4 blessés).

-13 octobre le 1er bataillon passe à l’avant et entame la progression à partir de 2h et sans rencontrer de résistance parvient à 6h30 jusqu’à la station de Saint-Erme à Maison-Bleue (Saint-Erme-Outre-et-Ramecourt, Aisne). Après une résistance de mitrailleuses provenant du bois des Garennes et du bois de l’échelle il parvient à 13h au quartier des Thuillots (au sud de la commune de Sissonne, Aisne) sans pouvoir déboucher. Il y est rejoint par le 2e bataillon en fin de journée. Le 3e bataillon en position de réserve vers Maison bleue (pertes : 3 blessés).

Carte Sissonne

D’après JMO 28e RI Mémoire des Hommes (SHD) 26N603/9

 La progression du 24e RI durant l’offensive du 10 octobre au 4 novembre 1918 reconstituée ici en rouge, est parallèle et immédiatement à droite de celle du 28e RI.

-14 octobre le 2e bataillon passe à l’avant et progresse vers le village de Sissonne (Aisne) où sont positionnés des nids de mitrailleuses ennemis. Avancée jusqu’aux ouvrages au nord du ruisseau et l’aéro-parc : 9 mitrailleuses sont prises avec 56 prisonniers (pertes : 11 tués dont le sous-lieutenant Loursel, 22 blessés et 2 disparus)

-15 octobre-4 novembre arrêt de la progression, renforcement des positions, tentatives d’infiltration dans les ouvrages au nord du ruisseau et patrouilles de contact. Tentatives de coups de main de part et d’autre. Ennemi très vigilant, mitrailleuses, artillerie et aviation actives  (pertes : 2 tués, 15 blessés le 15, pas de relevé du 16 octobre au 4 novembre).

-5 novembre dans la nuit du 4 au 5, relève du régiment par le 119e RI. Le 24e stationne à Saint-Erme (Saint-Erme-Outre-et-Ramecourt, Aisne).

-6 novembre même cantonnement.

-7 novembre mouvement via Ramecout, Maison-bleue et les Thuillots vers de nouveaux cantonnements entre la ferme du Haut chemin à Nizy-le-Comte et La-Selve (Aisne). Arrivée à 12h.

-8 novembre à 12h le régiment fait mouvement pour se rendre dans de nouveaux cantonnements à Renneville et Fraillicourt (Ardennes) via Sévigny-Waleppe (Ardennes). Arrviée à 17h.

-9-10 novembre mêmes cantonnements. Les bataillons sont occupés à la réfection des routes. Une revue de remise de décoration à lieu à 15h30

-11 novembre le régiment fait mouvement à partir de 5h via Sévigny-Waleppe (Ardennes), Le haut-chemin, Nizy-le-Comte et Lor (Aisne) pour cantonner au sud du camp de Sissonne (Aisne) : Bois-de-l’échelle (état-major et C.H.R. et 3e bataillon),  La Malmaison (1er bataillon) et Amifontaine (2e bataillon).

-12 novembre le régiment fait mouvement à partir de 7h, et défile devant le général de DI à 10h entre la sortie Sud-est de Juvincourt (Juvincourt-et-Damary) et la route 44. Il va ensuite cantonner à Courcy (Marne). Arrivée vers 17h. Etat-major et C.H.R. au bois du Chaufour, 1er bataillon au nord nord-est de Courcy, 2e bataillon à Loivre et route 44 au nord du bois du Chaufour, 3e bataillon au sud et ouest de Courcy.

Le 24e RI vient d’engager son retrait du front.

 voir la suite :

Introduction à la restitution du journal de marche de René Verney

XII

Armistice, occupation du Palatinat